
Stellantis (PSA Peugeot Citroen) annonce une nouvelle vague de fermeture d’usine, le fruit pourri de l’Union Européenne.
Le coup de massue est tombé. Stellantis, le géant automobile né de la fusion entre PSA (Peugeot, Citroën) et Fiat Chrysler, a annoncé hier un plan de réduction drastique de ses capacités de production en Europe : plus de 800 000 véhicules en moins par an, soit l’équivalent de la fermeture d’une usine sur cinq sur le continent. La nouvelle a provoqué une chute libre de l’action (-6 % en une journée), forçant même la suspension de sa cotation en Bourse. Mais au-delà des chiffres boursiers, c’est toute une filière industrielle qui tremble, et avec elle, des dizaines de milliers d’emplois directs et indirects
Cette décision s’inscrit dans une logique implacable : délocaliser la production vers des pays à bas coûts (Maroc, Turquie, Amérique latine) en s’appuyant sur les traité de libre échange poussés et installés par l’Union Européenne. Et accélérer la transition vers l’électrique, mais sans garantie que les emplois suivront. « C’est un séisme pour l’industrie française et européenne. On ne parle pas d’un simple ajustement, mais d’un démantèlement organisé », s’alarme Xavier Mathiex, secrétaire national de la CGT Métallurgie.
Et ce n’est qu’un début. Selon les syndicalistes et les experts, ce plan Stellantis pourrait n’être que la première salve d’une vague de désindustrialisation sans précédent, avec des répercussions en cascade sur les sous-traitants, les équipementiers et les territoires.
Cette nouvelle vague de désindustrialisation, de fermeture d’usine qui suivent les annonces des fermetures de la Française de mécanique (production des moteurs), de Poissy (assemblage de voitures) est le fruit pourris de décennies de construction européenne. Cette UE du capital qui détruit les emplois et le produire en France, au profit… des profits des milliardaires.
Quelles usines sont concernées ?
Les rumeurs évoquent :
France : Mulhouse (Peugeot 308, 3008) et Poissy (Citroën C4, Opel Mokka).
Allemagne : Rüsselsheim (Opel).
Italie : Melfi (Fiat 500, Jeep Renegade).
Espagne : Saragosse (Opel Corsa).
« Si Mulhouse ferme, ce sera un coup de massue pour toute l’Alsace. Des milliers d’emplois indirects disparaîtront », s’inquiète Thierry Weber, maire (LR) de Kingersheim, commune voisine de l’usine. Un maire qui chérie pourtant, avec l’Union Européenne du Capital, les causes dont il pleure avec des larmes de crocodiles les terribles conséquences. Chaque emploi chez Stellantis en génère 3 à 4 chez les sous-traitants (Faurecia, Valeo, Bosch, Michelin…). « Si Stellantis ferme une usine, c’est 10 000 à 15 000 emplois en danger dans toute la filière », estime Luc Chatel, président de la Plateforme Automobile (PFA).
Exemple : L’usine PSA de Mulhouse emploie 5 000 personnes. 20 000 autres travaillent pour des sous-traitants dans un rayon de 50 km.
Si rien n’est fait, d’ici 2035 :
La production automobile européenne pourrait chuter sous les 5 millions de véhicules/an (contre 15 millions en 2000).
Les emplois dans le secteur pourraient tomber sous les 500 000 (contre 2,3 millions en 2000).
L’Europe deviendrait un simple marché d’importation pour les voitures chinoises et américaines.
Dans les années 1970-1980, la sidérurgie française a été démantelée (fermeture des hauts fourneaux de Lorraine, de Denain, de Longwy). 200 000 emplois perdus. Aujourd’hui, la France importe 80 % de son acier.
« L’automobile, c’est la sidérurgie des années 2020. Si on ne réagit pas, on va revivre la même tragédie », compare Xavier Mathiex (CGT). Certes. Il y a donc urgence à une action de la CGT, mettant en cause les vraies raisons de l’effondrement industriel : l’UE du Capital. les déclarations tapageuses telle Sophie Binet (CGT) : « C’est une déclaration de guerre contre les travailleurs. On répondra par la mobilisation. » ne changeront rien si ce n’est que de désespérer les travailleurs. Et lorsque Jean-Luc Mélenchon (LFI) tonne « Stellantis est un vampire qui suce le sang des travailleurs français. Il faut nationaliser ! » Il oublie, une fois de plus de dire que l’Union Européenne et l’Euro interdise cette nationalisation.
En embuscade, le RN de bardella fait mine de critiquer l’Union Européenne, pour ne rien mettre en cause ni des traités européens, ni des accords de libre échange, mais agiter la diversion de la conversion vers l’électrique comme bouc émissaire de la casse industriel. Divisier et opposer pour mieux servir les patrons de Stellantis, évidemment au coté de qui se tient la clique Bardella Le Pen.
