La Lituanie passe à l’euro : propagande pro-U€ grossière du Monde

initiative cwpe prcf affiche travailleurs profits euroLa passe à l’Euro. Sans tambours ni trompettes. Car après les promesses, le travailleurs d’europe ont immédiatement déchanté. Et constaté que les communistes avaient raison : l’euro est une arme de guerre de la classe capitaliste contre les salaires, contre les travailleurs. Partout, l’UE et l’euro c’est l’austérité, la casse des salaires, des acquis sociaux, la prise d’otage par les “marchés financiers”. Le journal officiel de la propagande pro-UE – le mal nommé –  s’est bien évidemment senti obligé de commettre un article de pure propagande dès le 1er janvier. Même euronews n’a pas osé aller jusque là : (lire ici par exemple). Leri, un camarade fin connaisseur des pays de l’Est nous a fait parvenir ce commentaire de lecture de ce papier accumulant bêtises et mensonges sur la Lituanie.

Dans le Monde aujourd’hui, un tissu de connerie et de mensonges sur la Lituanie

euro PC6_Robert-Garcia_06052014Ce matin, comme tous les jours, je fais un tour de la presse quotidienne. Comme je m’y attendais, j’ai trouvé dans le Monde, un article sur le passage à l’euro de la Lituanie. J’ai souvent lu des conneries, des erreurs, des mensonges, mais aussi de bons articles, intéressants, résultant d’une vraie recherche. Ce jour, c’est une montagne de conneries, de mensonges ou de contre-vérités sur la Lituanie, pays que je connais très bien pour y être très régulièrement.
Le premier ministre de Lituanie d’un air joyeux a sorti d’un distributeur de billets, dix euros qu’il arbore fièrement. Triste figue en vérité. Quelle tristesse de voir un pays vendu par ses dirigeants.
Mais, revenons en au journal Le Monde. Je vais citer les extraits de l’article et je commenterai.

A Vilnius, on s’est préparé à la monnaie unique dans le calme. Selon l’Eurobaromètre de Bruxelles publié en décembre 2014, 63 % de la population est favorable au changement. (Le Monde)

Oui, on a attendu dans le calme la monnaie unique. Dans le calme mais surtout l’inquiétude. Je ne sais pas d’où sort le sondage publié par Bruxelles. Probablement un faux ! Depuis quatre mois, j’interroge systématiquement toutes les personnes que je rencontre : employés de restaurant, de banque, épicier, gérant de magasin, chefs de PME, ouvriers, paysans (j’habite à la campagne), retraités, ….. Je n’ai pas trouvé une seule personne qui se soit déclarée favorable au passage à l’euro. Pas une ! Un libraire m’a dit : « on assiste à une suicide collectif » Si une seule personne m’avait dit, je suis pour, j’en parlerais mais non… pas une. J’ai interrogé plusieurs dizaines de relations dans le pays. Elles me confirment ce que je dis : personne dans leurs connaissances n’est favorable. Un sondage de propagande pro-européenne voilà ma conviction.

« Le litas est la monnaie de notre indépendance, j’y suis très attachée », dit avec nostalgie cette jolie blonde de 44 ans, en songeant à ces jours de janvier 1991 où elle participa aux manifestations contre l’armée soviétique. « Mais tout sera plus facile avec l’euro : plus de frais de change pour payer mes fournisseurs italiens, plus de problème pour voyager, convient-elle. Et puis nous serons un peu plus près encore de l’Europe. »

Encore une connerie ! Plus de problème pour voyager ? il n’y a aucun problème pour voyager pour les lituaniens.  Sauf qu’ils n’ont pas d’argent ! Pour payer les fournisseurs, le change a un coût mais avec l’euro il y en aura aussi.

« Ici, tout le monde a un père, un grand-père ou une tante qui a été déporté dans les camps de Sibérie », témoigne Laimutis Paskevicius, patron d’un centre médical à Vilnius. « L’entrée dans l’euro est une étape de plus dans notre ancrage au camp de l’Ouest, essentiel pour notre sécurité, explique Rimantas Sadzius, le ministre des finances. Désormais, les se tiennent du bon côté du mur. »

Les déportés en Sibérie, il y en a eu et pas seulement de Lituanie. Mais tout le monde n’a pas un père, un grand-père…. L’ancrage dans le camp de l’Ouest, il est fait par l’adhésion à l’Otan. Il y a en permanence l’agitation de la peur du Russe pour justifier toutes les bassesses à l’égard du peuple. C’est le thème favori des dirigeants lituaniens . Vous devez accepter et vous taire sinon l’ogre russe viendra vous dévorer! Stupide ! La Russie n’a que faire de la Lituanie et à mon avis est plutôt satisfaite d’en être débarrassée. En quoi la Lituanie serait utile à la Russie ? En rien parce que il n’y a pas grand chose en Lituanie !

