Macron et Blanquer veulent détruire le français !

Un rapport, évidemment commandité par le gouvernement, prône des cours d’enseignement général en anglais à l’école primaire. Le but affirmé est d’aller vers le bilinguisme (avec l’anglais évidemment !). « L’anglais doit être leur langue natale » déclare le directeur académique en parlant des élèves. Il dévoile ainsi on ne peut plus clairement l’objectif final qui est le remplacement du par l’anglais.  Blanquer veut aussi imposer à France-Télévision des émissions pour les jeunes totalement en anglais. Que cherchent les libéraux au travers de cette offensive linguistique ? Pour transformer le monde en un vaste marché commercial, la finance mondialisée a besoin qu’une seule langue soit parlée par tous les humains, ravalés au rang de consommateurs et de clients à plumer. Cette langue c’est celle des affaires et du capitalisme dominant : l’anglais.

Imposer le wall street english, la langue de l’ et de la classe dominante

En France, Emmanuel Macron se fait le chantre du bilinguisme, il utilise l’anglais dans ses discours à l’étranger et même en France, il refuse de faire respecter la loi Toubon pourtant bien timide. Le MEDEF souhaite ouvertement l’utilisation de l’anglais à la place du français.  L’Union Européenne généralise l’usage de l’anglais au détriment des autres langues.

Si tous les peuples du monde adoptaient ce bilinguisme, les langues nationales n’auront progressivement plus d’utilité et disparaîtront.  La novlangue des affairistes deviendra la langue mondiale pour encore plus transformer les gens en clients.

Stop à l’uniformisation, oui à la biodiversité linguistique

Bien sûr il faut favoriser l’étude librement consentie des langues étrangères, mais des langues choisies dans la diversité et non pas une seule langue imposée comme modèle. Il n’y a nul besoin d’un bilinguisme généralisé.

D’un point de vue scolaire, le bilinguisme dès le plus jeune âge nuit à l’apprentissage. La plupart des experts en linguistique s’accordent à dire qu’il est impératif d’avoir une base solide dans sa langue maternelle afin d’apprendre autre chose, que ce soit une seconde langue ou, plus généralement, des disciplines comme la géographie et les mathématiques.

L’uniformisation linguistique va dans le sens de l’uniformisation du monde :  uniformisation vestimentaire, du cinéma, de la chanson, des modes de vie, des loisirs, de la cuisine… Refuser l’uniformisation linguistique c’est refuser cette société de l’ennui, sans âme, sans originalité, cette société de déshumanisation, de robotisation.

Il ne s’agit pas d’être arc-bouté sur un purisme rétrograde. Il est évident que toute langue évolue. Le français a toujours intégré des mots étrangers, mais aujourd’hui il s’agit d’autre chose. Les mots français sont remplacés par des mots anglais ; des publicités, des manuels, des enseignements sont entièrement en anglais.

Cette offensive linguistique accompagne celle contre les nations, considérées par le capital comme des obstacles à la mondialisation. La volonté de domination de l’anglais est un aspect de l’impérialisme et du colonialisme, de la domination culturelle d’un pays ou d’une classe.

Laurent NARDI pour www.initiative-communiste.fr


Le de l’impérialisme fait des ravages jusque dans les rangs du PCF… vu à la fête de l’Huma

The red shop made in PCF… cette dénomination de « made in PCF (ils auraient dû dire « FCP »)» et de « Red Shop » vient de sortir…

Imitation du NPA et de son journal jeunes intitulé « Reds ». Triste et grave s’agissant du parti qui éditait Les Lettres françaises clandestines sous l’Occupation… Et cela à l’heure où Blanquer décide d’angliciser massivement l’enseignement primaire, que c’est beau l’anticonformisme !

Le combat culturel de classe sur la langue devient central.


Rapport sur les langues : morceaux choisis

par le blogueur Krokodilo, militant esperantiste

(Commentaires sur la nouvelle guerre des Gaules !)

Le récent rapport sur l’enseignement des langues étrangères est téléchargeable ici.

Les extraits étant nombreux, le lecteur pressé pourra aller directement aux conclusions.

