À propos du projet de référendum constitutionnel envisagé par Macon au sujet de la question climatique.

Une première réflexion du secrétariat national du PRCF, de la commission Écologie du PRCF et des Jeunes pour la Renaissance Communiste en France

À juste raison, la jeunesse est très mobilisée sur la question du réchauffement climatique qui risque de rendre à terme inhabitables des zones entières de la planète, si ce n’est la planète tout entière. Les jeunes générations constatent aussi que, malgré les engagements pris à Paris, les grands États capitalistes qui sont les principales sources d’émission carbonées ne font rien de sérieux pour diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre, l’orientation vers le tout-profit passant de fait avant toute autre considération.

Alors que la question environnementale est profondément politique, tout est fait pourtant pour la dépolitiser, pour culpabiliser les individus, pour dénigrer l’espèce humaine dans son ensemble. Il s’agit de cacher aux peuples que la part anthropique du réchauffement climatique résulte avant tout d’un mode de production et de consommation capitaliste qui, comme l’avait anticipé Marx, « n’engendre la richesse qu’en épuisant ses deux sources, la Terre et le travailleur ». Non seulement l’UE ne nous protège pas du vandalisme environnemental du capital, mais son « économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée » précipite les dégradations environnementales et les problèmes sanitaires en privilégiant la rentabilité capitaliste. C’est pourquoi le PRCF, qui dénonce depuis longtemps le caractère exterministe du mode de production capitaliste, considère que la défense des conditions environnementales de l’existence humaine est inséparable de la lutte contre le capitalisme-impérialisme et pour le socialisme-communisme: ce qui passe entre autres par le Frexit progressiste et par tout ce qu’il rendra possible (énumérer sous forme de puces, ici travail de complément à effectuer, notamment le retour au produire en France, le ferroviaire, etc.):

Étant eux-mêmes des relais actifs du capital, Macron et son équipe considèrent d’un tout autre œil la question climatique: tout en violant copieusement les maxima d’émission de gaz à effet de serre fixés pour la France par l’Accord de Paris, tout en cédant systématiquement aux trusts qui veulent avant tout continuer leurs pollutions mortifères, le pouvoir voit dans le juste souci écologiste d’une majorité de nos concitoyens un moyen facile pour rassembler autour de son panache soi-disant vert sans combattre le moins du monde le tout-profit qui est à la source des pollutions.

C’est ainsi que Macron vient d’annoncer que, avant la fin de son mandat, il organiserait un référendum visant à inscrire dans la constitution la défense du climat.

Le pouvoir espère ainsi contourner les revendications environnementales précises des citoyens, offrir un exutoire purement verbal aux aspirations écologiques légitimes, opérer un rapprochement avec les euro-libéraux d’EELV… Macron veut aussi faire oublier le fait que les gouvernements maastrichtiens successifs n’ont cessé de piétiner cette Constitution qu’il prétend aujourd’hui enrichir par référendum (énumérer en notes quelques violations flagrantes de la constitution: liberté, laïcité, tout-anglais et rappeler le viol du Non de 2005). 

Macron cherche aussi par ce référendum à embarrasser et à diviser l’opposition populaire: qui refuserait de dire qu’il faut défendre le climat ? Or il est évident qu’un Oui massif à la question posée renforcerait le pouvoir en place et lui donnerait plus d’élan, non pas pour « protéger la planète », mais pour accélérer les contre-réformes voulues par l’UE et le MEDEF (EDF, SNCF, lycée, ONF, Équipement, Université, retraite par points, indemnités chômage, délocalisations et fusions capitalistes transnationales, etc.).  

Face à ces multiples pièges, le secrétariat national du PRCF, la commission JRCF et la commission nationale de travail Écologie/agriculture du Pôle, sans qu’ils s’interdisent en rien, le moment venu, d’appeler à voter Non au vu du libellé final de la question soumise à référendum, considèrent dans un premier temps qu’il faudra vraisemblablement, pour déjouer les pièges du pouvoir… 

  • boycotter le référendum; il ne manque pas de référendums à l’occasion desquels les Français voudraient pouvoir se prononcer, contre-réforme des retraites, privatisation d’EDF, d’ADP ou de la SNCF, appartenance de la France à l’UE, à l’euro ou à l’OTAN, etc. et c’est se moquer du peuple que de soumettre à référendum un sujet d’allure consensuelle qui réclame moins l’adoption de textes symboliques qu’une action forte, tenace et continue. Rappelons en outre que Sarkozy (LR) et Hollande (PS) ont grossièrement violé le résultat du référendum de mai 2005 par lequel le peuple français a rejeté la constitution européenne: non seulement Sarkozy et Hollande ont co-organisé l’adoption par le parlement du Traité de Lisbonne, une version allégée de la constitution européenne mais, dès son arrivée à l’Élysée, Macron a imposé l’adoption par la France du drapeau et de l’hymne européens que le traité de Lisbonne lui-même ne rendait pas obligatoires. Macron est donc le plus mal placé qui soit pour présenter son projet de référendum comme un exercice de directe. 
  • faire connaître encore plus largement dans les manifs à venir pour le climat la position anticapitaliste et anti-exterministe conséquente du PRCF et des JRCF tout en prenant appui sur les travaux en cours de la commission écologie du Pôle : j’aime ma planète et l’humanité, je veux combattre efficacement le réchauffement climatique et les autres dérèglements environnementaux et sanitaires: DONC je combats l’UE, Macron et le capital, je milite pour une France socialiste en marche vers le communisme et… je n’ai que faire du référendum-diversion que Macron veut organiser pour s’excuser de ne rien faire de sérieux pour le climat. 

Commentaire de lecteur “À propos du projet de référendum constitutionnel envisagé par Macon au sujet de la question climatique.