Pour réagir et répondre à l’appel du professeur Grimaldi, il faut commencer par sortir de l’UE et de l’euro !

Ancien chef de service de diabétologie à la Pitié Salpétrière à Paris, le professeur André Grimaldi s’est adressé par courriel à ses collègues de l’ parisien pour les appeler à réagir. Son alerte est un cri d’alarme de l’évidence. Aujourd’hui, le régime Macron appelle à se taire et baisser la tête pour que personne ne mette en cause ses responsabilités criminelles, demain ils appelleront également au silence au nom de la reconstruction de l’économie. Tout faire pour que rien ne change de ce monde capitaliste qui s’attaque à nos vies de façon toujours plus violente et évidente. Alors oui, il faut réagir.

Pour que cela change, réagir, se rassembler et s’organiser

On retrouvera dans l’appel du nombre de propositions de bon sens, simples, efficaces, que ceux qui connaissent le programme du PRCF ne découvriront pas. On y trouve également un appel à constituer un large front d’action : là aussi les militants du PRCF sont déjà en action comme en témoigne le récent appel qu’ils viennent de lancer pour célébrer dans le tous ensemble et l’action l’anniversaire du 29 mai 2005, date à laquelle par référendum la Nation avait très majoritairement voté contre l’Union Européenne du Capital et ses dikats.

Le professeur Grimaldi lance un appel à ce que les soient inscrits dans la . Certes.
On objectera que de fait ils y sont déjà, la constitution de la Ve Republique incluant le préambule de la constitution de 1946 qui prescrit déjà :

” Tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert les caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité. “

Oui il faut donc réagir et faire appliquer ce point, sans plus se taire et faire silence sur cette revendication.

Il faut mettre les services publics dans la Constitution ? Oui mais cela n’a de sens qu’en sortant de l’UE et de l’ !

Mais cet appel comprend aussi un long et terrible silence.

Si le professeur Grimaldi dénonce à raison l’austérité et la concurrence libre et non faussée, cette tribune oublie de mettre le doigt sur l’une causes principales de la saignée qui a frappé ces trente dernières années l’hôpital public, comme tous les autres services publics. L’une des armes employées pour empêcher que soit strictement appliqué le texte et l’esprit de notre constitution, directement issue du programme du Conseil National de la Résistance, de la lutte acharnée des Communistes pour la liberté et les droits du peuple de France.

Car l’ouverture à la concurrence, la “libéralisation”, les privatisations d’EDF-GDF, de France Telecom, de la Poste, de la SNCF, etc… , les coupes budgétaires frappant massivement de l’Écologie à la Culture, de l’Équipement et des transports à la Jeunesse et Sports, le gel des salaires des infirmières comme des professeurs, tous ces ravages sont bien le fruit d’une même politique imposée sous la pression de la monnaie unique et sous les directives de l’Union Européenne, les recommandations par pays de la Commission Européenne.

L’Union Européenne a exigé ces dernières années à 63 reprises que les dépenses de santé soient diminuées. C’est elle qui a très directement imposée au nom de la règle d’or bugétaire de l’Euro, et alors que la BCE délivrait des centaines de milliards aux banques des milliardaires, de fermer par dizaines de milliers des lits d’hôpitaux en France. On ne peut vouloir sauver et protéger nos services publics en restant dans l’UE et l’Euro. Car l’Union Européenne et l’Euro sont les armes de d’exploitation massive construites par et pour la classe capitaliste non seulement pour démolir l’ensemble des conquêtes sociales et démocratiques – dont les services publics -mais également pour s’assurer qu’il soit interdit de les reconstruire.


Regarder en face la réalité, pour s’en sortir, il faut en sortir !

Par dizaines de milliers, des Italiens, des Espagnols, des Français, des Néerlandais meurent car l’Union Européenne a ravagé les services hospitaliers de la plupart des pays européens, qu’elle a ravagé leurs industries en poussant à des délocalisations tout azimut par ses accords de libre échange et que l’Europe, première puissance économique mondiale, est incapable de produire de simples masques. Sans oublier qu’au début de la pandémie quand l’OMS appelait à agir, elle interdit le moindre frein aux passages des frontières – quand la Chine, elle, mettait en quarantaine le Hubei – au nom du dogme de la libre circulation des biens, des capitaux et des personnes.