Un « euro bus » a sillonné le pays pour répondre aux questions de la population, tandis que 3 millions de SMS d’information ont été envoyés.

Très amusant aussi ! Personne n’a entendu parlé ou vu ce bus! Comment peut on envoyer 3 millions de SMS dans un pays qui ne compte pas 3 millions d’habitants, enfants compris ! Ce qu’oublient de dire les « intervenants » c’est que la Lituanie a perdu en quelques années 600 000 habitants (jeunes pour la plupart) qui ont quitté le pays pour vivre et travailler ailleurs (Angleterre, Allemagne  …) et que les études faites montrent que la Lituanie ne comptera plus que 1,500 000 habitants en 2040. Je n’ai jamais vu un pays aussi dépressif que la Lituanie. La population considère qu’il n’y a pas d’avenir, pas de perspective en Lituanie. (ce en quoi ils ont raison). Ils évoluent entre le désespoir et la fuite vers l’étranger. Tous les jeunes rêvent de quitter le pays. On peut dire que partir est l’objectif du plus grand nombre. Le pays sera dans une situation dramatique car très vite dans l’incapacité de payer les maigres retraites attribuées.

Entrer dans l’euro c’est se condamner à l’euro austérité

Paradoxalement, l’euro ne changera pas grand-chose à la vie quotidienne des Lituaniens. L’économie est, en effet, déjà largement « euroïsée » : 70 % des prêts sont libellés en euros, et le litas est arrimé à la monnaie unique depuis 2002. Même quand la crise a durement frappé le pays en 2009 (le produit intérieur brut a reculé de 15 % !), celui-ci a préféré opter pour une sévère cure d’austérité plutôt que dévaluer sa monnaie. Les salaires des fonctionnaires ont été taillés de 10 % à 40 %, les effectifs publics ont fondu, le chômage a grimpé jusqu’à 18 %, et 6 % de la population a émigré… « Nous avons fait autant d’efforts que les Grecs, mais en une seule année, raconte Zygimantas Mauricas, économiste à la banque Nordea, à Vilnius. Les Lituaniens ont l’habitude des sacrifices. »

Oui, l’économie s’est largement « euroïsée ». Le pays a opté pour une sévère cure d’austérité, oui c’est vrai. Les salaires des fonctionnaires, les retraites, …. oui, c’est vrai.  Sauf que ce n’est pas 6% d’émigration ! 600 000 sur 3,5 millions d’habitants ont quitté le pays ! 17% ! La jeunesse ! Ce pays va devenir un désert ! Oui, le peuple a fait des efforts ! Oui, les Lituaniens ont l’habitude des sacrifices. De toutes façons, ceux qui pourraient contester sont interdits. Le parti communiste est interdit. C’est la prison pour celui qui arbore la faucille et le marteau, le drapeau rouge ou des opinions communistes ! Qui reste-t-il pour prendre la défense du peuple ? Le parti polonais est le parti nationaliste polonais. Il est autorisé d’afficher des opinions fascistes (je ne dis pas nationalistes car celles-ci sont la règle), des symboles fascistes, … Les riches, les nantis, les profiteurs font légions en Lituanie. On peut aussi parler des étrangers utilisant une main d’œuvre à bon marché (les français notamment). Pour eux, l’euro est une bénédiction.

Les ressorts usés de l’euro-propagande

Avant de présenter avec fierté et émotion les euros lituaniens, qui portent l’emblème du cavalier Vytis, blason historique de l’Etat lituanien. Pendant l’ère soviétique, les représentations de ce dernier étaient interdites. « Il est poignant d’imaginer que, dans très peu de temps, ces pièces seront entre les mains de tous les habitants », ajoute M. Vaitiekuna.

