Dans son article consacré au mouvement social en Belgique contre la réforme européenne des retraites qui voit une formidable mobilisation des travailleurs de Belgique est soulevée une question assez intéressante et même un peu paradoxale lorsqu’on compare les origines, évolutions et comportements politiques du syndicalisme belge et français. V Caller, communiste et syndicaliste belge, nous fait part d’une réflexion qui mérite d’être considérée par les syndicalistes et les communistes français, qui plus est à la veille du congrès confédérale de la CGT.
Ce dernier, comme le signale bien l’article fait preuve des positions plus modérées sur des thématiques d’actualité comme la militarisation des économies et des mobilisations moins importantes que celles de leurs collègues belges. Pourtant, et c’est ici le paradoxe, à leur naissance et leur évolution le syndicalisme français eut toujours de tonalités plus militantes, même révolutionnaires, que le belge ; ce dernier né avec une forte influence social-démocrate et chrétienne. (1)
Certes, on ne peut pas nier le rôle joué par le grand patronat international pour contrer la force du syndicalisme classiste français. Ce n’est pas par hasard que les grosses têtes du syndicalisme jaune étasunien (Meaney, Brown, Lovestone) furent assignés par la CIA pour s’occuper de la CGT (avec, notamment l’instrumentalisation du trotskisme et la création de Force ouvrière). Mais, à mon avis, cela n’explique pas tout.
Les travailleurs français (et pas seulement) ont été victimes des mutations des lignes politiques de leurs partis communistes et ce, en particulier lorsque ces derniers décident de participer, et même soutenir, les projets d’intégration européenne.
Ce n’est pas par hasard, à mon avis, que les trois plus grands partis communistes européens (le PCF, PCE et PCI) sont devenus pratiquement les plus petits une fois qu’ils ont décidé d’assumer des positions politiques européistes.

(1) A noter que ce n’est pas seulement dans le domaine syndical que ces contrastes se produisent. Bruxelles est une ville 10 plus petite que Paris, mais mobilise 10 fois plus de monde pour des campagnes de soutien à la Palestine, par exemple.