Et que fait l’UE aujourd’hui ? elle active la signature d’un accord de libre échange avec des pays asiatiques, elle tente d’accélérer son expansion dans les Balkans. Surtout, elle refuse de mettre en œuvre la moindre solidarité avec les pays les plus touchés. L’un des porte parole de cette UE mortifaire, le Premier ministre néerlandais Rutte n’a-t-il pas revendiqué que pas un sous ne devait être donné à l’Espagne et l’Italie, refusant de garantir leurs dettes contre la spéculation financière ? Insultant des peuples endeuillés en leur donnant des leçons d’excédents budgétaires. Et ce alors que chacun sait que si les économies des pays du Sud sont étranglées, c’est par cet euro fort qui n’est qu’au service de l’économie d’exportation de l’Allemagne et des pays de son hinterland. Leurs excédents budgétaires sont le résultat de l’exploitation, du sang et des larmes de la Grèce, de la France, de l’Italie, de l’Espagne, de la Roumanie, du Portugal, comme des millions de travailleurs pauvres et précaires des lois Hartz et compagnie.

Cette UE du Capital n’a rien de solidaire. C’est la coalition des égoïsmes capitalistes non seulement contre les peuples européens mais contre ceux du monde entier. Cela ne devrait être une découverte pour aucun syndicaliste, aucun travailleur, aucun défenseur des services publics : rappelons que nous, militants communistes, nous syndicalistes, nous n’avons depuis l’origine fait que combattre chacun des traités européens. Alors nous ne devrions avoir aucun mal, lorsque nous égrainons le il faut que du professeur Grimaldi de dire que tous ces “il faut” sont illusoires car interdits ou vidés de leurs potentialités par l’Union Européenne, l’Euro et le Capitalisme dont ces deux structures supranationales sont les armes d’exploitation et de destruction massive. Et d’en tirer la conclusion urgente, unificatrice d’un tous ensemble libérateur de tous les travailleurs. Pour s’en sortir, oui il faut sortir de l’UE, de l’Euro et du Capitalisme !


Chers toutes et tous,

L’unité du pays pour respecter les consignes de confinement et donner la priorité absolue aux soins et aux soignants est totale.

L’appel du chef de l’État à faire taire toute critique, voire tout débat, apparaît au mieux inopportun, au pire inquiétant. Le temps viendra, nous dit-on.

Mais quand ce temps sera venu, on risque fort de nous dire : “l’heure est à pleurer nos morts à à reconstruire le pays dans l’unité. Le moment n’est pas à la polémique. Regardons l’avenir plutôt que le passé”.

Reste que pour avoir et garder la confiance des citoyens, il faut certes communiquer dans la transparence, mais il faut aussi être capable de reconnaître ses fautes.

Traiter l’hôpital public comme une entreprise commerciale devant se projeter dans le marché mondialisé de la santé c’était une faute, à vrai dire, largement partagée depuis plus de 10 ans par les “décideurs” de tout bord politique.

On nous expliquait l’importance pour la France de se positionner sur “le tourisme médical haut de gamme” et de développer la conciergerie hospitalière ( rapport de Jean de Kervasdoué en 2015 à la demande de Marisol Touraine).

C’était le temps où la société Happytal offrait “des services pour les patients ayant choisi la chambre particulière”…
C’était en 2017, il y a un siècle !

Pendant ce temps avoir supprimé les stocks de masques constitués en 2007, c’était une faute. Dire aujourd’hui que les masques sont inutiles sauf pour les soignants, c’est pire qu’une faute.

Avoir accepté depuis des années les ruptures régulières de disponibilité de médicaments indispensables (anticancéreux, antibiotiques, cortancyl…) et avoir refusé de relocaliser en Europe la production des principes actifs de nombreux médicament c’était une faute qui va se payer demain en drame dans les services réanimation.

On a le droit de demander que les moyens de l’économie soient mis au service de la santé et du soin par réquisitions immédiates. On réquisitionne les internes mais pas l’industrie! Pourquoi ?

Tout cela doit être dit pour ne pas être oublié quand la “guerre”, qui n’en est pas une, sera inévitablement gagnée. Mais en l’absence de traitement ou de vaccin, la crise risque d’être longue avec des rebonds.

