Les USA ouvrent la porte à Erdogan pour envahir la Syrie et écraser les kurdes, faisant le jeu de l’Etat Islamique.

7/10/19 Convois militaire quittant Tal Abyad -Agence d’information ANHA affiliée au YPG (kurdes)

Le 7 octobre, les troupes américaines qui occupent le nord est de la se sont retirées de leurs bases à la frontière entre la et la Syrie. Ce retrait intervient après que Washington a garanti durant des mois aux forces kurdes (FDS) qui contrôlent la région sa protection contre une agression turque alors que le régime islamiste Erdogan n’a cessé de menacer et d’attaquer ouvertement le nord de la Syrie. Washington s’est appuyé ces dernières années sur les forces kurdes pour mettre la main sur la riche région pétrolifère et irriguée par l’euphrate du nord est de la Syrie, longtemps controlée par les islamistes de . Des islamistes qui revendaient le pétrole via la frontière turque. L’intervention des milices kurdes combinée à l’offensive syrienne appuyée par la Russie avait permis de défaire complètement en 2017 et 2018.

Vers une invasion militaire du nord de la Syrie par la Turquie ?

Au matin du 7 octobre 2019, les bases américaines de Talla Abyad, Ras Al Ain, Tell Arqam, ont été évacuées par leurs soldats

En jaune la partie de la Syrie contrôlé par les FDS kurdes. En vert les secteurs contrôlés parles islamistes appuyés par la turquie au nord, les USA au sud.

D’après les médias turques, plus de 14 000 miliciens islamistes de la Free Syrian Army, prélevés sur les troupes djihadistes entretenues par le régime Erdogan dans l’enclave d’Idlib et dans la région d’Afrin, dont l’armée turque s’est emparée en 2018, sont actuellement mobilisés pour attaquer le nord de la Syrie. L’armée turque déploie ses canons, ses mortiers et ses lances missiles à la frontière.

La frontière leur est désormais ouverte depuis que les soldats US sont partis, depuis que le département d’état américain a officiellement fait savoir que les forces américaines ne défendraient pas les forces kurdes en Syrie. Elle leur est d’autant plus ouverte que pour continuer d’obtenir le soutien de leur mentor américain, les forces kurdes ont accepté il y a quelques mois de démanteler l’intégralité de leur fortification à la frontière syrio-turque.

Les kurdes qui ont longtemps refusé de négocier avec Damas, pensant pouvoir s’appuyer sur la garantie de leur puissant soutien américain, se retrouvent totalement dupés. Livrés à l’armée turque, comme il y a de cela quelques mois à Afrin.

De son coté, la Russie, principal soutien de la Syrie, a appelé au retrait de l’intégralité des troupes illégales de la Syrie. Ce qui concerne aussi bien les troupes turques, américaines ou françaises, qui n’ont aucun mandat de l’état souverain syrien.

A Genève, l’ONU, elle, dit redouter le pire.

Quid des troupes françaises ?

Blindés de l’armée française à Manbij, syrie, avril 2018

Pour ceux qui penseraient que cette question n’est que lointaine, il est important de rappeler que la impérialiste lancée par l’axe euro- atlantique contre la Syrie au début des années 2010 a eu des conséquences sanglantes en France. Avec les terribles attentats islamiques que l’on connait, résultat du soutien occidental aux islamistes pour renverser la république arabe – laïque – de Syrie.
Au-delà, le régime Macron dans la continuité du gouvernement de Hollande, dans le plus grand flou et sans jamais avoir consulté la représentation nationale, a déployé un nombre de troupes inconnu dans le nord est de la Syrie au coté des américains. La question est donc désormais quid des troupes françaises en Syrie, alors que Macron a toujours péroré qu’il soutiendrait les FDS kurdes ? Il y a fort à parier que Macron ne lèvera pas le petit doigt pour éviter la guerre en s’opposant à son autre alliée : la Turquie n’est-elle pas elle aussi membre de l’OTAN, dans la région?

Le danger de la résurgence de DAECH / Etat Islamique

Pour protéger le kurdistan syrien de l’invasion de l’armée turque et de ses milices islamistes, les FDS ont entrepris de rapatrier leurs troupes vers la frontière nord, laissant la vallée de l’Euphrate où ses forces armées continuaient d’affronter les résidus de l’état islamique. On ne peut que craindre la résurgence de Daech dans la région, et ce d’autant que les USA ont systématiquement attaqué l’armée syrienne dans la région, y compris lorsque celle-ci défendait Deir Es Zorr assiégée par l’Etat Islamique. Dans les combats contre Daech, les kurdes ont perdu près de 20 000 hommes.

JBC pour www.initiative-communiste.fr