Briser l’étau qui broie la France et le monde du travail – l’appel de la commission lutte du PRCF

Déclaration de la Commission Luttes du PRCF – 22 mars 2021 : 

Plus que jamais, soutenir le syndicalisme de classe, fédérer les résistances populaires et leur ouvrir une perspective politique progressiste et radicalement euro-critique. 

BRISER L’ÉTAU QUI BROIE LA FRANCE ET LE MONDE DU TRAVAIL

La situation sociopolitique de début de printemps est marquée à la fois… 

  • par une grêle de mauvais coups patronaux et gouvernementaux (accélération des délocalisations, des euro-privatisations, des fusions industrielles capitalistes transcontinentales, plans massifs de licenciements, contre-réformes dictées par l’UE, paupérisation et précarisation massives de la population laborieuse alors que le grand capital se gave des fonds publics du « grand emprunt européen » dispensés sans contrôle par le gouvernement et les collectivités publiques…), 
  • par le mécontentement populaire massif, qui fait craindre une « explosion sociale » à l’ex-Premier Ministre Édouard Philippe, et aussi…
  • par un empilement sans fin de dispositifs liberticides qui, sous couvert de situation sanitaire et de lutte antiterroriste, servent  à gêner au maximum les mobilisations tout en divisant la population laborieuse (cf les lois de « sécurité globale » et de lutte contre le prétendu « séparatisme musulman »). 

En outre, pèsent lourdement sur le mouvement populaire, non seulement l’absence totale de stratégie syndicale confédérale visant à la montée et à la convergence des luttes, mais l’enlisement accéléré des directions syndicales confédérales – y compris, hélas, de la confédération C.G.T. qui porta longtemps le syndicalisme de classe et ses victoires – dans une orientation euro-réformiste totalement à la remorque de la C.F.D.T. et de la C.E.S. – Le mouvement populaire subit aussi le torpillage de toute véritable alternative politique anticapitaliste, antifasciste, anti-impérialiste et franchement insoumise à l’UE par les appareils euro-dépendants de la « gauche », incapable de rompre définitivement avec le Parti « socialiste », mais aussi par l’ « extrême gauche » acquise au supranationalisme européiste. Tout est ainsi fait, un an avant l’échéance de 2022, pour démotiver le mouvement populaire en programmant la reconduction désespérante du faux « duel » et vrai duo Macron-Le Pen, le premier s’efforçant sans honte de « prendre de droite » le rassemblement lepéniste (!) tandis que la seconde, tombant le masque du « souverainisme », se présente désormais comme une Européenne convaincue dans l’espoir d’être adoubée par le M.E.D.E.F., les grands médias et le C.A.C. 40.

DÉCOMPOSITION SYNDICALE EURO-RÉFORMISTE OU CONTRE-ATTAQUE DU SYNDICALISME DE CLASSE ?

En outre, des signes de plus en plus inquiétants de paralysie, voire de décomposition, apparaissent dans l’appareil fissuré de la C.G.T. où se succèdent désormais à vive allure démissions publiques et fractures fratricides, tandis que nombre de syndicats, voire de fédérations, d’U.D. et d’U.L. se déconnectent d’un appareil confédéral apathique, globalement arrimé à la C.E.S., frayant même désormais avec les syndicats allemands de collaboration de classes et incapable de rompre, même en rêve, avec la direction jaunâtre de la C.F.D.T.. Par bonheur des voix syndicales de plus en plus nombreuses se font courageusement entendre à la C.G.T. et ailleurs, y compris de plus en plus souvent, par le canal d' »Initiative communiste« , pour un renouveau du syndicalisme de classe et pour la fin des excommunications ciblant les convergences entre militants de classe syndicaux et politiques, certains de ces militants allant jusqu’à questionner l’appartenance de la France à l’U.E. et l’affiliation de la C.G.T. à la C.E.S. De manière réjouissante, ces mêmes voix prônent en outre, comme l’a proposé le Front syndical de classe de manière pionnière, le retour de la C.G.T. à la Fédération Syndicale Mondiale (F.S.M.). Des dirigeants syndicaux de premier plan proposent même de rouvrir le débat sur la rupture avec le capitalisme et sur la perspective du socialisme pour notre pays. Le P.R.C.F. et sa commission Luttes ne peuvent que se féliciter d’avoir été objectivement à l’avant-garde de ces évolutions idéologiques positives et prometteuses, comme mille documents publiés au fil des années peuvent l’attester.

