Lumières Communes : cours de philosophie à la lumière du matérialisme dialectique [Pré commande]

georges gastaud lumières communeswww.initiative-communiste.fr se devait de se faire l’écho de la sortie prochaine d’un nouvel ouvrage que nous annonce le Georges Gastaud et les éditions Delga. Il s’agit d’un cours laïque de philosophie à la lumière du dialectique.

N’est ce pas un beau projet que celui de produire un solide cours laïque de philosophie dans ces temps troublés où monte la fascisation et l’obscurantisme ? N’est ce pas un projet indispensable au moment où la pensée unique idéaliste ultra-libérale embastille les esprits que de proposer une large réflexion philosophique, étendue à tous les sujets, accessible à tous à travers un cours didactique mais néanmoins approfondi ? Nous n’avons pas le choix, tous ensemble, que de faire le pari  de l’intelligence, de la réflexion et de l’humanisme et c’est riche de son expérience de professeur de et de ses travaux de recherche que Georges Gastaud livre ce cours de philosophie . Une vraie bonne nouvelle que salue l’équipe éditoriale d’Initiative Communiste et que tous ensemble, il nous faut soutenir. D’ores et déjà, il est possible de pré-commander à travers une souscription cet ouvrage pour une somme modérée au regard de l’étendue des 4 tomes proposés. Un cours à mettre entre tous les mains que l’on soit étudiant ou travailleur, chercheur ou philosophe… Un cours dont il faut soutenir l’édition en l’achetant, en l’offrant et pourquoi pas en le faisant acheter par les bibliothèques autour de nous, afin qu’il soit disponible pour le plus grand nombre. Une campagne de souscription par pré-commande afin d’aider à l’édition de cet ouvrage vient donc d’être lancée par la maison d’édition Delga.

La parole à l’auteur pour présenter ce qui bien plus qu’un livre est un réel événement éditorial.

georges gastaud conférence nationaleChers amis et/ou camarades,

Je vous saurais gré de bien vouloir prendre connaissance attentivement de la pièce jointe et de l’offre éditoriale, politique et commerciale qu’elle contient.

Les Editions Delga, que je remercie de leur proposition généreuse, proposent de publier mon prochain livre, LUMIERES COMMUNES, cours de philosophie à la lumière du marxisme ; cet ouvrage est à la fois le résultat d’un travail de longue haleine et une entreprise éditoriale risquée et sans grand équivalent :

il s’agit, en quatre tomes, d’un Cours de philosophie à la lumière du marxisme – plus précisément, à la lumière du matérialisme dialectique et du matérialisme historique. Le but de ce écrit n’est pas seulement de fournir un cours de philosophie énumérant des têtes de chapitre et fournissant des réponses plus ou moins éclectiques sur les sujets débattus au gré des notions au programme du baccalauréat. Même si cet aspect pédagogique des choses n’est pas négligé, il s’agit surtout, à partir des problématiques de la philosophie classique que la dialectique matérialiste permet de croiser et de redynamiser (et parfois, osons le dire, de leur donner réponse), de se confronter de manière cohérente à un maximum de sujets actuels intéressant la philosophie des sciences, la philosophie politique et la philosophie « morale », voire certaines questions dites sociétales.

Je suis parti d’un quintuple constat :

