
Le PRCF était invité et représenté pour participer aux travaux internationaux contre le fascisme, à l’occasion du IIIe forum antifasciste tenu à Moscou à l’invitation du parti communiste de la fédération de russie (KPRF) du 24 au 26 mai 2026. A l’occasion des échanges, le représentant du PRCF Jean Paul Batisse a prononcé une intervention dans le cadre du premier atelier de la conférence contre le terrorisme international, les agressions et l’arbitraire, pour la paix et la sécurité. Une conférence tenu en pleine escalade par l’axe USA UE OTAN de la guerre sur le front ukrainien, avec notamment une tentative d’un intense bombardement contre la capitale russe Moscou.
Le PRCF était la seule organisation communiste française présente. A signaler cependant également la présence de Mariane pour l’association les amis de l’URSS.
“Overseas we’re trying to stop terrorism/But we’ve got terrorists here living
(Black-Eyed Peas, Where is the Love?)
IN the USA, the big CIA/The Bloods and the Crips and the KKK”
[A l’étranger nous essayerions de stopper le terrorisme / Nous avons des terroristes qui vivent ici
Ici au USA, la grosse CIA, les gangs des Bloods, des Crips, et le ku klux klan
TERREUR, TERRORISME ET IMPÉRIALISME
Il y a une différence entre terreur et terrorisme.
La « terreur » a parfois été utilisée pour faire avancer les luttes révolutionnaires (bien que le mot soit surtout employé par des opposants conservateurs) dans le sens de la coercition visant l’ennemi de classe, un terme péjoratif pour désigner la dictature d’une classe (dans la Révolution française la bourgeoisie et en URSS le prolétariat). Dans ces cas, la terreur d’État (souvent exercée par le peuple lui-même) exprime la volonté populaire et n’est pratiquée que pendant une période limitée dans le temps (dans la France de Robespierre en 1793-94) afin de contrer la violence contre-révolutionnaire menaçant l’État populaire.
La véritable terreur d’État est aujourd’hui la règle dans certaines parties du monde (Israël, Ukraine) contre la population même du pays en cause, ciblant particulièrement les « minorités » (les Palestiniens, les russophones).
Les États-Unis ont une tradition de soutien aux pays pratiquant la terreur d’État (les dictatures latino-américaines et l’Indonésie à la fin du XXe siècle, aujourd’hui Israël et Ukraine). Aux USA mêmes, on ne peut pas encore parler de terreur d’État (même si certains phénomènes récents comme l’ICE sont clairement inquiétants).
En revanche, le terrorisme désigne des attentats isolés – qui, il faut l’admettre, peuvent être multiples, continus et, considérés dans leur ensemble, tout aussi destructeurs que la terreur d’État, voire plus. En 1986, Andreï Gratchev, bras droit de Gorbatchev, écrivit un livre intitulé Polititcheski Extremism (L’extrémisme politique) dans lequel il affirmait que « le terrorisme de droite et de gauche ne font qu’un » (venant ainsi à l’appui de la « social-démocratie » revendiquée par Mikhaïl Sergueïvitch). Rien n’est plus éloigné de la vérité.
Il est vrai que certains mouvements de résistance ont parfois eu recours au terrorisme en combattant une force d’occupation (le FLN d’Algérie contre la France, la résistance française contre les nazis et aujourd’hui le Hamas contre l’occupation israélienne de Gaza), ciblant principalement les occupants.
En revanche, le terrorisme d’extrême droite a des objectifs beaucoup moins louables et des méthodes largement plus destructrices (causant des victimes innocentes). Après la Seconde Guerre mondiale, l’OTAN mit en place les réseaux Stay Behind (restés en place) qui ont planifié et orchestré l’attentat de Bologne en 1986, les meurtres du Brabant en Belgique dans les années 1980, le meurtre et l’enlèvement d’Aldo Moro en 1976, ainsi que le meurtre au parapluie du Bulgare Georgi Markov à Londres en 1978. L’OTAN était également derrière l’attentat contre le pape Jean-Paul en 1983, et a peut-être même orchestré le meurtre de JF Kennedy ainsi que la tentative d’assassinat du général De Gaulle. Nombre de ces attentats ont été imputés aux gouvernements socialistes d’Europe de l’Est ou, dans le cadre d’une « stratégie de terreur », à des groupes ultra-gauchistes afin d’empêcher la gauche d’accéder au pouvoir.
