La classe ouvrière à l’avant-garde du combat patriotique – par Georges Gastaud

par Georges Gastaud, auteur de Patriotisme et internationalisme [Edidtion du CISC 2011] – Marxisme et Universalisme [Edition Delga] – et du Nouveau défi léniniste [Delga 2017]

Mettre le monde du travail au centre de la vie nationale

Les Jours Heureux, programme du CNR largement inspiré par J Duclos et P Villon

LA CLASSE OUVRIERE A L’AVANT-GARDE DU COMBAT PATRIOTIQUE

Plus proches qu’ils ne croient du trotskisme et de son nihilisme national avéré, certains pseudo-léninistes actuels refusent de distinguer le patriotisme populaire, ce meilleur ami de l’internationalisme prolétarien, du nationalisme xénophobe, cet exutoire permanent du supranationalisme euro-atlantique. Ces dogmatiques invétérés vont jusqu’à opposer la à la nation : selon eux, le « saut fédéral européen » cher à E. Macron nuirait « seulement » au monde du travail, laissant intacte la nation française, que ces doctrinaires confondent généralement avec son pire ennemi: l’impérialisme « français »1, autre nom du capital financier qui pille quantité de pays du Sud (notamment africains), pour mondialiser les profits du CAC-40, vend notre pays à la découpe : industries, pêcheries, agriculture paysanne, services publics « à la française », Sécurité sociale, retraites par répartition, tout y passe ! Mais comment la politique antisociale qui déstabilise la classe ouvrière et le monde du travail, colonne vertébrale de notre peuple, pourrait-elle ne pas, par ce fait même, désosser la nation française ? Et comment ne pas saisir à l’inverse que l’euro-dissolution galopante de la nation, que le MEDEF appelle cyniquement de ses vœux dans son manifeste Besoin d’aire2, constitue l’axe principal d’une stratégie de classe qui vise à extirper les avancées sociales, culturelles et démocratiques que deux siècles de luttes ouvrières, républicaines et antifascistes avaient imposées à l’Etat-nation français, si bourgeois et capitaliste qu’il fût resté dans son essence ? Les communistes doivent au contraire prendre toute la mesure de la « défaisance » de notre pays, en voie de dissolution et de fascisation accélérée dans l’acide de la « construction » euro-atlantique : cette prise de conscience décomplexée est urgente si l’on veut qu’émerge à temps une stratégie fédératrice et authentiquement léniniste. Sans cette prise de conscience, impossible de faire de la classe travailleuse l’aile marchante d’un large rassemblement antifasciste, patriotique et populaire tourné contre le MEDEF et l’-OTAN et rouvrant concrètement au peuple français la voie de la révolution socialiste.

1 – Les aveugles politiques sont inaptes à éclairer la reconstruction de la stratégie communiste

Si l’on consent à faire un peu d’histoire contemporaine, il faudrait remonter au début des années 1970 où la grande bourgeoisie hexagonale, épouvantée par la grève de masse de Mai 1968, a vite activé le vieux réflexe antinational des « élites » réactionnaires de toute époque : celui des contre-révolutionnaires « français » de 1792 s’engageant dans les armées de la Coalition monarchique européenne pour combattre les Soldats de l’An II, celui de Thiers, écrasant la Commune de Paris avec l’aide militaire, dûment sollicitée et accordée, du chancelier Bismarck ; celui des Laval et autre Pétain effectuant ce que notre camarade Annie Lacroix-Riz nomme le « choix de la défaite » dans le but avoué d’étrangler la « Gueuse » (= la République) et de mater le Front populaire. Dans les années 1970-1980, on vit de même les gouvernants français successifs, de Giscard à Mitterrand, courtiser de plus en plus la RFA voisine (où la social-démocratie tenait fermement la classe ouvrière dans les filets de la « cogestion » capital-travail) et précipiter la désindustrialisation méthodiquement menée du pays (mines, sidérurgie, textile, machine-outil…). Tout cela s’est effectué à l’issue d’un partage impérialiste (dénoncé à l’époque par L’Huma) attribuant à la France les transports transeuropéens, la haute banque et le tourisme, mais remettant à la RFA les clés de la puissance industrielle continentale3. Plus d’ française, plus de classe ouvrière rouge, votant PCF et syndiquée à la CGT, comme c’était le cas majoritairement depuis 1936, et plus encore, depuis 1945, voilà une de clés de l’aggiornamento capitaliste franco-allemand engagé dès le début des années 1970… Même choix éradicateur visant, au nom de l’extension de la Communauté européenne à l’Espagne, au Portugal et à la Grèce (1979), à déclasser massivement les paysans et viticulteurs du « rouge Midi ».