« Le 23 février dernier, à l’occasion d’une intervention sur le commerce extérieur, le Premier ministre a ainsi souligné que la maîtrise de l’anglais était un levier culturel majeur et il a demandé aux ministres Blanquer et Vidal d’accélérer la transformation de son enseignement. »

« Oser affirmer que l’on peut à la fois maîtriser l’anglais et au moins une, voire plusieurs autres langues étrangères. »

« Recommandation : Inscrire l’anglais comme langue obligatoire dans le parcours de tous les élèves, en langue vivante 1 ou 2. »

La longue période d’hypocrisie touche à sa fin. Il s’agit d’améliorer le niveau d’anglais pour tous, et pour cela d’officialiser son caractère obligatoire (il l’est quasiment en pratique) Ce but premier est enrobé de mentions d’autres langues et de considérations diverses, mais le cœur des propositions est bien là, fort et clair ! Il est même suggéré d’enseigner certaines matières EN anglais au collège et dès le primaire, comme se sont empressés de le montrer nos télés et radios, tout récemment par des reportages sur des expérimentations en Savoie et en Essonne, unanimement enthousiastes ! Dans ce rapport, cela est seulement et prudemment suggéré :

“De loin, les résultats les plus spectaculaires que nous avons vus en France sont dans le cadre de cours en Langues en Savoie. Nous avons vu des élèves de milieux très différents apprendre des matières comme les mathématiques ou la géographie en d’autres langues (principalement de l’anglais ou de l’italien). Ils acquièrent un niveau et surtout une confiance sans commune mesure, non seulement dans la langue vivante mais aussi dans la matière enseignée. Des études montrent que, même si au début l’enseignement d’autres matières par le biais d’une langue vivante est pus difficile, l’attention requise augmente l’intérêt et la compréhension du contenu. Nous avons vu, notamment à Albertville, pendant un cours de géographie, une jeune élève de 10 ans, sans parent ni autre point d’attache anglophone dans son entourage, expliquer dans un anglais impeccable et le plus naturellement du monde, la différence entre « an eruptive volcano and an explosive volcano ».

Pour garantir l’objectivité du rapport sur “les langues étrangères”, on a choisi un journaliste anglophone natif et une inspectrice générale d’anglais !

« Nous », ce sont donc deux approches, deux regards différents », écrivent-ils sans rire.

« Nous avons été satisfaits de constater que nous étions d’accord sur pratiquement tout ! Nous signons donc ce rapport avec nos recommandations communes, issues de nos regards forcément très différents. »

Comme disait Saint-Exupéry, aimer, c’est regarder ensemble dans la même direction, celle de l’anglais ! C’est un principe à généraliser. Par exemple, pour un rapport sur les pesticides, on choisira un cadre de Monsanto et un de la FNSEA !

La caution scientifique : une conférence sur la plasticité cérébrale et un article de Newsweek, tous deux traitant de l’âge « fenêtre » avant lequel on peut atteindre un niveau de langue maternelle (uniquement si on continue et si on est motivé).

Pourtant on peut tout à fait atteindre plus tard le niveau qui peut être nécessaire à quelques professions : « (…) qui a identifié l’âge de 10 ans comme celui où la fenêtre se ferme, même si pendant toute l’adolescence l’on garde une facilité à apprendre la grammaire d’autres langues. »

On comprend à nouveau que cet apprentissage précoce ne vise qu’à atteindre en anglais un niveau proche de celui du français !

Une phrase obscure et inquiétante : « Oser assumer que nos élèves ont changé, que le français n’est pas toujours la langue première, que cette diversité est une grande richesse collective et un atout individuel, non un obstacle à surmonter. »

Faut-il comprendre que le français n’est maintenant dans nos écoles qu’une langue parmi d’autres ? Chacun sa langue et l’anglais pour tous ?

Quelques mesures concrètes :

« en incitant tous les personnels à entrer dans le jeu des langues, »

Ainsi, une femme de ménage ne dira plus aux enfants « Poussez-vous de là que je nettoie », mais plutôt « Break yourself ! », « Get lost !! » ou « Get the fuck out ! » selon ses compétences et son humeur !

