Le Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF) et le Comité Internationaliste pour la Solidarité de Classe (C.I.S.C.) s’adressent…

  • Aux organisations et aux partis communistes d’Europe et du monde  
  • Aux syndicalistes et aux militants du mouvement ouvrier, populaire, démocratique, antifasciste, antiraciste et anti-belliciste en France
  • Aux défenseurs de la paix mondiale, à tous ceux qui veulent conjurer « une guerre d’extermination mettant fin à l’existence du sujet de tout droit » (E. Kant, Projet de paix perpétuelle)

 

EURO-MENACE GLOBALE SUR LES LIBERTÉS : on sait où ça commence…

Profitant du climat d’hystérie guerrière, de russophobie délirante et d’antisoviétisme recuit, l’Union européenne, décidant souverainement du vrai et du faux en matière de journalisme a interdit, sans même passer par un jugement rendu dans des conditions contradictoires, les deux chaînes russes existant à l’étranger. Profitant de l’effet d’aubaine offert par l’hystérie guerrière généralisée et sautant sauvagement du « coq » ukraino-russe à l’« âne » proche-oriental, le gouvernement français, travaillant à la réélection de Macron et courtisant sans retenue les milieux sionistes-impérialistes, vient de dissoudre le collectif « Palestine vaincra », comme il avait déjà prétendu mettre fin dans le plus complet arbitraire à la campagne internationale « BDS » (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) visant les exactions permanentes de l’État d’Israël – à propos duquel Amnesty International parle très officiellement d’État d’« apartheid » – à l’encontre des Palestiniens. Déjà, un service officiel des Armées désigne des intellectuels libres et désintéressés, parce qu’ils combattent l’hystérie sinophobe fauteuse de guerre mondiale, comme de quasi-agents stipendiés de la propagande russe ! Le message est clair : à qui le tour désormais ? C’est en réalité tout le mouvement communiste, ouvrier, syndicaliste et internationaliste qui est désormais placé sous la menace de l’arbitraire gouvernemental et euro-atlantiste. Et tout cela, comble de l’odieux et du ridicule, au nom de « nos valeurs occidentales de pluralisme, de démocratie et de pleine liberté d’expression » (!!!).

 

L’ANTICOMMUNISME ET L’ANTISOVIETISME RECUITS, LA RUSSOPHOBIE ET LA SINOPHOBIE OBSEÉDANTES, CES FERS DE LANCE IDEÉOLOGIQUES DE L’EURO-MACCARTHYSME 

Cette politique fascisante, liberticide et pré-totalitaire se met en place dans un climat continental belliciste délétère marqué notamment par l’anticommunisme, par l’antisoviétisme recuit et par la montée en puissance de l’euro-maccarthysme. Non seulement les partis communistes sont depuis longtemps interdits, persécutés ou en voie de « délégalisation » en Europe de l’Est (pays baltes, Pologne, Hongrie, ex-Yougoslavie…) ; non seulement les autorités de Kiev qui fraient très ouvertement avec des mouvements néo-nazis (Svoboda, Pravyi Sektor, Bataillon Azov…) ont interdit le PC d’Ukraine, purgé le Parlement (quelque temps présidé par le fondateur du « Parti national-socialiste ukrainien » !) des députés communistes et arrêté tout récemment les dirigeants de la Jeunesse communiste ukrainienne ; mais le « Parlement européen » de Strasbourg a voté en septembre 2019 une « résolution sur la Mémoire de l’Europe » qui, tout à la fois, révise l’histoire de la seconde Guerre mondiale dans un sens grossièrement antisoviétique(1), justifie les persécutions anticommunistes en Europe de l’Est et appelle quasi ouvertement à interdire le drapeau rouge frappé de la faucille paysanne et du marteau ouvrier (que peut en effet viser d’autre l’expression « les symboles du communisme totalitaire » ?) sur tout le territoire de l’Union européenne.

 

Comme n’ont cessé d’en avertir les journaux lanceurs d’alerte du CISC et du PRCF depuis deux, voire trois décennies, une telle politique de classe ne peut que pousser à la banalisation paneuropéenne de l’extrême droite raciste, xénophobe, voire nazie, franquiste, bandériste, pétainiste et mussolinienne. On le voit en France notamment, avec un candidat à la présidentielle qui réhabilite le traître antisémite Pétain et qui combat de manière larvée la forme républicaine du gouvernement (« vive la République, ET SURTOUT, vive la France ! »).

