Répression : la violence du gouvernement des patrons ne cesse de grandir #loitravail #AirFrance #jesuisCGT

el khomri repression syndicaliste medef air france goodyear loi travailAu coeur de l’été et des vacances 2016, beaucoup découvrent l’une des prérogatives du concernant les salariés mandatés, délégués syndicaux, élus au comité d’entreprise, représentants du personnel : donner une autorisation de licenciement, soit pour contredire l’ qui, quelques mois plus tôt, a refusé cette demande, soit pour la cautionner. C’est l’un des nouveaux dégâts de la pseudo affaire de la «chemise arrachée» à Air France. Pseudo parce que, suite aux enquêtes, tant judiciaire que de l’Inspection du Travail, et comme les images le démontraient en ne montrant rien de telle, aucune violence n’a été exercée contre les cadres dirigeants d’, par ailleurs, légitimement interpellés, mis en cause, vilipendés, par les salariés.

5 d’Air France, un dossier digne de l’affaire Dreyfus !

Mais voilà : la caravane de la Cour parisienne est passée par là, et a tancé ces «gueux» qui ont imposé un rapport de forces évident et jubilatoire à cette clique de licencieurs en chef, et, comme la dite Cour a claironné que les gueux ont été violents, les institutions ont suivi, impulsé par un premier ministre habitué des coups de sang contre les travailleurs et la CGT. Lors de l’audience judiciaire avant les vacances, la Justice a été obligée de constater qu’il y avait eu beaucoup de bruit pour rien, et a préféré reporter à la rentrée, en espérant sans doute épaissir un dossier digne de l’affaire Dreyfus.

La décide contre l’avis de l’inspection du travail, de licencier des délégués syndicaux

Pendant ce temps, la direction d’Air France a licencié les salariés non «protégés» et a réclamé le droit de licencier le délégué syndical CGT Vincent Martinez. L’Inspection du Travail a donc étudié la demande et a refusé. Le Ministère, même après le terme du délai du recours hiérarchique, a contredit cette décision et l’a accordé. Des milliers de travailleurs/citoyens découvrent l’étendue des droits ministériels en la matière, sont scandalisés par – mais c’est le «droit du travail» actuel, et c’est dire que même sans la loi , ce droit était déjà rarement favorable aux travailleurs. Ces derniers mois, ce Ministère n’a cessé d’accorder au patronat de tels licenciements, exclusions, liquidations, «assassinats» juridiques et économiques. Licencier de force ainsi, c’est tout de même exclure durablement ou définitivement un travailleur d’une organisation économique. Et c’est ce que demande et obtient le patronat si souvent, avant 2012 comme depuis 2012. Mais ces derniers mois, ce gouvernement fascisant accélère la cadence, se lâche.

Le gouvernement vire les délégués syndicaux : Vincent Martinez à Air France , Jean Christophe Grellety chez les Compagnons du Devoir

C’est ce qui s’est passé chez les Compagnons du Devoir, pour le délégué syndical CGT, Jean-Christophe Grellety, que le PRCF a soutenu officiellement sur la qui le concerne, ce dont je le remercie vivement. Pour son travail, pour avoir osé se confronter et contredire des apprentis qui tenaient des propos racistes, homophobes, sexistes, la direction de l’AOCDTF a laissé pourrir la situation, afin de créer des conditions idéales d’un clash. Il a eu lieu. Jean-Christophe a fini par ne plus supporter ces propos, ces provocations. L’AOCDTF a donc enclenché une procédure de licenciement. L’Inspection saisie, et néanmoins territorialement incompétente, a refusé l’autorisation. L’AOCDTF a donc engagé tous les recours contre ce refus, notamment un recours gracieux. L’Inspection a changé sa décision. Nous le savons : sous pression, notamment du Ministère de l’Education ! Et ce en totale violation du statut de l’indépendance de l’Inspection du Travail. Début août 2015, le licenciement est devenu effectif. Jean-Christophe a effectué un recours hiérarchique. L’Inspection du Travail de Bordeaux a produit un rapport, favorable à Jean-Christophe, constatant que la décision d’autorisation souffrait de légalité. Le Ministère, en février 2016, a rejeté les conclusions de l’Inspection et a cautionné ce licenciement. J’ai donc écrit à la Ministre de l’Education Nationale, à la fois sous la forme d’une pétition, et par lettre. Elle m’a répondu, et elle m’a répondu récemment, en tenant des propos ou inexacts ou mensongers. Elle ignorait le parcours professionnel de Jean-Christophe, et prétend pouvoir s’appuyer sur une «expertise» réalisée par téléphone, par un inspecteur d’académie, pour rejeter sa candidature à un emploi de professeur de philosophie. Tous les détails se trouvent ou se trouveront sur la pétition, par des mises à jour. Et à ce cas, il faut ajouter ceux des délégués syndicaux de Sodexo, d’Haribo, et de tant d’autres.

La violence de l’État servile au patronat ne cesse de grandir. Beaucoup en deviennent conscients, choqués. Mais cela ne suffit pas. Nous devons nous organiser, activement, pour non seulement défendre les droits syndicaux, mais surtout pour les rendre effectifs, les renforcer. Une initiative en ce sens à la rentrée paraît nécessaire.

Jacques Lesbats