Interview exclusive de Julio Díaz, secrétaire général du PCPE

Julio Diaz, secrétaire général du PCPE (parti communiste des peuples d’Espagne) a donné une interview à la Commission internationale du PRCF pour Initiative Communiste.

1) Comment le Parti apprécie-t-il la politique de l’actuel gouvernement espagnol nationalement et internationalement ?

Le gouvernement de coalition PSOE-UP (1) unit les deux expressions de la social-démocratie espagnole. La classique absolument liée à certains secteurs de l’oligarchie et totalement acquise aux politiques les plus libérales et atlantistes, et la nouvelle, qui en unissant Podemos à IU/PCE a donné un saut définitif dans son acceptation de la gestion du système dans les limites marquées par le patronat, l’UE et l’OTAN. Pour donner un exemple de cela, le 22 mai prochain la Convention de Défense EE.UU/Espagne par laquelle une partie du territoire est utilisée pour l’installation de bases militaires nord-américaines arrive à son terme. Non seulement il n’y a eu aucune remise en question de ces bases, mais pire encore le ministre Alberto Garzón (dirigeant de IU et du PCE) les a justifiées en arguant qu’elles créent un bon nombre d’emplois. Un autre exemple inacceptable de la soumission du gouvernement soi disant de progrès aux intérêts de l’oligarchie c’est le non respect de son engagement électoral d’abrogation des réformes du droit du travail opérées par le PP (2). En temps de crise les mensonges du réformisme ne font pas long feu et ont une courte durée de vie, le système n’a pas des miettes à partager avec la classe ouvrière et les couches populaires.

2) Où en est le mouvement ouvrier et syndical de classe en Espagne et quelles sont ses perspectives de développement ?

En plus des problèmes comme la très faible syndicalisation qui n’atteint pas les 13%, l’atomisation des organisations syndicales et la constante dérégulation des relations de travail, le plus grand obstacle pour le mouvement ouvrier et syndical c’est la division et l’acceptation totale des politiques de conciliation de classe de la part des deux organisations syndicales principales (CCOO et UGT-3). La mobilisation et la lutte ouvrière ne sont pas dans leur dictionnaire, le mot Grève encore moins. Ils trouvent leur légitimité dans la reconnaissance institutionnelle et sont de plus en plus éloignés de la réalité de la classe laborieuse. En même temps, on commence à avoir des processus intéressants et bien orientés en relation à la nécessité d’avancer dans l’unité de classe combative de la part de divers groupes syndicaux qui refusent les politiques de conciliation et social. La militance du Parti participe dans beaucoup de ces processus en lien avec des expériences concrètes de lutte.

3) Comment le Parti se positionne-t-il par rapport à la question nationale en Espagne et aux revendications d’indépendance en Catalogne ?

Le PCPE envisage l’articulation d’un nouveau Projet Historique capable de créer un nouveau référentiel national qui remplace le modèle historique de la bourgeoisie espagnole. Nous avons en Espagne une bourgeoisie historiquement rance et réactionnaire qui se manifeste comme classe émergente au XIXème siècle liée à des titres nobiliaires en relation avec la propriété agraire et le clientélisme. Ceci la fait participer dans les épisodes les plus conservateurs, comme des coups d’État contre des processus de simple modernisation de l’appareil de l’État. C’est une classe qui a le ressentiment de la perte des possessions de l’Empire espagnol.

