Macron, Le Pen : mêmes haines, mêmes combats !

C’est un fait bien établi : 80% des Français ne souhaitent pas un deuxième tour entre le réactionnaire fascisant et la fasciste . Cela n’empêche nullement les chiens de garde de veiller, en partageant (et saturant) l’espace médiatique entre les partisans de Jupiter (Ruth Elkrief, Christophe Barbier, David Pujadas, Laurence Ferrari, les « journalistes » de France Info comme Renaud Dély et de France (In)Culture comme Guillaume Erner, etc.) et ceux qui, tout en ne cessant de dénoncer la censure et la « pensée unique » dont ils seraient victimes, ne disposent pas moins d’un temps d’antenne exponentiel pour servir de tapis brun aux nauséabondes « idées » du prétendu « Rassemblement national » : Éric Zemmour, Gilles-William Goldnadel, Charlotte d’Ornellas, Elisabeth Lévy, Michel Onfray (régulièrement invité comme prétendu « contestataire » et dont la diatribe antijacobine et anticommuniste rassasie les réactionnaires de tout poil…), Pascal Praud, Ivan Roufiol, etc.

            Car tout est fait pour que le faux « duel » Macron-Le Pen, annoncé depuis le soir du second tour de l’élection présidentielle de 2017, soit une prophétie autoréalisatrice, y compris en fermant de plus en plus les écoutilles aux traditionnelles forces politiques de plus en plus réduites au rôle de satellites de l’un des deux champions des médias, aussi bien les soi-disant « Républicains » ne sachant plus où donner de la tête entre les sirènes xénophobes et fascisantes du et la défense du « Nouveau Monde » macronien ; des « centristes » héritiers de Giscard qui critiquent et/ou quittent LREM pour voter… comme les députés godillots macronistes ; des faux « socialistes » et « écologistes » qui ont déjà massivement rallié Macron (à l’instar de l’eurodéputé ex-EELV Pascal Canfin, engagé dans le « Renew for Europe ») et qui n’hésitent pas à approuver la honteuse résolution adoptée par le Parlement européen le 19 septembre 2019 (résolution qui criminalise le communisme, considéré comme équivalent du nazisme) ; et même les faux contestataires de « gauche » qui, le premier tour passé, rabattent immédiatement sur le « barrage antifasciste » en appelant à voter pour celui qui est le meilleur carburant de Le Pen.

            Car s’il est encore des naïfs pour croire que Macron et Le Pen représentent deux mondes bien opposés, la pratique macroniste du pouvoir et celle « oppositionnelle » du RN montrent tout au contraire une véritable coalition d’intérêts, et tout simplement une connivence politique et idéologique. La multiplication des mesures et pratiques liberticides et fascisantes, aussi bien l’adoption de la loi Insécurité globale que le massacre d’un cinéaste par des « policiers » véritables forces du désordre, aussi bien les violences envers les migrants sans-papiers place de la République que les attaques ad nauseam contre les universitaires « islamo-gauchistes », aussi bien la répression envers les enseignants opposés à la destruction du baccalauréat à Melle qu’envers les avocats, les pompiers et même les personnels soignants, aussi bien le matraquage systématique des syndicalistes de combat et des gilets jaunes que des lycéen(en)s et étudiant(e)s ou des retraités, démontre cette parfaite connivence. Voilà que Jean-Michel Blanquer parle comme Georges Ripert, le ministre de l’« Instruction publique » du gouvernement Laval, en reprenant les mêmes lubies et diatribes anticommunistes et antimusulmanes par l’emploi du vocable « islamo-gauchisme » – au passage, les enseignants attendent toujours un véritable hommage digne de ce nom à Samuel Paty, et non le simulacre du lundi 2 novembre 2020 qui cherchait à étouffer la lecture de la lettre aux instituteurs de Jean Jaurès, forcément embarrassante pour le réactionnaire Blanquer. Voilà que le RN approuve la loi Insécurité globale, comme les macronistes et les prétendus « Républicains ». Voilà que les macronistes se prennent pour les chasseurs d’islamistes dont ils contribuent pourtant largement à accroître l’influence en fricotant avec les pétromonarchies réactionnaires du Golfe (Arabie saoudite wahhabite en tête) et en combattant la Syrie laïque. Et comment oublier que Macron parla à la fois d’insécurité, d’immigration et d’islam – le triptyque réactionnaire au service d’une candidature xénophobe et fascisante masquant faussement la nature profondément de classe (bourgeoise) du macronisme – dans Valeurs actuelles à l’automne 2019 ?

