Perspectives politiques et échéances électorales.

par et Fadi Kassem 1 septembre 2020 – au nom de la Commission des relations politiques du PRCF (Corpol)

Alors que monte la colère sociale et que notre peuple, frappé sur tous les terrains, est en quête d’alternative , alors que la perspective d’un deuxième et dévastateur quinquennat Macron n’est pas écartée et que les “Républicains” et le Rassemblement “national” rivalisent de propos fascisants pour capter les peurs, toutes sortes de manoeuvres politiciennes sont en cours, toutes sortes de “ballons d’essai” médiatiques sont lancés qui ne font qu’obscurcir les conditions d’un vrai changement progressiste pour notre pays..

“Une ligne claire pour avancer”

Pour sa part, le PRCF avance sans masque, porteur d’une ligne claire d’union des vrais communistes, des syndicalistes de classe et des patriotes antifascistes; il s’agit de chasser Macron (sans ralliement de second tour à sa politique liberticide sous prétexte de “barrer la route au fascisme”), d’exclure toute banalisation de l’extrême droite (sous couvert d’union “des patriotes des deux rives”), de mettre le monde du travail au centre de la vie nationale en sortant par la gauche de l’UE, de l’euro, de l’OTAN, d’annuler toutes les mesures de fascisation, de privatisation, de délocalisation, de contre-réformes et d’ingérences néocoloniales du Liban au Mali. De porter, en un mot l’objectif rassembleur d’une République sociale, souveraine et fraternelle affrontant le grand capital et rouvrant à notre peuple la voie du socialisme. Dans ce but, le PRCF diffusera largement aux entreprises son programme franchement communiste et 100% anti-UE; notre camarade Fadi Kassem, secrétaire national adjoint, assisté de G. Gastaud, secrétaire national, sera chargé d’être notre porte-parole dans les luttes sociales, la précampagne et la campagne électorales dans un esprit de clarification politique et de recherche des convergences. 

La confirmation de l’avancée de l’idée de progressiste dont le PRCF est l’incontestable pionnier politique dans ce pays et parmi les communistes

Dans la dernière période, on a assisté à une série de propositions émanant de forces classées à gauche :

MM. Ruffin et Besancenot ont tenté de lancer un “CNNR” en ignorant la composante communiste (ou pire, en la méprisant) et en contournant la question stratégique du Frexit progressiste. Le PRCF a dit ce qu’il pensait de cette usurpation de la référence au CNR historique: on sait que ce dernier était ancré dans le peuple par la force de la Résistance communiste armée, pour lequel la reconquête de l’indépendance nationale était indissociable du progrès social.

Comme il l’avait fait l’an dernier à la même époque (où, sans citer le PRCF, il avait repris l’idée des “deux drapeaux” sans lui donner de traduction concrète dans les manifs), Fabien Roussel a radicalisé son discours en critiquant plus durement l’UE.

Malheureusement, M. Roussel n’est pas allé jusqu’à dire qu’il faut SORTIR de cette construction 100% antisociale, impérialiste, anticommuniste, atlantiste et de plus en plus fascisante, ni jusqu’à annoncer la rupture du PCF avec le , cette courroie de transmission stipendiée de Bruxelles, ni jusqu’à revenir sur l’alliance stratégique mortifère du PCF avec le PS maastrichtien (comme on l’a vu aux municipales). Néanmoins le durcissement du discours du chef de file du PCF-PGE sur l’UE n’est pas sans intérêt : il marque l’avancée de l’idée de Frexit progressiste, anticapitaliste et anti-impérialiste dont le PRCF est l’incontestable pionnier politique dans ce pays en général, et dans la mouvance communiste en particulier, même si le mot “PRCF'” brûle la langue à certains. A noter que dans le même temps, des dirigeants syndicaux combatifs de premier plan comme Cédric Liechti (Energie-Paris) ou Laurent Brun (SNCF), sans parler de Jean-Pierre Page, se sont prononcés fortement contre l’UE en prenant le contrepied des orientations euro-béates de la Confédération .

Nous avons noté aussi avec plaisir le durcissement du ton de Jean-Luc Mélenchon sur la question de la rupture avec le capitalisme, sur l’intérêt d’une planification sociale, sur la nocivité profonde de l’UE, nous avons noté son refus courageux de la russophobie et de l’anti-soviétisme (il a rappelé notamment que l’histoire de l’URSS était historiquement indissociable de la victoire sur le nazisme et de la conquête de l’espace). Cependant nous avions aussi constaté tristement que, après la présidentielle de 2017, le slogan de la France insoumise: “l’UE, on la change ou on la quitte” avait presque disparu de la circulation et que dans la France insoumise, les milieux européistes et sociaux-démocrates typiquement représentés par Manon Aubry ou par Clémentine Autain, avaient pris le dessus sur les partisans d’un indépendantisme de gauche. Il faut que JLM dise clairement avant la présidentielle quel cours politique il choisit, celui de la petite bourgeoisie européiste des “métropoles”, ou celui des classes populaires qui ont montré avec persévérance, du vote sur Maastricht au Non à la constitution européenne, qu’elles ne voulaient pas de l’UE du capital, ni d’une alliance avec les politicards maastrichtens, y compris “socialistes”.

Déjà, nous avons demandé à Jean-Luc Mélenchon d’une part, à Fabien Roussel d’autre part, la mise en place de rencontres politiques permettant de mettre cartes sur table à propos des intentions de chacun. N’ayant eu aucune réponse à nos courriers, nous refaisons cette demande publiquement. Une lettre confirmera cette demande à chaque leader politique concerné . Le PRCF est certes une force encore modeste, mais dont audience croît ; il porte une politique claire, inédite et rassembleuse susceptible de remettre en mouvement, dans les luttes et électoralement, des millions d’ouvriers et d’employés écœurés par le cours politique actuel. Ceux-ci souhaitent qu’émerge une politique nouvelle unissant le drapeau rouge au drapeau tricolore pour rompre sur des bases progressistes avec l’UE supranationale du capital sans frayer aucunement, ni avec le “néolibéralisme” policier de Macron, ni avec le PS maastrichtien, ni avec la droite réactionnaire et xénophobe des Retailleau, Le Pen, Maréchal et Cie. Bref, c’est une politique de Front Antifasciste, Patriotique, Populaire et Ecologiste (FR.A.P.P.E.) qui s’ancre dans l’ADN du PCF historique (Front populaire, Résistance et Libération notamment) tout en tirant leçon des trahisons répétées du PS au cours des XXème et XXIème siècles. Le PRCF tentera aussi, à la faveur du mouvement social de l’automne, de dialoguer avec les forces représentatives du syndicalisme de classe et avec celles du mouvement, à la fois patriotique et populaire, des Gilets jaunes. 

“Faire émerger une Convergence Nationale des Résistances”

D’ores et déjà, le PRCF proposera dans divers départements des débats citoyens à la fin septembre (anniversaires communs de la bataille de Valmy, où l’Armée des Sans Culottes battit l’Europe monarchique… et des 49% de Non à Maastricht dont le PCF et la CGT étaient la force centrale) pour permettre aux forces démocratiques euro-critiques et antifascistes de construire ensemble. Car c’est avant tout en dialoguant et en agissant “en bas” avec les travailleurs et les citoyens qu’émergera la Convergence Nationale des Résistances, socle sociopolitique du changement indispensable.