Quelle nullité journalistique ! [Quelle propagande grossière ! Quelle émotion devant les pièces et billets de l’abandon national, de l’asservissement du pays (tradition ancienne des élites lituaniennes qui se sont vendus à tous durant leur histoire), de l’abandon de la liberté de décider de son avenir! Le cavalier Vytis (ndlr : symbole nationaliste de l’ordre féodale, et des nationalistes alliés du Reich) était interdit pendant l’ère soviétique. C’est vrai et c’était justifié. Qu’a-t-il fait pour mériter un titre de héros ? il a trahis tout le monde, et s’est vendu à tous ! Oui, c’est un symbole qu’il soit sur les nouveaux euros ! A l’époque soviétique personne n’en parlait, personne ne connaissait le personnage ! Il est sorti du chapeau des nationalistes lituaniens ! Pourquoi ? parce qu’ils n’avaient personne d’autre à mettre. L’histoire de ce pays en tant qu’état c’est à peu près égal à zéro.

Aujourd’hui, le pays va mieux : la croissance est l’une des plus vigoureuses d’Europe (2,7 % en 2014), la dette et le déficit publics sont respectivement tombés à 41,3 % et 1,2 % du PIB. « L’euro nous apportera la stabilité et augmentera notre attractivité aux yeux des investisseurs, assure le premier ministre Algirdas Butkevicius, que la stagnation européenne ne semble pas inquiéter. Nous créerons plus d’emplois et de croissance. »

Comme on dit chez les politiciens, les promesses n’engagent que ceux qui les croient. Face à un tel bilan pré-euro qui peut croire que tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes? Nos voisins Grecs ont eu les mêmes promesses, comme les Espagnols ou les Français et jamais les choses n’ont été aussi mal. Sortir de l’euro est la question posée dans nos pays. En finir avec l’UE est un objectif de lutte qui se développent dans toute l’Europe

De fait, l’économie lituanienne devrait croître de 2,6 % à 2,9 % en 2015, selon les économistes. C’est moins que les 3,3 % prévus il y a quelques mois encore, car le pays est pénalisé par les sanctions de Moscou. « Heureusement, lors de la crise russe de 1998, nos entreprises ont complètement réorienté leurs échanges vers l’, qui pèse aujourd’hui pour 50 % de nos exports », explique Nerijus Maciulis, économiste à la Swedbank.

L’économie devrait croitre ! “Et la marmotte elle met le chocolat dans le papier alu aussi non?”  S’il y avait croissance, il y aurait emplois. S’il y avait des emplois correctement payés, les jeunes ne partiraient pas !
Les entreprises orientées vers l’union européenne ? C’est faux !  70% des échanges économiques de la Lituanie se font avec la Russie. Ça ne plait pas aux nationalistes lituaniens mais c’est ainsi. Quand aux échanges avec l’Europe, c’est aussi du bidon. La Lituanie est le lieu de passage pour tous le transport routier international entre l’UE et la Russie. Il y a donc un gonflement artificiel lié au transit routier. Il risque d’être en baisse si la Russie réoriente ses importations vers la Chine et les autres pays émergents ce qui se produira avec l’agressivité de l’UE et des USA. La Russie a d’ailleurs déjà commencé à réorienté ses échanges.
Par ailleurs, la spéculation sur le Rouble va entrainer une réduction considérable du tourisme en provenance de Russie et de Belarus. Ceci va avoir des conséquences graves sur le commerce à VIlnius (aujourd’hui beaucoup de Belarus viennent à Vilnius faire leurs achats). On parle d’une réduction de 30% de la fréquentation russe pour la deuxième moitié de l’année 2014.
L’avenir n’est pas à regarder avec optimisme pour la Lituanie. Et l’Euro va enlever à l’état lituanien la possibilité d’agir par la variable monnaie sur l’évolution économique du pays.

Même si l’essentiel des exportations vers la Russie (20 % du total) concerne en réalité des réexports de produits polonais ou allemands passant par le territoire, le secteur agricole est tout de même durement affecté par les embargos imposés par le président russe, Vladimir Poutine. Mais, comme en 1998, les entreprises ont commencé à chercher de nouveaux débouchés, notamment en Asie, pour compenser. « Elles sont très réactives, question d’habitude », dit en souriant M. Maciulis.

Sans commentaire ! Des débouchés en Asie pour les entreprises lituaniennes ! Et le ciel éclata de rire !