En un mot, la perspective de disloquer la nation pour paralyser l’ennemi de classe et paysan, et pour ce faire, détruire la nation populaire et ses conditions d’existence, n’a jamais effrayé la grande bourgeoisie dont les coffres-forts et le maintien à tout prix de son pouvoir de classe, ont toujours prévalu sur l’intérêt national, voire sur l’existence même de la nation, comme Jacques Duclos, chef de file du PCF clandestin sous l’Occupation, ne cesse d’y revenir dans ses Mémoires. Pour mesurer l’actualité de cette ligne antinationale, il suffit de rappeler la sortie quasi-négationniste proférée en 2007 par Denis Kessler, ex-étoile du maoïsme devenu idéologue du MEDEF : dans un éditorial de « Challenge », il sommait carrément Sarkozy, tout juste élu, de « démanteler le programme du CNR », ce fâcheux « compromis entre gaullistes et communistes »mis en place à l’époque maudite « où l’Armée rouge campait à quelques centaines de kilomètres de Paris »4. Souvenons-nous qu’à l’inverse, la classe ouvrière était« seule demeurée fidèle, dans sa masse, à la France profanée », comme l’avait reconnu honnêtement François Mauriac : cet écrivain gaulliste évoquait alors la grande Grève patriotique des Mineurs du Nord-Pas-de-Calais en Mai-juin 1941 et, plus généralement, à ces milliers d’ouvriers, de paysans, d’artisans FTPF et de FTP-MOI qui « montaient des mines et descendaient des collines » à l’appel du PCF et qui, torturés puis collés au mur par Hitler et Vichy, « criaient la France en s’abattant », selon le mot poignant d’Aragon.

Mais pour revenir à la période récente, comment ne pas voir combien la casse de la nation, et du même coup, la dévastation néolibérale des conquis sociaux, laïques et démocratiques qui lui sont liés, bat son plein au pays d’E. Macron ? Comment s’aveugler au point de ne pas recenser dans toute leur cohérence antisociale et antinationale…

