Débat – Macron, vaccin contre nos libertés : bientôt 100% d’efficacité vis-à-vis de l’état de droit ?

Covid-19 le bilan 2020 d’une catastrophe sanitaire, causée par le capitalisme

De la répression des 5 de Goodyear aux manifestations contre la loi travail issue des ordres de Bruxelles, de la répression dans le sang des actions des Gilets Jaunes à celles des mobilisations contre la contre réforme des retraites imposées là encore par l’Union Européenne, sans compter les loi liberticides à répétition instaurant et durcissant un état d’urgence et d’exception permanent piétinant l’Etat de droit, les gouvernements auxquels a appartenu Emmanuel Macron puis son régime depuis 2017 n’ont pas eu besoin du coronavirus pour accélérer sans cesse la fascisation. C’est donc sans surprise sous cette même inclination et avec les mêmes objectifs que le régime Macron préside à la gestion de la crise épidémique du covid-19.

A lire :

Le bilan de la gestion du covid-19 par le système capitaliste et son régime Macron est une catastrophe sanitaire : du 19 mars 2020 au 21 juillet on décompte plus d’une centaine de milliers de morts, 90 000 malades admis en réanimation, un demi million de malades graves hospitalisés, sans compter les malades pas ou mal soignés laissés avec les séquelles d’un covid long. Et cette catastrophe sanitaire est mise au service d’une catastrophe pour les libertés mais également pour les conquêtes sociales des travailleurs. Macron ne vient il pas d’annoncer, profitant du choc d’une 4e vague provoquée par l’innéficacité de sa politique de prévention et de soin de l’épidémie – la relance de la casse des retraites et de l’assurance chômage en application des ordres à nouveau données par l’Union Européenne dans le cadre de son plan de relance. Un de nos lecteurs nous a adresser pour nos pages débat ce texte coup de gueule pour interpeller sur cette mise en cause des libertés. Un coup de gueule qui résonne avec les nombreuses manifestations qui se déclenchent dans le pays à l’encontre du passe sanitaire. Personne ne peut en effet être dupe de la grande diversion qu’est ce coup de force du passe sanitaire, dans une logique du diviser pour mieux régner qui n’a que peu avoir avec des impératifs de santé publique.


Macron, vaccin contre nos libertés : bientôt 100% d’efficacité vis-à-vis de l’état de droit ?

Par Mathieu Varnier 12 juillet 2021 – Les annonces d’Emmanuel Macron ce lundi soir ont plongé nombre d’entre nous dans un état de stupeur. Alors que la technique jusque-là était le fameux « pied dans la porte » -Passe Sanitaire, oui, « mais seulement pour les festivals de plus de 10 000 personnes », puis 1000 personnes depuis le 9 juin, etc., il a donné hier un grand coup de pied dedans, pour ouvrir tout en grand l’ancien rempart de nos libertés républicaines.

Ce 12 juillet marque un tournant, au moins sur la forme, car la direction que nous fait prendre l’homme de main des Affaires a toujours été claire. On savait le cap, on était pourtant nombreux encore à espérer que la portée de ces attaques reste modérée, pour ainsi dire supportable.

De la bonne cuisson du mouton : réchauffer à feu doux puis saisir.

Nous connaissons tous l’allégorie de la grenouille, dont on chauffe l’eau du bocal progressivement, si bien que de degré en degré, engourdie et sans changement soudain à quoi se raccrocher pour réagir, le batracien se laisse cuire à petit feu, sans jamais donner le coup de patte salutaire. Il semble que là, après une préparation médiatique digne des meilleurs moments de la guerre froide, et alors que l’eau était déjà suffisamment chaude, notre président-laborantin ait quand même eu peur d’une réaction et ai choisi d’ébouillanter directement ses sujets d’expérience, par sécurité. Comment ne pas voir dans l’allocution du président de la République (?) une nouvelle forme de la doctrine du choc ? Une forme de guerre totale, asymétrique, très américaine dans sa manière, à toute pensée contestataire, conçue pour décourager toute velléité d’agir, empêcher toute possibilité de réaction organisée.

Quand le Macronisme se fait plus clair…

Ce qui m’amène à mon tour à être brutal : qu’est-ce que le fascisme ? Pourquoi avons-nous cru nécessaire de forger ce nouveau concept au XXème siècle, après sept mille ans d’histoire marqués par les dictatures en tout genre ?

-Le fascisme, c’est l’ennemi de l’intérieur. L’espion soviétique du Maccarthysme, le saboteur occidental du Kremlin, c’est surtout le Juif ou le Communiste du IIIème Reich : un être sournois, qui vit parmi nous, comme nous, mais nous met tous en danger. C’est un non-vacciné, que son manque de « civisme » rend potentiellement porteur de maladie, de mort. Le fascisme, c’est exactement cette façon de créer puis d’instrumentaliser la peur panique d’un « ennemi de l’intérieur » vis à vis duquel le seul recours serait d’abdiquer toutes les libertés publiques, pour que dans ce dénuement du citoyen, dans ce pouvoir total remis à un homme fort, les traîtres puissent être débusqués, traqués, et a minima isolés.

