Second tour des présidentielles, situation internationale : Quelles solutions ? entretien avec Georges Gastaud

d’Initiative communiste avec *, secrétaire national du PRCF

*derniers livres publiés : Marxisme et universalisme, Delga, 2015, et Lumières communes, Traité de philosophie générale à la lumière du matérialisme dialectique, Delga, 2016.


Initiative Communiste – Tout d’abord, comment vois-tu l’évolution de la situation internationale ? Quels effets sur la situation politique en France ?

Georges Gastaud : Malgré de brèves accalmies qui résultent à la fois de l’imprévisibilité de et de la force politico-militaire de ses ennemis stratégiques (Chine et Russie, mais aussi « insoumission » croissante des peuples du Proche-Orient à l’Amérique latine), la tendance lourde reste au durcissement militariste et belliciste de l’ennemi principal des peuples : l’impérialisme américain soudé à l’ via l’OTAN. Un impérialisme de plus en plus irresponsable (récemment Trump affirmait que « toutes les options sont sur la table en Corée y compris une guerre de grande ampleur ») et qu’il est honteux de renvoyer dos à dos avec les pays qu’il agresse, avec le soutien zélé – et le mot est faible – des sociaux-impérialistes français, Hollande en tête. Il est triste que la « gauche » française, y compris une bonne partie de l’ « extrême gauche » enfoncée dans l’électoralisme franco-français, ne lève pas un doigt contre le danger de guerre. Il est heureux que Mélenchon ait centré son discours de Marseille sur la paix et sur la sortie de l’OTAN, même si nous disons que sortir de l’OTAN sans quitter l’UE serait inefficace étant donné que

  • l’UE se déclare très officiellement « partenaire stratégique » de l’OTAN

et que…

  • la future « défense européenne » souhaitée par Fillon, Macron, Hamon, ne serait rien d’autre que le pilier européen de l’OTAN avec en prime la remise des clés de l’arme atomique française aux dirigeants américains et allemands. Et dire que Baroin se réclame encore de De Gaulle et Hamon de… Jaurès !

C’est pourquoi le PRCF a condamné les propos de Pierre Laurent, qui renvoie dos à dos les USA et les Etats qu’ils agressent, qui minimise l’atlantisme échevelé de Macron, et qui au premier tour, appelait Hamon et Mélenchon à fusionner. Cela revenait à faire abstraction du bellicisme d’Hamon, qui est, comme Hollande, pour encore plus de frappes US en Syrie et qui a cautionné toutes les ingérences de Hollande et de Fabius en Afrique, au Proche-Orient, en Ukraine, etc. Tout cela semble n’avoir aucune importance aux yeux de P. Laurent, dont le parti est pourtant né du refus des guerres impérialistes !

C’est pourquoi le PRCF a adressé une Lettre ouverte sur la paix aux organisations démocratiques et demande à ses sections départementales ou locales  de répercuter cette démarche unitaire à leur échelle territoriale. La paix mondiale et la souveraineté des peuples sont en jeu. N’attendons pas que ça dérape en Corée ou ailleurs car, comme nous le disait récemment M. l’Ambassadeur de Cuba, quand l’engrenage de la guerre mondiale est lancé, il devient vite impossible de l’arrêter, et à notre époque, une guerre mondiale pourrait signifier la fin de l’humanité. Il faut stopper cette marche à la guerre, que les progressistes français, le nez dans le guidon des débats hexagonaux, sous-estiment totalement. Impossible de combattre la fascisation ici, impossible de restaurer l’indépendance de notre pays si l’on ne combat pas l’impérialisme en le déclarant ennemi principal des peuples. D’ici le 14 juillet, organisons des rassemblements pour la paix (avec prises de parole plurielles) et contre le surcroît d’austérité que va entraîner la nouvelle course aux armements déclenchée par Obama-Clinton-Trump avec le soutien de tout l’arc belliciste français, de Le Pen à Hamon en passant par Macron et Juppé. Inutile d’être tous d’accord sur la nature du pouvoir en Syrie, en Russie, dans les deux Corée, etc. ; que chacun défende ses propres analyses géopolitiques, mais de grâce, que chacun commence enfin un peu à saisir la nature exterministe du capitalisme moderne qui, sur tous les plans, environnemental, économique, culturel, et d’abord, militaire, envoie l’humanité dans la tombe !