Pour sortir progressivement du confinement, il faudra des tests en masse, et maintenir les gestes barrières dont font partie les masques. Cela pourrait demander plusieurs mois voire un an, si l’objectif final reste l’immunité collective, lorsque 70% de la population aura rencontré le virus. Plus rapidement si on avait un traitement, l’équipe de l’Hôpital Saint Louis n’a pas retrouvé les résultats de l’équipe marseillaise surmédiatisés.

Certains politiques qui ont exigé le maintien du 1er tour des municipales réclaments aujourd’hui le Plavix pour tous les patients.

Mais de la grande crise peut sortir le meilleur. Après l’incendie repoussent les roses. Boris Cyrulnik a célébré la résilience heureuse. Mais Serge Tisseron nous a rappelé que sur la terre brûlée poussent aussi parfois des ronces…

Le nationalisme, la xénophobie, le complotisme, l’antisémitisme refont surface. Mais il y a aussi des fleurs vénéneuses, comme le rapport de la Caisse des Dépôts révélé par Médiapart. La reprise totale de la dette des hôpitaux en échange du retour des PPP “vertueux” et d’une grande fusion-confusion public/privé.

Après tout, les grands bonds en avant vers une santé égalitaire et solidaire, “bien commun, échappant aux lois du marché et à la main mise de l’État, l’ont été à l’occasion de grandes crises sociales et politiques : 1945 la Sécurité Sociale, 1958 les CHU. Mais ces grandes réformes ont été portées par un mouvement, la Résistance, et un programme, celui du Conseil National de la Résistance.

Toutes celles et tous ceux qi pensent que la Santé devrait échapper aux lois du marché d’où qu’ils viennent, quoiqu’ils aient voté ces dernières années devraient se rassembler sans sectarisme autour d’un programme précis de reconstruction des services publics et notamment du service de santé.

Mais l’histoire récente nous a appris à nous méfier des mots. Il faut un contenu précis et des actes. Il faut revenir sur l’abrogation de la loi Veil de 1984 et sanctuariser les recettes de la Sécurité sociale (qui ne peuvent pas fusionner avec l’impôt sur le revenu).

Il faut une sécu 100% pour un panier de prévention et de soins solidaires.

Il faut mettre fin au doublon avec les assurances privées dites complémentaires qui remboursent 13% des soins mais ont des frais de gestions (7.5 Mds) plus élevés que ceux de la Sécu. Il faut revoir la gouvernance de la Sécu et donner une place aux professionnels et aux usagers, il faut revoir le mode de calcul de l’ONDAM à partir des charges et des besoins, et pas à partir des règles budgétaires de l’État.
Il faut créer des entreprises à but non lucratif, nationales ou européennes, pour la production de médicaments et de dispositifs indispensables.
Il faut imposer aux industriels privés de la santé une transparence totale sur leurs coûts. Il faut remplacer la concurrence entre hôpitaux publics et établissements privés par la complémentarité dans le cadre d’une planification sanitaire, il faut développer et étendre la démocratie sanitaire et revoir son articulation avec la démocratie sociale et politique. Il faut que les modes de financement des établissements et de rémunérations des professionnels favorisant l’application de la règle du juste soin pour le patient au moindre coût pour la collectivité.
Il faut que les salaires des personnels hospitaliers rejoignent le niveau moyen des pays de l’OCDE.
Il faut une gouvernance hospitalière intégrant les soignants et les usagers… il faut… il faut…
Il faut que les Services Publics qui font la République, soient inscrits dans la Constitution.

Merci de réagir, Amités, André

3 Commentaires de lecteur “Pour réagir et répondre à l’appel du professeur Grimaldi, il faut commencer par sortir de l’UE et de l’euro !

  1. Nicolas
    14 avril 2020 at 12:57

    On parle d union européenne mais il ny a pas d’union entre les pays d Europe.

  2. 15 avril 2020 at 00:10

    Bonjour.

    J’ai retenu:

    Le professeur Grimaldi lance un appel à ce que les services publics soient inscrits dans la Constitution. Certes.
    On objectera que de fait ils y sont déjà, la constitution de la Ve Republique incluant le préambule de la constitution de 1946 qui prescrit déjà :

    1. «« ” Tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert les caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité. “ »»

    Oui il faut donc réagir et faire appliquer ce point, sans plus se taire et faire silence sur cette revendication.

