À propos des positionnements divers au sein du PCF-PGE à l’approche de son 38ème congrès

30 septembre 2018 – Une analyse de la commission de l’action unitaire du PRCF


La plupart des responsables nationaux et locaux du PRCF ont milité au PCF auquel ils ont donné le meilleur d’eux-mêmes durant des décennies, sans parler des vétérans de la Résistance comme Léon Landini ou Pierre Pranchère qui, au risque de leur vie, adhérèrent au PCF clandestin sous l’Occupation. En outre, le devenir du PCF intéresse l’avenir du communisme français dans la mesure où ce parti, bien qu’irréversiblement dénaturé et décommunisé par quatre décennies de « mutation » et d’ « eurocommunisme » (la rupture avec le marxisme-léninisme date de 1976, au 22ème congrès prolongé sur ce plan par le 23ème, et non pas de l’élection de Hue ou du « Congrès de Martigues » comme on le lit parfois erronément !), compte encore en ses rangs, de manière il est vrai minoritaire, d’authentiques militants dont certains soutiennent par ailleurs les activités du PRCF. C’est pourquoi, sans qu’il soit question de s’ingérer dans le débat interne de ce parti à l’occasion de son 38ème congrès, il est tout naturel que le PRCF donne son avis sur les débats qui traversent ce parti en crise existentielle, et cela de l’aveu même de presque tous ses dirigeants dont certains parlent même de « congrès de la dernière chance ». Or, non seulement le PCF actuel est terriblement affaibli sur les plans organisationnel et électoral à la suite de décennies de désorientation politique, voire de trahisons caractérisées (notamment les deux participations « communistes » aux gouvernements euro-atlantistes de 1981/84 et de 1997/2002), mais il est désormais, c’est factuel,

Totalement dénaturé idéologiquement.

C’est peu dire que si Cachin, Duclos, Croizat, Thorez ou Frachon revenaient aujourd’hui et qu’il leur fût infligé le supplice immérité de lire les textes signés par ceux qui parlent aujourd’hui au nom du PCF (parlementaires et principaux dirigeants nationaux), ils seraient stupéfaits de voir ces notables se réclamer du titre de communistes : non seulement les déclarations des P. Laurent, M.-G. Buffet, A. Chassaigne, I. Brossat (le porte-serviette d’Anne Hidalgo), ou encore Elsa Faucillon sont des kilomètres à la droite de ce que défendait le grand PCF d’avant la « mutation », sans parler des conditions d’adhésion fixées par l’Internationale communiste au PS français en 1921, mais la lavasse idéologique utopico-réformiste et sentimentalo-« humaniste » qui « passe » désormais si bien dans les rangs du parti actuel leur semblerait non sans raison très à droite aussi des positions moyennes… de la SFIO de Blum et même, sur certains points, du PS de Guy Mollet ! Où donc sont passées la révolution socialiste, le rôle dirigeant de la classe ouvrière, le marxisme-léninisme, le centralisme démocratique, sans parler de l’odieuse « dictature du prolétariat », de l’ « obsolète » internationalisme prolétarien, de la dialectique du patriotisme populaire et de l’internationalisme prolétarien qui dissociaient clairement le de la social-démocratie européiste, atlantiste et réformiste ? Et qu’on ne nous dise pas que « les temps ont changé » : telle est l’antienne d’une platitude absolue qui a « justifié » les pauvretés idéologiques des « communistes unitaires » (Henri Fiszbin), des « rénovateurs » juquinistes, des « reconstructeurs » de Claude Poperen, des « refondateurs » fitermano-martelliens, des « novateurs » de la commission économique du PCF, sans oublier l’ « eurocommunisme » délétère auquel s’est quelque temps arrimé (hélas !) G. Marchais, la mutation catastrophe de Hue (devenu helper macronien, ainsi que l’ex-ministre « communiste » Gayssot !) ou la « métamorphose » chère à P. Laurent (laquelle a jusqu’ici produit, convenons-en, plus de chenilles que de papillons !). Car bien sûr que le temps passe et que les choses changent mais le fond demeure bien celui de la société capitaliste et de ses contradictions !