  •  Etant donné l’offensive générale menée contre le marxisme depuis quatre décennies au moins, étant donné aussi le fait que nombre de marxistes ont cru devoir répondre à cette offensive par un repli théorico-politique qui, malgré certaines avancées ponctuelles, n’a fait que renforcer leurs adversaires, la tradition matérialiste dialectique française qu’illustra jadis Georges Politzer – pour n’en citer qu’un – court le risque majeur d’une rupture de transmission ; le pire étant d’ « attendre et voir », il nous faut donc prendre le risque de relancer cette tradition avec les moyens du bords, fût-ce initialement avec des moyens individuels ; puisque le parti révolutionnaire marxiste qui portait naguère cet effort a statutairement renoncé au marxisme, au léninisme et au matérialisme dialectique, puisque les collectifs philosophico-scientifiques, philosophico-politiques et philosophico-esthétiques nécessaires pour relancer globalement la pensée dia-matérialistes sont moins constitués qu’ils ne sont à construire, le rôle du militant communiste et de l’ancien professeur de philosophie que je suis (terminales et classes préparatoires scientifiques) est de « se jeter à l’eau » et de « prouver le mouvement en marchant », quitte à susciter discussions, critiques et rectifications* ;
  • Sur le plan pratique, il est impossible de résister efficacement (politiquement, syndicalement, idéologiquement) à l’offensive tous azimuts des idéologies réactionnaires si l’on ne se donne pas quelque moyen de reconstruire le socle commun de qu’Engels appelait une « conception du monde » dia-matérialiste et pleinement rationaliste, au sens que Politzer donnait à ce mot. Sans forcément s’en douter, le militant communiste, le syndicaliste de lutte, le citoyen engagé pour l’émancipation humaine sont tributaires de toutes sortes de luttes idéologiques et « culturelles », comme eût dit Gramsci, qui se mènent très en amont des combats « pratiques » dans le champ apparemment éthéré des sciences de la nature, des mathématiques, de la biologie, des sciences socio-historiques, des sciences du psychisme, mais aussi dans celui des débats éthiques et « sociétaux », des questions esthétiques, de la réflexion générale sur le « sens ». Symétriquement, les scientifiques, les artistes, les acteurs du débat sociétal, etc. ont besoin pour « s’orienter dans la pensée » (comme dit Kant), de « s’y retrouver » dans les combats les plus universels de notre temps sans jamais perdre de vue les contradictions structurantes qui opposent plus que jamais le capital au travail, l’impérialisme aux peuples dominés et, oserais-je dire, les tendances pan-destructives du pourrissant capitalisme actuel à la défense générale de la vie et du développement humain.
  • En outre, notre conviction est que le matérialisme dialectique – dont nous montrons dans ce livre qu’il ne commence nullement avec Marx, même s’il prend, avec le marxisme, une signification révolutionnaire et une portée qualitativement neuve – n’a nullement à s’imposer du dehors, dogmatiquement, au mouvement des sciences et aux combats politiques actuels : son rôle – comme l’avaient prévu Engels et Marx – est plutôt de permettre aux mouvements qui prétendent « dépasser l’état de chose existant » d’aller au bout de leurs logiques progressistes sans être déviés par les idéologies réactionnaires et par l’attracteur étrange du profit maximal. C’est pourquoi, sur la suggestion d’Aymeric Monville, j’ai accepté que le sous-titre de ce livre « vers les lumières communes » – qui associe les deux plus beaux mots à mes yeux de la langue française – devienne le titre même de l’ouvrage sous la forme du titre « Lumières communes ».
  • Je signale que malgré la relative démesure « papivore » de cet ouvrage – mais comment pourrait-il en être autrement s’agissant d’une philosophie dominée qui doit se frayer un chemin entre cent mille préjugés ? – l’ensemble du livre n’a pu être imprimé. Les compléments, précisions et autres chapitres sacrifiés seront disponibles prochainement sur un site dédié, centré sur le matérialisme dialectique et ouvert aux contributions d’autres auteurs.
  • Enfin, le temps d’un travail collectif sur la renaissance du matérialisme dialectique n’est peut-être pas si éloigné qu’il y parait : de divers côtés, notamment dans le champ des sciences dites dures, renaît la conscience que, pour parler comme Engels, « la nature est le banc d’essai de la dialectique » et, que, « en dernière instance, la nature procède dialectiquement et non pas métaphysiquement ».

Je forme le vœu que la résurgence du matérialisme dialectique que je m’efforce de promouvoir en la situant à la croisée des questionnements modernes et des problématiques classiques de la philosophie, apporte sa contribution, si infime soit-elle, aux résistances populaires et, pourquoi pas, à l’indispensable renaissance communiste indispensable au monde du travail, à la reconstruction de la nation en déréliction et à la contre-offensive générale, en France et dans le monde, du camp des travailleurs et des partisans du progrès humain.

Un mot pour finir. L’offre de Delga est très généreuse étant donné le risque commercial encouru. Je souhaite donc que la souscription permette de sortir rapidement ce livre qu’il est possible d’acheter individuellement ou, pourquoi pas, dans un cadre plus collectif. Merci en conséquence, de peser ce qui est proposé ici, sachant qu’en l’occurrence, le seul enrichissement que l’on se propose ici est celui de la pensée critique et, espérons-le immodestement, des « Lumières communes » : elles en ont un besoin « urgent », si l’on peut ainsi s’exprimer en ce sombre mois de novembre 2015.

Georges Gastaud, Lens, le 23 novembre 2015 (140ème anniversaire de la naissance, le 23.11.1875, d’Anatoli Lounatcharski, intellectuel bolchevik, premier Commissaire du peuple à l’Instruction publique de la Russie soviétique).

Pré commande Gastaud