            Mais on aurait tort de croire que la connivence s’arrête à la simple approbation des mesures qui arasent les libertés publiques et démocratiques. En effet, outre la même approbation du révisionnisme anticommuniste au Parlement européen, Macron et Le Pen se rejoignent sur de nombreux points très concrets. C’est ainsi que tous les deux ne souhaitent sortir ni de l’euro, ni de l’UE, et encore moins du capitalisme, et même pas de l’Alliance atlantique – Le Pen se transformant même en avocate passionnée de Donald Trump pour dénoncer les potentielles fraudes concernant l’élection présidentielle états-unienne de 2020 ; c’est ainsi que des ponts s’établissent entre Macron et Le Pen, formant un véritable LRE « N » à Perpignan où deux colistiers macronistes ont rejoint les rangs de Louis Aliot au second tour, assurant la victoire du RN dans l’une des communes les plus pauvres de France ; c’est ainsi que la femme de Robert Ménard a approuvé le « projet de loi portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’ en matière économique et financière », tandis que le RN brillait par son absence aux discussions – il est vrai que les diatribes habituelles contre les immigrés sont bien plus prenantes… ; c’est ainsi que le RN ne participe pas au vote sur de nombreux sujets majeurs comme l’accord de « libre-échange » entre l’UE et le Japon ; c’est également ainsi que le RN a approuvé la loi dite de « l’état d’urgence sanitaire », qui constitue une attaque sans précédent contre les conquêtes sociales arrachées de haute lutte.

            De même que l’on aurait tort de négliger la réelle coalition d’intérêts entre Le Pen et Macron, tout aussi anticommunistes et antijacobins, anti-syndicalistes et antirépublicains, antidémocrates et antipatriotiques. Car l’une des plus grandes confusions donnant l’illusion d’une « opposition » entre les deux jumeaux se cristallise autour de la question de la . Au soir du 23 avril 2017, très habilement, Macron se présenta comme « le président des patriotes face à la menace des nationalistes », établissant ainsi la subtile distinction entre l’amour des siens et la haine des autres. Mais c’est oublier qu’en réalité, par leur attachement à la supranationaliste Union européenne et leur refus d’en finir avec le capitalisme mondialisé, Le Pen et Macron éprouvent le même rejet de la nation, donc de la souveraineté nationale ET populaire – car « la nation, c’est le peuple » comme le disait si bien Georges Politzer. Car qu’est-ce que « défendre la nation » quand on abandonne la souveraineté de la France à Bruxelles, Berlin, Francfort et Washington, et quand on combat l’internationalisme en se ralliant au camp impérialiste et belliciste des États-Unis, qui veulent détruire les régimes socialistes, progressistes ou tout simplement anti-impérialistes de Cuba, du Venezuela, du Nicaragua, de Bolivie, de Chine, de Russie, de Biélorussie ou encore de Syrie et d’Iran ? Le Pen et Macron ne peuvent être en phase avec Jean Jaurès (qu’ils honnissent tout en cherchant à l’instrumentaliser honteusement) qui proclamait justement qu’« un peu d’internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup d’internationalisme y ramène. Un peu de patriotisme éloigne de l’Internationale ; beaucoup de patriotisme y ramène. »

            Les actuels événements illustrant plus que jamais l’ampleur de la fascisation en France, que ce soient les violences policières démultipliées ou la haine anticommuniste qui débouche sur des menaces de mort comme au siège du PCF à Lyon, s’inscrivent dans une mortifère dynamique pour les citoyens progressistes et les travailleurs de France, pour la République une et indivisible, sociale et laïque, souveraine et démocratique, fraternelle et pacifique, à savoir celle d’un prétendu « choix » entre Macron et Le Pen en 2022. Plus qu’un (faux) « duel », il s’agit surtout d’un vrai duo euro-capitaliste, atlantiste, anticommuniste et antirépublicain, dont les politiques soumises aux oukases de l’Union européenne aggraveront l’euro-dissolution de la France et de la République (quand le RN défendra-t-il d’ailleurs la langue française, lui le prétendu parti « défendant les Français » ?), l’euro-démantèlement des services publics (dits « services d’intérêt général » au niveau de l’UE), l’euro-destruction des conquêtes sociales et démocratiques, l’euro-fascisation qui arase les libertés publiques.

            Face à ce duo au sein duquel chacun a besoin de l’autre pour parvenir au second tour de la présidentielle, la solution ne passera pas par les traditionnelles utopies d’« Europe sociale » et d’«États-Unis socialistes d’Europe », ni par un pseudo « dialogue social » avec un MEDEF qui n’éprouve aucun problème à inviter Marion Maréchal lors de son université d’été de 2019 (avant de retirer l’invitation sous pression) et par un « syndicalisme rassemblé » se noyant au sein de la Confédération européenne des syndicats (CES) présidé par le jaune Berger. Elle ne viendra que d’une candidature portant clairement le progressiste, à savoir la sortie de l’euro, de l’UE, de l’OTAN ET du capitalisme exterministe, une candidature issue d’une gauche patriotique et internationaliste, populaire et républicaine, antifasciste et anticapitaliste, anti-européiste et anti-impérialiste. En somme, une candidature en mesure de construire les nouveaux Jours heureux dont les citoyens et les travailleurs de France ont urgemment besoin, afin d’éviter que Macron déroule toujours plus le tapis brun de la fascisation, comme ce fut le cas à la fin des années 1930. Comme le signala à raison l’historien Ivan Jablonka : « Il y a un Vichy avant Vichy, et il fermente dans la République » ; pour éviter une nouvelle « étrange défaite » et une nouvelle humiliation pour la France comme en 1940, pour proposer une véritable alternative patriotique et populaire franchement communiste et franchement insoumise, soutenez et rejoignez le Pôle de Renaissance communiste en France (PRCF) !