Totalement désarticulé sur le plan organisationnel,

notamment depuis que Hue et Cie ont sciemment détruit les cellules d’entreprise, qui étaient le cœur prolétarien du Parti, que le centralisme démocratique a été abandonné (après avoir été dénaturé) et qu’en conséquence le PCF est devenu une forme d’auberge espagnole (on l’a vu lors des dernières présidentielles où ce parti a été totalement incapable de porter un positionnement univoque), et qu’en outre la dissociation entre le parti et le syndicalisme de classe a été érigée en doctrine, coupant largement le PCF de la CGT et facilitant les dérives réformistes des DEUX côtés.

Totalement socialo-dépendant et euro-formaté.

Les matérialistes que sont censés être les communistes, doivent toujours analyser, non seulement les textes et les déclarations, mais les conditions matérielles d’existence qui conditionnent les prises de position d’un parti ou d’un syndicat. Surtout lorsqu’il s’agit d’un appareil dont le souci premier n’est plus de faire la révolution socialiste (expression désormais bannie et ringardisée au profit de la fumeuse « visée communiste », mais de nourrir un certain nombre de hauts cadres inamovibles et de permanents à vie, la plupart n’ayant jamais connu l’usine ou le chantier. Nous n’inventons malheureusement rien ! Sur la carte du PCF, l’emblème ouvrier et paysan a été gommé et c’est la référence au Parti de la Gauche Européenne qui l’a remplacé si bien que le PCF est devenu la section hexagonale affichée du Parti de la gauche européenne dont est vice-président (après avoir été président) aux côtés de Gregor Gysi, dont les responsabilités dans la liquidation du SED (le parti des communistes est-allemands) dans l’abandon à leur triste sort de centaines de milliers de communistes est-allemands abandonnés à la répression anticommuniste qui a suivi l’annexion et dans la dissolution de la RDA sont énormes. Or le PGE est une institution bruxelloise, comme tous les « partis européens » enregistrés et subventionnés sous condition de programme (ils doivent défendre la construction européenne et condamner le « communisme totalitaire », faute de quoi ils ne sont pas enregistrés et subventionnés par la Commission européenne). Quant à , qui s’est imposé à l’arrache comme tête de liste PCF aux européennes, c’est l’adjoint d’Anne Hidalgo à Paris, l’incarnation même du social-libéralisme, du tout-anglais agressif qui envahit la « capitale de la France », le défenseur acharné des J.O. qui vont assoir le désastreux « Grand Paris », un « jeune loup » caractérisé qui, comme P. Laurent (élu sénateur sur une liste dirigée par le PS !), a profondément divisé son parti lors des dernières municipales pour obtenir un strapontin dans la municipalité Delanoë/Hidalgo, dont le n° 2 est longtemps resté le macronien Julliard. Or, « Qui paie les musiciens choisit la musique ». Il suffit du reste de consulter le budget du PCF aujourd’hui pour constater le poids énorme qu’y jouent les subventions de l’Etat, celles de l’UE à travers le PGE, et les réversions d’émoluments d’élus. Combien naïfs seraient ceux qui s’imagineraient que l’on pût, à coups d’arguments et de patientes démonstrations, infléchir en profondeur les orientations de cet appareil fortement immergé dans le système capitaliste et dans l’UE. Un appareil dont seul point commun qu’il partage encore avec le PCF de la Résistance, est la dénomination (et encore, parce que la direction trouve opportun de se couvrir d’un héritage prestigieux qu’elle ne cesse pourtant de dénigrer : on chercherait en vain depuis de longues années un nom de rue évoquant Lénine, Maurice Thorez ou Jacques Duclos dans les avenues de la fête de l’Huma !).

Mais, objectera-t-on, la crise du PCF est telle que peut-être, les illusions partagées par tant de camarades sincères trop habitués à croire leurs chefs de file, vont enfin se déchirer ?