Dans ces conditions, il revient aux militants franchement communistes et/ou aux syndicalistes de classe…

1°) de dénoncer ensemble les conceptions réactionnaires qui opposent syndicalisme et politique. Jamais le peuple travailleur de France n’a obtenu autant d’avancées que lorsque les syndicats de classe C.G.T.U., puis C.G.T., marchaient main dans la main avec le grand parti d’avant-garde ouvrier et marxiste-léniniste qu’était alors le P.C.F. Au moment des grandes avancées de la Libération, Jacques Duclos présidait l’Assemblée nationale tandis qu’Ambroise Croizat (fédération des Métaux), Maurice Thorez (Fédération du Sous-Sol), Marcel Paul (fédération des industries électriques et gazières), principaux auteurs des grandes lois progressistes de la Libération, avaient fièrement en poche à la fois les cartes de la C.G.T. et du P.C.F. L’indépendance syndicale véritable se construit en effet, non pas en distendant et en brisant les relations fraternelles entre syndicalistes de classe et militants communistes, mais en rendant les syndicats indépendants du grand patronat, de l’État bourgeois, de l’Europe supranationale et de ses appendices financés par Bruxelles, qu’il s’agisse de la CES présidée par le jaune Laurent Berger, du Parti socialiste européen (P.S.E.) ou du Parti de la gauche européenne (P.G.E.) incurablement attachés à la « construction » européenne et à la monnaie unique européenne, dispositif monétaire de classe totalement nuisible à l’emploi industriel, aux services publics, aux dépenses de santé, aux retraites et aux salaires. 

Quant à la tentative réactionnaire des bureaucrates réformistes de se préserver des critiques en fustigeant les syndicalistes « qui font de la politique » et en bannissant des cortèges syndicaux les partisans du Frexit progressiste, elle doit être repoussée dans l’intérêt du mouvement populaire tout entier : les communistes syndiqués sont en effet des salariés comme les autres et, comme leurs camarades non communistes, ils subissent les reculs sociaux à répétition suscités par la stratégie défaitiste des directions confédérales euro-formatées. N’acceptons plus que les Chérèque père et fils, les Nicole Notat, les Thibault, Le Duigou et autres Le Paon, Mailly et Cie, tous dotés par l’État de sinécures hautement lucratives dès qu’ils parviennent à la retraite, jouent les vertus outragées quand il est question des relations entre syndicalisme et politique révolutionnaire, tandis que les ouvriers, employés, techniciens, petits et moyens fonctionnaires, chômeurs, pensionnés et autres militants syndicaux engagés politiquement n’auraient, eux, que le droit de payer leur cotisation syndicale, de défiler périodiquement lors de manifs saute-moutons systématiquement perdantes et dénuées de tout mot d’ordre, de voter Macron au second tour de la présidentielle à l’appel de leurs états-majors syndicaux, et de voir, à l’instar de leurs collègues non engagés politiquement, leurs salaires bloqués, leurs emplois délocalisés, leurs services publics privatisés, leur travail méprisé, leurs pensions et leurs indemnités chômage rognées et leur pays broyé par l’U.E., le M.E.D.E.F. et Macron unis comme les doigts de la main pour frapper la France du travail ! Nous sommes communistes, nous sommes syndicalistes et nous en sommes fiers, mais avant tout nous sommes des travailleurs, et rien ne nous empêchera de faire nôtre tout qui concerne notre classe, y compris la libre discussion des stratégies syndicales !

b) d’appeler tous les syndicalistes de classe à se parler sans filtre, à dialoguer à la base, à surmonter les divergences secondaires et les étroitesses corporatives, à affronter tous ensemble et en même temps les orientations destructives, et en réalité antisyndicales, qui font le jeu du M.E.D.E.F., de l’U.E. et de sa principale courroie de transmission, la C.F.D.T. de Berger, par ailleurs président de la C.E.S. Syndicalistes de classe, osons fédérer « en bas » nos luttes, nos critiques et nos propositions, osons mettre en question à la base cette « construction » européenne qui achève de détruire notre pays désormais même plus capable d’élaborer et de produire un vaccin pour stopper une épidémie mortifère ! 

