Erdogan insulte Macron : quelle réponse progressiste ?

Que cherche le belliqueux, dangereux et fascisant président turc en insultant journellement Macron et en faisant artificiellement monter la tension entre la Turquie et notre pays ? 

La réponse est simple: cet intégriste choyé par l’OTAN et financé par l’UE, massacreur du peuple kurde, liquidateur de la république laïque turque et destructeur des libertés civiques, occupant de Chypre, chercheur de batailles navales de la Méditerranée orientale au Sud de la Sicile, fauteur notoire de l’actuelle guerre qui déchire le Caucase, financeur notoire de Daesch, veut notoirement reconstituer le Sultanat et l’empire ottoman qu’avait démembré le traité de Versailles. Rien de tel pour atteindre ce but délirant et ultraréactionnaire que, d’une part, exploiter les difficultés croissantes qu’éprouve l’impérialisme français décadent pour « tenir » sa zone d’influence néocoloniale, du Liban au Sahel: d’où une confrontation militaire larvée entre la France, alliée à la Grèce, et la Turquie, notamment sur le plan naval, au large du Liban et au large de la Libye. 

D’autre part, comme ses concurrents qatari, saoudiens, pakistanais, Erdogan se sert de l’islamisme radical pour tenter de devenir le chef mondial d’une pseudo-guerre sainte contre la France, présentée comme le chef de file satanique de la licence et du blasphème: menace terrible en tout premier lieu pour les millions de musulmans qui ne confondent pas leur foi personnelle avec un projet qui peut parfaitement allumer la troisième (et  dernière!) guerre mondiale ! 

Et la chose est d’autant plus dangereuse que depuis des décennies, les gouvernants français pseudo-laïques successifs, Sarkozy en tête, ont laissé la Turquie quadriller notre pays en y dépêchant de prétendus imams formés par la confrérie réactionnaire des Frères musulmans et totalement étrangers à notre culture. 

Faut-il alors répondre, comme le fait Macron, par des discours irresponsables sur le « séparatisme musulman » – qui produit de l’amalgame à jet continu! -, par de nouvelles lois liberticides qui atteignent peu les intégristes mais qui briment les libertés de tous, voire par un appel à « faire la guerre à l’islamisme », comme y appelle irresponsablement Marine Le Pen pour préempter la prochaine présidentielle ? Aller dans cette direction, ce n’est pas seulement criminaliser scandaleusement nos compatriotes musulmans pacifiques, ce n’est pas seulement diviser et paralyser le peuple travailleurs de France, c’est mettre en danger la sécurité de la France et la vie même des Français dans l’Hexagone et dans le monde entier! 

La réponse des militants franchement communistes ne consiste donc pas à faire l’union sacrée derrière Macron, comme est tentée de le faire toute la gauche établie (y compris de plus en plus, hélas, la FI, d’autant plus diabolisée qu’elle joue le jeu de la prétendue « unité nationale »!), laquelle accepte l’UE, ne fait rien contre l’OTAN, proteste mollement sur l’euro-casse de l’hôpital et de l’école, ou abandonne le terrain des luttes pour encenser le dangereux emprunt européen porté par Merkel et MAcron, cette bombe à retardement contre la souveraineté nationale et contre nos retraites: c’est ce que viennent de faire les secrétaires généraux de la CGT, de l’UNSA, de la CFDT et de FO en signant un appel commun avec la principale centrale allemande dont les accointances avec le patronat d’outre-Rhin sont revendiquées. De quoi faire se retourner dans leur tombe les lutteurs et résistants antifascistes qu’étaient Frachon, Croizat ou Krazucki!

Or, plus la « gauche » abandonne l’opposition populaire résolue à Macron-MEDEF, plus elle plie devant l’UE en déclarant, comme Manon Aubry, que la France ne quittera jamais l’UE, plus le PCF continue son flirt impénitent avec le PS et avec le Parti de la gauche européenne, et plus les frères ennemis de l’islamisme radical et du racisme antimusulman se partagent les parts de marché du mécontentement populaire au risque de nous conduire au « choc des civilisation », guerre l’extérieur, guerre civile dans l’Hexagone.

Nous, militants franchement communistes, proposons donc,

  • sur le plan extérieur, de revenir à la politique arabe traditionnelle de la France qui a été liquidée par le malfaisant Sarkozy: assez de soutien aveugle à la politique néocoloniale et fasciste d’Israël, rupture des relations privilégiées avec le Qatar et l’Arabie saoudite, respect de la volonté populaire de changement en Afrique subsaharienne! Souvenons-nous qu’en 2003, quand Chirac, dans un ultime sursaut gaulliste, avait refusé de cautionner l’invasion états unienne de l’Irak, notre pays était populaire dans le monde entier (hormis dans la poignée d’Etats qui se prennent pour la « communauté internationale »),
  • de sortir de l’UE-OTAN, qui sont totalement alignées sur la politique américaine, laquelle a promu méthodiquement et cyniquement depuis trois décennies l’islamisme terroriste pour abattre les régimes arabes laïques et démolir l’URSS.
  • en France même, de défendre résolument la laïcité, non seulement contre les islamistes qui refusent la loi commune à l’école et dans la cité (ces comportements doivent être réprimés et les enseignants doivent être soutenus, et non pas lâchés comme l’a été le malheureux Samuel Paty!), mais contre toutes les violations grossières au profit d’autres religions (abandon budgétaire de l’école laïque et montée d’une école privée de classe, paiement par l’Etat des prêtres catholiques, des pasteurs et des rabbins en Alsace-Moselle, discours de Macron parlant ès qualités aux repas du CRIF ou au Synode des Evêques, etc.).
  • d’en finir avec la casse euro-libérale des acquis de 1936 et 1945 qui permettaient aux Français de toutes confessions, tout en se confrontant durement sur le terrain social et politique (mai 68!), de faire nation ensemble : contre le néolibéralisme de plus en plus policier de Macron et de ses satellites de 1er et de second tour, contre le nationalisme fascisant de la dynastie Le Pen et de ses flanc-gardes de la droite dure (les Ciotti, Luca et Cie), mais sans croire aux sirènes lénifiantes de la gauche euro- et capitalo-compatible, refusons que la lutte indispensable contre le funeste coronavirus serve à interdire les manifs et les tractages, travaillons au tous ensemble des gilets jaunes et militants progressistes, faisons naître une Convergence Nationale des Résistances n’hésitant par à proposer le Frexit progressiste, militons pour une nouvelle république démocratique et sociale centrée sur le monde du travail et en marche vers le socialisme. 

Et pour cela, travaillons à la reconstruction d’un vrai parti communiste de combat, patriote et internationaliste, tendant la main à tous les travailleurs croyants ou non croyants. C’est urgent et vital si l’on veut vraiment éviter l’implosion programmée de notre pays.

Georges Gastaud et Fadi Kassem