Privatisation : Macron, Philippe bradent la Nation pour remplir les coffres de l’oligarchie #privatisation

Après une campagne électorale toute entière soutenu par l’oligarchie capitaliste, il n’aura pas fallu longtemps pour que satisfassent les appétits de tout ce que le pays et l’Union Européenne comptent de puissances d’argent : sous prétexte de désendettement, l’Elysée et Matignon se préparent à un nouveau plan de privatisations tout azimut. Une véritable liquidation des entreprises publiques et des participations détenues par l’État. L’idée ? vendre à bas prix le patrimoine de la Nation pour en faire profiter l’oligarchie capitaliste. Le prétexte ? la publique.

Lors de son passage à Bercy, Macron a privatisé les aéroports de Nice et Lyon, un vrai scandale financier (lire ici), vendu les 13% détenus par la France dans PSA Peugeot, vendu pour 2 milliards d’euros du motoriste d’avion SAFRAN (ex- sncecma) et procédé à une nouvelle partielle de ENGIE (ex- GDF) et Orange (ex-France Telecom).

Dans le viseur de Macron, Aéroports de Paris (l’un des tous premiers exploitant d’aéroports du Monde), la , les chantiers navals militaires DCNS (un groupe stratégique s’il en est pourtant),

www.initiative-communiste.fr vous explique les causes et les conséquences de cette politique scandaleuse qui dépouillent les français

Privatiser ? c’est dépouiller les Français les plus pauvres de leur seul patrimoine, le patrimoine public de la Nation

Le patrimoine de la Nation, celui de ceux qui n’en ont pas. Les services publics, les entreprises publiques, les participations de l’État, tout cela c’est un patrimoine financé et détenu par la Nation. En particulier par les plus pauvres, par l’ensemble des travailleurs. Un patrimoine collectif qui participe de la production et abonde bien souvent le budget de l’État. De la Française des jeux à EDF par exemple, ces entreprises et services publics apportent d’importantes contributions, en centaines de millions, voire en milliards d’euros au budget de l’État, et potentiellement donc aux politiques publiques bénéficiant à l’ensemble des travailleurs.

lLe prétexte : la dette publique / les ordres, ceux de l’Union Européenne.

Comme Sarkozy ou Hollande, le prétexte de Macron pour brader les bijoux de la Nation, c’est celui de la dette publique. Soit disant l’État serait trop endetté et il faudrait donc, tel un père de famille endetté vendre le patrimoine de la Nation. D’ailleurs, c’est un ordre de l’Union Européenne, qui en application des critères de Maastricht et sous la menace de l’Euro somme la France de respecter le critère de Maastricht des trois pour cent de public. Il est ici nécessaire de rappeler l’arbitraire absolu de ce critère d’une part, d’autre part que l’Euro, en privant l’État de ses droits de création monétaire, ne lui permet pas de se financer à bon compte, c’est-à-dire gratuitement. Dans ces conditions, il est impossible pour la majorité des pays de la zone euro de ne pas voir leur dette publique croître, et donc impossible de respecter les critères de Maastricht. Ce qui permet à la Commission Européenne – dans le cadre de la procédure de excessif – d’imposer son programme de libéralisations et de privatisations. Justement, la France subie une procédure de excessif par la Commission Européenne. Au-delà de la vague de privatisations, chacun doit savoir que les lois travail, lois Macron, ANI et autres ordonnances Macron sont la traduction directe des recommandations par Pays (les fameux GOPE) adressées par la Commission Européenne à la France.
En réalité, ce ne sont pas les privatisations qui peuvent faire baisser la dette, bien au contraire. La solution est à la fois dans l’analyse de la légitimité de la dette d’une part (une immense partie étant notamment due aux renflouements des banques et cadeaux fait à l’oligarchie capitaliste) ainsi que dans la maîtrise de la création monétaire. Rappelons que la banque centrale européenne a décidé de mener un programme de création monétaire supplémentaire spécifique de 60 milliards d’euros chaque mois. Donnés directement aux multinationales et grandes banques. Et on nous parle de dette ? non vraiment, il ne s’agit que d’une forme de racket pour dépouiller les Français de leur patrimoine.

Autoroutes, aéroports, ports, chemins de fer, poste, jeux, tabac, énergie… la liste est longue de ces entreprises publiques ou services publics, bradés ou en passe de l’être

Privatisations: l’arnaque démasquée

Imaginons que le but de ces privatisations soit réellement celui annoncé par Macron : désendetté l’État, permettre d’investir dans les nouvelles technologies. Alors cette politique serait d’une stupidité sans nom. Démonstration :

  • Prenons une entreprise réalisant par exemple un chiffre d’affaires de 14 milliards d’euros par an et apportant une rémunération (dividende) de 3,1 milliards d’euros chaque année à son propriétaire (soit 22% du chiffre d’affaires). Admettons que cette entreprise soit valorisée de 10 milliards d’euros. Est-il intéressant pour l’État détenant cette entreprise, d’un point de vue strictement budgétaire et sans même considérer son activité, de privatiser cette entreprise ?
    • Chaque année l’État gagne avec cette entreprise 3,1 milliards d’euros. En 10 ans, cela fait 31 milliards d’euros.
    • S’il vend, l’État empoche 10 milliards d’euros tout de suite. Mais perd les 3,1 milliards d’euros annuel. En 10 ans, le bilan de l’opération c’est : 10 – 3,1*10 = – 21 milliards d’euros.
    • En clair, si l’État conserve 100% de l’entreprise, il gagnera 21 milliards d’euros de plus que s’il la vend. En 20 ans, 52 milliards d’euros. Un budget annuel complet de l’Éducation Nationale !
    • En ne privatisant pas, l’État disposerait chaque année de 3,1 milliards d’euros pour investir dans les nouvelles technologies. En 4 ans, sans privatiser, il aura ainsi pu investir 20% de plus que s’ il privatise.
  • Le bilan ? la privatisation est une aberration du strict point de vue du budget de l’État. Donc il ne faut pas privatiser. CQFD.

