Déclaration du Comité central du PRCF – 6 mars 2022

Le 24 février 2022, à la suite de l’attaque militaire soudaine de la Fédération de Russie envers l’Ukraine, le Secrétariat national du PRCF a publié une déclaration adoptée à l’unanimité au sujet des dramatiques événements survenant à l’est de l’Europe. Cette déclaration a pu donner lieu à des échanges entre camarades au sujet de la responsabilité de l’attaque et des buts de guerre. A ce sujet, tout en appuyant la déclaration du 24 février, le Comité central du PRCF tient à préciser que :

  1. La guerre en Ukraine a débuté non le 24 février 2022, mais huit ans plus tôt lorsqu’à la suite d’un coup d’Etat (baptisé « révolution Maïdan) en février 2014 contre le président Ianoukovitch – qui refusait de signer un accord d’association avec l’UE –, le pouvoir installé à Kiev, s’appuyant sur les milices néonazies Pravyi Sektor et le bataillon Azov, a attaqué les républiques populaires de Donetsk et Lougansk qui avaient proclamé leur autonomie car refusant les mesures et les attaques russophobes croissantes contre les populations locales ; une guerre non achevée à ce jour et qui a tué 14.000 personnes dans l’indifférence la plus totale du prétendu « Occident ami des droits de l’homme » ;
  2. L’attaque du 24 février 2022 aurait pu être évitée si la machine de guerre otanienne ne s’était pas étendue sans cesse – en violation des accords « 2 + 4 » de 1990 signés avec les Etats-Unis – dans les anciennes républiques populaires d’Europe de l’Est après l’implosion de l’URSS. Elle aurait pu également être évitée si le projet d’intégration de l’Ukraine au sein de l’UE et de l’OTAN n’avait pas été porté par les jusqu’au-boutistes tenants de l’ordre euro-atlantique, y compris par les dirigeants nationalistes ukrainiens violant allègrement les accords de Minsk 1 et Minsk 2 relatifs à l’autonomie de Lougansk et de Donetsk. Rappelons aussi la manière dont l’UE et l’OTAN ont, sous des prétextes « humanitaires », dépecé la République socialiste fédérative de Yougoslavie, puis la Serbie, toutes deux culturellement proches de Moscou, dans les années 1990.
  3. Si Vladimir Poutine est porté par une idéologie nationaliste d’inspiration contre-révolutionnaire et ouvertement antisoviétique (ce que le PRCF et les communistes russes, victimes de la répression poutinienne encore récemment, ont toujours dénoncé et combattu), force est de constater que, face au harcèlement croissant de l’Axe euro-atlantique, la Fédération de Russie doit avant tout affronter un encerclement obsédant débuté dès la Révolution bolchevique et accéléré avec la chute de l’URSS, résultat de l’hégémonisme structurel exercé par l’impérialisme états-unien sur l’ordre mondial. Il n’est, dès lors, pas étonnant de voir des pays comme la Chine populaire, elle-même visée par la ruée vers l’Est du camp euro-atlantique, et l’Inde, se montrer très prudentes au sujet de l’actuelle situation en Ukraine et de nombreux partis communistes condamner fortement l’OTAN voire l’UE.

Il n’en demeure pas moins qu’en attaquant militairement l’Ukraine, Vladimir Poutine a pris une décision grave avec le risque de conséquences « disproportionnées et inconsidérées », surtout en cas d’enlisement du conflit qui pourrait dès lors se révéler encore plus meurtrier pour les travailleurs et les citoyens d’Ukraine, aussi bien de l’Ouest que de l’Est (où les offensives du gouvernement de Kiev et de ses supplétifs néonazis se poursuivent dans l’indifférence la plus totale de nos médias). En outre, une telle situation accentuerait l’ambiance hystériquement russophobe dans les pays dits « occidentaux », à commencer par la France où le camp des va-t-en-guerre, animé par la fausse « gauche » euro-atlantique (Glucksmann, Henri-Lévy, Jadot, Hidalgo, Taubira, etc.) ainsi que des médias aux ordres et des universitaires acquis à la propagande guerrière de Washington et de Bruxelles, fait pression pour une intervention de la France : une telle décision aurait des conséquences funestes pour la paix dans le monde, voire pour l’existence même de notre pays si le conflit dérape vers une conflagration nucléaire. Enfin, quand bien même elles s’inscrivent dans le cadre d’une dissuasion en vue d’établir un rapport de forces, les menaces nucléaires réciproques (aussi bien celles émanant de Poutine que de Le Drian et de Zelenski), ne sauraient être prises à la légère dans ce contexte de dangereuse escalade, qui pourrait déboucher sur un conflit nucléaire exterminateur dont le PRCF ne cesse de dénoncer la menace depuis des décennies.

