Info Luttes – Face au danger Fillon Hamon Macron Le Pen, Contre offensive des travailleurs – n°5 février 2017

Au lendemain du second tour de la primaire du PS, nous connaissons les principaux concurrents de la course à l’Élysée : Mélenchon, , Hamon, Fillon, Le Pen. La question posée est : qui va l’emporter et sur quel programme et que doivent faire les travailleurs pour défendre leurs intérêts.

De ces cinq candidats, le seul qui présente un programme qui se démarque des politiques sociales et économiques menées  depuis des décennies, c’est celui de qui déclare, concernant l’Union européenne « l’UE on la change ou on la quitte ».  Les autres candidats, Macron, Hamon, Fillon vont poursuivre une politique économique imposée par l’Union européenne, c’est à dire prendre l’argent dans les poches des travailleurs pour le distribuer aux riches et poursuivre le démantèlement des services publics.

Ne soyons pas dupes du gauchissement purement apparent que propose B. Hamon  : ne pas oublier qu’il a voté la confiance à Cazeneuve et qu’il a été  double ministre Hollande, d’abord à Bercy avec Ayrault, soutenant tout à la fois le CICE, l’ANI, le pacte de responsabilité, puis à l’Éducation Nationale avec Valls, contribuant à la destruction de ce service public, il est d’ailleurs un soutien actif de la “réforme du collège”  !  Sur l’essentiel, il veut accélérer la marche à l’ fédérale, tout en poursuivant les boniments mensonger sur une « sociale » qu’interdisent dans la réalité les Traités qu’il a lui-même votés (notamment le Traité de Lisbonne, copie aggravée de la constitution européenne). Hamon veut aussi porter à 2% le budget de la défense, comme l’exigent à la fois Trump et Obama, et cela dans le cadre d’une armée européenne intégrée à l’OTAN et tournée contre la Russie. Cela signifierait un surcroît d’austérité pour les travailleurs et de nouveaux risques de dérapage vers la guerre nucléaire sur le sol européen. Enfin, le cœur du message adressé aux jeunes par Hamon est la légalisation du cannabis et la mise en place d’un Revenu de universel qui officialise le renoncement définitif du PS à la revendication historique du mouvement ouvrier : le droit au travail pour tous. C’est un piège mortel et déshonorant pour les jeunes, dont l’écrasante majorité ne rêvent pas d’une assistance de survie et qui veulent un vrai travail bien payé pour montrer ce qu’ils savent faire et être utile à la société. Bref, ce personnage est dangereux et son vrai but est de sauver le PS pour défendre la dictature de l’oligarchie capitaliste, et donc pour cela de nuire à la candidature Mélenchon. Il est désolant que d’emblée, au vu de ce résultat, la direction du PCF-PGE ait redémarré les pressions pour aller, sans le dire aussi clairement, vers une fusion des candidatures à la gauche de Macron qui ne pourrait se faire qu’en renonçant à toute critique de l’UE, en ajoutant gravement à la confusion politique en se rangeant une nouvelle fois derrière les éléphants du PS, caciques de la droite.  Faut il rappeler que le député Hamon s’est refusé à voter la motion de censure qui aurait permis de faire échec à la Loi Travail ? Faut il rappeler que le candidat Hamon ne remet pas en cause les investitures de son parti, le PS, aux législatives, c’est à dire qu’il soutient la candidature de El Khomry, comme celles de Valls d’ailleurs.

En ce qui concerne Marine Le Pen, son programme social ressemble à de la glue, colle que les gamins des années 50/60 utilisaient pour attraper les oiseaux et les mettre en cage.  Le reste de son programme appelle à la haine, à la division entre ouvriers français et immigrés, jeunes et retraités, salariés du privé et du public. Sa volonté d’interdire d’école tout enfant d’un immigré non encore régularisé est une pure ignominie. A quand l’étoile jaune pour les enfants d’ « irréguliers » ?

Faut il par ailleurs rappeler que derrière les accents eurocritiques du discours du FN, utilisés pour séduire l’électorat populaire qui constate chaque jours les ravages des armes d’exploitation massives que sont l’UE et l’, Marine Le Pen a déjà annoncée qu’elle élue présidente la France ne sortirait pas de l’Euro et de l’UE ?

