Exterminisme : le Capitalisme brûle l’Amazonie et menace l’Humanité !

Le monde semble découvrir avec effroi que l’ brûle : la plus grande forêt équatoriale, le plus grand réservoir vivant terrestre part littéralement en fumée. Cela dure depuis des années, dans le silence des médias du Capital. Silence qui perdure s’agissant d’ailleurs des autres grandes forêts équatoriales. En RDC et dans toute l’Afrique équatoriale, la déforestation à coup d’incendies fait rage de façon encore plus intense qu’en Amérique du sud. Et l’Asie du Sud-Est suffoque régulièrement à cause des incendies massifs frappant les dernières grandes forêts des îles de Sumatra et Bornéo.

Foyers d’incendie, vue satellite de la Nasa – août 2019

Soucieux de détourner l’attention, le banquier occupant l’Élysée qui avait félicité le fasciste pour sa prise du pouvoir dans un ayant jeté Lula en prison, s’est dit qu’il y avait là une bonne occasion pour prendre la lumière à la faveur de ces incendies. Mais les défenseurs de l’ et plus largement de l’Humanité doivent se méfier des boniments de ces pompiers pyromanes.

L’Amazonie brûle et personne ne peut plus cacher l’exterminisme capitaliste :

Ce ne sont pas les communistes français qui le découvrent. Dès les années 1980, Georges Gastaud, actuel secrétaire national du PRCF, dénonçait dans un ouvrage prémonitoire la nature exterministe du système capitaliste, constatant que l’exterminisme est le stade suprême de l’impérialisme. Une alerte qui est sans cesse relayée, tout particulièrement en Amérique Latine. :

Une importante espèce biologique risque de disparaître à cause de la liquidation rapide et progressive de ses conditions de vie naturelles : l’homme.

Fidel Castro dans son discours historique à la CONFÉRENCE DES NATIONS UNIES SUR L’ENVIRONNEMENT ET LE DÉVELOPPEMENT – RIO DE JANEIRO (BRÉSIL), le 12 juin 1992

Si le climat était une banque, ils l’auraient sauvé depuis longtemps

Hugo Chavez, à propos des capitalistes

J’aime la Terre-mère et l’humanité, je combats le capitalisme

Evo Morales, président bolivien, COP 21 – 2015 – source

“Ce ne sont pas de simples feux, c’est l’œuvre du capitalisme

Grand conseil coutumier des peuples amérindiens et bushinengé

Si certains sont encore tentés de minorer le danger de la situation, notamment par crainte que la question écologique n’efface la mobilisation sociale, personne ne peut plus ignorer la gravité de la situation. De fait, la politique anti-écologique de l’impérialisme atteint de tels sommets qu’elle met en danger la survie des civilisations humaines, voire l’existence biologique même de l’Humanité à moyen terme. Lorsque l’Amazonie brûle, ce n’est pas que du bois qui part en fumée et vient polluer aux particules les grandes agglomérations de l’Amérique du sud. C’est la vie qui disparaît dans un autodafé gigantesque du vivant. Ces incendies menacent des espèces dont beaucoup ne sont même pas répertoriées par les scientifiques – et qui pourraient notamment servir en recherche médicale à long terme – cette extraordinaire richesse du vivant qui constitue cet écosystème dont l’Humanité a besoin pour vivre. Symboliquement, comment ne pas constater que le régime fasciste Bolsonaro est celui responsable en 2019 de l’incendie de l’Amazonie, quand son marche pied Temer avait été celui de l’incendie du plus grand musée d’histoire naturelle sur l’Amazonie, le Museu Nacional de Rio Janeiro en 2018. Comment ne pas constater également que l’une des priorités du régime Bolsonaro dès sa prise de pouvoir aura été de s’en prendre aux universitaires ?

Oui, il faut regarder la gravité de la situation en face : au-delà de ces seuls incendies, la politique anti-écologique de l’impérialisme capitaliste atteint de tels sommets qu’elle met en danger l’existence biologique même de l’humanité à moyen terme. Car il n’y a pas que la forêt qui brûle du Minas Gerais à la Sibérie en passant par les grands lacs africains. Non, les rejets atmosphériques conduisent à une acidification des océans. La mondialisation capitaliste qui, pour mettre en concurrence les peuples les uns contre les autres, délocalisent les usines dans une valse permanente aux quatre coins de la planète et soumet à un dumping écologique criminel l’extraction des ressources naturelles pour lesquels les impérialismes ne cessent de déclencher des guerres. Pollution des eaux, disparition des terres agricoles, pollution de l’atmosphère ont déjà pour résultats des disparitions massives d’espèces.

