Ultra libéral : le FN tombe le masque de l’euroscepticisme – Le #Frexit sera progressiste ou ne sera pas – Par Georges Gastaud

Avant même le 1er tour, Marine s’était répandue en déclarations d’amour pour « l’ ». Entre les deux tours, tout occupée à son compromis avec Dupont-Aignan, elle a accentué son recyclage -compatible au point de totalement brouiller son message et d’ouvrir un boulevard à l’euro-fédéraliste Macron lors du débat de second tour où le second avait sur la première l’avantage flagrant de la cohérence politique. Voici maintenant que le député Gilbert Collard somme publiquement « Marine » de clore définitivement le chapitre de la « sortie de l’euro ».

Les ténors du FN désormais officiellement contre la sortie de l’Euro

Ce faisant le FN valide comme à la parade les analyses du PRCF et de la rédaction d’Initiative communiste. Depuis des années nous expliquions que le FN est parfaitement soluble dans l’UE supranationale. Non seulement parce que la dictature euro-atlantique pilotée par Berlin se fascise à vue d’œil (montée des persécutions anticommunistes à l’est, prolifération des groupes xénophobes et fascisants des Pays baltes à la Hongrie, sans parler de l’Allemagne, de la Hollande et de la France…), mais parce que la nature de classe du FN, l’ancrage de sa direction dans la « France d’en haut », lui interdisent de rompre avec cette « construction » européenne que portent le MEDEF, la totalité des PDG du CAC-40 et toute cette oligarchie qui vomit l’ « exception française » issue de Robespierre et d’Ambroise Croizat que les Fillon, Macron, Hollande… et Le Pen veulent briser en prenant appui sur l’Empire euro-atlantique parrainé par Berlin. A vrai dire, la Le Pen a seulement mis le point sur les « i » du mot soumission puisqu’elle n’avait jamais promis de quitter l’euro que si les autres pays de l’UE, RFA en tête, étaient d’accord pour cela (c’est ce que le FN appelait la « sortie concertée de la zone euro » ), bref, que le jour où les tigres auraient brouté l’herbe.

En réalité, les retrouvailles du FN et de la droite dure sont inscrites dans les gènes versaillaises, voire néo-vichystes, des partis réactionnaires qui tôt ou tard s’entendront pour « mettre la France en ordre » aux dépense du mouvement ouvrier si Macron ne parvient pas à imposer son plan d’ajustement structurel maastrichtien.

Et comme toujours l’abandon de l’indépendance nationale s’accompagne de l’abandon des références, fussent-elles démagogiques, au progrès social puisque dans ses ultimes prises de position, la Le Pen « reportait » le retour à la retraite à 60 ans à… la fin de son futur quinquennat, subordonnant le rétablissement des acquis sociaux à un éventuel retour au plein emploi…

Le Frexit sera populaire ou ne sera pas

Comme nous l’avons expliqué et démontré sans relâche, la France n’est pas l’Angleterre où, pour des raisons géopolitiques évidentes (le « vent du large » a toujours soufflé plus fort à Londres que les brises de la Manche), le « Brexit » pouvait s’effectuer sur des bases réactionnaires. Chez nous seule la classe ouvrière et le monde du travail peuvent mener le Frexit à son terme en l’associant à un programme de nationalisations démocratiques et de rupture avec le grand capital.

Une fois de plus est réfutée la double illusion – celle que partagent les faux ennemis du gauchisme et du souverainisme de droite ! – qui consiste à opposer le Frexit au socialisme, le drapeau rouge au drapeau tricolore, l’Internationale à la Marseillaise. Qui peut le plus peut le moins et comment un peuple français impuissant à s’affranchir de la prison européenne pourrait-il a fortiori s’émanciper du capitalisme ? La position des euro-trotskistes, et à leur suite, des euro-« communistes » du PGE et de quelques « ML » inconsciemment trotskisants est donc proprement ridicule. A l’inverse, – et le score très modeste de l’UPR aux récentes élections le montre – on ne peut sérieusement porter le Frexit si on tourne le dos au mouvement ouvrier organisé. Rappelons que lors du référendum sur la constitution européenne, les classes privilégiées ont massivement voté oui alors que les ouvriers ont voté non à 79% ! CQFD.

Conclusion pratique :

le PRCF a raison – même si cela en insupporte certains (mais les faits sont têtus !) de proposer aux communistes (lesquels ne pourront décidément pas émanciper la France de l’UE s’ils ne s’affranchissent pas totalement de la tutelle du PCF-PGE euro-dépendant) d’aller ensemble aux usines avec un programme révolutionnaire de Frexit progressiste et de marche au socialisme. Et c’est aussi comme cela que pourra se construire un Front large contre l’oligarchie, une véritable France Franchement Insoumise à Le Pen et à Macron, à l’UE/Otan et à la dictature mortifère du grand capital.

En attendant, camarades du PRCF, continuons à faire notre travail d’avant-garde en collant nos affiches (« pour une France Franchement Insoumise, FREXIT progressiste » et « Brisons les chaînes de l’ ») et en allant aux usines avec notre stratégie originale et potentiellement rassembleuse de rupture avec l’euro, l’UE, l’OTAN… et le capitalisme.


Georges Gastaud est secrétaire national du PRCF

Georges Gastaud est notamment l’auteur de

  • Patriotisme et Internationalisme,
  • capitaliste et projet communiste,
  • Lettre ouverte aux bons français qui assassinent la France,
  • Marxisme et universalisme, classes, nations, humanité