Les autres profs sont concernés :

« en s’appuyant sur les enseignants de langues en premier lieu, en mobilisant les compétences des enseignants d’autres disciplines »

« l’adoption d’une démarche dite interlangues, d’harmonisation entre toutes les langues enseignées, les programmes étant désormais communs et organisés autour de notions et de thématiques très larges, que chaque langue aborde ensuite selon ses spécificités. On parle désormais d’une seule discipline langues vivantes, atténuant, ce faisant, les différences entre les langues et les cultures pour insister sur ce qu’elles partagent. »

Un professeur se présentera ainsi : « Bonjour les enfants, je suis votre professeur de français, anglais, allemand, espagnol et serbo-croate. Et le prof d’histoire vous fera la révolution française en anglais. » Bonjour la transversalité et la polyvalence… Pour la prochaine rentrée scolaire : aspirine en libre-service dans toutes les salles de profs !

Et non, les langues vivantes ne forment pas une seule discipline : chaque langue est une matière différente, d’où la lourdeur du système, les difficultés structurelles (quelles langues, dans quel établissement). Cette présentation lyrique n’est qu’un écran de fumée.

« l’inspection pourraient constituer des attributions de cette mission particulière. Sans constituer un échelon hiérarchique supplémentaire, ce coordonnateur établirait un relais qui manque entre les enseignants et l’échelon académique. »

« Pour ses collègues, le professeur de langues acquiert de plus en plus une position de référent dans l’établissement dont la «  linguistique » est amenée à s’étendre »

Et en plus, le prof d’anglais sera le chef !

« concilie l’amour de la langue de Molière, symbole fort de notre identité républicaine, et le choix politique du plurilinguisme, symbole fort de notre ancrage européen. »

Quelqu’un leur a dit que la GB n’était plus dans l’Union européenne ?

Des innovations pédagogiques remarquables :

« l’élève étant désormais considéré comme locuteur d’une langue qu’il apprend à maîtriser progressivement, d’abord de façon élémentaire (niveau A), puis autonome (niveau B) et enfin indépendant (niveau C). »

Désormais, on ira de débutant à perfectionnement, et non l’inverse !

« L’élève est défini avant tout comme un futur citoyen porteur d’un bagage culturel et langagier qu’il enrichit en passant d’une langue à l’autre, en s’appuyant sur l’une pour apprendre l’autre »

Un mystère est résolu : si les élèves n’apprennent plus maintenant le saut d’obstacle et le monter à la corde, c’est pour mieux sauter d’une langue à l’autre ! Mais au primaire, ils ne sauteront que de l’anglais à l’anglais…

Dans l’introduction on lit : « « La France arrive bien au dernier rang des pays européens quant à la maîtrise des langues étrangères enseignées à l’école, que ce soit en première ou en deuxième langue. »

Quand l’étude a été faite, la GB était dans l’UE et bon dernier en langues étrangères (même plus obligatoires).

Une démarche scientifique de qualité… Outre le dispositif CEDRE (cf.) et l’étude Survey de 2012, le rapport se fonde sur… du vent, comme il est longuement expliqué ! (Saluons quand même cette honnêteté, que nos médias ne sont pas allés jusqu’à imiter.)

« Cette connaissance des résultats de nos élèves rencontre cependant actuellement des limites, essentiellement au niveau du lycée. Les mesures dont nous disposons sont en effet encore très partielles. Les notes obtenues par les élèves aux épreuves du baccalauréat n’ont pas fait l’objet d’analyses systématiques depuis la mise en œuvre du Plan de rénovation et il n’est donc pas possible, à l’heure où ce rapport est écrit, de connaître le pourcentage de lycéens qui atteint le niveau attendu du CECRL que ce soit en en LV1, LV2 ou LV3. Les seules données disponibles sont fournies par l’enquête européenne Surveylang de 2012 et par les résultats des élèves aux certifications de Cambridge, de l’Institut Cervantes et de la Conférence permanente des ministres de l’éducation des Länders (KMK), dont on sait qu’elles ne concernent à ce stade qu’une faible partie de nos élèves. »

« Il n’existe pas cependant d’analyse au niveau national des notes obtenues, ce qui rend difficile l’établissement d’un diagnostic et d’un suivi ciblé. »

En résumé : l’enseignement des langues dispose depuis à peine quelques années d’un bon outil d’évaluation (le CECRL, une échelle), mais faute de nous en servir, nous manquons de données objectives !

