
Le secrétariat national du PRCF a décidé de rendre public ce rapport qui a été voté à l’unanimité des 35 membres du Comité Central
réunis à Paris le 31 mai. Ont en outre assisté au Comité Central de jeunes adhérents récents qui y avaient été invités.
Comité central du PRCF – 31 mai 2026 – Rapport du secrétariat national présenté par Georges Gastaud, secrétaire du secteur idéologique
RÉSISTANCES, CONTRE-ATTAQUES et… DEVOIR D’AVANT-GARDE
Chers militant(e)s franchement communistes qui faites vivre le PRCF, qui soutenez son journal I.C., qui avez ensemble surmonté la récente crise de notre organisation et aussi vous tous, sympathisant(e)s ou simples progressistes qui êtes de plus en plus nombreux à lire ÉtincelleS, à participer aux débats des Cafés marxistes, de l’Université populaire Ch’ti Guevara ou à suivre l’actualité du Pôle sur son site et sur sa chaîne YouTube…
(1 – MONTÉE DES PÉRILS GÉOPOLITIQUES…)
…comme nous l’avons maintes fois établi, l’hégémonisme euro-israélo-étasunien désormais totalement débridé et mâtiné d’exterminisme (1) est de loin le fauteur n°1 de marche à la guerre impérialiste mondiale. On l’observe de la Baltique à l’Ukraine (où la poussée continue de l’UE-OTAN vers les frontières russes, véritables prémices d’un nouveau Drang nach Osten –« marche vers l’Est » –, fut le vrai déclencheur de la guerre dite russo-ukrainienne) et de la Palestine martyre à l’Iran par deux fois agressé en passant par le Caucase inlassablement déstabilisé. On le constate également du Détroit de Taiwan à la Péninsule coréenne où la présence étasunienne armée en Corée du Sud, un demi-siècle après la fin de la première guerre de Corée, continue de menacer la paix régionale tout en avouant cibler in fine la Chine populaire.
N’oublions pas pour autant les fronts africain et latino-américain de la recolonisation planétaire du Grand Sud que prône ouvertement le secrétaire d’Etat étasunien Marco Rubio, cet ennemi acharné de Cuba socialiste, du Venezuela bolivarien, du Nicaragua sandiniste et du peuple bolivien en insurrection. Cette recolonisation est du reste déjà à l’œuvre de la Mer des Caraïbes (Venezuela bolivarien, et demain, Cuba, prochaine victime expiatoire désignée des échecs de Trump au Proche-Orient, voire le Mexique et la Colombie si l’Amérique latine ne se réveille pas très vite et très fort…) à l’Afrique francophone assiégée par l’hégémonisme occidental revanchard, que ce soit sous le faux drapeau du prédateur rwandais Kagamé envahissant la République démocratique du Congo, ou sous l’étendard des guérillas djihadistes et séparatistes ciblant les mouvements souverainistes au pouvoir au Niger, au Sénégal, au Mali et au Burkina Faso du colonel Traoré, lequel se situe expressément dans la lignée de Sankara.
Ayons le courage d’ouvrir grands nos yeux : le Grand Rift Transcontinental brossé ici à gros traits dessine déjà fortement les contours d’une guerre mondiale ardemment préparée par Washington, administrations « démocrates » et présidences « républicaines » confondues. Ce conflit potentiellement pan-destructeur, Trump voudrait cependant le « séquencer » en appliquant la tactique du chef de guerre romain Horace affrontant et vainquant tour à tour les frères Curiaces ennemis de Rome. Pour cela, Trump tente de sous-traiter à l’UE la guerre américaine par procuration qui est menée contre la Russie sans crainte de sacrifier la jeunesse ukrainienne envoyée vers une boucherie de masse sans issue.
Mais l’UE vassale, et piteusement arrimée à l’OTAN, ce n’est pas seulement le va-t-en-guerre Macron qui dissout traîtreusement notre pays dans l’ “État fédéral européen” en gestation piloté de fait par Berlin. C’est déjà aussi la remilitarisation de l’impérialisme allemand revanchard qui ne cache même pas sa détermination, proclamée par le chancelier Merz, de faire de la Bundeswehr la première armée conventionnelle d’Europe dans le but claironné sans honte de prendre une revanche sur le pays de Stalingrad. L’ « économie de guerre » imposée aux peuples européens sans jamais les avoir consultés, c’est aussi la fascisation qui ponctue cette course à l’abîme menée des deux côtés de l’Atlantique.
Face à ce tableau sombre mais véridique, les militants du mouvement populaire français et mondial doivent d’urgence se parler et unir leurs forces car les prochaines années, voire les prochains mois seront cruciaux pour la paix mondiale, pour l’avenir de la France et de la classe ouvrière, et tout d’abord pour nos vaillants camarades cubains directement menacée d’invasion yanquie. Avec un enjeu existentiel sans précédent qui n’est autre in fine que la survie de l’humanité, si ce n’est celui du vivant terrestre en général. En effet, les illuminés ultra-sionistes et millénaristes qui infestent l’entourage de Trump et de Netanyahou se rêvent déjà en vainqueurs divinement investis d’un prochain Armageddon, pourquoi pas nucléaire, sur fond d’avènement de ce qu’ils nomment le Grand Israël ; le tout, assorti de l’apothéose du tyran global Trump s’emparant de tout l’hémisphère occidental du Groenland à la Terre de Feu avec l’aide des despotes fascisants déjà en place au Chili et en Argentine, si ce n’est demain à nouveau, en Colombie !
Pourtant, dans le même temps, l’hégémonisme euro-israélo-atlantique décadent, fût-il rallié par le Japon néo-militariste et par l’Axe anglo-saxon dit “AUKUS”, est de plus en plus abhorré par les peuples et il ne fait pas de doute que les peuples résolument entrés en résistance ne puissent le mettre en échec, comme l’ont récemment montré les déconvenues répétées essuyées par l’US Navy et par la sanglante “Tsahal” en Iran et au Liban, sans parler du Détroit d’Ormuz.
2) … MAIS ESSOR ÉGALEMENT DES RÉSISTANCES POPULAIRES !
Camarades, il n’y a pas lieu en effet de trembler devant l’Hégémon atlantiste qui dévaste le monde dans le but, inaccessible du reste pour lui, de démanteler la Fédération russe, de soumettre et de recoloniser la Chine, de rétablir la suprématie anglo-saxonne mondiale et surtout, in fine, de sanctuariser le mode de production capitaliste de plus en plus sénile, rejeté par la majorité populaire mondiale[1] et par la jeunesse du monde. Soyons-en conscients : si le court terme appartient au moins provisoirement au monstre euro-israélo-atlantiste successeur de l’odieux Troisième Reich dans son rôle de porteur n°1 de la « réaction sur toute la ligne » caractéristique du stade impérialiste du capitalisme, la durée historique oeuvre contre ce système pourrissant: si bien que le moyen et le long termes ne peuvent appartenir qu’aux prolétaires alliés aux peuples épris de souveraineté. Encore faut-il que les peuples s’unissent pour franchir l’épreuve de vérité du court terme, c’est-à-dire pour briser les offensives impérialistes successives et éviter la troisième guerre mondiale. Déjà on voit que, fût-ce au prix de pertes populaires énormes qui ne sont pas sans rappeler celles qu’a dû endurer le peuple du Vietnam pour vaincre le colonialisme français, puis l’exterminisme états-unien, les peuples agressés se montrent solidaires en tenant bon sous les F-16 et les Rafales, et plus encore peut-être, sous les incessantes campagnes de media-mensonges bellicistes. Déjà,
– le peuple ouvrier du Donbass a su résister pendant huit ans sous le feu des brigades néonazies de Kiev avant que Poutine ne se décide enfin à lui porter secours. Si le régime pronazi de Kiev est, hélas, toujours debout, c’est qu’il est tenu à bout de bras par l’UE-OTAN tout entière. Car les Merz, Macron et autre von der Leyen aiguillonnés à des degrés divers par Biden et/ou par Trump n’ont cure d’envoyer ce qui reste de l’Ukraine au suicide national complet pour pouvoir installer les lanceurs nucléaires étatsuniens aux frontières ouest de la Russie. Pourtant, malgré un déluge de provocations allant jusqu’à la tentative otano-kiévienne d’assassiner le chef d’Etat russe, la Russie avance dans le Donbass et sape méthodiquement l’armée otano-ukrainienne placée sous la perfusion constante de l’OTAN.
– A Gaza, au Liban, en Iran, malgré les moyens colossaux employés par Trump et Netanyahou, malgré l’afflux des pétrodollars saoudiens mobilisés pour financer la guerre d’agression israélo-étasunienne, les impérialistes marquent le pas et les peuples palestinien, iranien et libanais ne déposent pas les armes devant l’Aigle yanqui, ce qui est déjà en soi une vraie victoire. Cela ne pourra manquer de donner à maints autres peuples présentement humiliés par l’impérialisme, des idées d’honneur, de rébellion et de Résistance. Tout montre que, en réalité, les deux agressions successives de Trump et de Netanyahu contre l’Iran ont été des fiascos, principalement parce que le peuple iranien menacé dans son existence et dans sa souveraineté, a su faire bloc, par-delà les divisions légitimes et le rejet justifié dont fait l’objet le régime clérical. De la sorte, le prédateur israélo-étasunien soutenu par les régimes réactionnaires arabes du Golfe, a été placé sur la défensive militaire et surtout, politique. C’est pour l’heure une victoire retentissante qui finira par avoir d’importantes répercussions géopolitiques positives d’autant que chacun sait que l’Iran a été discrètement soutenu à cette occasion par la Chine et par la Russie, voire par la Corée populaire.
– Dans la Caraïbe, le peuple vénézuélien un temps mis K.-O. debout à la suite du scandaleux enlèvement de Nicolas Maduro par les yanquis, manifeste journellement pour le retour de son président légitime et continue de s’organiser en « communes populaires » armées. Le peuple de Cuba a fait de même en masse, malgré le siège pré-génocidaire qu’il subit, le Premier Mai dernier, derrière nos fiers et méritants camarades Raùl Castro, que Marco Rubio voudrait faire enlever comme l’a été Maduro, et Miguel Diaz-Canel, que le tyran global qu’est Trump menace de mort presque chaque jour. Plus de six millions de Cubains qui souffrent pourtant gravement du siège n’en ont pas moins signé une pétition de masse condamnant le blocus états-unien transformé en étau de mort. Cuba a également pu compter sur la livraison de pétrole russe et sur l’appui politique courageux que lui ont apporté, à la différence de la France macroniste lâche, USA-soumise et veule, la Brésilien Lula, la Mexicaine Claudia Scheinbaum, le Colombien Petro et le premier ministre socialiste espagnol Pedro Sanchez.
– Au Québec, aux États-Unis, en Corée du Sud (Samsung) et en Inde, mais aussi dernièrement en Belgique et en Italie, le mouvement ouvrier recourt à nouveau massivement à la grève, souvent accompagnée de piquets,et nul doute que prochainement, face à la crise énorme, voire à la probable dépression de l’économie capitaliste que Trump n’a fait que précipiter en croyant la conjurer (envol des prix du carburant dans un contexte mondial de blocage des salaires…), des millions de prolétaires, y compris en France, fussent-ils quotidiennement abreuvés de propagande réactionnaire, ne pourront pas ne pas retrouver le chemin des luttes tant les fins de mois deviennent de plus en plus erratiques et impossibles pour des centaines de millions d’ouvriers, d’employés, d’agents publics, de retraités, de chômeurs, d’étudiants et de paysans petits et moyens.
C’est à ces affrontements de classes potentiellement explosifs que nous, militants franchement communistes et que nous, syndicalistes de classe, devons nous préparer en allant plus que jamais aux manifs populaires et aux entreprises, par ex. à l’entrée de P.S.A.-Poissy. Le but est d’expliquer, comme nous l’avons fait à Lille à l’initiative du secrétaire général Fadi Kassem où un tract portant nos positions a été adopté par l’U.D.-C.G.T., LFI et de nombreuses associations comme France-Palestine et France-Cuba (et ce tract a été ensuite exploité en Haute-Savoie à notre demande avec le PCF et LFI), que l’économie de guerre n’est pas la clé de la prospérité mais une méga-pourvoyeuse de mort de masse et d’euro-austérité. Elle constitue aussi et surtout une forme de paratonnerre géant faisant de chaque usine de France, donc potentiellement de toute notre classe ouvrière, la cible directe éventuelle, voire probable en cas de guerre ouverte, des missiles hypersoniques russes porteurs d’armes atomiques si le mégalo Macron, l’homme qui est prêt à sacrifier son peuple dans le vain espoir de devenir le premier président de l’« Etat fédéral européen », va jusqu’à engager l’armée française asservie à l’OTAN dans des combats directs contre l’armée russe. Il faut parler aussi de la jeunesse populaire mondiale : par ex. de la courageuse Greta Thunberg, cette icône des luttes écologistes initialement aseptisées qui est récemment devenue, aux yeux des média qui désormais la boudent, et pour cause, un phare de la solidarité avec Cuba ainsi qu’avec Gaza.
– Ce rejet croissant de la réaction trumpiste est également attesté par le fait que des millions d’Américains ont récemment manifesté sous le mot d’ordre « No King, no war, no ICE ! » (= ni roi, ni guerre, ni milice facho !). Du reste, le mot « socialisme », longtemps tabou aux Etats-Unis, éveille désormais la sympathie d’une majorité de jeunes Américains et New York, pourtant par ailleurs la capitale mondiale des spéculateurs, a emblématiquement élu il y a peu un jeune maire propalestinien qui se réclame de l’anti-impérialisme !
– En France, même si le duel/duo formé par le xénophobe R.N. et par les macronistes, respectivement flanqués de Ciotti/Retailleau et du P.S. atlantiste, continue d’accaparer les médias, l’électorat populaire vient de refuser, à l’occasion des municipales, la criminalisation de LFI massivement diabolisée en raison de son appui courageux à la Palestine. C’est un fait positif malgré tout ce que l’on peut reprocher à l’état-major de LFI, lequel s’avère hélas incapable de mener une campagne forte contre l’UE et l’OTAN, voire de dire clairement qu’il toute forme d’union sacrée belliciste si la Pologne russophobe et les pays baltes extrémistes finissent par provoquer une conflagration continentale possiblement nucléaire à force de mettre leur territoire au service des menées guerrières otano-kiéviennes.
– Enfin, même s’il s’agit moins de divergences stratégiques que de dissensions tactiques sur la manière d’aller au choc mondial, le bloc occidental est partiellement divisé comme le montrent les polémiques incessantes opposant Trump aux dirigeants européens, ou la récente décision trumpiste de retirer 5000 soldats américains du territoire allemand… aussitôt suivie de la décision, bien pire du reste, de les redéployer en Pologne !
– Plus fondamentalement encore, les sondages montrent qu’en Russie et dans d’autres ex-pays socialistes, une majorité de gens a compris que le socialisme, défauts de la première expérience socialiste de l’histoire compris, vaut bien mieux humainement (en termes d’emploi, de sécurité, de paix, de concorde civile) que le capitalisme de plus en plus synonyme de guerre, de fascisation, de désastre environnemental et de perversion à son profit des avancées technologiques comme l’I.A. ou les écrans, si ce n’est carrément de destruction des fondements anthropologiques et écologiques de l’existence humaine.
En résumé, le camp impérialiste-hégémoniste-exterministe, qu’avait hélas fortement relancé la contre-révolution anticommuniste et antisoviétique des années 80-90, est un colosse aux pieds d’argile. Ce qui le rend hyper-agressif, c’est que ces méchantes gens savent que le temps travaille contre eux et qu’ils doivent en découdre au plus vite s’ils veulent avoir une chance de gagner. Quitte à faire courir pour cela les plus grands risques à l’humanité. Mais cette fébrilité, qui les conduit déjà à tomber le masque en liquidant le droit international et en piétinant l’O.N.U., est signe de faiblesse : elle témoigne de la crise de l’hégémonie culturelle capitaliste-impérialiste mondiale, de même qu’est un grave signe de faiblesse en France l’incapacité des oligarchies pro-UE, pro-MEDEF et pro-OTAN, non seulement à mettre en place un gouvernement majoritaire, mais plus fondamentalement, à faire aimer l’UE, en dépit de l’énorme effort de propagande voulant faire croire, dès les bancs de l’école élémentaire, que l’UE est synonyme de « parole libre » et de « pensée libre ». Décidément, Marianne ne consent plus! comme l’ont déjà montré le Non à la Constitution européenne, le viol immédiat de ce Non qui a suivi ce vote, la répression macroniste sanglante des Gilets jaunes et la nécessité où a été Macron d’accoucher au forceps d’une contre-réforme des retraites dont 90% des salariés ne voulaient pas.
3) UN URGENT BESOIN D’AVANT-GARDES NATIONALES ET INTERNATIONALES !
Qu’est-ce qui nous fait alors le plus défaut, à nous les militants du monde du travail, que ce soit en France ou dans le reste du monde, pour unir nos forces dispersées, stopper la fascisante marche à la guerre et rendre l’initiative historique au camp du prolétariat, des peuples et des Lumières ? La réponse ne saurait être d’accuser les masses de sottise ou d’apathie alors que, durant des décennies, et c’est flagrant en France, les états-majors politiques et syndicaux gangrénés et reformatés par l’euro-réformisme, l’antisoviétisme et l’anticommunisme, ont tout fait pour trahir et démoraliser les travailleurs.
C’est ainsi que, avec l’aide d’un PCF irréversiblement dénaturé par la « mutation », la social-démocratie arrimée à la « construction » européenne s’est peu à peu emparée des directions des grandes confédérations, y compris de celles de la C.G.T., de l’U.N.E.F. et de la F.S.U., qui furent pourtant de grands syndicats de lutte où de vrais communistes jouaient un rôle crucial avec l’appui de la classe ouvrière. Il serait donc malhonnête d’accuser principalement les masses de s’être dépolitisées, abêties et souillées pour rallier in fine le Rassemblement lepéniste héritier de Versailles, de Vichy et de l’O.A.S. colonialiste et fasciste. En réalité, ces dérives populaires ne sont pas premières ; elles sont le produit d’une construction, ou plutôt d’une auto-déconstruction des avant-gardes travaillées du dedans et du dehors par le révisionnisme, y compris par les dirigeants mutants successifs du PCF, au point de renoncer l’une après l’autre à leur raison d’être : travailler sans cesse l’analyse marxiste-léniniste du “moment actuel” et permettre ainsi aux masses populaires d’orienter leur combat vers le socialisme avec l’aide d’un Parti Franchement Communiste jouant en permanence son rôle d’ami du peuple et de tribun du monde du travail.
N’oublions pas du reste la question majeure qui a motivé la création de l’Internationale communiste et des PC nationaux dans la foulée de la Révolution d’Octobre 1917 : celle consistant à créer de véritables avant-gardes populaires dotées d’une analyse marxiste-léniniste sans cesse affinée de la situation sociopolitique, porteuse d’un programme et d’une stratégie mettant la classe travailleuse au centre de larges rassemblements antifascistes, antiimpérialistes et anticapitalistes, articulant correctement l’internationalisme prolétarien au très légitime patriotisme populaire, toutes choses qui exigent a contrario de combattre l’euro-mondialisme néolibéral comme le chauvinisme et la xénophobie. Car défendre le « produire en France », refuser le tout-anglais aliénant qui sape la Francophonie tout entière, sauver la très progressiste « exception culturelle » française (du moins dans son principe), cela relève, non pas du nationalisme, mais de la dignité nationale la plus élémentaire et la plus respectable.
Bien entendu, une stratégie franchement communiste doit porter dans chaque lutte de manière adaptée la visée d’un socialisme-communisme de nouvelle génération. Mais qu’entendre par là ? Sans céder au négationnisme antisoviétique ni renier les fondamentaux de la révolution socialiste (conquête du pouvoir d’Etat par la classe ouvrière, dictature du prolétariat associée à la démocratie populaire la plus large, socialisation des grands moyens d’échange et de production, planification démocratique du développement économique et social, etc.), cela signifie que le socialisme de demain devra mener à bien les tâches que le capitalisme devenu exterministe, c’est-à-dire incompatible à terme avec l’existence du genre humain dont il sape chaque jour un peu plus les bases d’existence. Il s’agit notamment pour le socialisme à venir d’assumer avec créativité les tâches consistant à développer une coopération gagnant-gagnant entre peuples libres, égaux et solidaires, ce qu’affirme porter la Chine, à rendre effective l’égalité, mais aussi l’amitié et la solidarité entre les deux sexes, à gérer et à orienter au profit de toutes et de tous les avancées technologiques, à équilibrer rationnellement l’emploi des ressources terrestres et le développement de forces authentiquement productives (que l’économie de guerre transcontinentale dévoie vers la destruction) préservant les bases environnementales, biologiques et culturelles du développement humain.
Ce travail théorique et programmatique d’ensemble, le PRCF y prend une large place avec ses revues, son site et l’appui qu’il donne aux Cafés marxistes et à l’Université populaire Ch’ti Guevara. Il faut amplifier cet effort en y associant un maximum de communistes français tout en proposant à un maximum de Partis et d’organisations communistes en Europe et dans le monde de mutualiser les recherches théoriques en philosophie, en économie, en géopolitique, en histoire, en épistémologie, etc.
Pour autant, ces tâches constructives d’avenir auxquelles contribue le PRCF ne sauraient l’exempter de cette autre tâche critique et non moins incontournable que le fut la polémique menée à juste raison par l’Internationale communiste contre la pourrissante Deuxième Internationale qui avait fini par sombrer dans l’union sacrée de 1914. « L’ennemi principal est dans ton propre pays » avait alors osé lancer le député socialiste Karl Liebknecht à la face du Kaiser en appelant à ce que Lénine appellera le défaitisme révolutionnaire, lequel ouvrit ensuite la voie à la révolution sociale quand la guerre impérialiste se fut révélée une terrible impasse sanglante aux yeux des travailleurs des deux blocs.
Car de cette polémique constante contre la trahison réformiste, qui prend aujourd’hui la forme du soutien apporté à la fédéralisation militariste de l’UE par la social-démocratie, les militants de la reconstruction des avant-gardes nationales (des PC nationaux, mais aussi du syndicalisme de classe) et internationales (d’une future Internationale Communiste et Ouvrière interagissant en permanence avec la Fédération Syndicale Mondiale), ne peuvent faire l’économie. Ainsi, s’agissant de la France, ces militants doivent faire l’effort constant d’interpeller publiquement en haut et en bas les directions du PCF, celles de la C.G.T. et de la F.S.U., mais aussi celles de LFI En effet, les forces agissant dans LFI et qui veulent substituer un mixture à base de communautarisme et d’euro-atlantisme à une vraie politique universaliste d’émancipation à l’égard de l’UE-OTAN – allant pourquoi pas, jusqu’au Frexit progressiste ? – seront évidemment d’autant plus à l’œuvre en cette année pré-électorale que J.-L. Mélenchon a peut-être une chance de parvenir au second tour de la présidentielle, du moins s’il ose à nouveau proclamer face à Le Pen, Bardella, mais aussi à Attal, Philippe ou Philippot : « l’UE, on la change ou on la quitte ! ». Ce serait là l’unique manière de convaincre la classe ouvrière d’aller majoritairement voter, de gagner le premier tour et, le cas échéant, de remporter l’élection ; ce qui, si et seulement si LFI rectifie enfin le tir sur l’UE, l’euro et l’OTAN, porterait un coup très rude à l’« État fédéral européen » en gestation et, du même coup, à la marche suicidaire de l’UE-OTAN vers la suicidaire guerre antirusse.
