Répression et criminalisation des syndicalistes : Goodyear en correctionnelle le 29 juin [dossier spécial]

stop répression syndicalistesSigne de la fascisation qui s’accélère, répression et criminalisation des . De façon inquiétante, les exemples sont de plus en plus fréquents sur les attaques que subissent les militants syndicaux.

Les patrons, qui méprisent et exploitent au quotidien les travailleurs, sont toujours considérés comme les victimes et jouissent d’une protection et d’une considération totale du Gouvernement. La loi Macron va même aller encore plus loin avec le chapitre de la dépénalisation.

Les patrons-voyous ont de beaux jours devant eux.

Aujourd’hui, comme hier et certainement moins que demain, cette prendra de plus en plus d’importance. Patronat et Gouvernement, complices d’un objectif commun, vouloir éteindre toute contestation et résistanceà la mise en place de leur stratégie de destruction massive d’emplois, au nom de la finance.

Aucun syndicaliste ne devrait se retrouver devant les tribunaux. Quand un militant syndical dérange, il faut l’éliminer et quoi de plus facile que de le faire passer pour un criminel avec cette de classe.

Nord : Jugement mis en délibéré le 29 avril 2015.

les travailleurs de Goodyear Amiens Nord et leur CGT de combat, qui ont mené une lutte exemplaire pendant plus de sept ans, permettant à 1143 familles de continuer à vivre, se retrouvent une nouvelle fois devant la justice. Sept années de lutte, qui ont profité à toute l’économie locale, départementale, régionale qui aujourd’hui semblent l’avoir oublié.

9 syndicalistes, dont le Secrétaire général du syndicat CGT Mickael Wamen, subissent un acharnement judiciaire sans précédent.En un mois à peine, ils ont été deux fois en garde à vue.le 17 février 2015 et le 11 mars2015, pour des faits reprochés lors des actions menées pendant la fermeture de l’entreprise. L’employeur s’était pourtant engagé, par un accord de fin de conflit en date du24 janvier 2014, à ne pas entamer de poursuites judiciaires. Malgré cet accord de fin de conflit, la justice de classe n’hésite pas à maintenir une pression insupportable et convoque les 9 camarades devant le tribunal correctionnel le 29 juin 2015. Nous ne pouvons laisser faire, nous ne pouvons nous taire ! Solidarité avec les syndicalistes en proie à la répression !

Lettre ouverte aux instances de la CGT

Chers (es) camarades.

Une nouvelle fois la haine de classe montre son vrai visage. 9 ex-salariés de GOOD YEAR, militants de la CGT ont été convoqués ce mercredi 11 mars 2015 pour une confrontation à l’hôtel de police d’Amiens. Malgré un accord de fin de conflit dans lequel GOOD YEAR s’engageait à arrêter toute procédure judiciaire contre les salariés, la haine de classe contre les militants de la CGT est la plus forte. Des pressions, harcèlements quotidiens sont exercés contre nos camarades et principalement contre le secrétaire du syndicat CGT Mickaël WAMEN. Après 8 heures d’interrogatoire nos camarades sont sortis de l’hôtel de police avec une convocation en correctionnel pour le 30 juin 2015 à 9 heures. Nous allons célébrer cette année les 120 ans de la naissance de la CGT et il est impensable de laisser faire ce déni de justice par le capital et les politiques sociaux-démocrates qui nous gouvernent. La CGT reste le seul rempart face aux prétentions du MEDEF et de son valet MACRON. Depuis sa naissance, des milliers de militants de la CGT ont été torturés par les nazis, ont donné leur vie parce qu’ils ne voulaient pas vivre à genoux, se sont battus, parce qu’ils voulaient une société plus juste où la socialisation des moyens de productions et d’échanges était leur combat de tous les jours et reste à ce jour le seul chemin pour mettre en œuvre une politique économique au service de la population de notre pays.

Quand on touche à un militant de la CGT, on touche à toute la CGT, il est grand temps aujourd’hui de mettre en application ce principe élémentaire de solidarité de classe.

Syndiqué depuis plus de 45 ans à la CGT, présent lors de la manifestation à Amiens lors de l’assassinat de par les forces de police, j’en appelle à toutes les structures de la CGT (Syndicats du Public et du Privé, Unions Locales, Syndicats Départementaux, Unions Départementales, Fédérations, Confédération) pour qu’à tous les niveaux de notre organisation se construise une riposte massive, à la hauteur des enjeux de classe contre lesquels les ex-salariés de GOOD YEAR, avec leur syndicat CGT se sont battus et continuent depuis plus de 8 ans une lutte de classe exemplaire.

Recevez chers (es) camarades mes fraternelles salutations.

Christian POIX

Retraité de l’Amiante (Comité d’Etablissement Valeo Transmissions Amiens). Militant à l’Union Syndicale des Retraités de la Somme. Militant à l’Union Locale Zone Industrielle Nord d’Amiens. Militant à Communistes.

LUCIEN BARBIER – N’OUBLIONS PAS !