N’oublions pas non plus notre solidarité anti-impérialiste avec le Venezuela bolivarien attaqué par l’oligarchie pro-yankee, avec Cuba socialiste où le blocus US subsiste presque intact, avec les prisonniers politiques palestiniens en grève de la faim contre le colonisateur israélien. Et plus fondamentalement, continuons d’appuyer tout effort visant à regrouper les partis et organisations communistes sur la base du slogan toujours actuel de l’Internationale communiste : « prolétaires de tous les pays, peuples opprimés du monde, unissez-vous » !

Initiative Communiste  – Quels enseignements stratégiques tirer du second tour Macron / Le Pen ?

Georges Gastaud – Je ne reviens pas sur les consignes de vote très claires qu’a données le PRCF, ni sur le travail spécifique qu’il a fait et qu’il fera pour, « en même temps », comme dirait quelqu’un, dégonfler le vote ouvrier en faveur du FN, et appeler à la résistance contre Macron-Thatcher. Un vote que tant de progressistes irréfléchis ont inutilement gonflé au 1er tour sous couvert de « voter utile », alors qu’en portant Mélenchon au second tour, ils auraient éliminé à la fois Fillon et… Le Pen !

Ce qu’il faut surtout bien maîtriser, sur le plan théorico-politique, c’est que Macron et Le Pen ne sont pas les deux termes d’une alternative, contrairement à ce qui voient dans Macron un « barrage antifasciste » (Blaise Pascal a jadis dénoncé les « puissances trompeuses » de l’imagination !), ou à ceux qui, plus gravement encore, voient dans le FN une alternative patriotique au capitalisme mondialisé. En réalité, et l’extrême malaise de la gauche populaire entre les deux tours le prouve, le couple de jumeaux inversé qu’est le duel/duo Macron/Le Pen est le système lui-même car il soumet en permanence notre peuple à un « choix » impossible qui relève de ce que les psychiatres appellent une « double contrainte » ou « double injonction » :

  • soit cautionner la mise à mort de la République par le FN (qui ne voit la menace fasciste que recèle le mot d’ordre FN « La France en ordre » ?) sous prétexte de sauver la nation,
  • soit cautionner la mise à mort de la France et des acquis en cautionnant Macron (ou Estrosi, ou Xavier Bertrand, car cet « antifascisme » est vraiment très œcuménique !) sous prétexte de sauver la République.

D’autant qu’il y a AUSSI des élément de fascisation, voire de fascisation galopante chez Macron, digne héritier de Valls : il n’est que de voir son programme d’ordonnances et de renforcement de l’Etat policier ; à l’inverse, la Le Pen ne cesse de reculer, comme le PRCF l’a toujours annoncé, sur sa critique de l’UE, de l’euro et sur ses propositions sociales : tout le baratin « national » et « social » du FN n’a jamais été qu’un appât et le PRCF l’a toujours dit (nous parlions alors d’UM’ Pen !) : le moment venu, le FN et la « droite forte » des LR s’entendront pour la seule chose qui compte, la MATRAQUE sur le monde ouvrier dont une bonne partie se serait politiquement suicidée en élisant le FN. Bref, c’est à cette « alternative »-bidon elle-même qu’il faut chercher une véritable alternative populaire, antifasciste et antiraciste, patriotique, indépendantiste et internationaliste (coopération avec tous les continents !). Et pour débrancher cette « batterie » malfaisante dont les bornes « plus » et le « moins » sont Mac’ Merkel et la Facho Nantie, une batterie qui pourrait bien provoquer une guerre civile ouverte ou larvée, il faut qu’émerge un bloc historique progressiste nouveau, avec une nouvelle hégémonie culturelle, pour parler comme le marxiste italien Antonio Gramsci. Aujourd’hui en effet, deux « cartes de France » politiques se percutent, se déforment et se neutralisent l’une l’autre :