Un peu de bon sens émerge parfois des clichés en pédagol dans le texte, par exemple sous la plume d’Alex Taylor :

« Certes, les jeunes Néerlandais grandissent avec des émissions sous-titrées à la télévision. Les chercheurs montrent néanmoins qu’écouter de façon passive une émission de télévision n’est pas un moyen très efficace d’apprendre des langues. En plus, comme nous a confié un enseignant sur place : « Il ne faut pas croire, quand le film Paddington est sorti, que mon fils de 7 ans s’est précipité vers moi exigeant de le voir en VO ! »

« On a pu entendre que l’enseignement de la grammaire et du lexique étaient désormais interdits comme on a observé dans les classes des contenus trop souvent éloignés de l’aire linguistique étudiée »

« Ce flou se ressent notamment au niveau du rôle de la grammaire. Les éditeurs de manuels scolaires ont tenu à nous rencontrer pour le signaler. Ils ne savent plus s’il faut mettre de la grammaire dans les livres et si oui, quelle est sa place ? »

Encore une angoissante question résolue : oui, il faut de la grammaire pour apprendre une langue, un alignement de mots ne suffit pas !

« Les travaux des chercheurs concordent en effet pour montrer que les langues n’entrent pas en concurrence les unes avec les autres, »

Si l’anglais est seul au primaire, ce n’est plus de la concurrence mais un monopole !

Une remarque d’Alex Taylor :

« Chaque élève doit enseigner et apprendre un mot, une expression dans toutes les langues représentées dans la salle. La remarque d’une élève montre tout l’intérêt de cet exercice. Sa langue maternelle est le farsi. Elle nous a confié à la fin de cette expérience : « c’est la première fois que je ne me suis pas sentie différente des autres. »

Or, c’est tout à fait notre suggestion : au CM1 et CM2, une initiation non spécialisée à divers alphabets et langues, européens et non-européens. Que ne s’est-il inspiré de cet exemple dans leurs propositions ! Pourquoi persister dans le tout-anglais ?

Un mensonge classique, colporté de média en média :

« De nombreuses études internationales tendent par ailleurs à démontrer que l’enfant bilingue ou multilingue développe des savoir-faire et des capacités cognitives particulières et obtient des résultats positifs dans les autres disciplines. »

On admirera la formulation prudente « tendent à montrer », précaution bienvenue car des études sérieuses ont montré l’absence de différence des résultats scolaires. Ils ne citent d’ailleurs pas leurs sources…

« La demande sociale s’exprime partout haut et fort en faveur de la langue de Shakespeare transformée pour les besoins de la mondialisation en lingua franca »

Ah ! c’était le souhait du peuple ! À se demander pourquoi depuis dix ans la France et l’UE ont agi en faveur de l’anglais dans la plus grande discrétion, et sous couvert de multilinguisme.

« La place de l’anglais dans le système scolaire au regard des autres langues, voire des autres disciplines, est devenue un sujet de débats d’autant plus compliqué, parfois douloureux, que la question des langues est fortement liée à celle de l’identité, individuelle et nationale.« 

Un sursaut d’honnêteté ! Lesdits débats étant soigneusement gommés dans les reportages…

“Certains lecteurs de ce rapport se souviendront sans doute des foudres que s’était attirée la commission Thélot qui avait affirmé en 2004 la nécessité d’intégrer l’anglais dans le socle commun en reconnaissant par là son statut de langue de communication internationale.”

À nouveau, A.Taylor fait preuve de bon sens :

« L’une des raisons pour lesquelles les Français ont eu du mal à s’approprier avec passion les langues vivantes, et surtout l’anglais, tient au rôle que joue leur propre langue, qui diffère nettement de ce que l’on constate ailleurs. Il s’agit d’un obstacle très particulier à la France, responsable des nombreux bâtons que les Français se mettent eux-mêmes dans les roues lorsqu’ils se tournent vers d’autres langues. »

C’est ce que nous disons depuis longtemps : les locuteurs d’une langue largement répandue, et depuis longtemps, ex-langue-diplomatique, sont moins enclins que d’autres à apprendre une langue étrangère, particulièrement celle du rival, l’anglais ! La question est bien politique, et non pédagogique !