    ET: 2. «« Mais l’histoire récente nous a appris à nous méfier des mots. Il faut un contenu précis et des actes. »»

    Le premier point semble avoir été passé sous silence, sous tous les gouvernements ?
    Le second point, certains grands hommes en ont fait leur politique. Pensons à Gandhi, Castro, Chavez.

    Pour les deux points, la Constituante Citoyenne.
    La géopolitique est trop importante pour laisser cela entre les mains des gouvernements quels qu’ils soient, qui s’ait traduit en guerre tout le long de l’Histoire.

    C’est seulement à partir du moment que chaque peuple prendra en main (maître d’oeuvre) leur Constitution (contenu précis et des actes) que la Guerre cessera.

    Toutes les entités structurées ont un seul devoir: aider à organiser le peuple en organisations citoyennes (maître d’oeuvre) et c’est le bon sens (vision d’ensemble et questionnement cohérent) qui élaborera la Constitution (qui donne les prérogatives aux entités cohérentes formant les institutions). Tout ceci dans une démarche de plusieurs années, progressivement et systématiquement. Donc, il faut commencer la mise en place par ce qui a le plus d’effets bénéfiques collatéraux sur l’ensemble, pour en arriver très vite à une synergie pour passer de ce système économique financier (le complexe militaro-industriel-bancaire), dit État de Droit, à l’État Démocratique contrôlé par les organisations citoyennes labiles (pour éviter l’incrustation et la corruption ordinaire et en fin de compte de l’Idée même d’un monde ou l’être humain peut vivre et non continuellement chercher «« l’aubaine »» pour tout et rien (le grand consumérisme rentable pour les exploiteurs).
    L’Analyse idéologique est faite, il s’agit de sortir du carcan. Mais il manque quelque chose, que tous ont accès aujourd’hui,
    nous avons le complexe d’information le plus puissant pour en rendre compte. La vue d’ensemble de l’Histoire-Préhistoire (synthèse), le facteur humain ou condition humaine dont le principe manipulation-conditionnement fait problème (sous estimée) et la fabrication du mythe superposé à la réalité, dont l’Économie “Classique” est sans doute le dernier concrétisé. L’autre était la religion dominante. Il ya bien sûr tous les sous-mythes relancés et les symboles instrumentalisés.
    Je conseille la lecture des travaux de Korzybski, dont l’extrait d’article:
    Qui a peur d’Alfred KORZYBSKI ?
    1 MARS 2019 PAR MISS MARPLE

    «« La sémantique générale, appelée également par Korzybski « logique non-aristotélicienne », est peu connue en France en raison de l’absence de reconnaissance universitaire. Korzybski, un ingénieur * polonais engagé dans l’armée russe durant la première guerre mondiale, puis envoyé au Canada comme conseiller militaire après avoir été blessé au front, avait réalisé que les mécanismes de pensée qui avaient engendré cette guerre reposaient sur la logique d’Aristote, logique dualiste, dont les postulats sur lesquelles elle repose enfermaient l’esprit humain dans une logique par opposition. Elle débouchait inéluctablement sur des conflits dans les relations entre humains, se répercutant sur une vision de l’homme scindé en parties opposées, génératrice de conflits intérieurs et de problématiques de culpabilité et existentielles.
    ………………….
    Au lieu de traiter un problème en partant de croyances ou de dogmes préétablis, posons-nous la question : « Qu’est-ce qui se passe là ? Nous n’en savons rien, allons voir. » Examiner les faits, procéder par déductions, formuler des hypothèses et les expérimenter, en les confrontant à l’épreuve des faits pour évaluer ensuite leur validité. »»

    * Pas un philosophe, mais un ingénieure. Quand la pensée arrive à maturité, le sens global des choses entre elles.

    Voyons un peu l’histoire. Chavez, un militaire, Maduro un syndicaliste, un tandem à travers le temps, l’un avait prévu la Constituante, l’autre pour sortir parle haut.
    Le problème structurel de l’Histoire est l’idée de dominer. Fut un temps, pour civiliser ? Une relecture de l’Histoire en tandem avec la Préhistoire n’est pas un luxe.

  3. Novus ordo seclorum
    16 avril 2020 at 08:10

    La France doit d’abord sortir de l’OTAN (Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord).