Le putschiste Guaido caché dans l’ambassade de France au Venezuela : « Abaissement de la France devant l’Empire yankee, mépris pour le droit international et la Charte de l’ONU ».

Président élu et légitime du Venezuela, Nicolas Maduro vient d’indiquer que Juan Guaido, le putschiste pro-yankee qui s’est autoproclamé président du Venezuela, est probablement accueilli dans les locaux de l’Ambassade de France à Caracas. Rappelons que Macron a reçu ce putschiste à l’Élysée (lire ici) en janvier 2020 et ce après que des photos ont révélé ses fréquentations de narcotraficants du cartel paramilitaire colombien des Los Rastrojos. À son retour en février à Caracas, c’est l’ambassadeur de France au Venezuela qui était allé l’accueillir à l’aéroport.

La France venait de protester officiellement contre les mesures de sécurité consistant en des contrôles de police installés dans la rue d’accès à l’ambassade. Rappelons que l’ambassade d’Espagne abrite également depuis son putsch militaire mis en échec, le leader d’extrême-droite Leopoldo Lopez.

Si c’est faux, il est aisé de démentir la rumeur. Le Parisien confirmait le 5 juin que Guaido aurait été hébergé très récemment dans l’ambassade de France, tandis que le Quai d’Orsay n’infirmait pas, se bornant à déclarer que Guaido ne s’y trouverait pas actuellement.

Si c’est vrai, ce serait une nouvelle preuve de l’ingérence impérialiste française dans les affaires intérieures de la République bolivarienne du Venezuela, Guaido étant compromis dans les multiples tentatives de coups d’État fomentées par la droite sur fond de menace d’invasion étasunienne. Abaissement de la France devant l’Empire yankee, mépris pour le droit et la Charte de l’ONU, immixtion dans la vie d’un État cherchant la voie du progrès social et de la souveraineté populaire, Macron tourne le dos aux fondamentaux de la politique étrangère gaulliste dont l’actuel chef de l’État se réclame à tout instant. En défendant l’indépendance du Venezuela, c’est notre propre indépendance que le PRCF vous appelle à défendre.

Venezuela : les pays qui protègent des fugitifs doivent les remettre à la justice

Le ministre venezuelien des affaires étrangères, Jorge Arreaza, a pressé jeudi 4 juin 2020 les pays qui abritent « des gens fuyant la justice venezuelienne » de « réctifier » et de « les remettre à la justice » de son pays?

Dans une interview à Radio Union, il a souligné les contradictions de l’Union Européenne sur sa position face au Venezuela, puisque « elle a ratifier son support et sa reconnaissance à Juan Guaido, et dans le même temps elle rejette les incursions internationale et étrangères contre le Venezuela ».

« c’est contradictoire parce que elle dit qu’elle soutient un homme, et donc en même temps elle dit qu’elle supporte ce que cet homme non seulement a planifié mais aussi affirmé et dont il est une partie prenant de l’exécution, et ensemble avec Juna José Rendon et avec d’autres députés dont on sait qu’ils ont signé le contrat ; Ils ont même défendus les mercenaires ».

 » M Guaido doit rendre des comptes devant la justice et le peuple venezuelien », dont « le ministère public et les juges prendront les actions qu’ils ont à prendre ».

S’agissant de la présence du leader d’opposition fasciste Leopoldo Lopez abrité par l’ambassade espagnole, Arreaeza souligne que « il continue à conspirer, il a pris des décisions pour soutenir l’opération Gédéon », ce qui constitue « des violations graves » du droit ce que le gouvernement a dénoncé aux autorités diplomatiques.

« Si nous respectons la loi, nous ne pouvons pas entrer dans la résidence d’aucun ambassadeur d’aucun pays, dans ce cas de la France ou de l’Espagne, et faire exécuter la justice par la force, cela ne peut être fait ».

« Du reste, c’est une situation profondément illégale qui porte atteinte à la diplomatie de ces pays. C’est une honte pour la diplomatie de l’Espagne, c’est une honte pour la diplomatie de la France, ce qui s’est passé et elles vont le payer très vite. Cela restera dans l’histoire comme un exemple de ce qui ne doit pas être fait en Droit International. »


Mais où est donc Juan Guaido ?

Par Romain Migus

Le ministre des affaires étrangères du Venezuela, Jorge Arreaza, évoque l’ambassade de France, Paris dément aussitôt. Que signifie la position de la France?

Une prise de bec entre les diplomaties française et vénézuélienne qui est surtout porteuse de nouvelles encourageantes. Pour peu que l’on s’attarde sur la situation, et que l’on analyse minutieusement ce qui est en train de se dérouler.

Le communiqué d’Agnès Von der Muhll, directrice de communication du Quai d’Orsay, a souligné que « Mr. Juan Guaido ne se trouve pas à la résidence de France à Caracas ni dans aucune autre de nos emprises diplomatiques. Nous l’avons confirmé à plusieurs reprises aux autorités vénézuéliennes ». Lorsque l’on sait que la France reconnait Juan Guaido comme « président intérimaire », chacun appréciera la portée du « Mr » comme des « autorités vénézuéliennes » lorsqu’elle se dirige au gouvernement du président Maduro.

Peu importe dés à présent que Juan Guaido ait pu séjourné à la résidence de France comme le suggérait le ministre Arreaza. Par ce communiqué, le gouvernement français démontre qu’il ne consent par à ce que la France se convertisse en la déchetterie des opérations ratés des États-Unis. Un regain de souveraineté fort appréciable. 

Au moment où gouvernement et opposition arrivent à des accords d’une part pour rénover les autorités électorales afin de conduire le pays vers les élections législatives de 2020, d’autre part pour optimiser les financements dans le domaine de la santé, le soutien irréductible à des options extrémistes comme celle de Juan Guaido semble s’essouffler. 

Dans les prochains jours, Juan Guaido devrait certainement réapparaitre. Balloté au gré des vents diplomatiques, il se pourrait qu’il pointe son nez dans une autre ambassade ou que ses amis narco-paramilitaires l’aident de nouveau à fuir vers la Colombie. Le Venezuela s’en passera aisément.