Lettre aux artisans et commerçants de France !

par Fadi Kassem, porte parole national du Pôle de Renaissance Communiste en France

Cher(e)s concitoyen(ne)s,

Héritier des grandes traditions républicaines, patriotiques et progressistes du Parti Communiste Français, le Pôle de Renaissance communiste en France (PRCF) s’adresse à vous fraternellement. À l’heure d’une situation sanitaire anxiogène débutée il y a plus d’un an désormais, vous êtes inquiets pour votre avenir, celui de vos enfants, celui de la France qui conditionne votre existence même. La casse organisée de notre pays s’accélère sur tous les plans – industriel, agricole, social, culturel, linguistique même ; les services publics sont peu à peu liquidés ; le lien social se distend. Tout est soumis aux directives autoritaires et aberrantes de Bruxelles et de Berlin avec la complicité active de nos gouvernants depuis des décennies, Macron, Philippe et Castex prenant le triste relais des Sarkozy et autre Hollande.

Ce ne sont pas les communistes qui ont mené à la faillite ou aux difficultés sérieuses des milliers de TPE et de PME agricoles, artisanales et commerciales étouffées par les puissances financières et par la paupérisation de vos principaux clients, les travailleurs salariés du privé et du public. Cette hécatombe économique et sociale est le fait du grand capital et de ses partis (LREM et ses alliés UDI et Modem, LR, PS, EELV) inféodés à l’Union européenne, qui vendent la France aux banques, aux sociétés multinationales et aux magnats de l’agro-alimentaire.

Vous constatez que les gouvernants pro-européens successifs ont livré notre pays aux requins de la grande distribution et de la spéculation immobilière, qui accaparent le marché national et local en détruisant nos communes rurales et populaires ainsi que nos centres-villes, et qui mènent à la ruine des milliers de TPE et de PME. Il suffit de voir aujourd’hui le nombre d’entre vous impuissants et désemparés pour honorer les loyers alors que les « aides » des gouvernements Philippe et Castex sont dérisoires face aux pertes que vous subissez du fait de l’assèchement de votre activité face à la crise du coronavirus.

Vous constatez aussi que le regroupement forcé des départements et des communes, que la montée de régions géantes et de communautés urbaines tentaculaires, éloignent le citoyen des centres de décision, mais aussi des commerces et entreprises de proximité. Cela bénéficie aux grandes firmes capitalistes, grassement subventionnées par les euro-gouvernements avec des « dispositifs d’aides » et de « réductions de charges » consistant en réalité à réduire la contribution des grands groupes à la richesse nationale et à favoriser les cadeaux fiscaux pour ceux qui en ont le moins besoin.

Les artisans et les petits commerçants, dont le pouvoir d’achat dépend d’abord de celui des classes laborieuses, sont pénalisés par l’euro-austérité continue qui, depuis des décennies, plombe les salaires, les remboursements de la Sécurité Sociale et les retraites, qui dope le travail au noir et qui détruit leur clientèle. Des millions de salariés sous-payés, licenciés, précarisés sont contraints de subir la « grande distribution » (derrière laquelle se trouvent les banques), qui achète à bas prix aux producteurs agricoles, eux aussi indignement pressurées, et qui organise la « malbouffe ».

En même temps qu’ils augmentent la précarité et détruisent les acquis sociaux des salariés, les gouvernements successifs complices du grand capital détruisent aussi le statut des artisans et des commerçants par une fiscalité bureaucratique et oppressante, par le mirage de l’auto-entreprenariat et par l’ubérisation généralisée des professions salariées et non salariées. L’actuelle situation sanitaire accroît en outre la « grande réinitialisation » capitaliste au profit des groupes comme Amazon, dont l’expansion se traduit par la mise à mort de nombre de libraires – secteur défini comme « non essentiel » par la Macronie. De la même manière, les petits commerces de proximité sont confrontés à la concurrence faussée et déloyale des Centres de distribution.

Par ailleurs, les ordonnances Macron aggravent la situation du fait de la suppression du plafond de chiffre d’affaires pour s’établir comme auto-entrepreneur, signifiant de fait la mort des artisans qui rejoindront, s’ils le peuvent, la production industrielle, seront ubérisés ou deviendront des chômeurs sans protection sociale – comme cela a déjà commencé. À quoi servirait d’ailleurs que le gouvernement vous inscrive au régime général des salariés si, en même temps, il continue de tailler en pièces, sur sommation de Bruxelles, les remboursements sécu, les indemnités chômage et les retraites payées par ce régime général très menacé ?

Les communistes ont toujours défendu les petits et moyens entrepreneurs de la ville et de la campagne contre les prédations du grand capital en soutenant les luttes ouvrières, et dans cette optique, le PRCF agit pour construire un large Front des couches populaires et moyennes contre ce capitalisme qui nous détruit. Et pour cela, il faut démocratiser notre pays : ce sont les banques, les assurances, le crédit, les grandes entreprises stratégiques du CAC 40 qu’il faut restituer à la nation. Il faut aussi refuser de payer sans fin la dette usuraire prétendument due aux « marchés financiers » si l’on veut planifier et financer à moindre coût la renaissance du produire en France industriel, artisanal et agricole.

Et pour ce faire, il faut sortir, par la voie progressiste, de ce collier étrangleur que sont l’euro et l’ qui interdit toute nationalisation, toute lutte sérieuse contre les paradis fiscaux et l’évasion fiscale des milliardaires : 260 milliards d’euros sont stérilisés hors du pays alors que les travailleurs et les couches moyennes n’arrêtent pas de payer !

C’est pourquoi le PRCF vous invite à la réflexion, à la discussion, et pourquoi pas à l’action commune. L’ennemi de l’artisan et du petit commerçant n’est nullement le salarié, le syndicaliste ouvrier, l’enseignant et le fonctionnaire qui subissent le blocage des salaires et les suppressions d’emploi massives depuis plus de trente ans. Pas davantage les travailleurs immigrés jetés sur les routes de l’exil par les guerres impérialistes et par le pillage capitaliste des pays de l’Est et du Sud. L’ennemi des petits entrepreneurs est les grandes forces capitalistes, seulement mues par le désir du profit maximal et du dividende de plus en plus déconnectés de la production matérielle concrète qui est au cœur du quotidien de l’artisan, de l’agriculteur, du petit commerçant, etc.

Une coopération entre nations souveraines, sans importations concurrentielles et en fonction des besoins réels de chaque pays, est possible. C’est le développement de chaque individu fondé sur la propriété commune des grands moyens de production, des ressources naturelles, des avancées scientifiques, que nous voulons promouvoir sous le nom de communisme.

Combattant les faux « patriotes » du RN qui, sous un discours démagogique et haineux, mènent la France à la guerre civile, opposés aux faux communistes et aux faux socialistes qui ont rallié la pseudo « construction » européenne et contribué à la destruction des structures productives de la France, nous agissons, sous l’impulsion de notre porte-parole national Fadi Kassem, pour une Alternative rouge-tricolore, afin de reconquérir la souveraineté nationale et populaire sans laquelle une production localisée, de qualité et efficace sera détruite par la concentration capitaliste mortifère.

Construisons une société où l’efficacité économique, l’initiative individuelle et la modernité technologique ne seront plus le masque de l’exploitation pour la majorité, mais la base du mieux-vivre pour toutes et pour tous, et qu’ainsi adviennent les nouveaux « Jours heureux » dont nous avons tant besoin !
Nous sommes à votre disposition pour engager le dialogue.


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210408-Lettre aux artisans