Sortez des traités, stupides ! dit Jean Luc Mélenchon. Pour s’en sortir, sortir de l’UE !

initiative-communiste.fr publie ci-dessous la tribune du député Mélenchon parue dans le journal Libération.

Cette tribune met en lumière l’impérieuse nécessité de briser les chaines de l’, afin de pouvoir engager une dynamique de progrès et de paix.

Beaucoup plus tranchant que les discours lénifiants ou mensongers des états-majors des grandes centrales syndicales (quand ils ne sont pas totalement révisonnistes cf: défendons Annie Lacroix-Riz) ou des partis PGE compatibles, la tribune a le mérite de proclamer sans ambiguité aucune que:

Toutes nos misères écologiques et sociales ont leur origine dans le contenu de ces traités.

Jean Luc Mélenchon

Aussi Jean Luc Mélenchon tire-t-il comme conséquence logique de cette analyse (que le P.R.C.F a théorisée le premier il y a plusieurs décennies et défendue et portée sur le terrain militant en menant de nombreuses campagnes) qu’il faut sortir des traités.

La est en effet une condition nécessaire pour que survienne:

une renaissance en , que ce soit celle de la souveraineté du peuple, celle des lumières contre l’obscurantisme de l’argent et des passions religieuses adverses.

JL Mélenchon

Les thèmes de la Renaissance et des Lumières, sont au coeur de l’action du P.R.C.F: Pôle de Renaissance communiste en France depuis sa création. Permettons de rappeler que Georges Gastaud, philosophe et Secrétaire National du P.R.C.F a publié chez Delga Lumières Communes: traité de philosophie à la lumière du matérialisme dialectique.

Il faut donc ici saluer l’intégration de ces thèmes dans la pensée politique du président du groupe L.F.I à l’Assemblée Nationale.

Toutefois, permettons de faire remarquer que si cette condition est nécessaire à l’émergence de cette renaissance dont le Pôle de Renaissance Communiste en France entretien la flamme depuis des décennies en France , elle n’est pas suffisante.

En effet, la construction européenne contre les peuples d’Europe (et au dela du Monde: Afrique, Amérique Latine, Orient…) est constitutive du fonctionnement violent et prédateur de l’économie capitaliste mondialisée à l’égard de la Nature et des Hommes. Elle est le bras armée de l’exploitation capitaliste tout autant que l’inscription dans le réel de la lutte de classe que mène l’impérialisme européen.

C’est pourquoi la construction européenne sème la misère et la guerre:

  • Guerres sociales et répressions contre les Peuples de l’U.E .
  • Guerres économiques et/ou militaires contre le Tiers Monde: Cuba, Syrie, Vénézuéla… la liste ne cesse de s’allonger.
  • Chocs impérialistes contre la Russie et la Chine, tensions avec les U.S.A et le Royaume-Uni.

Aussi, faut-il être conscient que sortir des traités, ne peut être une décision politique neutre:

  • Soit on assume l’affrontement de classe entre souveraineté populaire et impérialisme européen mondialisé dans le bloc U.E-O.T.A.N, et cette sortie conduit de fait à une sortie de l’U.E et de son arme de destruction économique massive qu’est l’euro, de l’O.T.A.N et du capitalisme.
  • Soit cette sortie restera lettre morte et suivra le non respect du NON de 2005 et les montages alambiqués du Brexit tel que le concoit T. May.

Il est plus qu’urgent de militer pour le progressiste et conséquent c’est-à-dire pour les 4 sorties:

  1. de l’U.E,
  2. de l’euro,
  3. de l’O.T.A.N,
  4. et du capitalisme.

Alors que les élections européennes se profilent, cela passe par l’abstention citoyenne à ces élections fantoches dont le seul but est de donner une pseudo-légitimité démocratie au carcan européen.


Europe: sortez des traités, stupides  !par Jean-Luc Mélenchon


 
 Tribune. Le président français s’adresse aux Européens. Pluie de poncifs, torrents de reprises éculées et de paranoïa russophobe. Mais une autre parole française existe. Car l’intérêt général des êtres humains sur le Vieux Continent mérite mieux que sa dilution dans la stratégie du bavardage d’Emmanuel Macron. En Europe, il est temps de parler la seule langue vraiment internationale qui soit capable de motiver l’action commune de peuples aussi divers par leur histoire, leurs langues et leurs cultures. C’est la langue des biens communs à défendre et à étendre. Celle des projets communs de vie. Celle des droits sociaux et des services publics. Ils sont à reconstruire après le saccage de trente ans de «concurrence libre et non faussée».