La France constitue en effet un chaînon central de la « construction » euro-atlantique, mais elle n’en est que davantage un maillon faible de l’UE tant l’euro-fédéralisme néolibéral heurte de front la logique de la construction nationale républicaine, fût-elle bourgeoise, telle qu’elle est issue de la Révolution française, de l’engagement jacobin pour une République indivisible égalitaire, des combats laïques, des Lumières et des avancées sociales de 1936 et de 1945 portées d’abord par le Front populaire (au centre duquel fut Maurice Thorez), puis par les ministres communistes de la Libération. Que ce maillon de la chaîne impérialiste qu’est la France cède, ou du moins qu’il chancelle sous l’égide d’une France Franchement insoumise à l’UE-OTAN et au MEDEF (ce qui n’est hélas pas le cas de l’actuelle direction de LFI), ou qu’une France euro-soumise demeure dans le giron étouffant de ces étaux destructifs – qui plus est sous l’égide d’un éventuel Alexis Tsipras français –, cela pourrait avoir un impact continental, voire mondial, qui devrait intéresser tous les véritables amis de l’Europe des luttes, laquelle s’en trouverait salutairement dynamisée.
4) AFFRONTER les FAUTEURS D’UNION SACRÉE agissant au sein du MOUVEMENT POPULAIRE
De tout cela, les membres du PRCF sont prêts à débattre à tous niveaux avec les militants qui se réclament du communisme, y compris ceux du PCF, des J.C. et de l’U.R.C., d’autant que la résistance aux fadaises de Roussel semble s’accroître au sein du PCF à l’approche de son congrès où émergent, sans aller jusqu’à la revendication claire du Frexit progressiste, certains courants censément “identitaires”. Resserrons les liens antifascistes militants avec les amis du PARDEM et du R.P.S.-F.I.E.R.S. Accroissons notre présence militante dans les syndicats et les lieux militants unitaires. Il faut aussi et d’abord débattre « en bas », et si possible « en haut », avec les militants de LFI dont la réelle dynamique populaire, par ex. à Roubaix ou à St-Denis, semble hélas s’accompagner d’une très préoccupante contre-offensive russophobe interne pour entraîner LFI dans le soutien à l’OTAN et aux politiques d’euro-surarmement.
Alors, à ces militants de saisir la main fraternelle que leur tend le PRCF tant il est clair que les militants du PRCF n’ont aucun intérêt mesquin d’appareil à défendre et qu’ils veulent servir tout le mouvement populaire et permettre à LFI qui n’en est pas encore là, loin s’en faut encore, de militer avec nous tous pour une France Franchement Indépendante et Sociale (F.F.I.-S.!). En effet, le mouvement populaire et ses organisations seront finalement écrasés si la marche à la guerre et à la fascisation n’est pas stoppée à temps par les efforts convergents de toute la militance progressiste liquidant toute relent d’illusion sur l’UE et sur l’OTAN, voire sur l’euro, cette arme de destruction massive au long cours contre le produire en France. En effet, au fur et à mesure que la crise géopolitique, que la crise socio-économique mondiale qui approche au fur et à mesure que le prix des carburants explose, et que les échéances politiques nationales et mondiales, tendront à confluer, l’oligarchie et ses relais sociaux-démocrates, y compris travestis en « communistes » roses vifs, en LFI devenus atlantico-compatibles (comme y travaillent hélas des eurodéputés affiliés à ce parti) en « syndicalistes » institutionnalisés et euro-financés, amplifieront leurs efforts pour enchaîner le mouvement populaire à l’union sacrée belliciste, ce danger imminent de suicide mondial consenti.