Le développement de ce nouveau Projet Historique a comme fondement le pouvoir de la classe ouvrière devenue classe nationale au Pouvoir et, en même temps, dans la reconnaissance du droit à l’autodétermination de tous les peuples et nations opprimés par l’Espagne bourgeoise et centraliste. Notre proposition politique pour construire le Pouvoir Ouvrier est quand même unitaire et comprend que l’unité de toutes les expressions ouvrières et populaires qui existent dans l’ensemble des peuples et nations qui forment l’Espagne d’aujourd’hui est indispensable pour vaincre le pouvoir bourgeois. Aujourd’hui la lutte pour l’indépendance de la Catalogne, même avec la participation de larges secteurs du peuple, se trouve clairement sous la direction de secteurs très concrets de la bourgeoisie. Encore une fois malheureusement le peuple lui remplit les rues et les urnes à la bourgeoisie. Ceci étant dit, je veux aussi être clair sur le fait que le PCPE dénonce la répression exercée par l’État espagnol sur le mouvement indépendantiste et qu’on exige la liberté sans inculpation pour les dirigeants indépendantistes incarcérés suite à une parodie de procès.

4) 85 ans après le début de la guerre d’Espagne, le fascisme a-t-il encore une importante influence en Espagne et quelle est l’ampleur du processus de fascisation ?

Il avance de façon accélérée dans des structures d’État qui sont un terrain fertile pour lui. C’est le résultat de l’incapacité de la bourgeoisie pour sortir de la crise structurelle du capitalisme à laquelle en Espagne s’ajoute le problème du fait plurinational de l’État espagnol. L’héritage du national-catholicisme franquiste est toujours totalement présent dans l’armée, la police, l’appareil judiciaire et surtout dans le secteur le plus centraliste et parasitaire de l’oligarchie espagnole. L’avancée du discours chauviniste sème parmi les secteurs populaires (spécialement dans la petite bourgeoisie) la graine du discours de la haine caractéristique du fascisme. La dictature de classe en Espagne, malgré la profonde crise structurelle dans laquelle nous nous trouvons, n’a pas encore besoin du fascisme comme force hégémonique. Cependant, face à un éventuel scénario d’avancée de la lutte ouvrière, la dictature de classe a les bases pour affronter le mouvement ouvrier organisé et en lutte.

5) Quelle est l’attitude du Parti à l’égard de l’euro, de l’UE et de l’OTAN ?

Refus absolu. La lutte pour la sortie de l’euro, l’UE et l’OTAN est une partie centrale de notre programme. Les raisons sont évidentes si on analyse la question depuis une perspective de classe et une position révolutionnaire. Certaines positions réformistes parlent de dissolution, en considérant que ces organisations elles-mêmes pourraient se rendre compte de leur supposée inutilité. Pour le PCPE le mot d’ordre est clair : SORTIE !

6) Comment le parti se développe-t-il ?

Dans un processus très complexe dans lequel nous sommes obligés de lutter totalement à contrecourant. Avec nos succès et erreurs, nous travaillons avec la responsabilité d’être conscients qu’aujourd’hui l’existence du PCPE et de sa Jeunesse (la JCPE) sont la seule garantie de continuité du fil rouge de l’Histoire en Espagne. Nous sommes sortis du XI Congrès avec l’engagement de renforcer la capacité de direction collective, articuler l’appareil central du Parti et avancer dans la capacité de direction politique de masses à travers une intervention croissante de notre militance.

7) Y a-t-il des relations avec d’autres organisations se revendiquant du en Espagne ?

À part les relations au niveau local avec les plus diverses organisations, nous avons en ce moment au niveau central un cadre d’unité d’action avec le Parti Communiste Ouvrier Espagnol. Le PCPE est un Parti qui voit l’unité communiste comme une valeur indispensable et nous travaillons pour cela, d’ailleurs notre fondation s’est produite comme conséquence de l’unité de divers groupes et organisations communistes qui en 1984 se rejoignent dans une seule organisation, le PCPE. Notre repère c’est que tout processus doit être basé sur la pratique et le débat idéologique et programmatique sincère et respectueux, le tout logiquement dans les limites de l’éthique révolutionnaire. Avec ceux qui montrent jour après jour qu’ils manquent de cette éthique révolutionnaire le PCPE n’aura jamais de relation politique ou organique d’aucun type.


PSOE : Parti Socialiste Ouvrier Espagnol, largement acquis à la cause du capital et de l’impérialisme depuis des décennies.

