L’EBRANLEMENT : l’épopée de la révolution d’Octobre en poésie – 2e Partie (2/2)

À travers un recueil de poésies, l’écrivaine belge revient sur l’épopée de la d’Octobre à l’occasion du centenaire de la grande russe. Barbara a confié à  www.initiative-communiste.fr la publication en ligne et en plusieurs épisodes de cette épopée.

Cette épopée se décompose en plusieurs parties qui seront publiées chaque mercredi matin, jusqu’au 4 novembre, date du Meeting international du centenaire de la Révolution d’Octobre, à Paris (cliquez ici pour retrouver toute les informations)


Le retour

 Lénine, par d’habiles manœuvres, parvient à   regagner la Russie. Il croit entrer à Pétrograd incognito mais ses amis lui ont préparé un accueil triomphal. Il entre la nuit dans la Gare où sont massés les ouvriers, les soldats et les matelots de Cronstadt               

Tous ces visages d’une même pâte labourée, écorchée
D’une même griffe
Et perpétuellement tendres. _
Tous ces visages en son regard fusionnent
Une seule face de la nuit jaillit :
La Russie!  Le ciel cisaillé de phares, de bras, de mains…
Choc de l’inattendu!
Des galbes, des fleurs… des harmonies
Surhumaines surgissent
Ruisselantes de prémices.

La révolution est en fleur. _ ‘
–Je vous le dis c’est pour demain !
Une haie : Matelots ouvriers soldats femmes
Il entre dans l’artère du peuple comme une flamme
—0 hommes à qui je dois parler. ..
Laissez-moi le temps
De capter sur ce sol que je retrouve
L’effluve de votre écorce
Et la larme rouge
Qu’y  versa mon frère
Quand il se fit pendre en sa jeunesse austère.
Ma poitrine si longtemps comprimée par l’angoisse
A  votre exubérance
Ne pourrait faire face
Sur-le-champ
Sur ma lèvre l’écume du cœur
Dans ma tête le vertige du fumeur
A sa première pipe.
0 nuits de mon rugueux exil
Je vous oublie déjà pour ce nouveau péri l:
Equarrir sans une faille
L’ordre nouveau à la taille de ce retour.
Le peuple est vaste.
Qui n’a promené son regard qu’à sa surface
N’a pas senti son âcre haleine de soufre
Qui purifiera l’ jusqu’en ses soutes.
Dans ma joie qui se perle d’inquiétude
je suis toi peuple! jusqu’à l’usure…
Bonheur! Tu entres en moi comme un bistouri.
Je découvre a ton revers comme un saignement.
Doux et amer
Amer et doux.. .
je veux des joies totales!
Sur ton front, peuple, le poli des pétales.
– Lénine! Lénine! Lénine!
-Me voilà! Hélas je ne puis être tendre
Il faut un verbe qui cingle
Qui raidisse la mâchoire, le bras.
Serrez votre arme soldats! 

Vox Populi

Hé oui! Kérenski est au pouvoir .
Et vous avez cru comme moi à la fin des déboires.
Qu’il n’oublie pas ce Monsieur gommé
Qque le dos de la rue l’a hissé au faite du Palais.
J’attends encore ses décrets
Qui nous assureront de sa loyauté.
Et la paix? Nous attendons la paix!
Faire la révolution et porter dans l’estomac
Le même creux,
Frissonner  encore et blasphémer la vie…
Est-ce vrai qu’elle ne puisse être amie?
Les bolcheviks ont de ces mots. .. !,
Qui taillent l’espoir au couteau.
Ces soldats ces matelots ces déterrés
Des tranchées, c’est le ciel qu’ils veulent manger!

Moi aussi, citoyen Kérenski! je fais fi de vos décrets
Que d’ailleurs vous ne céderez jamais.
J’ai mes cheveux blancs à venger et ma ride précoce
Et jusqu’à ma nuit de noce
Que j’ai passée sur une paillasse.
Je n’ai jamais eu de lit !
Si  j’ai eu chaud parfois
C’est au feu de mon âme que je le dois.
Car j’ai pris le temps d’aimer
Pour n’être tout à fait bête de trait,
Furtivement délicieusement comme un vol.
Rude hirsute échoué dans une rigole
L’amour est encore l’amour, nobles demoiselles
Qui battez des paupières en tourniquant l’ombrelle.

Le pain! La terre! La paix!
Et tout le pouvoir au Soviet!
Voilà ce que je hurle,
Corps de nantis, face à votre insulte.
Et chaque sanglot avalé. . .
Vous me le paierez!

Nihil

je peux mourir demain…? Même cette nuit,
Ma bouche mordant encore ton pubis.
Ainsi Lils me trouveraient… Dans une stase, placide,
Rompu, déjà rendu au vide,
l’âme en lambeaux déjà,
Ils n’auraient qu’à parfaire le trépas.
Est-ce ainsi que vient la mort? Divisée en contraires,L’un vous tirant par-devant, l’autre par derrière
Jusqu’à déchirure profonde et irrémédiable?
L’un voulant Dieu et l’autre le Diable…
Réponds! éphémère compagne, au lieu de rire!
Est-ce que tu ris? Est-ce que tu délires?
Quel semblant quelle farce quel drame?
Dans ma dérive, jette-moi donc une rame!
Réponds! J’ai besoin d’un mot qui fixe ma semelle
Au sol. Ha toi! A qui il suffit d’être belle…

Oui, il se pourrait. . . cette nuit. . .
L’iris de ton œil en serait-il terni?
En aurais-tu moins d’amants?
J’ai vingt ans.
L’ennui à toutes les latitudes je connais
Et j’ai plus de vices sous la peau que d’or dans mon gousset,
Arrogant par naissance autant que par goût ,
Vivant par jeu et jouant par dégoût.
Je sais je suis mal né ,
La tombe bée sous mon pied.
Chante haut! Tu ne peux assourdir l’écho
De la faux qui approche et vise mes os.
J’ai peur. Pourtant rien ne valait un pleur ou un rire
Et je n’ai rien aimé hors ce soupir
Echappé de mon sang opaque et blanc
Qui étoile ta chair en firmament.

Et toi? A demi-nue sur ton sofa
Qui parais ne devoir jamais finir.
Imagine… Imagine le pire!
Pense: tout fut et plus rien ne sera.
Pourras-tu corrompre le bras
Qui voudra te frapper dans ta noce?
Vois où on te jettera! Vois la fosse!
Avilie ta lustrale blancheur.
Dans la galerie canaille aux fortes odeurs
De suif, qui reconnaîtra encore dans ta nuque profanée,
Le parfum de rose s’épanchant dans tes nuits enfiévrées.

 


Synthèse

Commentaire de lecteur “L’EBRANLEMENT : l’épopée de la révolution d’Octobre en poésie – 2e Partie (2/2)