  • d’un côté, la « carte droite / gauche » reste très vivace, comme le montrent à la fois les 20% de Mélenchon d’un côté (dont la thématique est jacobine, communarde, front-populiste, antifasciste, féministe, antiraciste, anti-OTAN, avec à l’arrière-plan l’héritage culturel communiste…) et les 20% de Fillon (dont l’héritage « versaillais », clérical, patriarcal et contre-révolutionnaire est patent).
  • De l’autre côté, la « carte » issue des référendums ineffaçables de 92 (Maastricht) et de 2005 (constitution européenne) oppose la France d’en haut à la masse du peuple à propos de la question européenne. Mais ces deux « cartes » ne se superposent pas, elles se troublent et se désactivent l’une l’autre puisque d’un côté domine un pôle d’apparence « patriote », en réalité fascisant et xénophobe (autour de l’Axe MLP/Dupont-Aignan que rejoindront sans doute nombre d’électeurs de Fillon), et que de l’autre côté on trouve un pôle « internationaliste », en réalité euro-atlantique, dominé par les différents surgeons du PS, de Macron à Hamon, avec Hollande à l’arrière-plan. Comment faire que les deux cartes politiques se superposent de manière progressiste en associant le patriotisme républicain à l’internationalisme des prolétaires ? Car c’était bien le cas à l’époque où le PCF de Jacques Duclos et d’Ambroise Croizat défendait la France sur des bases anticapitalistes et où le programme du CNR plaçait « le monde du travail au cœur de la vie nationale » ?

Pour cela, le PRCF propose de partir de la contradiction principale, objective, indépassable tant qu’on n’est pas sorti du capitalisme par la révolution socialiste : la contradiction capital/travail qui, aujourd’hui, est surdéterminée par la contradiction « monopoles capitalistes / nation laborieuse ». C’est pour cela que le PRCF porte une stratégie cohérente qui devrait intéresser tous les communistes qui veulent sortir de la mortifère « union de la gauche » qui met une bonne partie de la « France rouge » à la remorque du PS et de sa mensongère « Europe sociale, démocratique et pacifique » cautionnée par le Parti de la Gauche européenne (PGE, auquel le PCF s’est affilié) et par la Confédération Européenne des Syndicats (CES, qui supervise les confédérations françaises)… Que faire alors pour faire coïncider ces « cartes » en « dégageant » la pseudo-alternative mortifère que symbolise le second tour de la présidentielle ?