UP : « Unidas Podemos ». Coalition entre le parti Podemos de Pablo Iglesias et IU/PCE.

IU : “Izquierda Unida”, gauche unie. Coalition dominée par le PCE créée dans les années 1980 suite à l’éviction du très liquidateur Santiago Carrillo de la tête du Parti.

Ces différentes forces forment le gouvernement espagnol actuel.

CCOO : « Comisiones obreras », syndicat créé en lien avec le PCE en dehors des syndicats verticaux du régime franquiste.

UGT : Union Générale de Travailleurs, plus ancien.

Ce sont les deux syndicats majoritaires en Espagne.

PP : Parti « Populaire ». Droite héritière du franquisme ayant dirigé plusieurs gouvernements depuis l’instauration de la monarchie parlementaire.


1) ¿Qué análisis hace el Partido de la política del gobierno español actual tanto a nivel nacional como internacional?  El gobierno de coalición PSOE y UP une las dos expresiones de la socialdemocracia española.  La clásica absolutamente vinculada a determinados sectores de la oligarquía y totalmente comprometida con las políticas más liberales y atlantistas, y la nueva, que uniendo a Podemos con IU/PCE, ha dado un salto definitivo en su compromiso con la gestión del sistema dentro de los límites marcados por la Patronal, la UE y la OTAN.  Un ejemplo de ello es que este próximo 22 de mayo vence el Convenio de Defensa EE.UU/España por el que se cede parte del territorio para la instalación de la bases militares norteamericanas y no solo no ha habido ningún cuestionamiento de las mismas, sino que el ministro Alberto Garzón –dirigente de IU y del PCE- justificó las mismas porque generaban un buena cantidad de empleos.  Otro ejemplo inaceptable de la sumisión del llamado gobierno de progreso a los intereses de la oligarquía es su incumplimiento electoral respecto a la derogación de las reformas laborales del PP.  En tiempo de crisis las mentiras del reformismo tienen las patas muy cortas y su recorrido es muy escaso; el sistema no tiene migajas para repartir con la clase obrera y los sectores populares.

2) ¿En qué estado se encuentra el movimiento obrero y sindical de clase y cuales son las perspectivas de desarrollo ?  Añadido al problema de la muy baja afiliación sindical que no llega al 13%, de la atomización de organizaciones sindicales y a la constante desregulación de las relaciones laborales, el mayor obstáculo con el que se encuentra el movimiento obrero y sindical es la división y la entrega total de las dos principales organizaciones sindicales (CCOO y UGT) a las políticas de conciliación de clase.  La movilización y la lucha obrera no está en su diccionario y  menos aun la palabra Huelga.  Encuentran su legitimación en el reconocimiento institucional y cada día están más alejados de la realidad de la clase trabajadora.  A la vez, se empiezan a dar procesos interesantes y bien orientados en relación a la necesidad de avanzar en la unidad clasista y combativa de diversos destacamentos sindicales que rechazan las políticas de conciliación y del pacto social.  En muchos de  estos procesos, vinculados a experiencias concretas de lucha, participa la militancia del Partido

3) ¿Cómo se posiciona el Partido en cuanto a la cuestión nacional en España y las reivindicaciones independentistas en Cataluña ?  El PCPE apuesta por la articulación de un nuevo Proyecto Histórico capaz de levantar una nueva referencialidad nacional que supere el modelo histórico de la burguesía española. Nos encontramos en España con una burguesía históricamente rancia y reaccionaria que se manifiesta como clase emergente en el siglo XIX ligada a títulos nobiliarios relacionados con la propiedad agrícola y el clientelismo, lo que le hace participar en los episodios más conservadores, incluyendo golpes de estado contra procesos de simple modernización del aparato del estado; es una clase resentida por  la pérdida de las posesiones del Imperio español.