Pour voir si des possibilités de régénération existent il suffit d’examiner de près les différents textes (homologués ou pas) en compétition à l’occasion du futur congrès :

  • Par-delà les autocritiques superficielles, qui ne questionnent en rien la stratégie faillie d’union de la gauche, la dévaluation du passé communiste, le rejet du marxisme-léninisme et le soutien de principe à la construction européenne, le projet de « base commune » présenté par la direction sortante propose surtout de persévérer dans la même direction et avec les mêmes dirigeants. Aussi enthousiasmant qu’un bouillon-cube un soir de Toussaint…
  • Le texte ultra-court et « attrape-tout » lancé par les jeunes loups de la Fédération de Paris du PCF, notamment par MM. Zamichiéi et Brossat, est encore plus plat, démago et superficiel si c’est possible. En réalité, derrière des « critiques » à la cantonade qui vise tout le monde et personne, aucune ligne alternative n’est proposée ; il s’agit principalement pour les jeunes loups de prendre la place des vieux briscards ; mais il suffit de voir ce que font déjà les auteurs de ce texte, plus sociaux-démocrates encore, voire plus sociaux-européistes encore que P. Laurent, pour voir que l’ « alternative » qu’ils dessinent conduiraient le PCF du rose foncé au rose pâle sans aucun profit pour la classe travailleuse, même pas évoquée dans ce follicule. En un mot, ce n’est pas parce qu’elles sont proférées par des quadras ou par des trentenaires pressés que les vieilles utopies réformistes mâtinées de compromissions avec le PS en deviennent plus « novatrices »…
  • On met au défi les auditeurs d’Elsa Faucillon, qui s’est exprimée interminablement à l’université d’été du PCF (https://www.youtube.com/watch?v=m-jq-bea2yU), de dire clairement – après avoir écouté l’interminable touillage verbal de Mme la députée – où veulent aller les gens qui l’ont désignée comme porte-parole. En tout cas, si les interventions parlementaires de Mme Faucillon pour défendre ses mandants sont aussi embrouillées que l’est cette « présentation », ses électeurs ont du souci à se faire ; en clair il faudrait construire un « front antilibéral » dont le contenu programmatique contourne la question du Frexit et, bien entendu, la question des « nationalisations. A quoi bon alors reprocher (mollement et s’excusant presque !) à la direction sortante de s’accommoder d’une certaine « social-démocratisation » dont le contenu est laissé dans le plus grande flou ? Mais nos dirigeants et parlementaires actuels n’ont pas l’air de savoir du tout en quoi consistent les différences DE NATURE entre partis communistes et partis sociaux-démocrates… Tout cela respire, faut-il le dire, un boboïsme suractivé. Que Mme Faucillon demande au PCF de montrer patte encore plus « verte » qu’il ne le fait actuellement, cela ne coûte pas cher à un parti qui plafonne à 2%. Mais qu’on en profite, alors que des départements français voient fermer leur DERNIERE usine, pour fustiger le prétendu « héritage productiviste » du PCF, c’est un comble quand on sait que le PCF a quasiment baissé pavillon sur le « produire en France » (produire français disait improprement G. Marchais) depuis le milieu des années 90, accentuant sa coupure d’avec la classe ouvrière et d’avec la petite et moyenne paysannerie
  • Le PRCF s’est exprimé à deux reprises, en réponse notamment au camarade Pierre-Alain Milhet, à propos du texte intitulé « Pour un manifeste communiste du 21ème siècle » soutenu conjointement par André Chassaigne, par la commission économique du PCF et par le réseau FVD-PCF, un regroupement interne au PCF qui se réclame par ailleurs du marxisme-léninisme. Nous l’avons montré en détail : alors que nous sommes à la veille de ce que Macron appelle le « saut fédéral européen » (« gouvernement de la zone euro », « défense européenne » arrimée à l’OTAN, basculement officieux puis officiel au tout-anglais continental, en un mot érection des Etats-Unis capitalistes d’Europe), ce texte prétend repousser à l’après-congrès l’urgentissime positionnement des communistes sur le Frexit progressiste. Dans l’état actuel de sa rédaction, il s’agit bien hélas, l’idéologie ayant horreur du vide, d’un texte DE FACTO euro-constructif dont l’euro-utopisme va jusqu’à proposer de réorienter dans un sens progressiste la BCE, cet outil par excellence du capital financier et de l’Europe allemande. Il n’y est allusivement question du léninisme et de l’URSS (« échec de l’URSS ») que pour les rabaisser. Là encore, les mots nationalisations et socialisme ne sont pas prononcés (on aimerait bien savoir ce qu’il faut entendre par « appropriation sociale » dans les conditions capitalistes), pas plus que n’est jamais employé le mot « indépendance nationale ». Pas une ligne non plus pour dénoncer la guerre antirusse qui vient, ou pour soutenir Cuba socialiste, les Palestiniens ou le Venezuela bolivarien harcelés par l’impérialisme. On sait que par ailleurs, le député André Chassaigne (dont nul ne nie le travail de terrain), n’a jamais été clair sur ces questions et que lors des présidentielles, il n’a jamais proposé sa candidature à la candidature que pour gêner Mélenchon et attendre qu’une clarification s’opère au sein du PS. Sans doute nos excellents camarades de FVR-PCF croient-ils de bonne foi qu’en mariant ainsi la carpe au lapin ils vont pouvoir éjecter Laurent et ouvrir une crise de direction à la faveur de laquelle, peut-être, les éléments ML qui soutiennent cet étrange manifeste « communiste » pourraient imposer leurs problématiques. Pari plus que risqué, d’abord parce que dans l’alliance ainsi conclue, les forces euro-mutantes (notamment la très droitière section économique du PCF, rampe de lancement depuis trente ans de toutes les lubies utopico-euro-mutantes dans le PCF et dans la CGT) donnent le la, que nos amis n’ont pu influencer le texte qu’à la marge et qu’une telle « union » rose-rose-rouge divise profondément les forces léninistes encore présentes dans le parti, sans parler de la rupture qu’elle impose, au moins provisoirement, avec les léninistes « de l’extérieur » en pleine offensive macroniste
  • Nous ne parlerons pas du positionnement 100% liquidateur de ceux qui, dans la mouvance de l’ex-secrétaire générale du PCF et sous-ministre des sports de Jospin, Mme Buffet, proposent en réalité la dissolution pure et simple dans la France insoumise. Soyons clairs : que des communistes, SANS CESSER DE s’ORGANISER COMME TELS et d’agir sous leur propre bannière d’une manière indépendante de la F.I., puissent coopérer, surtout « en bas », avec la France insoumise, c’est non seulement acceptable mais recommandable (« qui craint le loup n’aille pas en forêt », disait Lénine qui était le contraire d’une momie sectaire) à partir du moment où ils ont le souci de tirer les non-communistes vers des positions 100% euro-critiques, antifascistes, « indépendantistes » et anticapitalistes. Mais s’il s’agit d’usurper le nom de communiste pour liquider la renaissance communiste indépendante et pour mettre des camarades de bonne foi à la remorque d’un autre courant non centré sur le prolétariat, ce type de positionnement liquidateur ne mérite même pas trois lignes de discussion, ne fût-ce que pour des raisons éthiques (cette attitude rappelle celle de Gorbatchev se réclamant du communisme pour liquider l’URSS !).