  • Il faut travailler d’arrache-pied à la renaissance d’un vrai parti communiste avec un vif sentiment de l’urgence, en dépassant l’idée hors-sol d’une interminable « longue marche » visant à « reconquérir du dedans » le PCF (au bout de cinq congrès et quand il n’en restera plus rien, ni du PCF, ni de la France ?). Il faut se pénêtrer de l’idée que cette reconstruction du parti s’effectuera SANS et CONTRE les dirigeants de l’appareil euro-formaté du PCF et en regroupant sous un même toit les vrais communistes : les communistes « de l’intérieur », dont certains font encore vivre des cellules du PCF ou des cercles des JC sur des bases de lutte, et les communistes « de l’extérieur », en particulier ceux du PRCF, qui mènent à la fois un travail de terrain et qui font avancer un important travail théorico-culturel (livres, revues, articles d’analyse, vidéos…). La perspective d’un vrai congrès de Tours doit nous animer, non pas pour brûler les étapes et multiplier les auto-proclamations ridicules qu’affectionnent certaines « mouches du coche », mais pour dès aujourd’hui multiplier les interventions communistes unitaires à l’entrée des usines en portant la stratégie des « quatre sorties » par la porte à gauche (UE, euro, OTAN, dans la perspective affichée de la rupture révolutionnaire avec le capitalisme) et des « deux drapeaux » : c’est une erreur que d’avoir proscrit le drapeau rouge et l’Internationale de certains meetings de la France insoumise, comme à l’inverse les manifs ouvrières sans drapeau tricolore, sans mise en cause de l’UE et de l’OTAN et l’opposition typiquement trotskiste et/ou souverainiste entre le rouge du combat ouvrier et le tricolore de 89 ouvrent un boulevard au FN en classe ouvrière. Aux communistes de prendre RAPIDEMENT la tête, avec tous ceux qui le voudront bien, d’un Front Indépendantiste pour l’Emancipation et la République Sociale; sans cela la France sera livrée, à brève échéance,  soit au fascisme, soit à l’euro-dissolution, soit aux deux à la fois, avec à l’arrière-plan la menace d’une mondialisation des guerres impérialistes !
  • sans frilosité par rapport aux appareils confédéraux et fédéraux euro-complaisants, il faut soutenir la renaissance en cours du syndicalisme de classe et de masse (on l’a vu au printemps dernier avec les grèves, les blocages, les manifs combatives), tout faire pour que se solidarisent en un large front syndicaliste de lutte les militants ouvriers, enseignants, étudiants, qui veulent dégager les contre-réformes sans « oublier » de dénoncer l’UE du capital et la militarisation rampante de l’économie imposée par la marche aux guerres impérialistes ; assez de « pudeur de gazelle » sur l’UE qui a dicté la loi El Khomri en France, la Loi Peters en Belgique et le « Job Acts » en Italie ! Assez d’attentisme envers ces dirigeants syndicaux qui, sans même parler de la CFDT jaune qui a « descendu » JLM et promu Macron, sont restés l’arme au pied depuis la fin des luttes contre la loi Travail, qui ont éludé leurs responsabilités au 1er tour (fût-ce pour condamner clairement, sur des bases syndicales, Le Pen, Fillon et Macron !). Et qui parfois, passant outre aux mandats syndicaux, ont nommément rabattu sur Macron au second tour au risque de légitimer le dispositif thatchérien que ces mêmes dirigeants nous demanderont ensuite de combattre en prenant tous les risques quand Macron dira : « mais vous m’avez-vous-même pour faire ça ! ». Il est donc grand temps que germe en France un large front rouge des travailleurs français et immigrés, actifs, retraités, chômeurs ou en formation, du privé et de ce qui reste du public, avec une vraie plate-forme syndicale de lutte.

Disant cela, qu’on ne me fasse pas de grâce le coup de « l’indépendance syndicale ». D’abord parce qu’ayant constamment ou presque été militant et élu syndical de lutte pendant ma vie professionnelle, je suis légitime à parler aussi haut que tout autre en la matière. Ensuite parce que, chacun le sait, c’est quand les communistes se désintéressent de la vie syndicale et quand, symétriquement, les dirigeants syndicaux disent qu’ils « ne font pas de politique », que la courroie de transmission entre l’UE et les syndicats (via la CES !), voire entre les syndicats et le via Macron (n’est-ce pas Laurent Berger ?), se renforce aux dépens des travailleurs. Il n’y a qu’une classe ouvrière et pour gagner, elle doit reconstituer ses outils de lutte sur tous les terrains à la fois, politique, syndical, associatif et culturel au sens large ! Non pour diviser nos syndicats, mais pour leur rendre la « pêche » contre les politiques de guerre et d’austérité !