Ces chiffres n’ont rien de farfelues ni d’originaux, ils sont représentatifs d’une entreprise telle que la Française des Jeux que Macron veut brader.

Alors pourquoi Macron privatise ? parce que l’UE et le MEDEF l’ordonnent ! Pourquoi l’ordonnent-ils ? eh bien tout simplement pour permettre à l’oligarchie capitaliste de racheter les pépites de l’État à bas prix et de bénéficier de juteux profits ! Si on reprend l’exemple cité ci-dessus, mettons que Arnault, Bolloré, Betancourt ou Lagardère rachètent la Française des Jeux. À eux le Jackpot ! et qui seront les perdants ? vous, et moi, les travailleurs français.

JBC pour www.initiative-communiste.fr


L’exemple de la Française des Jeux expliqué par l’ex-ministre du budget, C Eckert.

Pour l’État, les soldes pourraient commencer !

7 Juillet 2017 , Rédigé par Christian Eckert

Je peux évidemment me tromper, mais je sens que le Gouvernement risque de profiter de cette période pour justifier certains mauvais coups…

J’ai déjà expliqué que la mise en scène de l’audit de la Cour des Comptes n’était que prétexte à reculades pour mettre en œuvre un programme présidentiel non financé.

Mais si je décode bien les propos des membres du Gouvernement, on nous raconte que pour combler le déficit, un des moyens serait de vendre une partie des participations de État dans des entreprises où il est actionnaire.

Ceci pourrait paraître séduisant : on vendrait 4 Milliards d’actions, et on réduirait le déficit de la même somme ! Mais ceux qui nous tiennent ces raisonnements méconnaissent la logique comptable qui prévaut pour les États. La comptabilité « maastrichtienne », celle qui calcule le fameux déficit public qui doit être inférieur à 3%, est bien plus fine que cela :

La comptabilité « maastrichtienne » ne prend en compte que les recettes et les dépenses qui sont pérennes, durables et assurées. Ainsi, la vente ou l’achat de titres de propriétés de sociétés ne sont pas comptées comme des recettes ou des dépenses de l’année budgétaire, dans la mesure où ce sont des opérations ponctuelles, réversibles, qui correspondent à une variation du patrimoine de État..

Quand j’entends dire que la situation des finances publiques conduirait l’État à céder des participations, je crains que ce ne soit là un prétexte pour céder à « quelques amis » des parts de sociétés… Si cela améliore la trésorerie de l’ État (qui n’est pas un problème compte tenu des taux négatifs !), diminue – en fait très peu- la dette publique, cela ne diminuera en rien le déficit de la France du point de  vue de la Commission.

Un exemple me vient à l’esprit : il y a un peu plus de deux ans, le Ministre de l’ Économie de l’époque (chacun l’aura identifié…) poussait à la vente d’une société possédée presque en totalité par État : la Française Des Jeux (FDJ). Pour bien comprendre : la FDJ gagne peu d’argent, et ne vaut donc pas très cher. L’essentiel de l’argent qui alimente les caisses de État vient des taxes perçues sur les mises : plus de 3 milliards d’euros. Cet argent est versé à État en amont des recettes de la FDJ. Celle-ci ne gagne donc que quelques dizaines de millions d’euros, qu’elle reverse d’ailleurs en impôts et en dividendes. État touche donc plus de 3 milliards de recettes maastrichtiennes. Vendre la FDJ rapporterait en une seule fois une recette exceptionnelle de quelques centaines de millions, mais priverait État de sa capacité à imposer toutes les règles de prévention à l’addiction, de lutte contre le blanchiment, d’interdiction de jeu pour les mineurs…

Certains pervers (si vous insistez je dirai qui…) avaient même imaginé diminuer les taxes sur les enjeux, pour maximiser les profits de la société et décupler sa valeur boursière… Beaucoup moins de recettes maastrichtiennes, un beau coup de bourse « one shot » et quelques intérêts privés gavés en toute discrétion ! Toute ressemblance avec les sociétés d’autoroute serait purement fortuite !

Un modeste Secrétaire d’État s’était opposé à cela. Son Premier Ministre de l’époque, après avoir entendu les arguments des « différents étages » de Bercy, a arbitré en faveur du statu quo… Ce fut, en toute modestie, une de mes satisfactions pendant ces trois années à Bercy.

La théâtralisation de l’audit de la Cour, certains propos de membres du Gouvernement et mon esprit soupçonneux, me laissent à penser que, pour la FDJ ou pour d’autres, les grandes manœuvres ont commencé. J’espère avoir tort !