REPORTÉ : Août 1939 – juin 1941 la légende de l’alliance stalino-hitlérienne – Café Marxiste le 14 mars 2020 à Paris

Compte tenu de la crise épidémique, cette conférence est annulée et reportée à une date ultérieure.


C’est une vieille antienne de la propagande anticommuniste directement recyclée de la propagande de ceux qui plutôt que de combattre le fascisme mirent en place les décrets Sérol, s’acharnant sur les communistes pour ne pas s’opposer aux fascistes: la soi-disant alliance entre l’Union Soviétique et l’Allemagne. Une drôle de présentation de l’, méconnaissant la chronologie élémentaire des faits. De la signature des accords de Munich en passant par le Pacte franco-germanique Bonnet-Ribbentrop ou le refus d’un pacte d’assistance militaire mutuel avec la Grande-Bretagne et la France pourtant proposé par l’URSS précédant la signature du Pacte germano- soviétique. Sans oublier la drôle de guerre ménageant l’Allemagne nazie.À l’inverse, la grande grève patriotique des mineurs menée par les communistes et la CGT dans le nord de la France a été l’un des plus spectaculaires et massif acte de résistance à l’occupant nazi, une résistance antérieure à l’invasion de l’URSS par l’Allemagne nazie… De fait, il apparaît qu’un débat sérieux autour des faits mérite d’être mené, ce sera l’objet du prochain organisé par le PRCF et les JRCF d’Île de France à Paris :

La légende de l’alliance stalino-hitlérienne, août 1939 – juin 41

conférence d’Annie Lacroix-Riz – historienne

Samedi 14 mars 2020 à 16h00 au Bar-restaurant “Le Lieu-Dit”, 6 rue Sorbier – Métro Ménilmontant ou Gambetta

À l’heure où le Parlement européen proclame l’équation nazisme=communisme, on nous certifie que le pacte de non-agression germano-soviétique, signé le 23 août 1939, fut une cause majeure, voire la cause, de la Deuxième Guerre mondiale .

Selon le bréviaire « européen », le fourbe Staline se serait entendu avec son allié Hitler, pour faire déferler la guerre sur le « monde occidental » et pouvoir à bref délai cueillir le fruit mûr d’une révolution bolchevique générale dans l’Europe ravagée. Il aurait partagé avec le IIIe Reich la Pologne martyre et honteusement annexé les États baltes. Il aurait gavé son complice des approvisionnements en matières premières qui seuls lui auraient permis de déclencher la guerre générale (1er septembre 1939) et de gagner la « guerre-éclair » (Blitzkrieg). C’est à un Staline sûr de la solidité de son alliance avec l’Allemagne nazie et négligeant toutes les mises en garde qu’Hitler aurait réservé la « surprise » de l’assaut du 22 juin 1941, qui aurait laissé hagard le « tyran rouge » pendant près de deux semaines…Seule « l’alliance de revers » avait sauvé en 1914 la France dans son ensemble de l’invasion allemande. Quand la révolution bolchevique « ébranla le monde » capitaliste, les Occidentaux la boycottèrent, et ruinèrent, après avoir envahi et ravagé la Russie pendant trois ans de guerre, toutes les tentatives soviétiques de reconstituer cette alliance tripartite (France, Angleterre, Russie). Le sabotage « occidental » fut spectaculaire entre guerre d’Espagne, Anschluss, assassinat de la Tchécoslovaquie par les accords de Munich et « déclarations d’amitié » anglaise et française avec le Reich. Y tint sa part la « Pologne des colonels », complice ouverte depuis 1933, alliée formelle du Reich depuis la « déclaration de non-agression et d’amitié » du 26 janvier 1934, qu’une légende « européenne », à caution présidentielle, a transformée en victime de Staline…

Annie Lacroix-Riz, historienne,est l’auteure notamment de :

  • Le Vatican, l’Europe et le Reich de la Première Guerre mondiale à la Guerre froide (1914-1955), Paris, Armand Colin, 2010.
  • Le Choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930, Paris, Armand Colin, 2010.
  • De Munich à Vichy, l’assassinat de la 3e République, 1938-1940, Paris, Armand Colin, 2008.
  • Aux origines du carcan européen, 1900-1960. La France sous influence allemande et américaine, Paris, Delga-Le temps des cerises, réédition augmentée, 2016.