  • Contre à la fois le front des xénophobes racistes et contre celui des pseudo-républicains pro-Maastricht, il faut construire un large front politique et culturel que le PRCF appelle le FRAPPE : Front de résistance antifasciste, patriotique, populaire et écologique. Malgré ses inconséquences, malgré son caractère inévitablement hétérogène et même si elle ne porte évidemment pas le même potentiel contestataire dans un quartier bourgeois de Paris ou dans une ville ouvrière du Nord, la galaxie de la France insoumise (FI) représente 450 000 intervenants, un réseau de terrain impressionnant, sept millions d’électeurs. Le travail des communistes n’est nullement de donner des leçons, de « faire de l’entrisme » à la trotskiste dans la FI, encore moins d’y porter de destructives surenchères gauchistes, mais d’expliquer patiemment qu’un positionnement clair pour le Frexit progressiste, un passage rapide des luttes électorales à l’engagement de terrain, une présence chaleureuse et non récupératrice aux manifs antifascistes et/ou anti-Macron, peuvent polariser des millions de « petites gens » qui, sans cela iront inéluctablement au FN quand la politique macronienne mâtinée de directives européennes et de guerres impérialistes aura encore aggravé les conditions d’existence. Bref, sans jamais sacrifier l’indépendance politique des communistes (qui n’entendent pas se fondre dans le « mouvementisme » cher à JLM), il faut aider la FI à entrer en résistance pour devenir « FFI », Franche Franchement Insoumise à l’UE du capital. Dans une large mesure, c’est ce qui lui a manqué pour entraîner les masses populaires (79% des ouvriers ont dit non à la constitution européenne !), pour accéder au second tour et, qui sait, pour gagner l’élection en éliminant à la fois Le Pen, Fillon et Hamon… et en suscitant un immense 1er Mai de combat !
  • Bien entendu, le terrain principal reste, et de loin, l’entrée des entreprises, et d’abord celle des usines. Avant le 1er tour, le PRCF a réussi à diffuser 150 000 tracts-programmes appelant aux nationalisations démocratiques et au Frexit progressiste. Des adhésions, de jeunes notamment, ont commencé d’affluer au PRCF dont le site a fait un nouveau bond. Et c’est bien entendu D’ABORD dans ce travail en direction des entreprises où se joue l’affrontement central travail/capital que pourront à nouveau coïncider la carte de l’émancipation sociale (attachée à l’idée de « gauche » dans l’histoire profonde du pays) et celle de l’émancipation nationale (attachée à l’objectif du Frexit progressiste).
  • Tout cela serait impossible sans une lutte idéologique acharnée pour le socialisme- et contre le capitalisme. A notre époque où « l’exterminisme est le stade suprême de l’impérialisme », le mot d’ordre de l’inoubliable Fidel est à prendre au pied de la lettre : « socialisme o muerte, patria o morir » ; en clair, sans la révolution socialiste, qu’il faut associer au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, l’humanité, et les nations libres seront broyées par l’impérialisme. Raison de plus, à l’approche du 100ème anniversaire d’Octobre 1917, pour dénoncer le terrible bilan mondial de la contre-révolution antisoviétique, pour rappeler que les acquis du CNR que nous défendons eussent été impensables sans l’immense victoire de Stalingrad à l’arrière-plan. Alors, fustigeons l’odieuse équation dite « antitotalitaire » inculquée dès les bancs de l’école « URSS = Troisième Reich» (sic !). Car cette criminalisation du communisme historique ne se contente pas de diaboliser les révolutions futures et passées (y compris la Révolution française), elle tend à banaliser et à réhabiliter les nostalgiques du Reich en mettant honteusement sur le même plan les nazis qui ont construit Auschwitz et l’Armée rouge qui a libéré le camp. À l’abri de l’antisoviétisme et de la russophobie dominante, le danger négationniste devient pressant en France même où des nostalgiques de l’Ukraine hitlérienne tentent d’obtenir la caution de l’Université, et les faits montrent que l’on ne peut pas contenir l’offensive fasciste en France même quand on refuse de rompre avec ce que l’historienne Annie Lacroix-Riz appelle « l’antisoviétisme de confort ».

Le PRCF a également engagé, avec sa revue théorique Étincelles et des chercheurs venus de plusieurs horizons, un important travail d’actualisation du matérialisme dialectique. Sans la renaissance de la philosophie marxiste, si longtemps calomniée ou désertée, l’esprit des « Lumières » est en grave danger dans cette société capitaliste percluse d’irrationalisme, de consumérisme myope, d’infantilisme débilitant, d’exterminisme inconscient : aussi longtemps que le matérialisme dialectique est exclu du débat « autorisé », les Lumières communes sont en effet privées de leur appui philosophique et scientifique le plus conséquent.

Dans cet esprit le PRCF appelle à un grand rassemblement internationaliste le 4 novembre prochain à Paris. Il s’agira moins pour les communistes de France d’y « défendre la Révolution d’Octobre » diffamée par l’historiographie bien-pensante, mais de SE défendre eux-mêmes AVEC la Révolution d’Octobre. Avec l’idée de reconstruire en France ce qui nous fait le plus défaut pour résister à la fascisation et à l’euro-dissolution nationale : un parti d’avant-garde de la classe ouvrière et du monde du travail, en un mot, un parti léniniste.