Bolsonaro encourage la déforestation, Morales se bat pour la forêt

Alors que Bolsonaro refuse l’aide internationale, l’emblématique chef amérindien Raoni ne mâche pas ses mots contre le militaire brésilien régnant à Brasilia “Il faut qu’on le fasse partir le plus vite possible.” ” Il veut en finir avec la forêt, avec nous, c’est vraiment terrible ce qu’il fait “, C’est [lui] qui excite ces gens, comme les fermiers. Ils l’écoutent. Ils pensent qu’ils ont tous les droits et se mettent à brûler les forêts” pour les remplacer par des cultures, ajoute le chef indien. “Il en va ainsi pour les coupeurs de bois, les chercheurs d’or. Ils se lâchent tous car sa parole les pousse à détruire la forêt beaucoup plus vite.”

Ne nous y trompons pas, ces incendies ne sont pas des accidents. La catastrophe résulte bel et bien d’une politique délibérée et criminelle du régime fasciste. Pour preuve, depuis sa prise de pouvoir suite au coup de force de Temer contre Dilma Roussef et à l’embastillement de Lula, le régime Bolsonaro a largement encouragé les grands propriétaires terriens à s’en prendre aux peuples autochtones et à la forêt amazonienne. L’objectif ? développer les grandes cultures d’exportation afin de dégager des juteux profits en vendant des milliers des tonnes de soja transgénique à l’Union Européenne ! Entre le 1er janvier 2019 et le 23 août, le nombre total d’amendes délivrées par l’agence brésilienne pour l’environnement a diminué d’un tiers ! 6895 amendes contre près de 10 000 sur la même période en 2018. Le nombre d’amendes pour incendie a même été réduit de moitié, de 4138 à 2523 en particulier pour les états amazoniens (1627 contre 2817).

L’agence brésilienne pour l’environnement est en voie de disparition sous le régime Bolsonaro. Sur 27 bureaux, 8 seulement ont un chef permanent et Bolsonaro a lancé un procès contre les officiers qui ont osé brûler des tracteurs de bûcherons illégaux dans le parc naturel de Jamari. Le même Bolsonaro a promis la création d’une autoroute et d’un aéroport dans la foret amazonienne…

Rappelons que Macron a soutenu et Temer et son successeur Bolsonaro, applaudissant l’emprisonnement de Lula, et que les faux écolos de EELV ont applaudi l’attaque tout azimut déchaînée par les USA contre les pouvoirs progressistes en Amérique Latine, Venezuela en tête. Malgré ses difficultés, le Venezuela vient d’offrir son aide pour combattre les incendies.

La comparaison avec la Bolivie du progressiste Morales est frappante. Frappée par un gigantesque incendie qui a détruit des dizaines de milliers d’hectares de forêt, la Bolivie a décrété une mobilisation populaire et déployé les plus grands moyens, avec le déploiement d’un boeing 747 pour lutter contre le feux. Tandis que Bolsonaro refuse toute aide, Morales a accepté l’aide des pays voisins, soulignant “Rien n’interdit la coopération volontaire, spontanée” et ” Nous ne pouvons pas suspendre ces réunions pour des divergences idéologiques, l’Amazone doit primer, la biodiversité doit primer”.

Remarquons que loin de défendre la Nation brésilienne, le régime fasciste de Bolsonaro sacrifie l’avenir du Brésil pour les profits des riches brésiliens et du Capitalisme compradore. Car les gains juteux qu’ils espèrent tirer à court terme pour les multinationales de la destruction de la forêt (mines d’or, vente de bois exotiques, grandes plantations agricoles) sont catastrophiques pour la nation à moyen et long terme. Les terres tropicales déforestées voient en effet leur rendement agricole chuter assez vite – rendant les agriculteurs encore plus dépendants des palliatifs illusoires et toxiques des Monsanto et compagnie pour tenter de maintenir la productivité des terres. La perte du couvert végétal de la forêt humide conduit à un assèchement du climat. Bien sûr, les grands capitalistes internationaux iront chercher les dividendes ailleurs quand l’Amazonie sera devenue bien moins intéressante pour eux après son massacre de leur fait. Mais la nation brésilienne (même une large fraction de la bourgeoisie nationale) sera complètement déclassée, dans un pays détruit. Oui, le Capital détruit aussi le pays. Et ce qui est vrai au Brésil est également vrai en France. De fait, au Brésil, c’est aussi la poursuite quasi-ultime de la colonisation génocidaire du continent américain, où les civilisations précolombiennes avaient bâti des sociétés tout à fait développées (pour les conditions de l’époque, évidemment) en exploitant de manière raisonnée et durable la forêt ; les poignées d’Amérindiens qui survivent encore en Amazonie ont du souci à se faire…

