Venezuela : gagner les élections et gagner les masses !

S’il faut bien sûr se réjouir de cette victoire de Nicolas Maduro, il serait néanmoins erroné de tomber dans un certain triomphalisme. Beaucoup de choses restent à faire : gagner les masses, construire le socialisme, élargir le front anti-impérialiste.

Il faut saluer la fin du cycle de l’Assemblée nationale aux mains de l’opposition, lequel aura duré cinq ans et fut au cœur d’un dispositif golpiste (de la volonté d’incriminer Nicolas Maduro en 2016 à la tentative de déclencher une offensive militaire étrangère contre le pays en 2019, sans oublier le coup de force des Guarimbas de 2017) sur fond d’un blocus qui se durcit.

Si une partie du danger est écarté, une menace demeure : une certaine érosion du soutien populaire. Car la participation est tout de même faible. Les forces progressistes, à savoir le PSUV vainqueur mais aussi l’alliance emmenée par le PCV comptabilisent, à elles deux, 4 millions de voix. C’est moitié moins que les votes pour l’assemblée constituante en 2017 (8 millions de voix) et moins que les 6 millions de voix de Maduro en 2018, ou les 5,6 millions lors des législatives de 2015. L’opposition de droite avait, à titre de comparaison, recueilli 7,7 millions de voix en 2015.

Certes, ce ne sont certainement pas les appels du pantin Juan Guaido au boycott qui expliquent ces relatifs mauvais chiffres. Car des membres de l’opposition vénézuélienne réclament un renforcement des sanctions internationales ou d’une intervention étrangère dont les Vénézuéliens, très patriotes, ne veulent sous aucun prétexte. Pour une grande part, cette opposition antinationale est discréditée définitivement dans l’opinion publique.

La faible participation ne s’explique pas non plus uniquement par la peur du Covid, même si ses effets sont difficiles à évaluer et ont dû tout de même jouer un rôle plus important que ce que les chiffres annonçaient.

La réalité est qu’il faut une dynamique pour marcher vers le socialisme et permettre l’initiative des masses dans la construction de ce dernier. Pour cette mobilisation croissante, il faut savoir tendre la main pour élargir le front. Nul doute que les communistes auront certainement un rôle important à jouer dans la période qui vient.

Commission internationale du PRCF

Au lendemain des élections, le PCV soulignait dans un communiqué de Oscar Figuera, son secrétaire général :

Le PCV continue au Parlement, et maintenant avec la #APR, à promouvoir les luttes de la classe ouvrière et des travailleurs contre l’impérialisme et le réformisme capitulard ; pour la Libération Nationale et le Socialisme-Communisme.

Pour continuer à se battre et pour gagner !

https://twitter.com/OscarFigueraPCV/status/1336101702311825409

L’alternative populaire révolutionnaire (APR), emmenée par le Parti Communiste Venezuelien, dans une conférence de presse tenue le 8 décembre 2020 salue le vote du peuple venezuelien :

Les résultats obtenus lors de ces élections sont un exemple de la dignité et du courage du peuple vénézuélien pour élire une représentation engagée envers la nation vénézuélienne.

https://twitter.com/PCV_Ve/status/1336332893728063488

et de préciser : « Nous prenons l’engagement d’exprimer à l’assemblée nationale la politique que nous construisons ensemble avec le peuple vénézuélien. » «  La #APR vise à regrouper tous les courants qui vont affronter le réformisme et la capitulation, pour leur donner une voie révolutionnaire de sortie de la crise capitaliste. »

« Notre victoire ne se mesure pas au nombre de députés ; elle se mesure à la capacité de regrouper les secteurs populaires et révolutionnaires qui étaient dispersés pour parvenir à la reprise du cours de la révolution dans notre pays. »

https://twitter.com/PCV_Ve/status/1336337634927394817

Tout en appelant à la résistance:

Nous n’allons pas accompagner la loi de reddition et de blocus qu’ils ont appelée la loi anti-blocage, car elle porte atteinte aux droits acquis par les travailleurs de la ville et de la campagne.

https://twitter.com/PCV_Ve/status/1336341912282808320

et en regrettant à raison d’avoir été privé d’accès aux médias durant la campagne (lire ici le communiqué de presse des camarades venezueliens).

Conférence de presse de l’APR et du PCV – 8 décembre 2020