  • Le texte promu par la section PCF/Paris-XV est idéologiquement plus décent que les textes précédents en ceci que :
    • il se réfère – fût-ce brièvement – au « marxisme » et au « léninisme » (sans les définir, plus comme des identifiants que comme de véritables outils théoriques), il refuse toute alliance avec le PS et toute dissolution dans la FI, il insiste plus que les autres textes sur les luttes sociales, il parle de socialisme et décoche même quelques flèches contre l’UE sans jamais pour autant se prononcer centralement sur les quatre sorties, de l’euro, de l’UE, de l’OTAN et du capitalisme. En outre, il réclame la rupture avec le Parti de la Gauche Européenne que les textes susmentionnés ne jugent pas opportune.
    • Passons sur ce fait que ce texte enferme toute la problématique « reconstructrice » dont se réclame Paris-XV dans le cadre confiné du PCF sans accepter la main tendue en permanence par le PRCF. Cela conduit nos camarades du 15ème, tout en prenant acte du fait que quasiment tout l’appareil du PCF-PGE est vérolé par la « mutation », à prétendre reconstruire le PCF cellule par cellule (comme disait Camus, « il faut imaginer Sisyphe heureux »…). Cette problématique qui revient à « réformer le PCF du dedans », un peu comme d’autres veulent changer l’UE du dedans, méconnaît le fait que le PCF-PGE est devenu un rouage institutionnel de l’UE (sa fonction est de d’inoculer en continu dans les luttes le venin de l’« Europe sociale », de l’ « union de la gauche » et de la « réorientation de l’euro » …) n’est pas seulement irréaliste à nos yeux : elle méconnaît le fait que, quelles que soient les belles actions « rouges » que mènent nos camarades au titre du PCF, celles-ci n’ont aucune visibilité politique nationale et n’ont d’autre conséquence réelle que de revaloriser et de rougir indûment auprès des masses le sigle PCF au nom duquel les directions mutantes parlent dans les médias, que cela plaise ou non à nos camarades du 15ème. Que nos camarades dénoncent clairement la direction mutante, l’UE et le PGE dans chacun de leurs matériels de masse, et ils ne tarderont pas à se faire virer, y compris manu militari, par l’appareil euro-formaté. Et s’ils ne le font pas, tout ce qu’ils feront de « rouge » sera immédiatement porté au crédit de l’appareil, la masse des citoyens n’ayant aucune propension à faire le tri entre les gentils « rouges » d’en bas et les amis de Zamichiéi et de Ian Brossat, les bons amis d’Hidalgo et de Julliard.
    • On est également surpris de ne pas trouver dans le texte du 15ème de critique explicite des orientations euro-réformistes des syndicats, alors que l’impuissance à construire le « tous ensemble » dans les luttes ne ressortit pas seulement des orientations paralysantes du PCF mutant, mais qu’elle a au moins autant à voir avec la désastreuse allégeance de la CGT à la C.E.S., sans oublier la stratégie confédérale perdante des « journées saute-moutons » et du compagnonnage mortifère avec la CFDT jaune dans le cadre de la stratégie décaféinée dite du « syndicalisme rassemblé ».
    • Enfin, comme nous l’avons montré dans un autre texte, la section de Paris-XV tire une conclusion pratique fausse d’un constat théorique juste : du fait bien établi que la F.I. ne saurait se substituer à la nécessité de reconstruire le parti de classe (ce que la F.I n’a jamais prétendu faire, d’ailleurs !), nos camarades du 15ème en déduisent faussement que l’heure ne serait pas venue pour les communistes de s’occuper du rassemblement populaire. Ils semblent penser que le caractère « hétéroclite », voire petit-bourgeois de la F.I. (et alors ? Ne faut-il pas prendre appui sur les contradictions pour faire bouger la réalité, conformément aux exigences de la logique dialectique ?) la rendrait définitivement sans intérêt et qu’il faut donc surtout pour l’instant, renforcer le PCF – plus exactement, le réseau interne animé par Paris-XV ? – en proposant sous son nom une autre ligne que sa ligne officielle (dur à suivre…). Après quoi, on verra ce qu’on peut faire pour l’union populaire (la référence à l’ « union dans les luttes » étant le subterfuge habituel de ceux qui ajournent toute construction effective du front populaire). Mais il faut « marcher sur les deux jambes », chers camarades : à la fois reforger le parti de combat (et c’est de moins en moins réaliste dans le cadre d’un parti, le PCF-PGE, qui a un câble social-eurocrate à la patte : PGE, municipalité Hidalgo, etc.) et parallèlement, travailler à construire un large front antifasciste, populaire et patriotique pour virer Macron, dégager l’UE et l’OTAN afin de déblayer la voie gravement obstruée du socialisme pour la France : du reste, à toutes les époques où le PCF s’est développé (1936, 1945, 1969 avec la candidature de Jacques Duclos…), il a porté à la fois ces deux exigences, celle d’un parti fort, indépendant de toute social-démocratie, ancré sur le monde ouvrier (ce que symbolise le drapeau rouge), ET celle du rassemblement populaire et patriotique (symbolisé depuis 36 par le drapeau tricolore) indispensable pour mettre les masses en mouvement. De ce point de vue, le léninisme ne consiste nullement à se replier sur le parti en attendant des jours meilleurs. Il consiste à mettre le monde du travail au cœur du rassemblement populaire pour permettre à la classe ouvrière de diriger et d’orienter ce rassemblement. Et dans les conditions actuelles, sans s’imaginer que la France insoumise est déjà comme telle le Front antifasciste, populaire, patriotique et écologiste qui nous est nécessaire, il est irréaliste de ne pas compter avec elle, de ne pas discuter partout « en bas » avec ses militants, de ne pas faire germer, avec, sans ou contre les (tels) dirigeants de l’AFI. selon les moments l’idée d’une France franchement insoumise (FFI) à l’UE. C’est-à-dire d’une France engageant le Frexit progressiste sans crainte d’affronter le grand capital (dont la construction euro-atlantique est le cœur de stratégie : lire le manifeste « Besoin d’aire » du MEDEF) afin d’engager concrètement, AVEC les masses largement en mouvement, la rupture révolutionnaire avec le capitalisme.