  • la casse finale en cours de la grande industrie française avec le démantèlement accéléré d’Airbus, la délocalisation programmée de PSA, la vente par morceaux d’Alstom ou des Chantiers de l’Atlantique, la liquidation d’Ascoval (acier), la mise à mort de GMS (ultime de la Creuse), la destinée plus qu’étrange des « fusions » Renault-Nissan, Alcatel-Lucent ou Citroën-Opel ? Et la liste s’allonge chaque jour…
  • la privatisation, sur directives européennes, de la S« N »CF, d’ED« F », de Gaz « de France », et maintenant, des principaux Aéroports, après le dépeçage en règle de ces fleurons qu’étaient Air-France ou France-Télécom5 ?
  • La dénationalisation même plus rampante de l’Université et de l’école publique : liquidation des facs de « proximité » et montée des euro-pôles universitaires voués à l’anglicisation totale, contre-réforme Macron-Blanquer de l’école et de la fonction publique tendant à liquider les concours, les diplômes, le bac et les statuts nationaux, donc la reconnaissance nationale des qualifications et par voie de conséquence, les conventions collectives de branche qui leur sont attachées… ce qui aboutirait à la précarisation, voire à l’ubérisation générale du salariat, avec à la clé, un recul général des salaires et une difficulté accrue à faire grève…
  • la mise à mort de la République une, laïque et indivisible par la marche concomitante à l’Europe des régions, au « Pacte girondin » cher à Macron, aux « euro-métropoles » phagocytant les communes6, aux « euro-pôles de compétitivité » dirigeant la politique économique dans le cadre de nouveaux Länder à la française, à l’essor fulgurant de l’enseignement privé et à la mise en cause « en marche » de la séparation de l’Etat et des églises7, si ce n’est à la semi-extraction du territoire national de certaines régions françaises périphériques (Alsace, Corse…) dont les élites bourgeoises lorgnent déjà vers la riche Europe rhénane, vers l’opulente Italie septentrionale ou vers la très prospère Barcelone…
  • la politique linguistique odieuse, soustraite à tout débat national et protégée, par omission, par la gauche établie, du tout-anglais managérial auquel sont illégalement transférés des pans entiers de l’enseignement supérieur, de la « com » interne ou externe des grandes entreprises, des services publics, voire de l’armée « française » arrimée à l’OTAN ;
  • le démontage du « modèle » social issu de 1936, de 1945 et de 1968 qui permettait aux travailleurs de France de bénéficier de la Sécurité sociale, des retraites par répartition, d’un Code du travail relativement protecteur, de statuts publics, de tout ce qui fut mis en place par les ministres communistes et patriotes de 1945 ; ne parlons pas de l’hôpital public, de la Poste, de ce qui subsiste des « services publics à la française »8 que, certes, il ne faut pas idéaliser ni prendre pour du socialisme avant la lettre, mais qui n’en permettaient pas moins à notre peuple de « faire nation »9; et chemin faisant, non pas en exaltant et en additionnant les particularismes identitaires (régionaux, religieux, etc.) de l’ « archipel français », mais en fondant les luttes populaires dans un seul creuset social, patriotique et populaire, à intégrer au combat commun des générations successives de travailleurs immigrés fiers de leurs origines mais défendant au besoin leur patrie d’adoption, comme on le vit sous l’Occupation où les bataillons FTP-MOI furent des fers de lance de la Résistance patriotique armée : tel fut en effet, durant des décennies, et en unissant constamment le drapeau rouge au drapeau tricolore, l’un des très grands mérites du PCF, du même mouvement parti patriotique, parti internationaliste, parti antiraciste et principale force anticolonialiste agissant dans l’Hexagone ;
  • le dépeçage de l’Etat républicain, fût-il bourgeois, lorsque la politique du chef de l’Etat, bafouant le Non souverain de 2005 à la constitution européenne, vise à substituerla « souveraineté européenne » à la souveraineté nationale, le « gouvernement de l’euro » au contrôle parlementaire du budget national, l’ « armée européenne » intégrée à l’OTAN au principe même de la défense nationale, et cela à une époque où les « élites », redoutant que ne surgissent à nouveau les conditions d’une insurrection populaire annoncée par les Gilets jaunes, n’hésiteraient sûrement pas à recourir au protectorat policier et militaire de l’Empire européen…

Bref, si l’on se souvient de la définition que le marxisme-léninisme (Lénine, Staline, Dimitrov, Thorez, Politzer…) a toujours donnée du fait national, on constate que notre pays, de plus en plus saccagé dans ses dimensions territoriale, économique, linguistique et institutionnelle, ressemble de plus en plus à un « couteau sans manche dont on a perdu la lame » ! Or, cette décomposition française ne provient pas de la « force des choses » : elle résulte au contraire d’une politique de casse et de classe qui veut irréversiblement soumettre notre peuple, jugé incurablement frondeur (et ce n’est pas le soulèvement des Gilets jaunes qui peut convaincre Neuilly et Le Touquet du contraire…), à l’hégémonie duelle, à la fois complice et rivale, de l’Oncle Sam et de la Grande Allemagne « réunifiée » par la contre-révolution ; avec en toile de fond la nouvelle Sainte-Alliance, négatrice de Stalingrad, d’Octobre 17 mais aussi de la Révolution jacobine qu’est l’UE de Maastricht érigée sur les ruines de l’Europe socialiste et de l’URSS…

2 – Face à la défaisance nationale, les vrais communistes, les syndicalistes de classe et le monde du travail doivent « devenir la nation » (Manifeste du Parti communiste) pour faire la révolution. Et vice-versa…

Partant des faits massifs et patents que nous ne faisons que résumer, le PRCF10 met en œuvre et actualise les principes léninistes de l’Internationale communiste et de son congrès novateur de 193511 pour faire de la classe travailleuse la force dirigeante d’une large alliance visant à isoler le grand capital destructeur de la nation, pour impulser, à l’avantage du camp populaire, un vaste affrontement de classes jetant concrètement, et sur les bases sociopolitiques les plus larges possible, les bases de la révolution socialiste en France. Tout se tient dans cette politique à la fois révolutionnaire et rassembleuse qui, à la cohérence antinationale, antisociale, fascisante, belliciste, impérialiste des gouvernements maastrichtiens successifs, oppose la contre-cohérence d’une ligne ouvrière, populaire et patriotique d’élargissement de la souveraineté nationale, des conquis sociaux et de la démocratie populaire de masse jusqu’à l’avènement révolutionnaire de la démocratie socialiste12, hasta el socialismo siempre, dirions-nous pour pasticher Ernesto Guevara ; et c’est ce que symbolisent notamment…

