#GiletsJaunes : “au delà de Macron, il faut s’attaquer au carcan européen” Aymeric Monville sur RT France #Vidéo

Notre camarade Aymeric Monville, éditeur et écrivain, répondait ce samedi 10 août 2019 aux questions de RT France au sujet de l’acte 39 des Gilets Jaunes. Une occasion de faire entendre la voix des communistes, en soutien aux luttes populaires des travailleurs, alors que la censure frappe de façon totale les communistes sur les chaînes de télévision des milliardaires et jusque sur les plateaux des chaînes du service public. Une voix qui détonne tandis que tourne en boucle la propagande du régime montrant l’ex- banquier occupant l’Élysée tenter de faire oublier qu’il est l’homme de main de la classe capitaliste… en mangeant des pizzas… Notre camarade a pu expliquer la nécessité de la convergence des luttes tous ensemble à la rentrée de septembre. Une convergence déjà à l’œuvre. Et également de dénoncer le carcan de l’Union Européenne du Capital qui est, en pratique, l’initiateur de la politique exécutée au profit des multinationales, du grand capital par le régime Macron.

Acte 39 des Gilets jaunes : «Une convergence objective des luttes pour septembre»

Aymeric Monville (PRCF) : ” il faudra s’attaquer au carcan de l’Union Européenne au sein duquel aucune des revendications des Gilets Jaunes n’est tenable”.

Russia Today : bonjour merci d’avoir accepté notre invitation. 39e samedi de manifestation des Gilets jaunes, on est loin de la mobilisation du début. Pourquoi est-ce que c’est important de continuer à manifester ? Est-ce que ça a encore un sens, surtout en cette période de vacances ?

Aymeric Monville : Écoutez, je pourrais résumer l’état d’esprit avec une formule devenue très célèbre du président Mao qui disait la révolution est comme une bicyclette, si elle s’arrête elle tombe, effectivement. Mais cela donnerait un caractère beaucoup trop subjectif à ces manifestations parce que tout ne dépend pas effectivement du facteur subjectif. Il y a des tas de choses qui montrent en fait une convergence objective des luttes pour septembre.

Donc évidemment qu’il ne faut pas lâcher la pression et, de toutes façons, ce rendez-vous de fait participe d’une certaine pédagogie populaire, d’une certaine manière d’une forme de militantisme régulière qui était tout à fait importante et qui prépare des luttes futures.
Mais ce qui était, ce qui est très très important, c’est que tout ne tient pas là dessus. Tout tient aussi à la conscience politique, notamment le fait d’augmenter un certain nombre de rapports de forces. Notamment là je pense que les Gilets jaunes à leur assemblée des assemblées dernière – c’était la troisième à Montceau-les-Mines – ont parlé quand même de blocage, le blocage du pays . En fait il vaudrait mieux plutôt dire, à mon avis, de blocage du profit, ce sera plus clair parce que ce sont les seuls profits qui bloquent le développement économique.

Mais effectivement, ils ont pointé du doigt donc le capitalisme, c’est-à-dire qu’ils vont être dans un affrontement beaucoup plus capital / travail.

Ce à quoi s’ajoute, effectivement, le congrès de la CGT du mois de juin, 52e congrès de la CGT qui a été très tendu pour le confédéral, la direction confédérale qui avait été nulle et qui avait en fait complètement renié le caractère, l’histoire de lutte de la CGT, depuis notamment la CGT-U.

Et donc en tout cas, moi j’observe une véritable convergence entre une mobilisation, une conscientisation des Gilets jaunes dans l’affrontement capital / travail et une CGT qui est en train de mettre de côté cette direction confédérale et de s’organiser par la base. Je rappelle qu’il y a quelque 800 unions locales – dont on parle assez peu – de la CGT qui convergent avec les Gilets jaunes et ça va déboucher sur une situation, je pense, très révolutionnaire en septembre.

RT : Alors l’une des thématiques aujourd’hui, l’une des revendications à nouveau affichée aujourd’hui, c’est la démission de Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur, à qui les Gilets jaunes reprochent sa gestion des manifestations, certaines d’entre elles marquées par une violente répression des forces de l’ordre. Comment expliquer que Christophe Castaner soit après des mois de controverses toujours en place ? C’est quelque chose d’incompréhensible pour une grande partie des Gilet jaunes ?

https://www.change.org/p/emmanuel-macron-seul-le-peuple-est-l%C3%A9gitime-macron-demission

AM : Oui, tout à fait, alors c’est vrai qu’il faut absolument soutenir cette revendication d’autant qu’elle protège les Gilets jaunes, sinon je ne sais pas à quel degré de violence on pourrait atteindre et arriver, mais il est évident qu’il ne faut pas non plus oublier un certain nombre de revendications : là, je me souviens de ces premiers actes où il s’agissait de Macron démission.