Stopper cette entreprise qu’on sent déjà monter très fort, y compris dans certains secteurs de la gauche dite radicale, sera déterminant pour la renaissance d’un courant de luttes à l’approche des échéances de 2027. De même que, dans le domaine des résistances mondiales, il ne faut pas laisser Trump « séquencer » et “saucissonner” ses guerres d’agression en attaquant ses ennemis tour à tour pour n’avoir plus un jour face à lui que la Chine, de même, dans le domaine du combat social, les secteurs professionnels en lutte ont objectivement le choix entre gagner tous ensemble en même temps ou bien perdre successivement, chacun pour soi et séparément. Il faut alors que les militants de la paix, du progrès et de la souveraineté se serrent les coudes : à bas l’euro-union sacrée belliciste !
Dès lors, militants franchement communistes membres ou pas du PRCF, syndicalistes, militants euro-insoumis, dialoguons, déjouons les manœuvres sectaires visant à nous opposer, organisons les convergences militantes au plus près du terrain. Et discutons, pourquoi pas, de la mise en place de Comités d’action populaires pour la paix, le progrès social et l’émancipation nationale. Sans cela, il n’y aura pas de dynamique populaire ancrée en bas pour peser sur la présidentielle, ni de résistance populaire solide si l’extrême droite gagnait hélas l’élection, ni d’élan vers un vrai changement si un nouveau président se réclamant de l’insoumission accédait à l’Elysée sans être à la fois appuyé et poussé par un fort mouvement ouvrier et populaire. Bref, soyons-en convaincus, la solution aux problèmes du peuple n’est autre que le peuple lui-même !
Déjà, le PRCF a eu la satisfaction de constater que les mots d’ordre qu’il a lancés par voie d’affiche, de tracts, au méga dans les manifs, ou sur notre site et notre chaîne de plus en plus fréquentés, sans parler de son journal I.C., effectuent une percée dans les manifs du Premier mai 2026 et sont même repris (sans indication d’origine mais qu’importe…) par des organisations diverses comme le Parti des travailleurs. Il s’agit en particulier du percutant « L’argent pour les salaires, pas pour la guerre! », mais aussi des mots d’ordre « Brisons les chaînes de l’Union européenne », « Europe atlantique ou monde pacifique, il faut choisir ! ».
Oui, ce travail d’avant-garde pour la reconstruction des avant-gardes peut payer, mais tout le monde doit s’y mettre au plus tôt pour fracturer l’union sacrée belliciste qui nous mènera au pire si nous tous, militants de et pour les avant-gardes populaires, ne sonnons pas l’alarme ensemble, chacun faisant tout ce qu’il peut en bas à son poste et en abandonnant les postures spectatrices, défaitistes et blasées.
Avec d’autres, nous ouvrirons au contraire le chemin des révolutions du XXIe siècle si nous savons montrer que l’union sacrée autour de l’UE-OTAN, de la russophobie, de la sinophobie, de l’iranophobie, de la castrophobie et de l’arabophobie, est l’ultime grimace d’un système capitalisme de plus en plus convulsif. Un système qui, tenaillé par sa crise aggravée, sa perte d’hégémonie globale et par l’irrationalisme qui le taraude, menace de mort le genre humain et l’ensemble du vivant pour tenter égoïstement de survivre à son obsolescence historique!
C’est pourquoi à l’heure où nul n’a de devoir plus impérieux que celui consistant à coller sur les murs de France les affiches et autocollants du PRCF proclamant “Gaza, Cuba, SI, M.A.G.A. Non!”, il revient à tous les militants de la paix de la liberté et de l’humanité de reprendre à leur compte l’héroïque slogan à la fois révolutionnaire, patriotique et anti-exterministe de Fidel Castro:
“la (les) patrie(s) ou la mort, le socialisme ou mourir, nous vaincrons!”.
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