Dans son appel aux travailleurs, à la jeunesse et aux progressistes, le PRCF invite les travailleurs à s’unir sans attendre l’élection pour une contre-offensive face au danger que représente Fillon-Macron-Thatcher et les Fachos Nantis.

Il ne saurait y avoir de victoire des travailleurs sans briser les chaines de l’Union Européenne avec le FREXIT populaire, sans mise en avant  dans la campagne électorale des questions sociales : sur la réduction du temps de travail, sur l’augmentation des salaires et des  pensions de retraites, sur la question des nationalisations démocratiques pour produire en France et créer de vrais emplois, pour une république sociale réduisant les inégalités, une république fraternelle pour toutes et pour tous, un peuple souverain, une France indépendante etc.

D’ores et déjà, le 7 mars, les organisations de la CGT, FO, SUD du secteur santé, social, public et privé, rejointes par de nombreux autres syndicats d’autres secteurs professionnels  ainsi que les associations d’usagers vont peser sur cette campagne électorale en organisant une journée de grève et de manifestation à Paris.

Le 21 mars, jour de grève et manifestations dans les services publics.

Le 7 avril, journée mondiale de la santé dans le cadre d’une mobilisation internationale appelée par plusieurs dizaines d’organisations à l’issue du forum social mondial de Montréal.

Ceci pour rappeler aux deux candidats qui resteront dans la course à la présidentielle, quel que soit le résultat du premier tour, que rien ni personne n’arrêtera le mouvement social et revendicatif.

Seule la lutte de classe permettra d’arrêter la prise de pouvoir qui s’annonce catastrophique  des candidats de la finance, de la mondialisation et de la haine.

Tous ensemble, nous montrerons la détermination des salariés et des demandeurs d’emploi pour arracher de nouveaux conquis et faire reculer les assistés, c’est-à-dire ceux qui spéculent en bourse et au Cac40. Les échéances qui viennent, doivent permettre de renforcer le mouvement social dont le seul vecteur reste la hausse du pouvoir d’achat des salariés et des retraités. Pour cela, le P.R.C.F. appelle les travailleurs à créer un pôle de défense des libertés syndicales et politiques, un pôle de résistance- le F.R.A.P.P.E et à gagner dans les de nouveaux conquis sociaux.

Jo Hernandez  animateur de la commission Luttes du PRCF-  1 février 2017


Les en cours :

  • Grève nationale des Atsem (écoles maternelles) le 1er février 2017
  • Grève nationale à la SNCF le 2 février 2017
  • Éboueurs de Bastia le 31 janvier 2017
  • Périscolaire et crèches à Longwy les 30 et 31 janvier 2017
  • Lycée professionnel Elsa-Triolet à Lucé le 2 février 2017
  • Bibliothèques de Paris les 4 et 5 février 2017

Les grèves à venir :

  • Grève nationale chez Pôle Emploi le 6 mars 2017
  • Grève nationale de la santé et de l’action sociale le 7 mars 2017
  • grèves et manifestation des services publics le 21 mars 2017
  • Journée mondiale de la santé 7 avril 2017

Revue de presse des luttes :

Euro libéralisation de l’Energie et privatisation de EDF : 5 000 suppressions d’emplois annoncées !

Lire les dossier spéciaux d’Initiative Communiste en cliquant sur les liens ci-dessous :

source : CGT FNME

Depuis maintenant plusieurs mois, les mauvaises annonces se succèdent sur l’entreprise publique EDF. Nous assistons à une sorte d’acharnement pour déstabiliser l’entreprise, avec une convergence des libéraux qui veulent la mort du service public et des « libertaires » qui confondent service public de l’énergie et aveuglement dogmatique anti-nucléaire.

Aujourd’hui, l’entreprise fait à nouveau la une des médias au travers la tenue d’un Comité Central d’Entreprise où la direction d’EDF va annoncer pour 2019 une fourchette de suppressions d’emplois comprise entre 3257 et 5107.