  • L’alliance de l’Internationale et de la Marseillaise, que les prolétaires en gilets jaunes ont réappris à chanter le poing tendu en rendant sa signification insurrectionnelle primitive au refrain de l’hymne national13 ;
  • L’idée des quatre sorties, de l’euro – cette austérité continentale faite monnaie –, de l’UE, ce carcan impérialiste pesant sur les peuples, de l’OTAN, cette machine à mondialiser les guerres US, dans la visée clairement annoncée de rompre avec le capitalisme ; il n’y a aucunement lieu d’opposer le progressiste à la révolution prolétarienne puisqu’il est clair comme le jour qu’à notre époque, la sortie par la porte à gauche de la France de la prison européenne se traduirait par un intense affrontement de classes14 qui poserait en pratique la question du « Qui l’emportera ? » de la classe capitaliste arrimée à l’UE-OTAN ou du large rassemblement populaire conduit par la classe ouvrière ; c’est-à-dire, pour mettre les points sur les i, la question de la révolution prolétarienne et populaire dans notre pays.
  • D’un nouveau CNR, qui ne signifie pas un compromis de classe, fût-il positif pour le peuple (comme l’étaient les Jours heureux de 1944), mais la nécessité pour chacun de choisir entre enterrer la France et garder le capitalisme (choix prévisible de la grande bourgeoisie et de ses laquais, y compris sociaux-démocrates), ou bien défendre et reconstruire ce pays en crise et pour cela, abolir le capitalisme et nationaliser/socialiser les grands moyens d’échange et de production. La référence au CNR reste ainsi centrale, non seulement parce que ce sont les vétérans du PRCF, Léon Landini et Pierre Pranchère, qui l’ont largement imposée dans la problématique commémorative et militante du Plateau des Glières15, mais parce que c’est bien en défendant et en élargissant les acquis de 1945 pilonnés par l’ennemi de classe que l’on pourra désormais aller bien au-delà des « acquis de 1945 » (comme le dit le cinéaste Ken Loach) : en clair, poser la question du socialisme, non dans les mots, comme le font les trotskistes et les pseudo-léninistes qui exaltent l’ « insurrection européenne » sans jamais rien faire de concret pour l’engager, mais dans la pratique, avec le concours effectif de millions de prolétaires entraînant dans la lutte anti-oligarchique et anticapitaliste la majeure partie des couches moyennes en voie d’euro-précarisation et d’ubérisation massives.
  • d’une coopération internationale nouvelle, dont l’ALBA latino-américaine a dessiné certaines prémices, en substituant à l’ « économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée » (Maastricht, ALENA…) de nouveaux traités progressistes entre Etats souverains échangeant à égalité dans le cadre d’une division du travail respectueuse des productions et des cultures locales. Toutes orientations qui, bien entendu, comme on le voit avec l’attaque furieuse des impérialistes euro-atlantiques contre le Venezuela, favoriseront l’émergence d’un internationalisme populaire de nouvelle génération annonciateur de l’humanité communiste future ;
  • d’une sortie franche et résolue de l’UE/OTAN, sans passer par l’enlisement de négociations sans fin avec l’UE16 ; en l’occurrence, la décision pour le peuple de reprendre sa souveraineté inaliénable et non négociable peut servir de détonateur à une lutte proprement révolutionnaire pour peu que d’emblée soit annoncée la couleur, pas seulement tricolore mais rouge, d’un Frexit articulé à la nationalisation franche du CAC-40 et à l’élargissement tous azimuts de la démocratie populaire : donc, d’une sortie portant d’emblée, par des nationalisations franches, un coup sensible à la sacro-sainte propriété capitaliste et articulant d’emblée les trois sorties, de l’UE, de l’euro et de l’OTAN, à la sortie du capitalisme : la révolution socialiste proprement dite.

Tout cela implique également la reconstruction des outils politiques et sociaux dont la cohérence stratégique ne peut souffrir aucune atténuation, qu’elle soit droitière ou gauchisante.