Non, le système capitaliste n’est pas patriote. Il ne connait que les profits de son oligarchie, qu’il est prêt à obtenir au prix de la destruction de la Nation. Pour remplir les poches de l’oligarchie brésilienne, Bolsonaro fait brûler son propre pays, qui en subit le premier les conséquences effroyables.

L’impérialisme responsable du saccage de la planète.

L’impérialisme, américain bien sûr mais aussi européen, est responsable du saccage de la planète.

Comment ne pas citer ici notamment le traité de libre-échange imposé par l’Union Européenne avec le Mercosur, ainsi que tous les traités analogues qui poussent au “dumping” anti-écologique sur la terre entière, à l’image du CETA que les députés LREM viennent de voter comme un seul homme.

De fait, le traité UE-Mercosur est une complicité très active avec la politique criminelle de Bolsonaro contre l’environnement et son peuple. L’Union Européenne, qui sanctionne le Venezuela bolivarien car il a osé nationalisé le pétrole, augmente et favorise ses échanges avec le Brésil du régime fasciste de Bolsonaro. Un Bolsonaro dont elle a appuyé et reconnu l’élection alors que son principal opposant et favori des sondages, Lula, a été emprisonné par une justice instrumentalisée et aux ordres, comme viennent de le démontrer les dernières révélations de la presse.

Macron cynique, complice et coupable

Alors, tout à son opération de propagande à plusieurs dizaines de millions d’euros au de Biarritz, tout en se gavant de thon rouge (un poisson en voie d’extinction) à défaut de homards géants canadiens, Macron veut se poser en défenseur de l’écologie. Un cynisme et une hypocrisie totale pour l’ex-banquier, qui est en réalité complice et coupable. Quel sens y a-t-il à faire mine de ne pas ratifier l’accord UE-Mercosur alors que Macron a défendu bec et ongle son pendant nord américain avec le Canada ?

Bien sûr il est difficile pour les chefs des principaux impérialismes de faire comme si de rien était. Car lorsque l’Amazonie brûle, les contradictions internes insolubles du système capitaliste à bout de souffle ne peuvent échapper à personne : l’humanité toute entière peut y passer, grands bourgeois compris.

Tout de même, quelle hypocrisie lorsque l’on sait que le traité est imposé par l’Union Européenne, ce que n’ont pas manqué de lui rappeler ses maîtres européens, porte-parole du gouvernement allemand en tête, qui, à Biarritz, a fait savoir qu’il s’opposait au blocage de ce traité de libre- échange. Après la vieille ficelle éculée de la réforme de l’UE du Capital en une Europe sociale, pour duper le peuple, la Macronie avec la complicité de ses alliés d’EELV veut repeindre en vert cette Union Européenne, moteur de la destruction de l’environnement.

Quelle hypocrisie lorsque l’on sait qu’il y a quelques jours, le ministre de l’Économie de Macron a signé le 3 août un arrêté de permis minier exclusif … en pleine forêt amazonienne. Le permis Ratami 2, accordé à Sands Ressources, permet l’exploitation de 50 km² de forêt vierge. Deux autres permis ont été délivrés rien qu’en 2019, à la société Newmont-La source, ainsi qu’à Amazone Gold, sans parler des extensions de permis existants, des permis de recherche d’extraction d’hydrocarbures etc.