Voilà pourquoi, dans la continuité de la déclaration du 24 février 2022, et tout en remerciant les camarades qui ont communiqué leurs réflexions dans le cadre du centralisme démocratique, le PRCF, dont le combat pour la paix mondiale demeure une préoccupation centrale :

  • Apporte son soutien fraternel à tous les travailleurs, tous les amis de la paix et tous les communistes – notamment à ceux, persécutés, de Pologne et d’Ukraine – victimes de l’escalade meurtrière et d’une fascisation galopante, dont l’origine profonde et principale est l’extension infinie vers l’Est de l’OTAN-UE sur le continent européen ;
  • Appelle à un très rapide arrêt des combats de la part de tous les belligérants dans toute l’Ukraine, y compris dans la région du Donbass ;
  • Appelle à un désarmement de toutes les milices néonazies sévissant en Ukraine dont tout le territoire doit être entièrement dénazifié ;
  • Appelle à ce que s’ouvrent de véritables négociations de paix dans le cadre de l’ONU, sur la base des accords de Minsk 1 et 2 et de « l’accord 2 + 4 » de 1990 afin qu’il n’y ait plus – c’est un strict minimum si l’on veut sauver la paix mondiale – d’extension de l’OTAN dans aucun autre pays d’Europe ;
  • Exige qu’aucun soldat français ne se trouve aux frontières de la Russie, soi-disant au nom d’une « solidarité européenne » et de la « défense commune » dans le cadre de l’OTAN, ni qu’aucune aide financière, matérielle ou militaire soit apportée à tous les belligérants ;
  • Exige que Macron déclare clairement que l’arme nucléaire française n’a d’autre fonction que de dissuader une invasion du territoire français et de lui seul, puisque c’est uniquement pour cela qu’a été officiellement créée la force de frappe « orientée tous azimuts » et non asservie à l’OTAN à l’époque du général de Gaulle ;
  • Rejette et combat la russophobie hystérique, héritière directe de l’antisoviétisme, qui sévit dans les médias et parmi nombre d’universitaires utilisant un langage martial dangereux et irresponsable ;
  • Continuera d’organiser et de participer aux rassemblements en faveur de la paix sur des bases claires et dénonçant l’expansionnisme agressif de l’ordre euro-atlantique comme l’ennemi principal de la paix et des peuples ;
  • Appelle plus que jamais au Frexit progressiste, seule alternative possible à la fuite en avant de l’ordre euro-atlantique mortifère, et à mener le combat pour la dissolution de l’anachronique et dangereuse OTAN et dans l’immédiat, pour le retrait total de la France de la belliciste Alliance atlantique ;
  • Œuvrera plus que jamais pour la reconstruction d’un grand parti communiste et, pour cela, invite les travailleurs à rejoindre le PRCF et les JRCF.
  • Poursuivra le combat pour construire le socialisme, ennemi de la barbarie guerrière que porte le capitalisme-impérialisme, plus spécifiquement l’impérialisme états-unien, l’impérialisme allemand résurgent (qui pour la première fois depuis la guerre, va ouvertement « livrer des armes létales » en Ukraine, une terre ravagée par les hitlériens, et doper son budget d’armement), sans oublier l’impérialisme français qui, avec Macron, jette de l’huile sur le feu et s’apprête ouvertement à dissoudre la République française dans l’« Etat fédéral européen » ouvertement réclamé par Scholz.

 

Sans condition structurelle clairement établie, et particulièrement le combat contre l’hégémonisme états-unien en expansion via l’axe UE-OTAN notamment, la guerre qui frappe l’Ukraine pourrait s’étendre à d’autres contrées du monde, dégénérer en guerre nucléaire mondiale et menacer la survie de l’humanité. « Le socialisme ou la mort », à terme il n’y a pas de choix pour l’humanité !