Les milices sionistes commettent des actes terroristes contre la population locale en Cisjordanie. En France même, il y a eu plusieurs attentats. Certains terroristes ont certes des motivations (plus que) discutables, mais sont du moins animés par une part de rationalité. En 2015, le Bataclan avait auparavant accueilli un concert caritatif pour l’armée israélienne. Les frères Kouachi venaient d’une famille monoparentale en difficulté. Le groupe qui a pris des otages au Super Kacher leur a expliqué la situation en Palestine. Mais ils étaient manipulés par des groupes islamiques terroristes, eux-mêmes manipulés par l’impérialisme, comme nous le verrons bientôt. Tout comme les Brigades rouges furent manipulées par l’establishment italien afin d’empêcher Aldo Moro de former un gouvernement avec le Parti communiste italien, Action Directe a été utilisée par la SAVAK du Shah d’Iran pour enlever le baron du nucléaire Empain afin de faire chanter la France pour qu’elle livre la bombe. Les attentats terroristes sont également contre-productifs à d’autres égards. Ils aliènent les gens de causes authentiques à cause de la violence qu’ils engendrent. J’en veux pour preuve la Bande à Baader, qui voulait aider les Palestiniens mais a en fait retourné nombre de gens contre la cause qu’ils défendaient. Deuxièmement, ils détournent l’attention des questions sociales plus urgentes, empêchant ainsi les forces du changement de s’unir et de prendre le pouvoir. Troisièmement, ils permettent aux gouvernements d’adopter des lois répressives à utiliser contre le mouvement progressiste et d’étouffer toute contestation. La « guerre CONTRE la terreur » de Bush s’est avérée une guerre DE la terreur menée contre l’ennemi extérieur (Oussama Ben Laden voulait que l’armée américaine quitte les terres saintes de l’islam) mais également l’ennemi l’intérieur (avec un arsenal législatif répressif comme le Patriot Act).
Comme nous le savons, l’URSS, la RDA et Cuba ont été dès leur origine la cible d’innombrables attentats terroristes. Aujourd’hui, les gouvernements occidentaux sont à l’origine des mouvements terroristes islamistes qui ont renversé (ou contribué à renverser) les régimes anti-impérialistes de Libye et de Syrie (dont le chef d’état actuel faisait partie du groupe terroriste qui a perpétré l’attentat du Bataclan) et visent à en faire de même au Mali et en Iran. Le Royaume-Uni et les États-Unis ont soutenu l’État islamique et Daech – Hilary Clinton l’a admis, tout comme récemment Joe Kent, ancien chef de l’antiterrorisme américain. Le président du Conseil constitutionnel français, Laurent Fabius, a déclaré que les islamistes en Syrie « faisaient du bon boulot ». Mon voisin, qui travaille dans le soutien logistique des bases de l’ONU en Irak, m’a dit qu’une base des Navy Seals américains se trouvait en plein milieu d’une zone contrôlée par l’État islamique et qu’il n’y a jamais eu d’animosité entre eux. L’État islamique n’attaquait que les convois onusiens mais jamais les américaines. Fait intéressant, le seul pays qui n’a jamais été attaqué par des groupes terroristes islamistes est Israël ! Je pourrais citer des exemples aux quatre coins du monde. Le gouvernement français soutient les terroristes du M-23 soutenus par le Rwanda contre la RDC (en échange, le Rwanda protège les installations de Total au Mozambique). Des terroristes islamistes ouïghours ont été utilisés contre la Chine (et ont combattu depuis en Syrie et en Ukraine). Dans le Sahel, des groupes terroristes islamistes sont utilisés pour déstabiliser des régimes progressistes (Burkina Faso et Niger).