1990-2025 : L’effondrement de la production automobile en France et en Europe
Pour comprendre l’ampleur du choc, il faut remonter 30 ans en arrière. En 1990, la France était encore le 4e producteur automobile mondial, avec plus de 4 millions de véhicules sortis des chaînes chaque année. PSA (Peugeot-Citroën) seul produisait près de 2,5 millions de voitures en Europe, dont 1,8 million en France. Aujourd’hui, ces chiffres semblent appartenir à un autre âge. Ils expliquent en partie l’appauvrissement de la France, avec une balance commerciale largement déficitaire.
| Année | Production PSA en France (voitures/an) | Production PSA en Europe (voitures/an) | Part de la production française dans le total européen | Emplois directs chez PSA en France |
|---|---|---|---|---|
| 1990 | 1 800 000 | 2 450 000 | 73% | 120 000 |
| 2000 | 1 500 000 | 2 200 000 | 68% | 105 000 |
| 2010 | 950 000 | 1 800 000 | 53% | 75 000 |
| 2020 | 500 000 | 1 300 000 | 38% | 45 000 |
| 2025 | 300 000 | 1 000 000 | 30% | 35 000 |
Source : Données CCFA (Comité des Constructeurs Français d’Automobiles), rapports annuels PSA-Stellantis, INSEE.
En 35 ans, la production de PSA en France a chuté de 83 %, passant de 1,8 million à 300 000 véhicules par an. En Europe, la baisse est tout aussi spectaculaire : -59 % entre 1990 et 2025. « On est passé d’une industrie de masse à une industrie résiduelle », résume Jean-Louis Schilansky, ancien président du CCFA.
La désindustrialisation ne concerne pas que la France. L’Allemagne, pourtant championne de l’automobile, a vu sa production chuter de 40 % depuis 2000 (de 5,5 millions à 3,3 millions de véhicules en 2025). L’Italie (Fiat) a perdu 60 % de ses capacités sur la même période. L’Espagne (Seat, Renault) et le Royaume-Uni (Vauxhall, Jaguar Land Rover) ont subi des baisses similaires.
| Pays | Production en 1990 (voitures/an) | Production en 2025 (voitures/an) | Baisse | Emplois perdus (estimation) |
|---|---|---|---|---|
| France | 4 000 000 | 800 000 | -80% | 200 000 |
| Allemagne | 5 500 000 | 3 300 000 | -40% | 150 000 |
| Italie | 2 200 000 | 900 000 | -60% | 100 000 |
| Espagne | 1 800 000 | 700 000 | -61% | 80 000 |
| Royaume-Uni | 1 600 000 | 500 000 | -69% | 70 000 |
Source : OICA (Organisation Internationale des Constructeurs Automobiles), Eurostat.
« L’Europe a perdu plus de 5 millions d’emplois dans l’automobile depuis 1990 », estime Patrick Artus, économiste chez Natixis. « Et avec l’annonce de Stellantis, on risque d’en perdre au moins 50 000 de plus d’ici 2030 ».
Pourquoi un tel effondrement ? Les causes d’une désindustrialisation accélérée
La délocalisation massive vers les pays à bas salaires
Dès les années 1990-2000, les constructeurs européens ont massivement délocalisé leur production vers :
- Le Maroc (usines Renault à Tanger, Stellantis à Kénitra).
- La Turquie (Fiat à Bursa, Renault à Bursa).
- L’Amérique latine (Brésil, Argentine, Mexique).
- L’Asie (Chine, Inde, Thaïlande).
Exemple emblématique : En 2000, PSA produisait 100 % de ses Citroën C3 en France. Aujourd’hui, la C3 est fabriquée à 100 % au Maroc. « On nous a vendu la délocalisation comme une nécessité pour rester compétitifs. Le résultat ? On a perdu les emplois… et la compétitivité », dénonce François Hommeril, président de la CFE-CGC.
La concurrence asiatique et américaine
La Chine est devenue le premier producteur mondial d’automobiles (30 millions de véhicules en 2025, contre 2 millions en 2000). BYD, Geely, Chery inondent le marché européen avec des voitures électriques à bas prix.
Les États-Unis (Tesla, Ford, GM) et la Corée du Sud (Hyundai, Kia) ont aussi capté des parts de marché.
marché ouvert par l’Union Européenne, fuite des capitaux en raison de la libre circulation des capitaux : les investissements en R&D, dans les usines se sont tournés vers l’Asie, mais aussi vers les USA. Trump avec sa politique agressive de droit de douane à obliger Stellantis dont les capitaux sont désormais largement implantés aux USA à se tourner outre atlantique.
le coût de l’énergie
En raison des guerres de l’UE OTAN, L’électricité en Europe coûte 2 à 3 fois plus cher qu’aux États-Unis ou en Chine.
Ce n’est pas un bolchévik, loin de là, mais Arnaud Montebourg, ancien ministre de l’industrie constate : « La France a sacrifié son industrie sur l’autel du libéralisme. Aujourd’hui, on en paie le prix »,
Union Européenne ou produire en France, Euro et grand marché européen ou des emplois pour les ouvriers, il faut choisir ! cela passe pour ceux qui comme le PRCF ont comme priorité la France des travailleurs, par l’impératif du Frexit progressiste. Voilà qui devrait être le premier enjeu du débat de la prochaine élection présidentielle.
jbc pour www.initiative-communiste.fr





