
Créée par des militants communistes et progressistes qui s’inspirent en cela de l’héritage d’Aragon et de Ferrat, CO.U.R.R.I.E.L. défend le français et l’ensemble des langues de France et du monde contre le rouleau compresseur linguistique du tout-anglais promu par le MEDEF, par l’UE et par la Macronie. Il est urgent de réagir car
1) ARRACHAGE, SUBSTITUTION SYSTEMATIQUE, BASCULEMENT : la situation linguistique de la France est critique. Chaque jour, promu par l’oligarchie capitaliste, le tout-anglais (qui n’est pas la langue anglaise mais une politique linguistique « globa-litaire ») évince le français en tous domaines: enseignes, fonctionnement des entreprises, enseignement de la maternelle à l’Université (où l’anglais s’impose de plus en plus comme langue officielle bis), Recherche, chanson, cinéma, etc. Cette politique dévastatrice est dopée par l’euro-privatisation galopante des services publics et par les fusions capitalistes transnationales portées par les directions d’entreprises « françaises » en voie de délocalisation.
2) Il ne s’agit pas d’une simple « mode », mais d’une POLITIQUE patronale et gouvernementale de fond. Macron privilégie ainsi l’anglais quand il parle à l’étranger et les « évènements » qu’il promeut en France sont toujours nommés en anglais (« Choose France! », « Make the Planet Great Again!« …). Pourtant le français est la 4ème langue la plus parlée au monde et il y aura 1 milliard de locuteurs en 2050 ! En fait, dès 1945, les dirigeants anglo-saxons ont massivement misé sur la mondialisation de leur langue pour étendre leur réseau politique, militaire et commercial. Aujourd’hui, la Commission européenne au service du grand capital viole même les traités européens pour faire illégalement de l’anglais la seule langue des institutions de l’UE; l’armée française doit opérer en anglais en raison de son asservissement à l’OTAN. Déjà en 2004, le président du MEDEF d’alors déclarait devant le Conseil européen « je ne vous parlerai plus qu’en anglais, la langue des affaires et de l’entreprise » : sans commentaire !
3) La politique du tout-anglais porte d’énormes enjeux de classe : il s’agit, en imposant à terme l’anglais comme seule langue officieuse, puis officielle de l’UE, de substituer l’Etat fédéral européen téléguidé par Washington, de mettre fin aux Etats-nations d’Europe pour, tout à la fois, saper l’alternative révolutionnaire dans chaque pays, comprimer les droits sociaux issus de l’histoire des peuples, liquider le produire en France industriel et agricole sacrifié aux traités transatlantiques, intégrer toujours plus l’Europe au bloc géopolitique étasunien, américaniser de plus
en plus la culture et les esprits, et in fine, créer un grand marché mondial désegmenté de la force de travail : dans le cadre de la numérisation en cours et de la délocalisation massive des emplois, cela permettrait d’instituer d’énormes discriminations entre ceux qui parleront l’anglais « mother tongue » (= sans accent), ceux qui le baragouineront (tant pis pour les erreurs d’interprétation au boulot) et les ignares méprisés qui ne le comprendront pas du tout, même s’ils parlent d’autres langues étrangères. Surtout, le tout-anglais associé au tout-numérique soumettra chaque emploi à un moins-disant salarial et social MONDIAL en aggravant énormément la concurrence sur chaque poste de travail : énorme baisse des salaires et des acquis sociaux en vue !
4) les enjeux proprement nationaux et « anthropologiques » seraient énormes: une langue unique mondiale signifierait – sans le moindre débat démocratique sur la question linguistique! – la fin de la République française : qui en a décidé (au passage, les pseudo-patriotes du RN ne disent pas un mot de ces questions !). Quant à la langue unique mondiale, elle est porteuse de pensée unique, de politique unique (à l’américaine) et d’économie néolibérale unique. Nous faudra-t-il un jour remplacer « God save the King » et « God bless America » au refrain insurrectionnel « Aux armes citoyens! » ? Or il est aussi grave pour la civilisation humaine de renoncer à la diversité linguistique mondiale qu’il est destructeur pour l’environnement de laisser détruire la biodiversité!

5) Que faire alors?
Il faut d’abord inciter au débat en résistant personnellement à la colonisation linguistique. Cessons de « yes! » au lieu de « oui », « job » au lieu d’ « emploi », « after » au lieu d’ « après », « e-mail » au lieu de « courriel ». Comme les travailleurs québécois en lutte pour le droit à la langue française, pour le progrès social et pour l’indépendance, osons parler et chanter à contre-courant du grand marché linguistique voulu par le grand patronat.
Ensuite, parlons de ces questions à nos enfants, à nos parents, à nos voisins, à nos collègues et à nos camarades de syndicat. La colonisation linguistique est un puissant assouplissant mental pour faire passer les privatisations, la casse sociale, l’aliénation culturelle et nationale, l’asservissement à l’empire américain mondial. Or la résistance culturelle doit devenir partie intégrante des luttes pour le progrès social et la démocratie.
Enfin exigeons le respect de la Loi Toubon-Tasca qui fait du français la « langue du travail, des services, de l’enseignement et des échanges » car les capitalistes et leur Etat sont les premiers à violer leurs propres lois en ce domaine comme en d’autres.
Pour finir, n’opposons pas la défense des langues régionales, ce bien de toute la nation que l’Education nationale doit mieux promouvoir, à la défense du français ou à celle des langues de l’immigration de travail : car face au « Ramina-Globish » dévorant du tout-anglais impérial, la belette et les petits lapins doivent, non pas se disputer et se faire gober les uns après les autres mais s’unir pour « faire le poids » ! C’est comme dans le domaine social : « tous ensemble et en même temps pour gagner » ou bien chacun pour soi pour se faire écraser tour à tour !
En réalité, le véritable internationalisme ne consiste pas à s’agenouiller devant la langue du tyran mondial Trump, qui pollue d’ailleurs la langue anglaise qu’il écorche sans cesse, mais à déclarer avec l’écrivain italien Umberto Eco que
« la langue de l’Europe (et du monde), c’est la traduction« .
Bref, que vivent la diversité et l’égalité sans lesquels l’échange dissimule la loi de la jungle.




![Comment la laïcité est-elle détournée ? [ Henri Huille – Libre Pensée ]](https://www.initiative-communiste.fr/wp-content/uploads/2026/05/20260502-laicite-libre-pensee-FNLP-13-cafe-marxiste-henri-huille-120x86.jpeg)