Même si le dernier texte (15ème), sans doute très minoritaire au sein du PCF, mérite une discussion particulière (malgré ses défauts, il faut convenir qu’il reste dans l’espace mental du communisme), on constate que le prochain n’offrira, sauf miracle matérialiste, aucune alternative rouge, voire rose foncée pour le dire vite, à la désastreuse direction « laurentine », en pleine continuité liquidatrice avec celle de Hue et de Buffet. Si pourtant une révolution de palais débarquant P. Laurent (cette expression n’est en rien une insulte : on appelle ainsi le brusque remplacement d’un état-major politique par un autre qui maintient l’essentiel des orientations de l’équipe débarquée) intervenait derrière A. Chassaigne, I. Brossat ou tel autre dirigeant euro-constructif du PCF-PGE, peut-être un remue-méninges intéressant s’en suivrait-il. Et peut-être à l’occasion de cette crise d’état-major, des léninistes pourraient-ils faire entendre leur petite musique « chostakhovienne »… Convenons que ça fait beaucoup de « si » et de « peut-être » et qu’entretemps, notre pays continuera de se déglinguer sans disposer d’un parti de combat pour riposter. C’est pourquoi, sans même parier sur la plus ou moins grande probabilité d’une révolution de palais, NUL NE SE TROMPERAIT si ensemble, les vrais communistes allaient ensemble aux portes des usines pour dénoncer l’UE du capital, délégitimer Macron-MEDEF (que le PCF fut le premier a légitimer le soir du 1er tour présidentiel et le PRCF le premier à déclarer illégitime !), soutenir sans frilosité le syndicalisme de classe, refuser les préparatifs de guerre antirusse, défendre haut et fort Cuba, la Palestine et le Venezuela.

