Procès Goodyear : 1 an de prison pour terroriser les travailleurs et frapper la #CGT #justicedeclasse

Procès . Plusieurs centaines de travailleurs s’étaient rassemblés ce 11 janvier devant le tribunal d’Amiens pour soutenir les 8 de . Quand le verdict de la honte est à nouveau tombé – une relaxe et huit condamnation à des peines de prison – un même cri de colère contre une et un . Une indignation reprise par les réseaux sociaux exprimant la solidarité populaire avec les ouvriers de Amiens Nord, frappés par l’exploitation capitaliste, par la fermeture scandaleuse de leur usine puis par une justice inique et politique. Si les peines sont notablement réduites par rapport au jugement de première instance qui avait vu la condamnation à de la prison ferme des 8 de , le verdict est très loin de la relaxe qui était attendue au regard des faits. De la relaxe demandée par les 171 000 signataires de l’appel des .

Procès Goodyear : une exécution judiciaire

« Selon que vous serez puissant ou misérable / Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir »

  • Quatre des huit de Goodyear ont été relaxé des chefs d’accusation de séquestration (Hassan B. Jean Yves S. Emmanuel A. et Nicolas L.). Quatre sont condamnés à 12 mois de prisons avec sursis (M Wane, Reynald J., Jean François Q. et Mickaël M.)
  • Mickaël Wamen et 4 travailleurs sont relaxés des chefs accusation de violence en réunion suivie d’une incapacité de travail personnel n’excédant pas 8 jours. Emmanuel A est condamné à 2 mois de prison avec sursis et Jean Yves S. et Nicolas L. sont condamnés à 3 mois de prison avec sursis
  • Un est totalement relaxé.

Ce verdict – dans un procès pour séquestration et violence sans aucun plaignant ! – démontre par les peines prononcées et leur répartition sa nature politique. Ce tribunal aux ordres se devait de condamner les 8 de Goodyear. Pour frapper la CGT, pour frapper des syndicalistes et des ouvriers osant défendre leur droit, et cela pour terroriser l’ensemble des travailleurs.

Alors il a condamné pour séquestration des délégués syndicaux, alors qu’il reconnait qu’ils sont innocents de tout fait de violence. Incohérence.

Alors il a condamné 3 ouvriers et syndicalistes pour des faits de violence tout en les reconnaissant innocent des faits de séquestration. Incohérence encore.

Pourtant les débats du procès en appel avait démontré la vacuité des accusations portées par le représentant du gouvernement – commanditaire du procès – qui avait du le reconnaitre  lui même l’avocat général Dominique Tailhardat portant des réquisitions en deçà de la condamnation de première instance, n’osant pas réclamer des peines de prisons fermes contre les 8.

Comment s’étonner de ce verdict de culpabilité lorsque l’on se souvient de la condamnation en première instance par le tribunal correctionnel d’Amiens à deux ans de prison, dont quinze mois de sursis assortis d’une mise à l’épreuve de cinq ans et quand on se souvient que le procureur qui a décidé de poursuivre les 8 de goodyear alors qu’il n’y avait aucun dépôt de plainte a classé sans suite 450 plaintes déposées par les salariés pour harcèlement ou mise en danger de l’entrepris ?

Comment ne pas en percevoir toute la nature inique, de classe, celle d’un procès politique lorsque l’on compare les peines prononcées en regard de celles prévues par le Code Pénal pour de véritables coupables ?

Comment oublier et passer sous silence les plus de 1000 condamnations de militants, de manifestants, de syndicalistes coupables de s’être opposés au printemps dernier à l’euro Loi Travail détruisant le code du travail ?

Tous ensemble pour la relaxe !

D’ores et déjà, Michael Wamen a annoncé son intention de se pourvoir en cassation pour obtenir la relaxe :

“en cassation je reste persuadé qu’on obtiendra la relaxe pour tous les camarades et notamment moi”

Sur les réseaux sociaux les travailleurs indignés constatent une justice à deux vitesses faisant la comparaison entre l’absence de peine pour Christine Lagarde reconnue coupable dans l’affaire de l’arbitrage Crédit Lyonnais qui avait permis à Bernard Tapie de toucher plus de 80 millions d’euros sur le dos des contribuables et couté au budget de l’Etat près d’un demi milliards d’euros, et les lourdes peines frappant les goodyear.

“Au lieu d’aller en cassation les #goodyear devraient demander à être jugés par la cour de justice de la républlique #lagarde #2poids2mesures” pouvait on ainsi lire sur twitter.