Quelle hypocrite, ce Macron, dont le régime achève la liquidation de la construction navale en France en livrant ce savoir-faire et industrie stratégique à des capitaux étrangers, que de pérorer sur les transports maritimes en se posant en militant écologiste des transports ! N’est-ce pas pourtant son régime qui vient de fermer la ligne de fret ferroviaire, dite du train des primeurs, pour le transport des fruits et légumes entre le sud de la France et les halles parisiennes de Rungis ? N’est-ce pas lui qui saccage la voie d’eau en France, en demandant à Voie Navigable de France de baisser ses niveaux de services et de financer son fonctionnement en bradant le foncier autour des canaux existants ? N’est-ce pas lui qui détruit, en appliquant de façon zélée les directives européennes du paquet ferroviaire, la réforme ferroviaire qui met des dizaines de milliers de camions sur les routes en supprimant le transport de marchandises par les trains ?

N’est-ce pas le régime Macron qui par Parcoursup prive la jeunesse d’accès l’Université et qui étrangle sous le coup de l’euro-austérité la recherche française, recherche publique en voie de disparition car mise en coupe réglée sous les financements… des multinationales ? Cette recherche indispensable pour affronter les changements climatiques et environnementaux majeurs qui ont déjà commencé.

Face à l’exterminisme capitaliste, le communisme est l’avenir de l’Humanité

Selon l’ONU, le seul pays à avoir mis en pratique le développement durable… c’est Cuba socialiste. Et ce n’est pas un hasard ; le socialisme étant tout entier tourner vers la satisfaction des besoins de l’Humanité, et non vers l’augmentation des profits d’une petite classe, cette classe capitaliste qui comme le remarquait déjà Marx pour ses profits “épuise l’Homme et la Nature”.

En conclusion de tout cela, les communistes et tous les progressistes doivent prendre très au sérieux la situation ; il n’y aura pas de “développement durable”, de solution durable sans révolution socialiste mais on ne peut se contenter de dire “attendons de la faire et après on résoudra les questions d’environnement”.

En matière d’écologie aussi, il faut activer la convergence des luttes et le tous ensemble d’un front populaire. Un front antifasciste populaire, patriotique et écologique (FRAPPE), pour reprendre cette proposition stratégique portée depuis quelques années déjà par les communistes avec le PRCF. Une mobilisation écologique qui est déjà en tête des préoccupations et revendications au niveau mondial pour les syndicats de classe, comme le démontre l’appel lancé par la fédération syndicale mondiale (FSM)

Les inquiétudes légitimes de la jeunesse en matière d’avenir écologique de la planète , notamment – pour le moment encore trop largement récupérées par l’idéologie dominante et pour diviser le front de l’opposition au régime Macron – ne peuvent trouver un débouché politique si elles ne se saisissent pas frontalement du combat anti-impérialiste et pour la paix. Si les revendications écologiques ne se mobilisent sur une base de classe, l’expérience montre par ailleurs qu’elles ne servent que le marketing commercial du recyclage écologique dans lequel excellent désormais les multinationales.
À l’inverse, l’urgence doit être à faire la jonction avec le mouvement ouvrier, “traditionnel” ou nom, et la fusion des colères entre gilets jaunes, gilets rouges et gilets verts de certaines marches pour la climat a démontré que c’est possible. L’urgence écologique, c’est également de briser les chaines de l’Union Européenne (responsable en grande partie de ces traités de libre-échange) et de son modèle agricole productiviste, de son euro qui étrangle non seulement l’agriculture paysanne en France, mais également à travers le franc CFA les agricultures des pays d’Afrique. L’une des principales politiques impérialistes de l’Union Européenne, c’est bien la Politique Agricole Commune tout entière tournée vers la mondialisation capitaliste et qui repose sur l’importation massive de denrées produites. Comment ne pas rappeler que les accords de libre-échange euro-atlantique visent également à conforter la consommation de viande agro-industrielle, là où un objectif écologique mais également de santé publique devrait être de diminuer la consommation de viande, en priorité au profit de viande de qualité, locale, respectueuse du bien-être animal. Car ces traités de libre- échange reposent sur un modèle d’exportation du lait et pour partie de la viande européenne en échange des importations du soja et du maïs transgéniques destinés au bétail “européen”, produits à l’autre bout du monde dans des conditions néo-coloniales et criminelles pour le climat et la biodiversité.

Pour gagner la bataille écologique, et se sortir de l’exterminisme capitaliste, oui, les communistes doivent être à l’avant-garde de la contestation environnementale. Pour unir autour de la classe ouvrière, sur des bases révolutionnaires, pour gagner la révolution sociale et sauver notre environnement.

JBC et AD pour www.initiative-communiste.fr