Le rapport n’ignore pas les dangers du tout-anglais, et les effets secondaires néfastes sur la langue du pays dans les pays nordiques (que les médias cachent, bis, ter…)

« Alison Edwards, linguiste à l’université de Leiden, a pu dire que l’anglais n’est plus une langue étrangère aux Pays-Bas, dans la mesure où elle est présente « dans la rue, chez votre coiffeur ou dans votre taxi » (,,,) Les études supérieures se déroulent majoritairement en anglais dans les universités du pays. Cette imprégnation est telle qu’elle soulève depuis quelque temps des craintes d’universitaires sur le recul du néerlandais constaté chez les élèves et surtout les étudiants, crainte d’autant plus sensible que la population est de plus en plus diverse et plurilingue. »

Plusieurs recommandations auront comme conséquence d’augmenter ce qu’on a pu appeler l’impôt linguistique, une manne considérable reçue par la GB grâce aux années d’étude des autres pays et au bizness de l’anglais :

« Intégrer dans le parcours de formation des enseignants du premier degré et de disciplines dites non linguistiques une période de mobilité dans le pays de la langue étudiée. »

« par le biais d’une certification externe de moins de trois ans produite pas le candidat. »

« Mettre en place un plan de montée en charge des compétences des professeurs des écoles sur cinq années, en développant notamment le recours aux locuteurs natifs formés à la pédagogie » (Tout ceci rien que pour l’école primaire ! Le second degré faisant l’objet de recos similaires, et spécifiques.)

Restons pédants :

« Trois scenarii sont envisageables » Un spaghetto, des spaghettis ? Un forum, des fora ?

Les mots étrangers passés en français prennent le pluriel en « s » : un scénario, des scénarios.

Reco : introduire de nouveaux anglicismes !

« On pourrait s’inspirer de l’exemple irlandais. Le ministère organise deux fois par an des cluster meetings réunissant jusqu’à 600 enseignants d’une même région »

Jadis, on appelait ça de la formation continue, ou un séminaire.

Reco : utiliser les réseaux et la communication type Skype. Nous l’avons déjà proposé comme possibilité de choisir librement ses deux langues parmi toutes celles existant, y compris latin-grec, en utilisant les technologies de communication (TICE) pour les langues rares, sur le plan régional, voire national pour les très rares, sachant que la majorité choisirait de toutes façons l’anglais, l’espagnol ou l’allemand.

Le mythe de l’anglais facile en prend un coup :

L’une des raisons principales du retard pris dans l’enseignement de l’anglais en France résulte du fait que l’on n’enseigne pas du tout le rythme très spécifique de cette langue, rythme qui est diamétralement opposé à celui du français. Nous avons même eu l’impression que certains professeurs ignorent ce fait ! « 

« Il faut donc établir le rythme spécial de la langue anglaise dès le départ et cesser d’indiquer aux jeunes français que les voyelles anglaises sont prononcées à valeur pleine. »

Il y aurait un “secret si fondamental” que des professeurs semblent ignorer, et que nos élèves ne découvrent que dans le supérieur, celui de « la musique de l’anglais «  ! En gros, les voyelles des syllabes non accentuées changent de prononciation (le même phénomène existe en russe paraît-il.)

Et les professeurs n’expliquent jamais ce qu’est l’accent tonique, ça les obligerait à dire qu’il est mobile en anglais, irrationnel sur le plan phonétique – pardon. qu’il a une musique particulière !

Un aveu ?

« Des études montrent que, même si au début l’enseignement d’autres matières par le biais d’une langue vivante est plus difficile, l’attention requise augmente l’intérêt et la compréhension du contenu »

En clair, l’histoire enseignée en anglais au primaire, les gosses y pigent que dalle mais c’est super parce qu’ils doivent se concentrer !

Quelle étude a bien pu inventer un tel non-sens pédagogique de 6 à 11 ans ? (Sources non mentionnées…)

Last but not least, on augmentera la paperasse et la bureaucratie :

« C’est pourquoi nous allons introduire, dès le lycée, une logique d’attestation de niveau en langues étrangères. Une attestation qui fait l’objet d’une reconnaissance internationale. En clair, à terme, chaque étudiant à la fin de son lycée et au plus tard en fin de licence aura passé un test de type Cambridge ou IELTS, financé par l’État, et qui donnera donc un niveau reconnu partout à l’étranger. »

La pensée magique est très en vogue dans ce milieu :

« Augmenter le niveau attendu des élèves en anglais oral, à la fin des cycles 3 et 4. »

Il suffit de le décréter ! Yaka.