 

MARCHE IRRESPONSABLE À LA CONFLAGRATION MONDIALE, FASCISATION, PAUPEÉRISATION DES MASSES POPULAIRES : UN SEUL ET MÊME PROCESSUS REÉACTIONNAIRE !

Bien évidemment, l’alliance antirusse, anticommuniste, antisoviétique quasi avouée entre l’UE-OTAN et le gouvernement pronazi d’Ukraine, dont l’ancien président Porochenko a très ouvertement appelé, sur une vidéo toujours aisément visible sur internet, à frapper et à discriminer sans mesure les russophones d’Ukraine (voire à interdire leur langue et à enfermer leurs enfants « dans des caves » !), ne fait qu’accélérer ce que, bien seuls durant plus d’une décennie, les signataires du présent appel ont osé appelé la fascisation de l’UE. La participation à l’hystérie guerrière, la russophobie primitive qui va jusqu’à censurer Tchaïkovski, l’alignement honteux de certains secteurs du mouvement ouvrier, voire communiste et syndicaliste, sur l’union sacrée belliciste et fascisante en marche, peut déboucher non seulement sur une escalade russo-atlantique porteuse d’extermination nucléaire globale, mais sur la paralysie totale du mouvement ouvrier et populaire au moment où, s’agissant de la France, le très réactionnaire et patronal Emmanuel Macron, totalement décomplexé et débridé par sa transfiguration médiatique en « chef de guerre », annonce froidement son programme de casse des statuts publics, de recul de l’âge de la retraite à 65 ans, de « travailler plus » pour gagner… moins, de liquidation de l’Éducation « nationale » (fin du CAPES et mise en place du recrutement local des personnels enseignants). Et tout cela, alors que déjà des dizaines de millions de travailleurs sont écrasés par la hausse des prix ou par la raréfaction et le renchérissement spéculatif des produits indispensables au fonctionnement de l’agriculture et de l’industrie françaises.

 

DERRIÈRE « NAPO-MACRON » SUPERSTAR SE PROFILE L’EURO-DISSOLUTION FINALE DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE DANS L’EMPIRE EURO-ATLANTIQUE DU GRAND CAPITAL

A l’arrière-plan de tout ce tapage guerrier se met en place à bas bruit, en violation totale de la constitution française et du Non français de 2005 à la constitution européenne, le « saut fédéral européen ». Il faut entendre par là la dissolution finale pure et simple des souverainetés nationales des pays européens, France en tête (nom de code macroniste de ce processus : la marche à la « souveraineté européenne »). L’objectif de classe et de caste stratégique de l’oligarchie « française » et de l’impérialisme français, ennemi principal de la souveraineté, voire de l’existence nationale de la France, est l’érection d’un « État fédéral européen » (objectif du nouveau chancelier allemand Olaf Scholz) impérialiste doté d’une armée européenne arrimée à l’OTAN et disposant in fine de l’arme nucléaire française et du siège français au Conseil de sécurité de l’ONU. Il s’agit là d’un Empire euro-atlantique régionalement piloté par Berlin (qui DOUBLE son budget militaire et qui ose même, toute mémoire historique honteusement ravalée, menacer Moscou de son ire guerrière si la Russie continue son « génocide en Ukraine ») et globalement dirigé par Washington, ravi à cette occasion d’isoler Moscou internationalement, de menacer indirectement Pékin, de renforcer sa pression inhumaine sur Cuba et le Venezuela… et de forcer l’UE à se sanctionner économiquement elle-même en sanctionnant la Russie !

Dans ces conditions, bien naïfs, bien lâches ou bien menteurs sont déjà ou seraient ceux qui confondraient cette marche précipitée aux États-Unis capitalistes d’Europe avec un progrès de l’internationalisme, ou qui joueraient si peu que ce soit en de telles circonstances avec le mot d’ordre mensonger d’« Europe sociale, pacifique et écologique », quand il s’agit tout au contraire de laisser ou pas se mettre sereinement en place un monstrueux Empire hyper-dangereux pour la paix mondiale, pour les libertés, pour la souveraineté de tous les peuples, pour leur indispensable coopération future – sans parler de l’avenir du socialisme en Europe, que cette nouvelle Sainte-Alliance continentale vise au contraire à forclore.

 

SAVOIR MARCHER CONTRE LE COURANT

Or, force est de constater que pour l’heure, les réactions du mouvement ouvrier et démocratique restent faibles et isolées, un grand nombre de directions politiques et syndicales n’ayant apparemment d’autre souci que de « caler la voile » et de se mettre à vent arrière en faisant preuve de « responsabilité » : en clair, faire profil bas sur les luttes, modérer les revendications et « coller » à « leur » impérialisme national ou « régional » respectif. Et ainsi, de manquer lourdement à leur devoir de résistance, d’indépendance intellectuelle, d’appel à la lutte et de mise en lumière des enjeux de classes nationaux et mondiaux, c’est-à-dire à ce qu’on appelait jadis, non sans fierté ouvrière, le « devoir d’avant-garde ».

