Déclaration du PRCF et des JRCF – dimanche 12 juin 2022

Comme en juin 2017, le premier tour de l’élection législative débouche sur une abstention massive et record signant l’échec cinglant des partis établis, et d’abord celui de l’illégitime Macron, qui n’est même pas certain de disposer d’une majorité absolue le 19 juin prochain. Et comment pourrait-il en être autrement tant le despote de la République, vice-chancelier prenant ses ordres auprès du MEDEF, de Bruxelles, de Francfort, de Berlin et de Washington, a déjà clairement annoncé la couleur à travers la nomination de la fossoyeuse Borne à la tête du gouvernement qui, après EDF-GDF, la SNCF ou encore l’assurance-chômage, s’apprête à détruire l’ensemble des services publics (à commencer par l’Education nationale dont l’acte final de démantèlement définitif pourrait rapidement advenir) et les retraites par répartition ? Cinq années d’euro-démantèlement des services publics, des libertés publiques et des conquêtes sociales et démocratiques, dans un contexte de fascisation galopante, de saut fédéral européen et de marche accélérée vers la guerre continentale, ne pouvaient être plébiscitées par des travailleurs souffrant de plus en plus de l’explosion des prix, du chômage et de la précarité massifs, de l’exploitation patronale profitant du démantèlement du Code du travail. Tout un symbole : le réactionnaire Blanquer, symbole de la Macronie, est éliminé dès le premier tour, sanctionnant ainsi le bilan désastreux de l’ancien ministre de l’Education nationale.

Ce discrédit s’abat tout autant sur les forces réactionnaires et fascisantes, aussi bien les faux « Républicains » (qui résistent un peu plus que prévu) que le prétendu « Rassemblement national » (qui disposera d’un groupe parlementaire) ou la « Reconquête » du croisé fascisant et antimusulman Eric Zemmour, tout autant acquis à l’ordre euro-atlantique en y ajoutant leur zeste de xénophobie, d’anticommunisme et d’antirépublicanisme. Incapables de percer parmi les classes populaires qu’elles exècrent – si ce n’est pour exploiter les pulsions antihumanistes visant les travailleurs étrangers, « les musulmans », les syndicalistes de combat, les communistes, etc. – malgré un discours pseudo « patriotique », elles se retrouvent confrontées au dilemme de la nécessaire union sur des bases identitaires et parfaitement euro-atlantico-compatibles ou du ralliement, pour une partie des LR, à une Macronie experte elle aussi en haine de classe et en stéréotypes xénophobes, et qui, par la voix de Blanquer ou Ferrand et autres Castaner, annonce déjà qu’elle ne fera pas barrage au RN en cas d’affrontement face à la NUPES au second tour – autrement dit, une Macronie qui admet ne pas être un barrage antifasciste mais une passoire fascisante.

 

Quant à la « Nouvelle Union populaire écologique et sociale », malgré des sondages flatteurs et une certaine réussite électorale, il est douteux en l’état qu’elle parvienne à imposer une cohabitation à Macron. Tout sauf une surprise quand on sait que cet « accord historique » s’est révélé incapable de mobiliser massivement les classes populaires, notamment la classe ouvrière, et les jeunes, encore une fois largement abstentionnistes au risque d’ailleurs d’apparaître comme une force composante de l’ordre euro-atlantique établi. Comment pourrait-il d’ailleurs en être autrement puisque la « France » de moins en moins « insoumise » a abandonné en rase campagne son credo de 2017 (« l’UE, on la change ou on la quitte ! ») et bascule dans la volonté « d’humilier Poutine » (jugé seul responsable de la guerre en Ukraine) et de livrer des armes au gouvernement pronazi de Kiev, cédant ainsi totalement à l’orientation européiste, atlantiste et « social-réformiste » d’EELV et du PS miraculeusement remis en scène ? Quant au P«C»F, il poursuit sa lente agonie sous le vocable d’« euro-mutation » et échoue, encore, à mobiliser les classes populaires, de plus en plus hostiles à l’euro-dislocation de la France et de la République une et indivisible, sociale et souveraine, dans l’ordre euro-atlantique ; pire : le P« C » F, qui avait accepté de ne présenter des candidats que dans 10% des circonscriptions (une première depuis 1920 !) pourrait ne pas avoir de groupe parlementaire !

Comme pour la mascarade présidentielle d’avril dernier, les grands enjeux fondamentaux pour l’avenir des travailleurs et du pays n’auront pas été évoqués au cours de cette élection largement discréditée : création à venir d’un « Etat fédéral européen » réclamé par le chancelier Scholz ; alignement complet sur Kiev et Washington pouvant conduire la France à la guerre contre la Russie (quelque soit l’appréciation du régime intérieur de Poutine) et, à terme, contre la Chine populaire ; désossement inéluctable des « services d’intérêt économique général » (nom officiel des services publics au niveau de l’UE) ; poursuite de la destruction du « produire en France » agricole et industriel dans le cadre d’une « économie ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée » ; éclatement de la République une et indivisible dans l’« Europe des régions » ; fascisation galopante profitant à une extrême droite de plus en plus décomplexée en France, officialisation galopante par l’UE de l’anglais, avec l’accord implicite de Macron, aux dépens de toutes les langues nationales de l’UE. Et ce, alors que la violence patronale continue de se déchaîner sur les travailleurs des secteurs public et privé, sur la base de licenciements, d’attaques antisyndicales, de désindustrialisation toujours accélérée.