  • A l’encontre du nationalisme ostentatoire de l’ultra-droite (celui du RN, mais aussi celui de Wauquiez), mais aussi du souverainisme « modéré » (pour parler vite), qui prétendent que la sortie de l’UE n’est « ni de droite ni de gauche », il faut préciser publiquement dès aujourd’hui l’orientation de classe progressiste, internationaliste et anticapitaliste que les communistes entendent donner au Frexit ; sinon, ce sera l’enlisement à l’anglaise, car la grande bourgeoisie capitaliste, même « patriote », ne peut pas, ne peut plus, comme en 1945, diriger ou codiriger, ne fût-ce que momentanément, la défense et la reconstruction effectives de la nation17. C’est pourquoi nous disons Frexit progressiste, antifasciste, antiraciste, internationaliste et refusons de cautionner la stratégie confusionniste qui consiste à prétendument « unir les patriotes des deux rives » : pas question notamment de frayer avec ceux qui, de près ou de loin, trouvent que le RN est un « moindre mal » par rapport au Macron alors qu’il s’agit des deux branches du même étau strangulant notre peuple ; pas question non plus de transiger avec la Françafrique et avec le néocolonialisme « français » ; non seulement parce qu’« un peuple qui en opprime un autre ne saurait être libre » (Engels), mais parce que c’est l’impérialisme français lui-même – c’est-à-dire le capital financier pour reprendre l’analyse de Lénine – qui du même geste, pille l’Afrique francophone et dissout la France et, chemin faisant, la langue française et la Francophonie sacrifiée, comme on l’a vu, au tout-globish. L’anticolonialisme, qui nous fait condamner les interventions françaises en Afrique ou en Syrie, n’est donc pas une manière de tempérer ou de contrebalancer notre patriotisme ardent d’héritiers du « Parti des Fusillés » : elle en est au contraire le prolongement direct, comme à l’inverse, le patriotisme populaire français que nous proclamons sans frilosité, est solidaire de la défense résolue des peuples grec, bulgare, roumain, ex-yougoslave, etc., que tente d’étouffer la « construction » européenne. C’est pourquoi nous, patriotes français, sommes aussi, fraternellement, patriotes grecs, italiens, portugais, etc., et aussi défenseurs de toutes les langues d’Europe, y compris l’allemand, que s’apprête à broyer le tout-Globish entrepreneurial du TAFTA et autre CETA… Faut-il dire aussi que nous sommes les amis sincères du prolétariat et des communistes allemands, que nous avons défendu contre l’énorme chasse aux sorcières anticommuniste qui a suivi l’Anschluss de la RDA.
  • Contre le gauchisme, le trotskisme, l’anarchisme, qui dévoient une partie de la jeunesse dans le nihilisme national au moment même où l’ennemi de classe détruit la France, nous rappelons que ces courants qui se prétendent purs et durs, refusent en réalité de faire la moindre peine aux courants petit-bourgeois de l’alter-européisme et de l’alter-mondialisme, dont ils sont en réalité la version « marxisée »… en apparence. Pour s’étendre à l’échelle continentale, le supranationalisme des « Etats-Unis socialistes d’Europe » cher à Mmes Laguiller et Artaud, n’est pas moins nationaliste et impérialiste que le « vieux » nationalisme hexagonal : c’est à l’échelle du monde entier et d’échanges équilibrés avec les peuples africains, américains, asiatiques, ex-soviétiques, etc., que nous disons que « l’Internationale sera le genre humain », pas à l’échelle congrue de ce conglomérat réactionnaire de bourgeoisies pillardes, crypto-racistes et pseudo-« chrétiennes » qu’est l’actuelle Sainte-Alliance euro-atlantique. Donc, aucun complexe pseudo-« internationaliste » face au NPA, à LO et Cie, dont la vraie fonction idéologique est de revêtir d’écarlate l’Europe fédérale des régions en construction !
  • Tout cela ne serait rien sans un patient travail de reconstruction des outils politique et syndical du prolétariat, ces outilsqu’ont brisés la « mutation » du PCF-PGE, la perestroïka liquidatrice et l’« eurocommunisme » en aidant à déstabiliser l’URSS, le Mouvement communiste international, le PCF ou la CGT de classe de Frachon/Krazucki. Notre drapeau, ce n’est d’ailleurs pas le drapeau tricolore pris isolément, ni même le drapeau rouge délesté des « outils » ouvrier et paysan qu’arborent le PCF-PGE ou le NPA, c’est l’alliance du drapeau tricolore porté par la Marianne en bonnet rouge (symbole des esclaves affranchis, rappelons-le, et ancrée par Delacroix dans l’imagerie des barricades) et du drapeau rouge frappé de la faucille et du marteau. Au-delà du symbole, cela veut dire que, pour que la classe ouvrière puisse pleinement reprendre conscience d’elle-même, pour qu’elle s’émancipe radicalement de ces influences bourgeoises et petite-bourgeoises que sont l’européisme, la xénophobie lepéniste, mais aussi le gauchisme porteur de No future et de manips aventuristes (type « black bloks »), il faut reconstruire le syndicalisme de classe et de masse ; or, le PRCF s’y est engagé dès longtemps en pionnier en soutenant le Front syndical de classe et les bases CGT et FSU qui contestent l’euro-syndicalisme d’accompagnement.
  • C’est pourquoi le but stratégique du PRCF reste la reconstruction d’un parti communiste de combat, digne héritier du grand PCF marxiste-léniniste, totalement indépendant du PS et de l’UE (laquelle subventionne le PCF via le PGE). C’est vers cette renaissance du Parti de classe que nous sommes passionnément tournés, nous qui avons toujours défendu la mémoire communiste française et internationale, qui n’avons jamais cédé un pouce de terrain à la criminalisation du communisme, qui avons toujours montré, à l’unisson du Comité Internationaliste pour la Solidarité de Classe (ex-Comité Honecker de Solidarité Internationaliste), que l’euro-fascisation est la face inavouée de l’entreprise de dé-communisation/dé-soviétisation qui caractérise dès l’origine l’UE contre-révolutionnaire. D’ailleurs, les actes parlent : qui d’autre que le PRCF a célébré le 70ème anniversaire de Stalingrad (2013) en présence de centaines de personnes ? Qui a organisé le grand meeting internationaliste de Paris pour commémorer, avec le soutien de dizaines de partis frères, le 100ème anniversaire de la Révolution d’Octobre ? Qui s’engage à commémorer dignement le 100ème congrès de Tours ? Non pour verser une larme sur notre grand passé, mais pour appeler tous les communistes de France à reconstruire ensemble le parti de combat dont notre peuple a besoin, non seulement « pour l’avenir », mais pour qu’il y ait un avenir !