D’autant que la vraie ligne du PCF-PGE, déjà décidée et déjà mise en pratique quel que soit le résultat du congrès, est par avance fixée par la décision quasi-unanime du parti de cautionner à nouveau les prochaines élections supranationales que rejettent avec raison les classes populaires. Lesquelles étouffent dans la prison euro-atlantique des peuples dont les geôliers se nomment Macron et Merkel, les euro-nationalistes Orban, Le Pen, Salvini et Cie jouant le rôle de surveillants d’extérieur chargés de rabattre vers l’euro-UE-OTAN du capital les peuples… de plus en plus  tentés par la « Grande Evasion ».

Priorité peu engageante aux débats byzantins au sein d’un parti qui n’arrête pas de « jeter du lest » depuis le 22ème congrès* (avec pour perspective au mieux, soit une révolution de palais « améliorée », soit un rendez-vous décourageant « au 39ème congrès dans trois ans ! »… pendant que la paix se fissure et que la France se délite), ou bien action commune des vrais communistes en direction de la classe travailleuse sur la base d’une stratégie d’euro-rupture orientée vers le socialisme en se mettant tous ensemble en état de créer du neuf ? Le PRCF ne se lassera pas de poser clairement l’alternative tout en souhaitant bon vent à ceux qui croient encore, comme les alchimistes d’antan, que le confinement dans des débats internes coupés de l’action franchement communiste unie et partagée contre l’UE pourra extraire du vil plomb de la mutation social-démocrate l’acier rouge d’un nouveau congrès de Tours.