El  desarrollo de este  nuevo Proyecto Histórico  se fundamenta en el poder de la clase obrera convertida en clase nacional en el Poder y, al mismo tiempo, en el reconocimiento del derecho a la autodeterminación de los pueblos y naciones oprimidas por la España burguesa y centralista.   Al mismo tiempo, nuestra propuesta política para articular el Poder Obrero es unitaria y entiende que la unidad de todas las expresiones obreras y populares que se dan en el conjunto de pueblos y naciones que en la actualidad conforman España, es imprescindible para derrotar el poder burgués.  Hoy, la lucha por la Independencia de Catalunya, pese a estar protagonizada por amplios sectores del pueblo, está claramente liderada por sectores muy concretos de la burguesía.  Por desgracia, una vez más, el pueblo le está llenando las calles y las urnas a la burguesía.  Dicho esto, también quiero dejar meridianamente claro que el PCPE denuncia la represión que ejerce el Estado español sobre el movimiento independentista y nuestra exigencia de libertad sin cargos a los dirigentes independentistas encarcelados tras un juicio farsa. 

4) 85 años después del inicio de la guerra de España, ¿cuál es la magnitud del proceso de fascistización ? ¿Sigue teniendo el fascismo una influencia importante ?  Avanza a pasos acelerados en unas estructuras del estado que son un campo muy fértil para ello; es consecuencia de la incapacidad de la burguesía para salir de la crisis estructural del capitalismo que en España se agrega un elemento singular como es el problema del hecho plurinacional del Estado español .  La herencia del nacionalcatolicismo franquista sigue totalmente presente en el ejército, policía, judicatura..y, sobre todo, en el sector más centralista y parasitario de la oligarquía española.  El avance del discurso patriotero siembra entre sectores populares –especialmente de la pequeña burguesía- la semilla del discurso del odio que siempre expresa el fascismo.  La dictadura de clase en España, pese a la profunda crisis estructural en la que estamos instalados, aun no requiere al fascismo como fuerza hegemónica, pero, ante un escenario de avance de la lucha obrera,  sí tiene preparadas las bases para enfrentarlo al movimiento obrero organizado y en lucha.

5) ¿Qué actitud toma el Partido en relación al euro, la UE y la OTAN ?  De absoluto rechazo.  Una consigna central de nuestro programa es la lucha por la salida del €, la UE y la OTAN.  Las razones son obvias si se analiza desde una perspectiva de clase y una posición revolucionaria. Algunas posiciones reformistas hablan de disolución, considerando que estas organizaciones podrían valorar su presunta inoperatividad. Para el PCPE, la consigna es clara: ¡SALIDA!

6) ¿Cómo se desarrolla el Partido ?  En un proceso profundamente complejo en el que estamos obligados a lucha absolutamente a contracorriente.  Con nuestros aciertos y errores, trabajamos con la responsabilidad de ser conscientes que hoy la existencia del PCPE y su Juventud –la JCPE- son la única garantía de continuidad del hilo rojo de la Historia en España.  Hemos salido del XI Congreso con el compromiso de reforzar la capacidad de dirección colectiva, articular el aparato central del Partido y, avanzar en la capacidad de dirección política de masas mediante una intervención creciente de nuestra militancia.

7) ¿Hay relaciones con otras organizaciones que apelan al comunismo en España ?  Al margen de relaciones de ámbito local con las más diversas organizaciones, en estos momentos a nivel central mantenemos un marco de unidad de acción con el Partido Comunista Obrero Español.  El PCPE es un Partido que entiende la unidad comunista como un valor imprescindible y trabajamos para ello, ya que nuestra fundación se produce como consecuencia de la unidad de diversos destacamentos y organizaciones comunistas que confluyen en 1984 en una sola organización, en el PCPE.  Nuestra referencia es que todo proceso debe darse sobre la base de la práctica, el debate ideológico y programático sincero y respetuoso y, lógicamente, dentro de los límites de la ética revolucionaria.   Con quienes demuestran a diario con su comportamiento que carecen de esa ética revolucionaria, el PCPE no mantendrá jamás ningún tipo de relación política u orgánica