La politique du PRCF est donc d’une totale cohérence, à égale distance de l’opportunisme de droite comme du gauchisme sectaire, du révisionnisme comme du pseudo-purisme révolutionnaire : en un mot, elle est fidèle à l’esprit du léninisme, qui n’a jamais consisté à « coller » aux courants dominants (droite nationaliste, « gauches » européistes…) sous prétexte d’unir, ni à s’isoler à plaisir pour travestir son attentisme en posture « héroïque ». Une stratégie qui, en un mot, vise à donner à la classe ouvrière une « ligne de masse » lui permettant de fédérer le peuple français, d’isoler le capital monopoliste, de défendre avec esprit de conséquence, « jusqu’au socialisme toujours », les libertés démocratiques, la souveraineté des nations, la coopération internationale, la paix, l’environnement et les lumières : en un mot, le progrès humain.

Une citation utile pour finir :

« La question européenne a relancé les débats, au sein de la gauche radicale, sur l’internationalisme. S’est progressivement affirmé en son sein la nécessité de repenser un internationalisme concret, refusant l’alternative ruineuse entre le nationalisme raciste porté par l’extrême droite et l’internationalisme du capital incarné par l’UE, mais renonçant également aux facilités d’un internationalisme abstrait. Celui-ci postule notamment que seraient résolues, en raison même de l’internationalisation du capitalisme, les questions stratégiques de l’articulation des espaces – locaux, nationaux et internationaux – dans la définition d’un projet de rupture anticapitaliste, et de l’appartenance nationale du prolétariat.»

Isabelle Garo, philosophe.

1 Les guillemets parce que les dirigeants du CAC 40, qui sont le cœur de cet impérialisme, sont de moins en moins ancrés en France. Le Monde, Le Figaro, etc. ont révélé qu’ils vivent le plus souvent à New-York, qu’ils parlent anglais à leurs enfants, et que plus de la moitié des actions du CAC-40 appartient à des investisseurs américains du type fonds de pension. Or, ce CAC-40 qui rafle l’essentiel du CICE et du « pacte de responsabilité » ne paie en France que 8% d’impôts alors que les PME paient 30%.