INTERVENTION de Christophe Saguez (Secrétaire Général de l’UD CGT SOMME)

Mesdames, Messieurs les élus,  Cher(e) ami(e), cher(e) camarade,

Permettez-moi de débuter cette prise de parole par une confidence…

Au moment où nous avons eu connaissance de la satisfaction de notre exigence, qui était d’obtenir un lieu public à Amiens au nom de notre camarade Lucien Barbier, nous avons tous dit à haute voix « enfin ».

Enfin, car cette demande était pour nous, et pour beaucoup d’autres, légitime et sa satisfaction est le résultat d’un travail collectif de plusieurs années.

Cet « enfin » exprimait une certaine fierté.

Et pourtant l’inauguration d’une allée Lucien Barbier à proximité de l’endroit où le tragique s’est déroulé n’est pas pour nous un aboutissement.

Il est, c’est vrai, la reconnaissance d’un combat au service du progrès social.

Un combat mené par un homme humble dans un esprit collectif.

A l’heure où certains développent le chacun pour soi et cultive le people, le populisme ou le culte de la personnalité pour des intérêts privés cette commémoration est également un hommage à tous ceux qui agissent, souvent dans l’ombre, au quotidien pour le bien de toutes et de tous.

C’est la reconnaissance d’un homme, qui est décédé, il y a  23 ans et six mois, suite aux coups qui lui ont été portés par les forces de police, sous les ordres du Préfet et du Commissaire de l’époque.

C’est le 6 novembre 1987 que ce  militant, syndicaliste de la CGT et communiste, a été tué au cours d’une action militante.

Il manifestait pour le passage du TGV par Amiens. Il agissait contre les mauvais coups portés à l’industrie de son département, de sa région. Il militait pour le développement économique et social, pour le bien-être de la population picarde. Son combat reste plus que jamais d’actualité dans un contexte certes bien différent.

Ce jour-là, face à un pouvoir plein de hargne, il a tenté d’entamer le dialogue. La réponse a été sauvage : Lucien a été matraqué et Lucien est tombé. Il est décédé 20 jours plus tard après un long coma. D’autres militants, responsables CGT ont aussi été agressés violemment, dont Gérard Corselle, qui était à ce moment là le secrétaire général de l’Union Départementale CGT de la Somme.

Gérard, qui n’a pu se joindre à nous, m’a demandé de vous exprimer toute sa fierté et son émotion. Pour Gérard cet évènement permettra de ne pas oublier Lucien.

Car Lucien faisait partie de ces hommes qui savaient que notre existence est liée à la volonté continuelle de devoir se mobiliser, de lutter pour que la société corresponde à ce que chacune et chacun aspire.

Lucien était un homme de débat. Il avait la passion de convaincre. Pour lui, son engagement était complémentaire sur le plan politique et syndical. Il avait besoin de l’un et de l’autre. Il savait que syndicats, partis politiques et autres formations contribuent, selon les modalités et les responsabilités qui leur sont propres, à faire vivre le débat public, à faire évoluer la réalité sociale.

Licencié à plusieurs reprises pour ses idées et engagements, il savait que le syndicat est disponible pour permettre à tous les salariés de se défendre et d’obtenir des avancées sociales.

Persévérant, il savait s’enrichir au contact de l’autre sans se renier. Il écoutait, il respectait, il utilisait le poids des mots pour aider à comprendre la situation et à la transformer.

Aujourd’hui, cette soif de convaincre et de lutter doit continuer à nous animer face à un gouvernement et à un patronat qui s’entêtent à maintenir des choix qui ont montré toute leur nocivité.

Pour la CGT, il faut poursuivre le combat de Lucien.

Une force collective existe composée de camarades et d’amis comme Lucien. Cette force a la volonté d’aboutir vers plus de progrès social pour tous.

Agir, se rassembler, intervenir contre ce capitalisme mondialisé, pour transformer cette société où domine l’argent reste aujourd’hui d’une brûlante actualité. Ce n’est ni utopique, ni impossible, c’est d’une urgente nécessité.

Les évènements récents le rappellent.

Tout comme Lucien le faisait, ce combat est celui de nombreux progressistes et syndicalistes qui, aujourd’hui dans notre département, en France et dans le monde, refusent cette logique du fric qui écrase l’être humain, qui exclut et qui brise de nombreuses vies au nom du profit roi, au nom de la rentabilité financière.

On continue à s’acharner contre celles et ceux qui, comme Lucien, luttent, résistent, agissent et proposent tous les jours d’en finir avec l’exclusion sociale, la précarité, contre celles et ceux qui portent l’espoir, les valeurs de solidarité, de fraternité, d’unité et de liberté, contre celles et ceux qui se battent pour le progrès social.

Aussi, le meilleur moyen de rendre hommage à notre camarade, c’est bien de continuer son combat, pour que tout être humain vive dignement.

Il n’y a rien de plus moderne que de faire triompher l’humain pour un développement durable.

C’était le sens de l’engagement de Lucien, c’est là le sens de notre engagement syndical, c’est le sens de cette inauguration.

Alors oui, cette évènement est résolument tourné vers l’avenir, un avenir bâti autour d’une justice et d’une modernité sociale et économique. En bref, la construction d’un monde meilleur.

 

Merci de votre attention.