Au contraire, le rôle des véritables militants du mouvement communiste, ouvrier, populaire, antifasciste, patriotique et internationaliste est plus que jamais, en refusant l’escalade belliciste, la fascisation rampante ou galopante et la chasse aux sorcières continentale, de faire vivre au présent le chemin de l’honneur dessiné par :

  • Jean Jaurès déclarant, à la veille de la première tuerie impérialiste mondiale : « Le courage, ce n’est pas de suivre le mensonge qui passe ; le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire »,
  • Karl Liebknecht, expliquant courageusement aux ouvriers allemands, à la face de Guillaume II, que « l’ennemi principal est dans ton propre pays » ; en clair : tu dois d’abord dénoncer ta propre oligarchie belliciste, c’est-à-dire dans les conditions d’aujourd’hui, les dirigeants oligarchiques qui dirigent ton propre « camp » international politique et militaire ;
  • le philosophe communiste français Georges Politzer rappelant héroïquement en 1939, à la veille d’être torturé puis fusillé par les nazis, que « l’esprit critique, l’indépendance intellectuelle ne consistent pas à céder à la réaction, mais à NE PAS lui céder ».

 

REFUSER L’EURO-ALIGNEMENT ATLANTIQUE, UNE QUESTION D’HONNEUR ET DE SURVIE !

Camarades, amis, citoyens, compatriotes : rapprochons-nous les uns des autres, surmontons les divergences secondaires face à la nouvelle Bête immonde qui rampe ! Dénonçons ensemble toutes les atteintes aux libertés, refusons l’anticommunisme et l’antisoviétisme recuits qui mènent au suicide du mouvement ouvrier, combattons toutes les attaques gouvernementales et patronales contre les conditions de vie des travailleurs (emplois, salaires, retraites, services publics, protection sociale…), stigmatisons l’hystérie guerrière qui mène objectivement à l’anéantissement de l’Europe et du monde ! Participer si peu que ce soit, ne serait-ce que par le silence ou par la minimisation, à la marche en avant du fascisant, belliciste, pré-totalitaire Empire euro-atlantique du grand capital, ce serait travailler, ne serait-ce que par omission, au suicide et au déshonneur du mouvement ouvrier et démocratique (souvenons-nous de la faillite honteuse de l’Internationale socialiste à la veille en 1914 !), à la dissolution réactionnaire des nations d’Europe, à la forclusion de la marche révolutionnaire au socialisme, et, déjà dès aujourd’hui où, de nouveau la misère s’étend, à des Jours malheureux sans précédent pour la France, pour l’Europe, voire pour toute l’humanité !

 

Plus que jamais, travailleurs de France, d’Europe et de tous les pays, peuples épris de paix, de progrès social et de liberté de toute l’Europe et de toute la Terre, unissons-nous !

 

*Quel monstrueux négationnisme historique quand on sait que la majorité des morts de la Seconde Guerre mondiale furent soviétiques, que la grande majorité des divisions allemandes étaient affectées au « front russe » et que, comme l’a dit Charles de Gaulle en 1944, lors d’une visite d’État à Moscou, « les Français savent que la Russie soviétique a joué le rôle principal dans leur libération » !

 

Léon Landini, président du PRCF, anc. officier FTP-MOI, Grand Mutilé de Guerre torturé par Barbie, Officier de la Légion d’honneur, Médaille de la Résistance, décoré par l’URSS pour faits de Résistance

Pierre Pranchère, ancien maquisard FTPF, ancien député de la Nation et ancien député européen, président de la commission internationale du PRCF

Jean-Pierre Hemmen, directeur de publication de la revue Étincelles, réprimé pour avoir refusé de porter les armes sous les ordres du général ancien nazi Speidel devenu chef d’état-major de l’OTAN. J.-P. Hemmen est le fils de Jean Hemmen, militant de l’Internationale communiste, brigadiste d’Espagne, Résistant français fusillé au Mont Valérien

Fadi Kassem, secrétaire national du PRCF, agrégé d’histoire

Georges Gastaud, secrétaire national adjoint du PRCF, fils de Résistant

Vincent Flament, secrétaire général du Comité Internationaliste pour la Solidarité de Classe