Nous sommes tous menacés par un système de production et d’échange qui détruit la Terre et les êtres humains. N’est-il pas plus que temps d’imposer les politiques de solidarités qui nous sauveront dans la catastrophe écologique en marche ? Le monstre financier s’est assez gorgé au détriment de tous les petits bonheurs simples de la vie. S’il faut une renaissance en Europe, que ce soit celle de la souveraineté du peuple, celle des lumières contre l’obscurantisme de l’argent et des passions religieuses adverses. Si la France peut être utile à tous, que ce soit en proposant les travaux d’Hercule qu’il est urgent d’accomplir. Oui, les peuples d’Europe peuvent s’imposer en vingt ans de respecter partout la «règle verte» : ne plus prendre à la nature davantage qu’elle ne peut reconstituer. Nos peuples peuvent renoncer dès maintenant aux épandages de pesticides assassins de la biodiversité. Ils peuvent décider d’éradiquer la pauvreté sur le continent, de garantir un salaire décent à chacun, de limiter les écarts de revenus pour stopper l’épidémie sans fin des inégalités. Nous sommes capables d’étendre à toute l’Europe la clause du droit des femmes le plus favorable. Nous sommes capables de bloquer la main des voleurs du fisc qui détournent chaque année mille milliards d’euros pour leurs activités irresponsables plutôt que de nous les laisser pour le bien commun. Bref, il est possible de commencer un nouvel âge de la civilisation humaine. On le peut ici sur le continent le plus riche, le plus instruit. S’il assume un protectionnisme négocié avec le monde, il fera de telles normes humanistes une nouvelle ligne d’horizon commun pour des milliards d’êtres humains.
Il y a un préalable à tout cela : sortir des traités qui organisent l’UE. Toutes nos misères écologiques et sociales ont leur origine dans le contenu de ces traités. Ils ont figé toutes les politiques économiques dans le dogme absurde de l’ordolibéralisme et de l’atlantisme chers aux gouvernements de la droite et des socialistes que dirige Mme Merkel. Ils organisent la pénurie des investissements dans la transition écologique, le démantèlement de l’Etat social et la mise sous tutelle financière des démocraties. Conçus pour offrir une fête permanente à la finance, ils rendent impossibles l’entraide et la solidarité des peuples. Juste une épuisante compétition entre moins-disant écologique et social.
A l’heure de la souffrance sociale de masse et du désastre écologique, les peuples n’en peuvent plus des pouvoirs qui disent une chose et font le contraire. La lettre d’Emmanuel Macron en est un modèle. Il réclame pour l’UE un objectif global de réduction de moitié des pesticides d’ici à 2025. Alors, pourquoi avoir refusé d’inscrire dans la loi un plan de sortie du glyphosate, comme l’ont proposé à plusieurs reprises les députés de La France insoumise ? En début de mandat, il disait ne plus vouloir d’accords de libre-échange s’ils ne respectent pas les accords de la COP 21. Pourquoi en a-t-il accepté ensuite avec le Canada puis le Japon ? Pourquoi avoir accepté d’interdire aux Parlements nationaux d’avoir leur mot à dire sur ces traités ? Il exige un «bouclier social garantissant la même rémunération sur un même lieu de travail». Il disait pareil lors de la révision de la directive travail détaché ! Mais le système permet toujours le dumping social avec le paiement des cotisations sociales dans le pays d’origine. Et quand les insoumis proposent l’abolition du statut de travailleurs détachés, ou la clause du régime social le plus favorable, les robots parlementaires de LREM votent contre.
Macron est devenu dangereux. Pas seulement pour les manifestants et ses opposants politiques. Sa phobie antirusse le fait rôder aux frontières de la guerre. Le risque est là en Europe depuis l’annonce par les Etats-Unis de l’installation en Pologne de missiles tournés vers la Russie. Vladimir Poutine annonce une réplique. Il est donc urgent de s’extraire de cette escalade en prenant notre indépendance d’avec l’Otan. C’est le contraire de «l’Europe de la défense» que Macron et Merkel présentent comme le nouveau rêve européen.
La peur des Russes est absurde ! Ce sont des partenaires naturels. Si la démocratie est menacée c’est plutôt par la tyrannie de la finance, et les méthodes de brutes pour diriger les peuples. Elles ont conduit à martyriser la Grèce, à pourchasser les opposants, comme en Pologne ou en Hongrie. Et comme en France, où le problème posé à notre démocratie ne vient pas de Moscou, mais de Paris, avec ce président qui mène une répression féroce depuis dix-sept semaines de mobilisation des gilets jaunes. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a annoncé l’ouverture d’une enquête sur la gestion violente de ce mouvement. Il s’en indigne comme si ce n’était rien que 12 morts, 2 000 blessés, 22 éborgnés, 5 mains arrachées, 8 000 gardes à vue, 1 500 condamnations en comparution immédiate. Autant de pauvres vies saccagées pour avoir réclamé leur part de soleil dans l’existence. Et comme elle est insupportable, sa duplicité quand il adhère à l’illusion meurtrière d’une Europe forteresse qui se protégerait des réfugiés par la noyade en Méditerranée ! Que Viktor Orbán ait approuvé la tribune de Macron devrait inquiéter les Français : celui-ci ne prétendait-il pas combattre la politique du président hongrois ? A rebours de ces brutalités, il faut une politique immédiate contre les causes des exils forcés : guerres, changement climatique, pillage économique.
Pour les peuples européens, un changement de direction est urgent. Emmanuel Macron et Angela Merkel incarnent les vieilles recettes stupides et morbides. D’ailleurs, disons-le sans détour : nous n’avons que faire du pseudo «couple franco-allemand», ce condominium prétentieux contrôlé par la CDU. Il humilie les vingt-six autres Etats. Il isole les Français de leurs parents naturels au Sud. La renaissance dont l’Europe a besoin est celle de la liberté politique de ses peuples. Si la France peut être utile à quelque chose c’est à cela, à condition de se présenter en partenaire plutôt qu’en donneur de leçons.

Libération, tribue de J.L Mélanchon député L.F.I

Commentaire de lecteur “Sortez des traités, stupides ! dit Jean Luc Mélenchon. Pour s’en sortir, sortir de l’UE !

  1. richard palao
    13 mars 2019 at 22:13

    encore un effort JEAN LUC et tu tirer as la conclusion que la meilleure facon de sortir des traités c est de sortir de L UE car y rester revient à continuer de subir les directives les diktats et les injonctions de l UE qui sont des copies celles de ces traités

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