« Le processus d’intégration de l’Europe transformé en processus de colonisation» Sur l’Union Européenne et le Tout Anglais

courriel-212x3001Avec l’aimable autorisation de Mme Campogrande, présidente de l’Association Athèna, nous publions cette réflexion de Mme Campogrande sur le glissement accéléré de l’UE au tout-anglais, sans bien sûr, que les peuples soient en rien consultés.

Il m’est difficile de comprendre une telle attention aux langues régionales alors que le , la langue nationale officielle, est négligé et en voie de disparition au sein des institutions européennes.

Le français qui a été longtemps la langue de conception et de communication la plus importante, au sein de l’ institutionnelle, actuellement, est totalement marginalisé y inclus par le Commissaire de la France qui écrit des lettres en anglais au gouvernement français, dans l’indifférence totale des Français, des autres francophones et des Pays latins obnubilés par des années de propagande et d’occupation. La  mise à l’écart du français, au sein du processus d’intégration de l’, porte atteinte à toute la civilisation gréco-latine et à sa participation au processus d’intégration.  Cette ultérieure offensive, doublée par la disparition du plurilinguisme, fait des pays latins « de facto » des véritables colonies de la pensée unique anglo-américaines au sein de l’Union Européenne.

Nous sommes dans l’urgence d’une prise de conscience de la catastrophe politico-culturelle et, avant tout, démocratique que la disparition du plurilinguisme comporte au sein de l’Europe et de la nécessité de la mise en place d’une stratégie, concordée, entre tous les pays latins pour faire face au danger d’anéantissement et de disparition de notre civilisation. Il vaut la peine de rappeler que, en termes démographiques, au sein de l’Union Européenne, les Pays latins constituent plus de la moitié de l’ensemble des citoyens européens.

Il est grand temps que la question linguistique européenne soit abordée en termes de civilisation, ce qui comporte que l’on arrête de concevoir et rédiger les textes législatifs et réglementaires originaux dans une seule langue laquelle ne dispose même pas des notions et des termes juridiques indispensables à une redaction correcte des dispositions applicables aux Etats Membres qui relèvent de systèmes juridiques héritiers du droit romain et des codes de Napoléon. Il s’agit là d’une colonisation beaucoup plus dangereuse et insidieuse de celle pratiquée par les invasions territoriales avec tanks et blindés.

Anna Maria Campogrande, présidente d’Athéna,

Association pour la défense et la promotion des langues officielles de la Communauté européenne

(l’association est née lorsque l’Union n’existait pas encore).

 

« Le processus d’intégration de l’Europe transformé en processus de colonisation»             

L’environnement linguistique et culturel mondial et surtout celui de l’Europe en marche souffre, depuis un certain temps, d’une pollution de plus en plus inquiétante, celle qui émane de la langue unique imposée comme véhicule de la pensée unique de la globalisation. Or, si l’hégémonie d’une seule langue et d’une seule culture constitue un problème pour les Pays du monde entier, pour l’Europe, confrontée aux problématiques d’un processus d’intégration avancé, consti­tue une véritable calamité.

Ce fait est, en réalité, de nature à transformer le processus d’intégration de l’Europe en un pro­cessus de colonisation qui complé­terait celui mis en place déjà, dans le reste du monde, par la globalisation néolibérale et, par le même biais, placerait dans le berceau de l’Europe unie, le germe de la discorde et du conflit. L’histoire, même récente, nous enseigne que l’imposition d’une seule langue et d’une seule culture, au sein de sujets politico-territoriaux plurilingues et multi­culturels, constitue, à terme, un puis­sant facteur de désintégration. Des exemples sont sous nos yeux et n’ont pas besoin d’être illustrés. A contrario, l’expérience de la Suisse, son essor et sa réalité quasi-millénaire, dans le respect de ses langues et de ses cultures, devrait être pris comme exemple et point de repère.

Le succès du processus de colonisa­tion au sein des institutions européennes et au niveau de certains décideurs politiques est loin de pouvoir être considéré comme un acquit. Là où nous en sommes, il s’agit d’une réalité éloignée du citoyen européen qui ne le touche, pas encore, directement.Un citoyen qu’un certain bien-être matériel rend conformiste et confiant et qui est loin d’imaginer que, au sein de l’Europe réconciliée et unifiée, sa langue, sa culture et son identité sont menacées. A ce stade, la seule conséquence immédiate consiste en une fracture entre le citoyen et l’Europe institution­nelle, un éloignement, une froideur qui prend forme lors de certains événe­ments, tels que, par exemple, les élec­tions du Parlement européen. Une indifférence qui peut se transformer en hostilité active dès que le citoyen se trouvera concrètement confronté aux dégâts du monolinguisme et de la pensée unique.

L’Europe en marche a besoin de mettre en place, d’urgence, une stra­tégie pour la sauvegarde de sa diversité linguistique et culturelle. Les éléments à retenir sont multiples mais peuvent se résumer en la nécessité  d’éviter le décollement entre les institutions européennes et le ci­toyen et d’avoir un projet européen de société.

Le statut des langues, à l’intérieur des institutions européennes comme à l’extérieur, dans les contacts avec les citoyens, dans les programmes d’ins­truction nationales, dans les très nombreux cas d’espèce, ne peut pas être réglé à la dérobée. Il doit faire l’objet d’une régie savante, d’un ac­cord, suivant les procédures habi­tuelles des institutions démocratiques, se baser sur des paramètres objectifs qui tiennent compte, entre autre et avant tout, des critères de représentati­vité des États Membres au sein des institutions, de leur réalité démogra­phique, de la notion d’ État Membre fondateur, dépositaire du modèle origi­nal du projet d’intégration, des langues des pays d’accueils et d’autres nom­breux facteurs, dans une optique de dialogue, de solidarité et de respon­sabilité partagée.

Dans ce contexte, la vocation d’Athéna, consiste à participer à toute réflexion et action au sein des institutions europé­ennes et des États Membres, en vue d’identifier les modes et les manières aptes à sauvegarder la diversité lin­guistique et culturelle de l’Europe qui constitue sa véritable richesse et son identité la plus profonde. Au vu de l’expérience et du savoir faire dont elle dispose, notamment du fait de sa posi­tion privilégiée au cœur du processus d’intégration européen, Athéna pour­suit le bût d’épauler la Commission pour la prise en compte de l’intérêt général de l’Europe et des citoyens dans la mise en œuvre d’une véritable politique linguistique européenne.

Athéna se propose ainsi de pour­suivre, avec le personnel des institu­tions européennes et en liaison avec les instances et les réseaux qui repré­sentent les citoyens, un travail de réflexion et de mise en valeur de la diversité linguistique et culturelle de l’Europe communautaire dont les ré­sultats, assortis de propositions d’ac­tions seront présentés à la Com­mission.

Le défi auquel nous sommes confrontés, face à la globalisation que tout uniformise et tout aplati, est celui d’encrer l’Europe communautaire à la civilisation, humaniste, créative et cultivée, dont elle est issue, respecter et valoriser les diversités culturelles et instaurer un effectif plurilinguisme des citoyens et des institutions, choix indissociables du processus d’intégration d’une Europe durable.

Le Comité Exécutif – 21 Mai 2007


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