C’était quand même, il s’agissait carrément de mettre en l’air l’essentiel même de cette politique et je rappelle qu’une fois qu’on aura mis Macron hors du pouvoir, il faudra s’attaquer, notamment, au carcan européen à l’intérieur duquel aucune revendication des Gilets jaunes n’est tenable.

Mais ça, je crois que ça fait partie, d’une certaine façon, d’un apprentissage politique qui prend du temps ; c’est normal que ça dure depuis neuf mois parce que là les Gilets jaunes sont en train d’apprendre au contact de la réalité. Ils apprennent à identifier le pouvoir donc, identifier Castaner c’est excellent. Mais bien sûr qu’il faut appuyer cette revendication : faut pas être deux pas en avant des masses ou être un pas en avant des masses, c’est- à-dire Castaner, oui, après Macron et après le carcan de l’euro à mon avis .

RT L’un des épisodes marquants de ces dernières semaines c’est la mort de Steve Maia Caniço à Nantes, qui braque un peu plus les projecteurs sur les policières. Certains Gilets jaunes parlent d’État policier en France : vous comprenez que des termes aussi graves puissent être utilisés ?

Aymeric Monville : Écoutez, il faut simplement comparer historiquement. Il n’y a jamais eu autant de violence depuis Charonne, la guerre d’Algérie, et on pourrait aussi parler de Jules Moch, un peu avant, oui. C’est, effectivement, tout à fait inédit et c’est ensuite une répression qui est sans pitié et qui fait qu’un certain bloc social se groupe autour de Macron, un bloc tout à fait restreint mais un bloc extrêmement déterminé que je pourrais qualifier de Versaillais.

Dans l’objectif, très conscient à mon avis, qui n’est pas formulé explicitement mais en tout cas qui est très conscient, celui de la répression. Cela avait déjà commencé avec les syndicalistes bien avant les Gilets jaunes.

Tout ça c’est une chose qui s’était mise en place avec les perquisitions à n’en plus finir à partir, notamment, de la loi El Khomri.

RT : C’est représentatif de la politique d’Emmanuel Macron ?

Aymeric Monville : De toute façon à l’interieur du carcan européen, il n’y a pas de marge de manœuvre pour ce gouvernement. Donc, le fait même qu’on a cru que ces élections européennes ont marqué une sorte de coup d’arrêt, un peu comme les manifs de fin 68, du 30 mai 68, avaient marqué un coup d’arrêt à la manifestation, parce qu’effectivement on ne pointait pas du doigt ce qui est l’essentiel même de la réalité du pouvoir.

Mais je crois que, d’une certaine manière, c’est ça, ça va se rejouer à la rentrée. Parce qu’il va y avoir des revendications sociales très claires qui, de toutes façons, vont pointer du doigt l’organisation même du pouvoir et les blocages institutionnels qui, comme je vous le dis, ne sont pas simplement nationaux, ils sont au niveau européen.

RT : Vous dites le mouvement va reprendre de plus belle en septembre : vous pensez qu’Emmanuel Macron va pouvoir faire la sourde oreille encore longtemps ? Est-ce qu’il peut le faire ?

AM : Ce que je vous dis c’est que ça impliquerait un bras de fer avec l’Union Européenne. Donc d’abord ça impliquerait la démission d’E. Macron parce que, tel quel, ce n’est pas lui qui pourra mener ces négociations, il n’est pas formé pour le faire. Il y aura forcément une démission, la convocation de nouvelles élections et tôt ou tard un affrontement avec l’Union Européenne, avec la Commission européenne.

RT : Ça veut dire que ce n’est pas forcément de la faute d’Emmanuel Macron ? Alors vous me dites que c’est Bruxelles qui bloque la politique française ?

E. Macron ce n’est pas tellement… il a le même job que Castaner, il fait le flic … si vous voulez, il organise le maintien de l’ordre puis c’est tout. Ce n’est pas tellement lui qui décide, mais il a un rôle, effectivement, il est complice de ce système de domination.

Il a été mis là pour jouer ce rôle-là, mais il ne faut pas imaginer que c’est lui qui a un pouvoir décisionnaire du point de vue économique.

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