POUR UNE PLATEFORME REVENDICATIVE FÉDÉRATRICE

Ensemble, travaillons à une plateforme revendicative fédératrice aidant les travailleurs actifs, privés d’emploi, retraités ou en formation, qu’ils soient du secteur public ou du secteur privé et quelle que soit leur branche professionnelle à passer à la contre-offensive sociale « tous ensemble et en même temps ». Ensemble, exigeons notamment…

  • l’abrogation de toutes les contre-réformes, privatisations, délocalisations, fusions industrielles capitalistes, de toutes les contre-réformes passées, en cours ou en préparation visant à détruire l’Éducation nationale, l’Université et la Recherche, l’hôpital public, EDF, la SNCF, la Poste, le ministère de l’Équipement et ADP, les retraites par répartition, la Sécu, les statuts de la fonction publique, le Code du travail et l’indemnisation du chômage, de tous les plans de licenciements et autres prétendus « redéploiements » capitalistes ;
  • la défense et la reconstitution planifiée du produire en France industriel, agricole, halieutique et artisanal, tout en exigeant la nationalisation démocratique des banques, des assurances et des autres secteurs-clés de l’économie ;
  • l’augmentation des petits et moyens salaires, le remboursement complet par la Sécu des soins médicaux, la relance massive du logement social, l’interdiction de la spéculation foncière et immobilière, le retour aux retraites par répartition avec retraite à 60 ans pour tous (et à un âge moins avancé pour les travaux pénibles), le rétablissement et l’accroissement des droits syndicaux et des autres libertés civiques ;
  • l’abrogation de toutes les lois liberticides, la punition des violences policières et de tous les agissements à connotation raciste, sexiste ou antisyndicale ;
  • la taxation des grandes fortunes et du grand capital, la confiscation par l’État des sommes soustraites à l’impôt par l’évasion fiscale, la baisse des taxes indirectes (T.V.A….) frappant la population laborieuse et pénalisant durement les classes populaires et moyennes ;
  • la fin de la course aux armements orchestrée par l’O.T.A.N., la cessation des expéditions néocoloniales de la France, sa sortie du dispositif belliqueux et ruineux de l’Alliance atlantique.

Tout cela dans la perspective de la reconquête de l’indépendance nationale, de l’émergence d’une véritable souveraineté populaire plaçant le monde du travail au centre de la Nation, d’une coopération internationaliste fraternelle et d’une société débarrassée de l’exploitation capitaliste.

SYNDICALISTES DE LUTTE, DIALOGUONS SANS EXCLUSIVE!

Dans cet esprit, la Commission Luttes du PRCF, qui ne cesse d’élargir ses contacts fraternels avec nombre de syndicalistes, continuera de dialoguer sans exclusive avec tous les acteurs potentiels du renouveau du syndicalisme de classe et de masse, non seulement au sein de la C.G.T., mais aussi au sein de S.U.D. et de la F.S.U., dans le syndicalisme étudiant, voire à F.O. (où le courant euro-réformiste n’a pas été regardant sur les méthodes pour écarter les syndicalistes euro-critiques de la direction de la confédération…).

Nous soutiendrons aussi, comme toujours, le Front syndical de classe dont nous saluons les analyses anticipatrices et la récente relance combative

Nous continuerons par ailleurs d’interpeller prioritairement, avec l’aide des J.R.C.F., de la Commission Santé du P.R.C.F., de sa commission Éducation, de sa commission Écologie et Agriculture et de son secteur Femmes, les travailleurs des entreprises privées et des services publics, les lycéens et étudiants, les quartiers, sans cesser de nous adresser aux manifestations populaires.

LE SYNDICALISME DE LUTTE A BESOIN D’UNE ALTERNATIVE ROUGE ET TRICOLORE !

Enfin nous continuerons, avec tout le P.R.C.F., à forger une perspective, un programme et des outils politiques utiles à la montée des luttes et à leur convergence. Pour cela, nous appelons les syndicalistes de lutte à soutenir les efforts de notre camarade Fadi Kassem, responsable du Pôle et syndicaliste, désigné par le P.R.C.F. pour porter une alternative rouge et tricolore orientée vers le Frexit progressiste et le socialisme. C’est indispensable pour donner corps au tous ensemble en même temps et pour briser l’étau mortel que le macro-lepénisme resserre sur notre pays avec l’aide d’une « gauche » politico-syndicale établie incapable de rompre avec le mensonge social-impérialiste (social en paroles, impérialiste en pratique!) de la pseudo « réorientation sociale, écologique, démocratique et pacifique de l’euro et de la construction européenne ».