#giletsjaunes#acte8 le #Frexit condition nécessaire de la satisfaction des revendications des gilets jaunes

Insultés, violentés, réprimés mais mobilisés et debout. Les travailleurs ne renoncent pas à défendre leurs droits. Pour une vie digne, avec des augmentations de salaires, pour des droits démocratiques, en exigeant la souveraineté effective du peuple, pour la justice contre les inégalités avec une fiscalité juste, la mobilisation des se poursuit pour un acte 8 ce samedi. Mourad, jeune communiste des explique pourquoi la sortie de l’Union Européenne et de l’Euro, le Frexit, est une nécessité pour s’en sortir, pour pouvoir satisfaire les revendications des gilets jaunes.

Gilets jaunes : le Frexit, outil indispensable pour des luttes victorieuses.

Certaines voix laissent entendre que le mouvement des Gilets jaunes serait en train de s’essouffler. Il s’agit là d’une incompréhension qui traduit une lecture du phénomène à la seule lumière du nombre de vitrines brisées et de voitures incendiées. Confondre la force révolutionnaire de ce mouvement avec l’agitation manifeste qui en découle serait une grosse erreur, comme le prouvent les nombreuses émeutes, jacqueries et insurrections que nous offre l’Histoire et dont les échecs doivent nous servir de leçon. Les Gilets jaunes ont fait l’inverse de ce que nos élites auraient voulu qu’ils fassent, c’est-à-dire une révolte purement antifiscale. Les Gilets jaunes, désireux de changer l’ordre des choses en profondeur, ont construit une véritable opposition politique. Les travailleurs français sont sortis du rôle d’exploités dans lequel nos élites les avaient enfermés pour montrer qu’ils sont la seule véritable force capable de faire changer les choses dans le pays, la seule classe véritablement révolutionnaire.

Bien sûr, les Français n’allaient pas faire plusieurs centaines de kilomètres de trajet pour manifester à Paris tous les samedis. Mais l’agitation a laissé place à l’organisation. Les rencontres ponctuelles sont devenues des liens militants ; la colère est devenue une revendication politique ; le gilet jaune est devenu un symbole international de contestation populaire.

Ce n’est pas le cassage de vitrines qui a fait peur à la bourgeoisie régnante, mais la prise de conscience par l’immense majorité de la population française d’intérêts partagés et d’un destin commun. C’est en ce sens que nous, communistes, cherchons à travailler.

   Les Gilets jaunes ont surpris d’un bout à l’autre du spectre politique. D’un côté, les gauchistes convaincus que la révolution à venir leur appartenait ont été repoussés à l’idée qu’un véritable mouvement populaire capable de changer la donne n’avait en réalité pas grand-chose à voir avec les apprentis révolutionnaires casseurs de flics et de MacDo’. De l’autre, certains réactionnaires récupèrent le symbole du gilet jaune et s’évertuent à hurler contre les politiciens, la pratique politique, les partis politiques, les revendications politiques, la politique, en bref tout ce qui s’apparente de près ou de loin à autre chose qu’une revendication fiscale. D’un côté comme de l’autre, les dangers sont les mêmes: laisser passer l’instant révolutionnaire pour céder la place à la réaction ou à son bras armé, le fascisme.

Nous, communistes, cherchons à proposer à la véritable classe révolutionnaire de véritables outils révolutionnaires pour en finir une bonne fois avec les bains de sang, la guerre, la misère, l’injustice, en bref toutes les calamités auxquelles nous contraint le mode de production capitaliste.

Les revendications portées par les Gilets jaunes ne laissent planer aucun doute. Le peuple français révolté ne cache pas ses ambitions clairement populaires et progressistes, au premier rang desquelles la hausse des salaires, le rétablissement des services publics, la justice fiscale et la souveraineté populaire.

Cependant, sans véritable parti de lutte pour les travailleurs, la confusion règne. Qu’il s’agisse de la gauche la plus sociale-traître ou de la droite la plus ouvertement fasciste, de nombreuses tendances politiques hypocrites et opportunistes s’accaparent, dans leurs grandes lignes, les principales revendications. Pour que les travailleurs soient gagnants face à la réaction, ils doivent s’emparer d’une question essentielle : celle du Frexit.

Nous l’avons déjà expliqué à de nombreuses reprises : le changement de cap demandé par les travailleurs français ne peut pas se faire au sein de l’Union européenne. En effet, sous le joug de l’euro-austérité et du critère des 3 % du traité de Maastricht, sous le joug du règne du dogme de la concurrence libre et non faussée et de la libre circulation des capitaux, des marchandises et des personnes, nombre de ces mesures sont impossibles à mettre en œuvre. L’UE interdit la taxation du fioul maritime et du kérosène, l’UE impose la directive « travailleur détaché », l’UE ordonne la fin de la sécurité sociale, oblige à la privatisation des autoroutes, des , des , des aéroports et de ou de France-Telecom. Qui plus est l’UE en établissant le pouvoir direct et exclusif des multinationales et des banques détruit toute souveraineté populaire. Macron, ses députés godillots et ses ministres ne sont que les zélés exécutants de la politique décidée à Francfort et Bruxelles.