La FNME CGT tient à réaffirmer deux points essentiels :

la situation actuelle de l’entreprise est due à la libéralisation européenne qui dés-optimise le marché de l’énergie, conduit à des prix qui ne couvrent plus les coûts. Cette politique fait entrer l’Europe dans une spirale infernale dont nombre de dirigeants s’inquiètent et qui à terme va conduire à des hausses de tarifs inconsidérées. Les premiers qui en feront les frais sont les millions de personnes en précarité énergétique en France et en Europe
l’absence de politique gouvernementale qui consiste à ne considérer l’entreprise publique que comme une machine à cash qui lui fait remonter 2 milliards de dividendes par an en moyenne depuis dix ans.
Néanmoins, la situation de l’entreprise peut être redressée, en mettant en place une stratégie long terme, avec au cœur le service public et les hommes et les femmes qui la composent. Tout à l’opposé de ce que prévoit la direction d’EDF. Supprimer des emplois, c’est supprimer la richesse de l’entreprise. Comment peut-on prôner par exemple la transition énergétique, qui implique de mettre en place des systèmes innovants et dans le même temps diminuer de manière drastique les effectifs de la R&D. La France est pourtant à la traîne sur ce point pourtant essentiel pour créer les emplois de demain, affronter les enjeux environnementaux et réindustrialiser le pays. C’est un point clé pour sortir la France du chômage qui la gangrène et accentue la fracture sociale.

Il ne s’agit que de la partie émergée de l’iceberg, les impacts de cette nouvelle cure d’austérité seraient ressentis dans l’ensemble des filiales du Groupe, notamment à Enedis et Dalkia.

Cela fait plusieurs années que la FNME CGT et les salariés dénoncent les mauvais choix industriels et financiers.

Plus que jamais la FNME CGT propose de mettre en débat la constitution d’un pôle public de l’énergie, permettant l’appropriation sociale d’un secteur stratégique qui ne peut être laissé aux mains d’un marché myope qui raisonne à court terme.

Elle portera ces enjeux lors des assises de l’industrie, organisées le 22 février à la Cité des Sciences et de l’Industrie, où 1000 militants de toute la France seront réunis ce jour-là.

Mignaloux-Beauvoir. Plan de licenciements : les salariés de la Chambre maintiennent la pression.

Source La Nouvelle République 30 janvier 2017

Les élus de la Chambre d’agriculture sont arrivés au milieu de salariés grévistes, cet après-midi. L’annonce de dix licenciements, début décembre, pour résorber un déficit estimé à 700.000 € passe très mal.

Plus de la moitié des 88 salariés de la Chambre d’agriculture de la Vienne est en grève, cet après-midi, au siège, à Mignaloux-Beauvoir. Dès 13 h 30, comme ils le font depuis l’annonce de dix licenciements, début décembre, ils ont organisé une manifestation devant l’accueil.

Ils profitaient d’une réunion d’information sur cette question, organisée par la direction de la Chambre d’agriculture, pour exprimer leur mécontentement. Des tracts ont été distribués aux élus pour rappelé les conséquences de cette décision prise pour résorber un déficit estimé à 700.000 €.

“Nous souhaitions que les élus aient tous le même dégré d’information. Ces licenciements sont des propositions. Rien n’est validé avant la session de Chambre prévue le 24 février”, a précisé Dominique Marchand, président, pour désamorcer la grogne des salariés.

Une délégation du personnel a été invitée à s’exprimer mais la déléguée syndicale CFDT, Chantal Dehalle, a refusé.

“Ce que nous attendons, c’est l’audit financier pour savoir si ce plan de licenciements est nécessaire. La direction s’est basée sur une hypothèse de réduction des financements. Nous voulons savoir si c’est cohérent.”

Le cabinet KPMG est chargé de réaliser cet audit financier et organisationnel, très attendu.

Les grévistes se sont retirés dans une salle, à 14 h 30, pour préparer de futures actions de protestations.

Mouvement social : pas de cantines dans les écoles de Toulouse le 1er février

La Dépêche du Midi

Le site de la mairie de Toulouse indique qu’en raison d’un mouvement de grève des personnels municipaux, les repas ne seront pas livrés dans les cantines des écoles de la ville le mercredi 1er février. Les enfants avec un panier-repas fourni par leurs parents pourront être accueillis, si les personnels d’encadrement des Centres de loisirs associés à l’École (CLAÉ) sont suffisants.

La mairie de Toulouse précise aussi que l’accueil dans certains services municipaux risque d’être perturbé. En décembre dernier déjà, les personnels municipaux avaient fait grève à l’appel de quatre syndicats. Ces derniers dénonçaient alors le non-renouvellement des départs à la retraite, la réorganisation des services ainsi que l’augmentation de la charge de travail.