 

Voilà pourquoi, le PRCF et les JRCF appellent plus que jamais, à préparer la « grande explication » (qui pourrait rapidement advenir) du monde du travail avec les tenants de l’ordre capitaliste euro-atlantique. Une « grande explication » qui paraît de plus en plus probable face à la colère populaire qu’expriment de plus en plus des syndicalistes de classe, des travailleurs et des gilets jaunes sur des bases de rupture avec l’ordre établi, celui de l’UE du Capital pilotée par Berlin et inféodée à Washington, et alors que la feuille de route de la sinistre Troïka (FMI-Commission européenne-BCE) est déjà prête.

Certes, la tentative d’affaiblir le plus possible la Macronie ou d’écarter un candidat d’extrême droite à travers un « vote utile » pourrait jouer au second tour en faveur de la NUPES. Pour autant, hors de question d’appuyer les candidatures PS ou EELV, qui, sous couvert de NUPES, sont les plus bellicistes et euro-atlantistes de l’échiquier politique. Nécessité aussi de combattre frontalement la droite et l’extrême droite. Chacun sera juge de la possibilité de soutenir ou pas un candidat PCF ou LFI parvenu au second tour (la question posée est alors celle de son engagement personnel contre l’OTAN, contre les livraisons d’armes au gouvernement pronazi de Kiev, pour l’indexation des salaires sur les prix, pour la retraite à 60 ans sans décote sur la base de 37 annuités 1/2) ; hors de question pour autant de nourrir la moindre illusion politique sur une alliance électoraliste qui a recyclé le PS maastrichtien et qui a juré de ne pas toucher à l’ordre euro-atlantique.

 

Et de fait, alors que le système électoral est verrouillé (Ve République monarchique, carcan européen, union sacrée atlantiste, totalitarisme médiatique, « quinquennat » soumettant les députés au président), l’abstention atteignant un nouveau record confirme le constat plus que jamais d’actualité de Lénine : « C’est seulement lorsque « ceux d’en bas » ne veulent plus et que « ceux d’en haut » ne peuvent plus continuer de vivre à l’ancienne manière, c’est alors seulement que la révolution peut triompher. Cette vérité s’exprime autrement en ces termes : la révolution est impossible sans une crise nationale (affectant exploités et exploiteurs) ». Et en effet, la situation de la France correspond à ce juste et implacable constat, et cela d’autant plus que nous devons tendre toutes nos forces contre la marche à la guerre nucléaire Est-Ouest dont l’UE et l’OTAN sont également porteuses: à condition cependant, comme y travaille le PRCF, de redoubler d’effort pour reconstruire l’avant-garde politique, le syndicalisme de classe et une véritable perspective de rupture avec l’Europe atlantique et de marche vers le socialisme.

 

Ce combat, le PRCF et les JRCF continueront de le mener de toutes leurs forces pour reconstruire un Parti VRAIMENT communiste et en faveur de l’Alternative Rouge et Tricolore, la seule alternative désormais crédible pour qu’advienne enfin le Frexit progressiste dont les travailleurs de France ont URGEMMENT besoin pour rouvrir à la France la voie du socialisme et du pouvoir au peuple travailleur !


Les estimations d’après les sondages (d’après les chiffres d’ipsos sopra steria)

  • Abstention 52.5%
  • NUPES : 11.7%
  • LREM En Marche Ensemble 11.5%
  • RN 8.7%
  • LR UDI 6.2%
  • divers gauches hors NUPES 1.7%
  • Reconquête (Zemmour) 1.9%
  • divers écolo 1.2%
  • divers centre 0.6%
  • droite souverainiste 0.5%
  • extrême gauche 0.6%
  • autres 1%

 

Les résultats finaux décomptés par Le Monde

 

 

 

  • Abstention 52.51% 25 131 146
  • NUPES 4 élus 26.1% 5 931 906
  • Ensemble (LREM Macron) 1 élu 25.81% 5 867 165
  • RN 18.67 4 244 490
  • LR UDI 11.31% 2 570 011
  • Reconquête (Zemmour) 4.25% 965 221
  • Divers 3.82% 868 924
  • Gauche (dont PS) 3.35% 760 845
  • Blancs et nuls 2.2% 513 299
  • Droite 1.87% 425 272
  • centre 1.33% 302759
  • ext droite 1.20% 272 651
  • ext gauche 1.19% 270 879
  • régionalistes 1.09% 248 465