Coucou les revoilà !

« On pourra également soutenir des initiatives originales comme celle proposée par les Franco-British Young Leaders, » (…) Ils proposent une expérimentation dans les zones où les anglophones sont les plus nombreux, comme à Paris ou en Dordogne. »

On connaît la présence envahissante des Young Leaders en politique… voilà qu’ils viennent dans nos écoles !

Conclusion

Un rapport sur “les langues” à l’école mais qui ne porte que sur l’anglais, deux autres langues faisant de la figuration – au sens propre elles ne font que figurer dans le texte ici ou là sans aucune vision d’ensemble du système.

Un rapport sur l’anglais donc, rédigé par deux anglophones…

Il est clairement recommandé de rendre son obligation officielle dans tout le cursus, comme il est suggéré d’enseigner parfois EN anglais dès le primaire… L’ensemble des recos constituerait une débauche de moyens mis au service de l’anglais.

Ce but explicite, que divers chapitres essaient de justifier, est pourtant habillé de fioritures, maquillé, saupoudré de considérations sur la diversité, le multilinguisme européen, l’éducation plurilingue et pluriculturelle, la citoyenneté nouvelle, le changement de paradigme, une pédagogie réinventée, tout un fatras en pédagol dans le texte, démagogique, limite pédant – un écran de fumée comme si la vérité brute était honteuse, trop dangereuse. Néanmoins, l’aspect délicat, politique, du sujet est avoué et même explicité.

La justification principale, et la seule pour laquelle quelques sources (2) sont indiquées, est de profiter de l’aptitude des enfants à apprendre une autre langue au niveau maternel (un âge contesté, aux environs de 11ans), dans l’illusion d’imiter l’apprentissage familial/ethnique qui, lui, associe émotion, permanence et motivation. Que tous les Français visent un niveau native english !

Il est pourtant reconnu l’absurdité de nous comparer sans cesse aux nordiques (Suède et Danemark souvent cités), car les locuteurs d’une langue de grande diffusion, langue de travail de l’UE (et plus encore depuis le Brexit) sont forcément moins enclins à apprendre l’anglais. Les Français le considèrent moins comme LA langue de communication que, par exemple, des Néerlandais ou des Maltais.

Le mythe de l’anglais facile est abattu, puisque un certain « grand secret » de la « musique de l’anglais » est méconnu des élèves – comprendre sa phonétique irrationnelle. Ajoutons que cette irrégularité (relation entre graphèmes et phonèmes) en fait une des langues les moins adaptées à la communication européenne ou mondiale – mais le rapport ne va pas jusque là, on s’en doute !

L’ensemble des propositions forme une usine à gaz, une ultraspécialisation en anglais qui rapportera beaucoup à la GB et nous coûtera beaucoup (recrutement massif de natifs comme assistants, séjours d’un an des futurs PDE, labellisations, certifications etc.) pour, au final, peut-être augmenter légèrement le niveau en anglais d’une partie des élèves, les plus motivés. Tout ça pour ça ?

Cette évolution créerait un sentiment d’injustice sociale vis-à-vis d’écoles les mieux dotées en anglais, comme si notre société avait besoin d’aggraver le sentiment d’injustice ! Pour pallier ce problème, il est proposé d’utiliser Internet en rase campagne (nous avions proposé une réforme où les mêmes technologies permettraient le libre choix des deux langues étrangères mais que vaut la liberté face aux délices de l’anglais de la maternelle à la fac, en passant par les dessins animés et les films en VO sous-titrée ?

Pourquoi faire simple quand on peut faire complexe ? Rappelons modestement notre propre proposition : au CM1 et CM2 initiation aux prononciations de diverses langues européennes et à divers alphabets, plus quelques idéogrammes (nécessitant un seul enseignant formé par établissement, aidé de matériel pédagogique et par quelques intervenants itératifs), puis libre choix de deux langues parmi toutes, vivantes ou mortes, en mutualisant et en utilisant les technologies de la communication (comme recommandé dans le rapport pour les zones isolées). Trop simple, trop souple, trop libre, pas assez paperassier, pas assez coercitif, et surtout pas assez anglophone !

On fera votre bonheur pour et par l’anglais, que vous le vouliez ou non et, si vous ne le voulez pas, vos impôts le paieront et vos enfants y auront droit quand même !