2 … qui fait l’éloge des « Etats-Unis d’Europe », de l’ « Union transatlantique », du tout-anglais, de la « reconfiguration » du territoire national transformé en mosaïque d’Euro-régions, des « euro-régions transfrontalières », etc.

3 Aujourd’hui, la RFA produit autant à elle seule, sur le plan industriel, que l’ensemble des autres pays européens dont plusieurs ne sont d’ailleurs que des sous-traitants ou des réserves de main-d’œuvre de Berlin (quasi-totalité des pays de l’Est, en voie de décomposition nationale quasi irréversible pour certains d’entre eux : Bulgarie, Roumanie, micro-Etats issus de la Yougoslavie…). Or la plus-value ne se crée qu’en apparence dans l’échange, ses sources profondes sont dans la production et l’exploitation du travail salarié. L’épisode-clé de cette désindustrialisation très « politique » fut la fermeture par Rocard de Renault-Billancourt, l’usine qui produisait l’essentiel de la machine-outil française, et qui avait servi d’état-major à la grève ouvrière de 1968. Pour affaiblir la classe ouvrière militante, Mitterrand et Rocard n’y allèrent pas de main morte : la CGT fut décapitée à Billancourt et plus de 40 000 délégués syndicaux prirent la porte sous Mitterrand sans que le PCF, engoncé dans les accords électoraux mortifères avec le PS, puisse ou veuille organiser une résistance conséquente.

4 Challenges, éditorial de novembre 2007.

5 Dont la privatisation sur directive européenne fut engagée par Jospin avec le soutien des ministres PCF Buffet, Gayssot et Demessine…

6 … Dont l’alliance millénaire avec le pouvoir capétien permit à notre pays d’émerger de la féodalité avant de devenir un des socles de la reconstruction républicaine.

7 La Libre pensée dénonce les projets macronistes de révision de la loi laïque de 1905. A l’arrière-plan, l’UE, qui veut obtenir la reconnaissance des « racines chrétiennes de l’Europe » et qui veut officialiser le « dialogue institutionnel des Etats avec les Eglises ».

8 Très différents des « service d’intérêt économique général » (SIEG) dont parlent les traités européens.

9 ce qui ne signifie nullement tomber dans les rêts de la collaboration de classes avec la bourgeoisie, mais tout au contraire, penser son combat de classe comme une lutte fédératrice portant l’aspiration au « commun » contre la classe capitaliste opposée avec acharnement à tout l’héritage progressiste de notre pays 

10 Dont la majorité du secrétariat national est directement ou familialement liée, soit dit en passant, à la résistance patriotique et/ou à la résistance communiste internationale : antifascistes italiens ou républicains espagnols notamment)

11 C’est au 7ème congrès de l’I.C. que fut adoptée la ligne du front populaire antifasciste, populaire et patriotique ; inspiré pour une part de l’expérience française du front populaire naissant, le rapport Dimitrov tirait les leçons de la défaite du PC d’Allemagne et largement inspirée de l’expérience du Front populaire.

12 Inséparable de la dictature du prolétariat.

13 Cf le magnifique film La Marseillaise que réalisa Jean Renoir et qu’avait commandité la CGT à l’époque du Front populaire.

14 Un affrontement national et sans doute, international : car les autres travailleurs d’Europe ne resteront sûrement pas spectateurs !

15 Qui rassemblent chaque année des centaines, voire des milliers de militants, notamment des jeunes, sur ce plateau qui fut un haut lieu de la Résistance armée.

16 Le trop fameux « article 50 » des traités européens, qui est cher à la fois à Theresa May et à François Asselineau. On voit le résultat avec l’enlisement programmé du Brexit…

17 Il n’est que de voir comment le RN a renié la sortie franche de l’euro sous la pression du camp bourgeois et de Dupont-Aignan. La raison profonde de cette évolution de la droite est que l’époque des fusions monopolistes à l’échelle nationale est passée depuis longtemps. C’est à l’échelle européenne ou mondiale que fusionnent désormais les trusts « français ».

2 Commentaires de lecteur “La classe ouvrière à l’avant-garde du combat patriotique – par Georges Gastaud