En résumé, le terrorisme est utilisé contre tous les pays progressistes et anti-impérialistes du monde qui cherchent à réaliser le changement social et le développement dans l’indépendance. Pourquoi ? L’Occident perd du terrain sur le plan économique avec la montée des BRICS (en particulier la Chine). L’Occident perd également du terrain militairement (la Russie prenant le dessus en Ukraine et l’Iran résistant vaillamment à l’agression étrangère). Comme les États-Unis produisent de moins en moins de nos jours (essentiellement des armes), il ne leur reste que la destruction (grâce à leur industrie d’armement). Historiquement, le complexe militaro-industriel a toujours profité de la guerre. Il n’y a qu’une seule issue pour l’impérialisme (surtout américain) : la fuite en avant par l’agression tous azimuts, sous la forme du terrorisme international. L’action clandestine (soft power) autrefois favorisée par la CIA cède de plus en plus la place à l’agression physique enfreignant le droit international sous la forme d’une guerre totale. En ce sens, le terrorisme international (comme au Venezuela, en Iran ou en haute mer – dans un discours récent, Trump a comparé les forces américaines saisissant des navires iraniens à des pirates) est pratiqué par les États-Unis à l’échelle mondiale pour soumettre des pays entiers. Lorsqu’il ne peut pas décapiter la direction d’un pays (par un changement de régime), l’impérialisme recourt au terrorisme.
Comme je l’ai dit, malgré plusieurs revers déjà évoqués, les forces du progrès et de l’indépendance sont en passe de l’emporter. Le problème, c’est que l’Occident est prêt à tout pour conserver son pouvoir – y compris à détruire le monde entier (la première extermination massive fut celle des Amérindiens. Aujourd’hui, regardez le génocide à Gaza et la tentative d’affamer Cuba) et même à sacrifier ses propres populations. C’est ce qu’on appelle l’« exterminisme ». Tout a commencé avec le « plutôt mort que rouge » de Ronald Reagan, qui est plus que jamais à l’heure du jour avec l’administration Trump. C’est pourquoi la Russie et la Chine sont si prudentes sur la scène mondiale pour éviter le déclenchement de la Troisième Guerre mondiale – qui serait nucléaire et de loin plus destructive que toutes celles qui l’ont précédée.
En 1972, le communiste américain Claude Lightfoot livra la réflexion suivante sur l’ascension d’Hitler au pouvoir : « Si un Hitler américain prenait le pouvoir, les forces démocratiques et éprises de liberté pourraient-elles le renverser comme l’ont fait les puissances alliées ? Sa fin toute proche, Hitler était prêt à entraîner toute la nation allemande dans la destruction. Un Hitler américain, également condamné, n’hésiterait-il pas à utiliser la bombe et à tenter de détruire toute la race humaine ? » La prédiction de Lightfoot est désormais une perspective angoissante.
Le rôle du mouvement communiste et progressiste aujourd’hui est de dénoncer qui est derrière le terrorisme international (à savoir les états terroristes d’Occident et les états qui les soutiennent, les vrais « apologistes du terrorisme » !) et évidemment de combattre ses propres gouvernements (pro-)impérialistes. Bien sûr, tout le monde à gauche aime critiquer Trump – mais le Royaume-Uni et l’UE sont, par exemple, encore plus agressifs envers l’Ukraine que les États-Unis eux-mêmes. Mais c’est au deuxième atelier de décliner les modalités de cette lutte.
Jean-Paul BATISSE, Pôle de Résistance Communiste en France

La troisième réunion antifasciste à Moscou a rassemblé des représentants de plus de 90 pays et 180 délégations. La première réunion a eu lieu il y a trois ans à l’anniversaire de Lénine le 22.4. À Minsk, parce qu’un Bélarusse sur trois a été victime du fascisme d’Hitler. La réunion de l’année dernière a été plus importante que cette année à la faveur de la mobilisation pour les 80 ans de la victoire contre le fascisme et de la Grande Guerre patriotique en 2025.




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