Le fascisme c’est la peur de l’autre, de cet autre indiscernable et fantasmé qui met en péril ma vie et complote par nature, qu’il soit agent d’une puissance étrangère ou désormais… non-contrôlé en temps réel dans ses activités et sa santé. C’est la négation de l’intelligence, de la mesure, car la « menace » est si diffuse, et le risque présenté si absolu par les médias, que l’on ne peut être qu’avec le régime ou contre lui.

-Du coup je vous le dis : je serai contre. Soyons contre. Non la Covid n’est pas cette peste noire qui a décimée en son temps plus d’un tiers de l’Europe. Non le variant Delta, chiffres à l’appui, n’est pas plus mortel que son prédécesseur, bien au contraire1 ! Non, rien ne justifie que je suspecte l’autre, tous les autres, d’être par leur « incivisme », leur… manque de servilité, un danger pour moi. Rien ne saurait justifier que j’abdique tous mes droits juste pour que dans cette servitude collective cet Autre soit, tout comme moi !, entièrement neutralisé.

Bon vaccin, mauvais vaccin, vaccinés, pas vaccinés : qu’importe ! Me faire inoculer un produit dans le corps doit rester MON choix, ma « balance bénéfice-risque », mon avis éclairé quant à ma santé. Et me déplacer, me détendre, faire mes courses -vivre ! – ne devrait jamais être soumis à autorisation, à la preuve d’un statut, quand bien même mes papiers sont en règles ! Alors quoi, on peut désormais me forcer à me faire injecter n’importe quel produit expérimental, pour que je rejoigne le camp biologique des « bons citoyens » ? Alors quoi, même après ce choix, ou ce renoncement sans précédent à la maîtrise de mon corps, je devrai donner preuve de mon statut de bon sujet, montrer ma « carte du parti », mes « ausweis » à chaque coin de rue -que dis-je, à chaque bâtiment où j’entre ?!

Réveillons-nous !

Le prétexte est trop gros, nous ne pouvons laisser passer de telles mesures, et encore moins au nom d’un « tel » risque2 ! Une maladie qui ne ciblait que les très vulnérables, par l’âge ou la comorbidité, et qui n’a pas eu d’influence statistique notable sur la mortalité en dessous de 75 ans3 : bien sûr qu’il faut néanmoins agir, protéger la vie, mais ça ? Que les personnes vulnérables puissent se faire vacciner, très bien, mais pourquoi l’imposer aussi aveuglement aux autres, et pourquoi en profiter pour contrôler tout le monde ?

Après la peur instillée auprès de chacun pour qu’il aille se faire vacciner, peu importe son âge ou son risque effectif (et souvent nul) de développer une forme grave de la maladie, on a instillé la peur de l’autre, le contaminateur, l’inconscient, et le « devoir » citoyen de se faire vacciner non pour soi, mais pour cesser d’être une menace (!) -et ce, soit-dit en passant, alors même que le vaccin ne remplit que très mal cet office, toutes étiquettes confondues, puisqu’il n’empêche pas de développer des formes bénignes, autrement dit qu’il ne fait que diminuer, un peu, la probabilité d’être un foyer d’infection sur pieds. Et face au succès trop relatif de ces deux stratégies -peur pour soi, peur de l’autre, stigmatisation des mauvais citoyens, biologiquement différents- on prétend à présent nous priver d’absolument tous droits, comme jamais auparavant, jusqu’à ce que nous ayons cédé, un à un ?!

Santé et servitude

« Santé et servitude », pour reprendre le mot de Camus, cité récemment par 4. D’autres, avant nous, ont bien plus risqués la première que nous pour nous sauver de la seconde. Alors… bloquons le pays, que fleurissent des grèves comme le patronat n’en a encore jamais connu ! Manifestons !, déferlons dans les rues, flot pacifique et farouche, et n’attendons pas que E. Macron se fasse pousser une petite moustache ridicule ou ressorte des symboles nordiques des poubelles de l’Histoire pour nous poser la question : est-ce là la France dans laquelle nous nous reconnaissons, ne ferons-nous rien ?

Liberté !

Liberté, j’écris ton nom ! Sur les codes-barres des certificats de bonne santé, sur les écrans des téléphones, dans les contrôles d’identité et sur les murs de ma prison, j’écris ton nom. Contre l’obligation d’injection des soignants, je crie ton nom. Contre la honte de renier ton héritage, contre le désespoir de n’être plus un citoyen, j’écris ton nom.

La République ce n’est pas un régime, ce n’est pas un vain mot, un concept technique pour organiser le pouvoir : c’est un idéal, c’est la dignité même de l’homme moderne, pensant, éduqué, assumant ses convictions et sa part de la responsabilité collective.

Alors, entre la République Populaire de Chine France qui se met en place, et la République française qui nous a élevé dans la confiance en l’Homme, que choisissez-vous ?


1 https://www.youtube.com/watch?v=IbIsH7N1KkU (Bénéfice et risque de la vaccination Covid, Dr Carole Cassagne)

2 https://www.cnrs.fr/sites/default/files/press_info/2020-04/CP_Pasteur_Mod%C3%A9lisation_SARSCOV2_20200421_13h30.pdf

3 https://www.businesstravel.fr/covid-19-la-surmortalite-due-au-covid-a-ete-faible-en-france-en-2020.html

4 Marianne numéro 1269, éditorial.