Soucieux d’assurer sa sécurité énergique, Vilnius vient également d’acquérir un terminal flottant de gaz naturel. Le pays, qui importait jusque-là 100 % de son gaz de Russie, peut désormais se fournir en Norvège. « Plus personne ne pourra nous faire du chantage ou nous forcer à payer un prix politique », s’est félicitée la présidente Dalia Grybauskaite. Installé dans le port de Klaipeda, le navire a été baptisé L’Indépendance.

Il faut vraiment être « con » pour croire cela ! Le bateau de l’indépendance ! Plutôt le radeau de la méduse ! Sans le gaz russe, le pays n’a pas d’avenir. (nldr : pour mémoire la production de gaz russe c’est juste 4 fois celle de la Norvège, 100 fois celles du Royaume Uni : selon BP, 2014 la Russie est le premier exportateur de gaz vers l’UE avec 44% de part de marché, suivi par la Norvège avec 33%,puis l’Algérie à 11% et le Qatar à 7%)
Le nationalisme fait dire des bêtises. Comment la Lituanie pourrait ne pas travailler main dans la main avec son puissant voisin ? C’est son intérêt. Indépendance énergétique grâce à un terminal flottant ! C’est vraiment n’importe quoi.
Le gouvernement de la Lituanie et sa présidente sont des « va-t-en guerre » contre la Russie. Ils sont dans le quarteron de pays souhaitant le conflit avec la Russie. La peur de la Russie est agitée comme un épouvantail pour faire se taire l’opinion publique face à une politique anti-sociale d’une rare violence. Honnêtement, je ne croyais pas un peuple en capacité d’accepter autant de coups. Mais peut être n’est ce pas un peuple ? La minorité polonaise rêve de la Pologne comme solution. La minorité russe se tient à carreau…. mais se retrouve fièrement une fois l’an et dans les églises orthodoxes. Les Lituaniens sont la plus forte minorité du pays et ils détiennent les pouvoirs. Jusqu’à quand tout cela tiendra ? Peut être, jusqu’à l’extinction du pays…. le dernier lituanien éteindra la lumière.

Leri

Même Euronews dément la propagande grossière du “journal”  Le Monde

Pour comparaison, voici quelques extraits d’un article à la même date du pourtant très europhile Euronews, cité plus haut. Florilège d’extraits qui confirment en tout point ce que notre camarade Leri nous indique. :

ce passage du litas à l’euro suscite bien évidemment le débat : l’opposition accuse le gouvernement par exemple, d’avoir l’intention d’augmenter le montant des frais administratifs. Du côté de l’opinion publique, la moitié des Lituaniens se disent favorables à la monnaie unique tandis que l’autre l’accuse de causer davantage de difficultés économiques.

certains voient la monnaie unique d’un mauvais œil. “Il y a beaucoup de gens comme mes parents qui se sont battus pour l’indépendance de la Lituanie et l’instauration de sa propre monnaie : le litas,” souligne Romas, capitaine d’un bateau d’excursion. “Mon père a 75 ans,” poursuit-il, “il a vécu plusieurs occupations militaires et plusieurs changements de monnaie : cela ne rapporte jamais rien de bon.” (…) ’Ilva, danseuse de ballet, même si son principal argument contre l’euro réside dans la défense de l’identité nationale lituanienne. “Je suis triste que l’on abandonne les litas qui représentent en quelque sorte, l’emblème de notre identité,” regrette Ilva, “ils symbolisent notre Histoire et ils ont une vraie valeur pour tous les Lituaniens, qu’ils vivent ici ou à l‘étranger.”

dans la petite ville de Plungė, sur l’un des plus grands sites de production de surimi au monde. Il s’agit d’une entreprise créée peu après l’indépendance dont le développement a tout d’une success story. Aujourd’hui, 94% des produits qu’elle fabrique sont destinés à l’exportation. Elle emploie des travailleurs non qualifiés au salaire minimum lituanien – l‘équivalent d’environ 300 euros -. Les salariés qualifiés touchent un peu plus du double. “Je suis très eurosceptique,” lance Angele, une ouvrière, “parce tout le monde dit que les prix vont monter et nous, dans cette entreprise, on n’a pas de gros salaires et ce sera très dur pour nous si les prix augmentent.”

à Družiliai, un petit village au cœur de la forêt. La crise de ces dernières années a poussé une part importante de la population lituanienne à émigrer. Aujourd’hui, le pays ne compte plus que trois millions d’habitants.