Communiqué de la CGT des Marins du Grand Ouest

Source la CGT

Le 16 janvier 2017 plusieurs associations et organisations syndicales, dont la CGT des Marins du Grand Ouest se sont réunis et mobilisés afin d’attirer l’attention sur la dangerosité de 25500 tonnes de maïs livrés au mois de décembre 2016 provenant de Roumanie. Cette cargaison traitée à la phosphine laissait échapper des gaz, il semblerait, que la   phosphine pourrait également provoquer des explosions. Une chose reste certaine, la phosphine  tue, et contamine celles et ceux qui s’y approchent. Les autorités en charge des ports mondiaux, sont-elles prêtes à accepter un scandale sanitaire égal ou supérieur à celui de l’amiante ? Pourquoi une omerta sur les ports ? Qui fait pression ? Qui laisse les salariés s’approcher des cargaisons qui sont contaminées et qui tuent ? Quelles sont les pouvoirs des autorités portuaires ?

Il est temps de mettre fin à l’amoralité ambiante et aux lobbyings en tout genre, soyons plutôt bien veillant à l’avenir de l’Homme, à la qualité des produits qu’il consomme et à l’Environnement !

L’omerta qui règne autour des pesticides doit être dénoncée publiquement et en continu, certains comportements contre les Marins, les Travailleurs des ports céréaliers sont des  comportements scandaleux, et irresponsables. Le Syndicat CGT des Marins du Grand Ouest à toujours porté haut le développement des ports Bretons et Nationaux. Mais, dès que des Marins sont mis en danger il doit intervenir et se faire entendre.  Jamais le Syndicat  ne couvrira les dérives lorsqu’elles nuisent aux Marins, à l’Homme, à son devenir et à l’Environnement !

En 2013, lors de l’élection municipale, le Syndicat CGT des Marins du Grand Ouest faisait parti de ceux qui   avaient mis le développement du port de Brest au centre des débats !

Le 16 janvier 2017 lors de cette réunion, nous avons rencontré des victimes qui ont côtoyé la phosphine, ce communiquer, dénonce certaines  « pratiques »  sur des espaces portuaires fermés, sous de futiles prétextes, afin que tout soit permis instaurant une omerta de fait « circuler il n’y a rien à voire » !

Les émanations de la phosphine sont si dangereuses que l’Organisation Maritime Internationale des Fumigateurs IMFO a été créée et que des assurances spécifiques sont proposées aux Armateurs au cas où il y aurait un mort parmi les Marins. En 2008 un Marin Roumain était décédé suite à une fuite sur une gaine de ventilation passant par les locaux d’habitation à bord d’un navire. Nous ne devons pas accepter que les importations de maïs américain ou de soja brésilien continuent à mettre en danger la santé des Marins, des Dockers, et au final des Consommateurs alors que nous avons une parfaite connaissance des dangers liés à la manipulation de la phosphine.

Le Syndicat CGT des Marins du Grand Ouest demande que les ports soient classés d’après des critères de qualité, et non mis en concurrence ce qui permet tout et l’importe quelle dérive, poussant les peu scrupuleux à prendre des risques inutiles. L’omerta sur les places portuaires doit prendre fin, cela ne sert personne, sauf peut-être quelques pseudo-armateurs amoraux  qui se cachent derrière les pavillons de complaisance, permettant toutes les dérives sociales et autres, mettant sus le tapis les conséquences pour la santé de l’Homme !

Folschviller : 259 postes supprimés chez Neuhauser

Par France Bleu Lorraine Nord, 

Neuhauser lance un plan de réorganisation de ses effectifs sur ses sites de production en France. Le groupe de boulangerie industrielle veut ainsi supprimer 259 postes à Folschviller, mais sans licenciements secs.

L’annonce a été faite le 17 janvier dernier en Comité Central d’Établissement, et la direction a diffusé mercredi une note d’information aux salariés du groupe : le groupe Neuhauser lance un plan de réorganisation de ses effectifs et de ses lignes de production.

Folschviller, berceau historique du groupe
Le boulanger industriel qui emploie 2086 personnes sur seize sites en France compte supprimer 370 postes, dont 259, rien que pour son berceau historique de Folschviller. Neuhauser y possède trois entités distinctes : “Neuhauser village”, le siège du groupe, ainsi que deux usine, “Furst 1” et “Furst 2”, soit environ 600 personnes.