L’avocat des Goodyear Me Rilov a indiqué que les goodyear vont poursuivre la lutte en cassation :

« Nous allons encore une fois faire la démonstration méticuleuse qu’aucun des militants condamnés n’a à se reprocher un acte quel qu’il soit, susceptible d’être qualifié de délit pénal, nous en sommes convaincus, nous avons les preuves »

et souligné une première victoire

« il y a eu des relaxes ». « Sur les faits de séquestration, la moitié des prévenus ont été relaxés. C’est un premier résultat »

Annette Mateu, secrétaire exécutive du PRCF remettant un numéro d’Initiative Communiste appelant à la solidarité avec les Goodyear dans une manifestation pour le retrait de la Loi Travail à l’un des 8 de goodyear

Les soutiens affluent pour exiger la relaxe des 7 de goodyears. A l’image de la Commission Luttes du PRCF qui renouvellent son total soutien aux goodyears, aux Air France et à tous les travailleurs frappés par la répression, appelant à la solidarité de classe. Dénonçant  ce qui est un symptôme évidant de plus de la fascisation en marche : cela faisait des decennies en France que le pouvoir n’avaient plus osé condamner à de la prison des syndicalistes.

Du coté des candidats à la présidentielle, Jean Luc Mélenchon a dénoncé “Cette justice n’est pas juste” pointant du doigt les ordres données par le gouvernement “les personnes concernées avaient retiré leurs plaintes” “le gouvernement est directement responsable”

De leurs cotés, les candidats à la primaire du PS affiché ce 11 janvier un silence géné : Valls, Hamon, Montebourg, Pinel et Cie font tous parti des gouvernements PS qui ont soutenu dans les faits les patrons de goodyear pour fermer l’usine d’Amiens Nord, envoyant les CRS contre les ouvriers, puis faisant arréter les 8 de Goodyear et les trainant devant la justice. Tous des ministres d’un gouvernement servilement au service du MEDEF !

Les travailleurs condamnés, le patronat voyou protégé

Cette affaire Goodyear remonte à octobre 2007 il y a près de 10 ans, le patronat veut imposer une baisse de salaire et une forte dégradation des conditions de travail aux salariés sommés d’accepter une augmentation du temps de travail, le passage aux 4×8. En prime, le licenciement de 450 d’entre eux.  Ce plan social et ce chantage à l’emploi qui ne dit pas son nom intervient alors que l’usine est mobilisée avec la CGT pour réduire les dangers produits par l’exposition aux produits toxiques et cancérigènes qui exposent à des graves maladies professionnelles les ouvriers. Difficile de ne pas faire le lien entre le problème des produits toxiques et cette annonce de plan social. Grâce à une longue bataille – notamment judiciaire – l’usine résiste au chantage jusque fin 2013, alors que le gouvernement PS soutient ouvertement la multinationale. Michael Wamen a raconté la suite dans sa déposition au procès en appel :

« Le samedi 4, on a informé le directeur qu’on cessait le combat pour l’emploi. Et qu’on voulait ouvrir des négociations sur les indemnités de licenciement.

M. Dheilly nous donne rendez-vous le lundi à 10 heures dans son bureau. Le lundi, il n’y est pas. Arrivés près de la salle Raymond, j’entends un brouhaha. Une centaine de salariés est réunie autour du directeur. Comment sont-ils arrivés là ? Je n’en sais rien. Il leur annonce : Vous n’aurez rien !  »  C’est une explosion de colère. Vous savez, Monsieur le juge, j’aurais pu me barrer, mais je serais peut-être devant vous pour non-assistance à personne en danger. »

« Si M. Dheilly m’avait d’abord parlé, j’aurais transmis l’information aux gars sur le parking et on n’en serait pas là. J’ai aussi dit à la direction de fermer la barrière. Tout le monde rentrait comme il voulait. Dans une usine classée Seveso 1 ! »

La suite est connue : deux dirigeants sont retenus par les salariés en colère durant trente heures. Malgré l’annulation de leur plainte, le procureur décide de poursuivre huit salariés – sur 800 présents. les deux représentants du patronat M Dheilly (directeur de l’usine) et M Glesser ne désigne aucun des salariés présents, et la police arrêtent les syndicalistes CGT !

Ces procès ne visent qu’à une chose : terroriser les travailleurs pour leur interdire de résister collectivement à la guerre menée par le patronat contre leurs salaires, au chantage permanent à l’emploi.

Justice de classe, répression tout azimut

Ce procès n’est pas un cas isolé. Frappant tout azimut le mouvement social :

Cliquez ici pour retrouver la carte de France des violences patronales et judiciaires contres les travailleurs !

JBC pour www.initiative-communiste.fr