Quiconque se prononcerait pour la réorientation de l’UE tomberait dans une supercherie aux conséquences graves. Ce serait se désarmer face à cette dictature supranationale qui permet l’exploitation (en son sein comme en dehors) des nations les plus faibles par les plus puissantes, qui encourage la concurrence et la guerre entre les peuples (comme en témoigne la grave montée des partis fascistes dans toute l’UE), qui scelle les armées européennes dans l’OTAN meurtrière, qui détruit les conquêtes sociales et la souveraineté des peuples. Nous n’avons pas le temps de tomber dans la funeste arnaque euro-constructive, nous devons sortir aussitôt que possible de l’UE.

La sortie de l’UE ? oui mais quelle sortie ?

Mais une autre question se pose alors : quelle sortie de l’UE ? Le Frexit veut-il dire repli national, fermeture des frontières, économie de marché « à la maison », en bref une dérive ultra-réactionnaire puisant dans les sentiments xénophobes ? Ou veut-il dire reconstruction des services publics, coopération internationale solidaire, gestion humaine des flux migratoires, en bref une révolution sociale ouvrant la voie vers le socialisme ?

Seule la deuxième option est réaliste, car la seule force capable de revendiquer la sortie de l’UE, ce sont les travailleurs (ouvriers, employés, techniciens, petits entrepreneurs, précaires, paysans, etc.). La bourgeoisie française n’a aucun intérêt à sortir de l’UE. Pourquoi le capital français, largement pénétré par la finance internationale, adossé au capital allemand et à l’actionnariat nord-américain, voudrait-il sortir d’une structure permettant de casser les services publics au fonctionnement socialiste, de libéraliser la quasi-totalité des secteurs d’activité, de bénéficier des flux migratoires causés par l’exploitation capitaliste, de profiter de la main-d’œuvre et des ressources étrangères, etc ? [1]

On pense immédiatement à l’exemple du Front National, qui à peine les élections présidentielles achevées a laissé tomber l’idée d’une sortie de l’UE, preuve de leur pur opportunisme et de leur hypocrisie. Certains nous objecteront que certaines tendances non-socialistes semblent sincèrement porter cette revendication, en particulier du côté du gaullisme. Se pose alors le problème du réalisme de cette approche, le gaullisme ayant pour base sociale une bourgeoisie désireuse de constituer des monopoles nationaux. Or nous l’avons vu précédemment, il s’agit d’une phase historique désormais dépassée. Un autre danger provient de la gauche sociale-démocrate, en particulier de la France Insoumise dont la position à propos du Frexit ne cesse de se nuancer, tandis que sa prétention grandissante à fédérer une « gauche rassemblée » ne saurait promettre autre chose qu’une prise du pouvoir à la Tsipras… [2]

C’est en ayant conscience de ces contradictions que nous proposons le Frexit progressiste comme perspective sérieuse de prise du pouvoir par les travailleurs français, à travers la constitution d’un front qui réunirait les patriotes et les progressistes sincères autour du noyau révolutionnaire qu’est la classe ouvrière (dont 73 % s’est opposée au traité de Lisbonne de 2005).

Le Frexit une étape nécessaire pour mettre en œuvre les revendications des gilets jaunes

Résumons.

Car on ne peut pas vaincre le capitalisme sans en affronter les avatars concrets, le Frexit constitue, tout comme le renversement du gouvernement Macron, une étape nécessaire pour mettre en œuvre les revendications des Gilets jaunes. Mais seul un pôle populaire et patriotique peut réellement porter cette revendication. C’est ainsi que nous appelons les travailleurs à se prononcer clairement pour un Frexit progressiste et à constituer, face à Macron, au Medef et aux fascistes, un front antifasciste, populaire, patriotique et écologique, et qui ne saurait être qu’internationaliste.

par Mourad – pour le blog des JRCF

http://jrcf.over-blog.org/2019/01/gilets-jaunes-le-frexit-outil-indispensable-pour-des-luttes-victorieuses.html


[1]. Les bourgeoisies étrangères nous ont offert de beaux exemples de débandades face à l’UE :

https://www.initiative-communiste.fr/tag/brexit/

https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/italie-sans-surprise-lextreme-droite-de-salvini-se-couche-devant-lunion-europeenne/

[2]. A ce sujet, lire Pourquoi je quitte la France Insoumise de Djordje Kuzmanovic. https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/pourquoi-je-quitte-la-france-insoumise-par-djordje-kuzmanovic/

 

 

Commentaire de lecteur “#giletsjaunes#acte8 le #Frexit condition nécessaire de la satisfaction des revendications des gilets jaunes

  1. Nicolas
    5 janvier 2019 at 11:09

    Concernant France Télécom la privatisation remonte à plus longtemps: c’est la loi Quilés qui en 1993 a cassé l’administration des PTT pour faire deux EPIC: La Poste et France Télécom.
    Le personnel a marché dans la combine, soutenu en cela par la CGT et la CFDT.
    En effet 75 % ont accepté le changement de statut dit de reclassification qui ne correspondait plus à aucune catégorie figurant dans le code de la fonction publique. Seule la garantie de l’emploi était conservée mais pour le reste, plus de concours pour la promotion, plus de grades mais des fonctions, le règne du copinage comme dans le privé.
    Quelques années plus tard, ces deux EPIC sont, cerise sur le gâteau, passés en SA et le personnel a acheté des actions pour 75% d’entre eux.

    Ceux qui sont resté fonctionnaires d’état eux , sont resté de 1993 à 2008 sans aucun tableau d’avancement de grade comme cela m’est arrivé.
    En 1993 c’était le gouvernement PC-PS de Jospin.