La direction va proposer 201 reclassements en interne, dont 42 à Folschwiller. Pour les 169 autres postes, il s’agira de départs volontaires avec un accompagnement. Il ne devrait donc pas y avoir de départs contraints. Le groupe précise également qu’il n’y a, à l’ordre du jour, aucune fermeture de site. La mise en place de ce plan prendra de cinq à six mois.

Neuhauser justifie cette décision par la baisse de son chiffre d’affaire : soixante millions d’euros en moins sur les deux dernières années, et une perte de compétitivité par rapport à la concurrence étrangère. Il faut aussi adapter les lignes de productions à la demande du marché.

Une réunion samedi pour décider d’éventuelles actions
La CGT n’a pas souhaité réagir pour le moment à cette annonce. Un représentant du personnel a indiqué qu’une réunion de l’intersyndicale se tiendra samedi matin. Elle devrait décider d’une ligne commune et des actions à mener pour tenter d’empêcher la mise en place de plan.

Paris: Pas payés, les ouvriers de la rénovation de la station Châtelet-Les Halles se mettent en grève

communiqué AFP pour 20 minutes

Quatre jours de grève pour plus de vingt salariés du BTP à Paris. Voilà plusieurs mois qu’ils ne sont pas rémunérés…

Ils rénovent la gare de Châtelet-les-Halles, à Paris, avec des conditions de travail « scandaleuses ». Les ouvriers sous traitants de Vinci ont entamé une grève, lundi, car ils déplorent ne plus percevoir de salaire depuis plusieurs mois, rapporte l’AFP. Deux à huit mois d’arriérés de salaires sont dus d’après les ouvriers.Mise en accusation du sous-traitant

Ces 24 ouvriers, selon les informations de France Bleu, sont pour la plupart d’origine turque. Ils souhaitent, également, obtenir leur embauche par Vinci. Le géant du BTP est en effet la maison mère de Sogea TPI, qui s’est vu confier ce chantier par la RATP, avant d’en sous-traiter l’exécution à une société dénommée FH Service.

« Ces conditions de travail sont incompréhensibles », affirme Patrick Liébus le président de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), dans un entretien à l’AFP. « Quand une entreprise répond à un appel d’offres à la RATP ou sur des marchés publics quels qu’ils soient, on vérifie que ses sous-traitants sont en règle », dit-il.

« Là on voit que des personnes ne sont pas déclarées pour certaines, par l’entreprise qui les emploie en sous-traitance, sur un chantier où il y a peut-être des risques physiques ou pour la santé », poursuit le patron de la Capeb. « C’est profondément scandaleux ».

Sortir de la logique « pas vu, pas pris »
Selon Patrick Liébus, la RATP, « à partir du moment où elle sait qu’il y a sur ses chantiers des salariés de sous-traitants qui sont traités de cette façon-là, devrait s’engager ». Il souhaite, « si tout cela est avéré », une sanction « à la hauteur de l’infraction, pour que des entreprises importantes arrêtent de se dire : “pas vu, pas pris” ». Et estime que la nouvelle carte d’identification professionnelle des salariés du secteur du bâtiment et des travaux publics fera reculer les abus, car elle nécessitera de vérifier « la légalité d’installation de l’entreprise, et des salariés, sur le territoire ».

Obligatoire et généralisée en février, elle concernera 500.000 entreprises et 2,5 millions de salariés – dont les intérimaires et les travailleurs détachés d’entreprises étrangères.

Le géant du BTP Vinci a annoncé jeudi « étudier les conditions d’une embauche » de ces salariés de FH service.De quoi susciter des réactions

Ces carreleurs affirment n’avoir ni contrat de travail, ni fiches de paie, ni équipements de sécurité alors qu’ils sont exposés à des produits chimiques, des poussières et de l’amiante.

Au troisième jour de grève, mercredi, Vinci a décidé de mener une enquête interne et la RATP a porté plainte contre X, rapporte Batiactu. Le géant du BTP a reconnu des retards dans les paiements de salaire pour des travailleurs en situation régulière.

Jean-François Carenco, préfet de la région d’Île-de-France et de Paris a saisi, au titre de l’article 40 du code de procédure pénale, le procureur de la République de Paris. Il juge « inadmissible que dans notre société, les droits des salariés soient ainsi bafoués, et précise, en tant que représentant de l’État, garant de ses lois mais aussi de la cohésion sociale de notre pays, je ne peux rester sans réagir. Il y va de la dignité de ces personnes ».