Débat : Une politique progressiste de santé publique ne peut reposer sur le seul « libre choix » des individus.

Débat – C’est un fait le régime Macron, c’est à dire le Capitalisme, a dramatiquement fait la preuve de son échec dans la gestion de la pandémie de covid-19 : 112 000 morts, un demi millions de malades graves ayant du être hospitalisés, 6.3 millions de personnes infectées. En moyenne depuis le début de la pandémie c’est 184 de nos concitoyens qui meurent chaque jour. Le crash d’un airbus A320 chaque jour, ou encore 11% des 1680 morts quotidiens ayant lieu en moyenne en France. 500 000 hospitalisés, c’est plus de deux fois le nombre de lits total disponibles dans les hôpitaux publics en France !

La perte de contrôle répétée de la situation sanitaire, que ce soit lors de l’arrivée de la vague épidémique au tout début 2020 d’abord niée par le régime ou ensuite lors des 3 déconfinements, n’a eu de cesse que de laisser le pays, sans cesse au bord de l’effondrement de ses hôpitaux exsangues, sous la cloche de mesures de contrôle limitant certaines libertés individuelles, parfois longtemps et très durement. Cet état de fait s’ajoute au lourd passif du régime Macron dans la droite suite de ses prédécesseurs : n’ont ils pas plongé le pays dans un état d’urgence permanent restreignant les libertés publiques, en portant atteinte au droit de manifester tout en renforçant les mesures de privation de liberté sans aucun contrôle du juge ? ne sont ils pas ceux qui ont fait voter la loi sécurité globale contre laquelle le pays et notamment les défenseurs de l’information libre et de la liberté d’expression au premier rang desquels nous communistes et notre média Initiative Communiste nous sommes dressés ? Il est donc indispensable de souligner que le régime Macron, et ses mandants que sont l’Union Européenne et derrière elle le grand Capital n’ont nullement eu besoin du covid-19 et de la situation épidémique pour s’en prendre systématiquement aux libertés, singulièrement celles des travailleurs, et appuyer à fond sur l’accélérateur de l’eurofascisation.

L’un de nos électeurs verse dans cette situation où le mot de liberté est sur toutes les lèvres de centaines de milliers de manifestants dans les rues une tribune au débat pour souligner que la politique progressiste de santé publique implique des choix collectifs, qui dépassent évidemment le seul « libre choix » des individus Un débat urgent et nécessaire alors que l’extrême droite tente de s’emparer de la légitime exaspération populaire pour se mettre en avant en vidant de son sens le mot de liberté, pour faire primer celui de l’individualisme égoïste dictant la puissance du « fort » écrasant et laissant de coter les « faibles ».


« Une politique progressiste de santé publique ne peut reposer sur le seul « libre choix » des individus »

Par Adrian Delaplace 5 août 2021 – Notre légitime lutte contre le « passe sanitaire » macronien, qui ouvre la voix à la surveillance généralisée hors des lois ordinaires, exercée par des personnes n’y étant normalement pas habilitées, gagnerait à s’accompagner fortement d’une démarcation avec les positions réactionnaires et anti-scientifiques de certains opposants de droite au gouvernement, pour qui la liberté individuelle constitue une interdisant toute mesure coercitive en matière de santé publique. D’ailleurs, la Chine populaire et Cuba socialiste mènent une politique légitimement dirigiste pour endiguer l’épidémie de covid 19, que les médias aux ordres des capitalistes ne cessent de taxer de liberticide, sous le seul réel motif que ces États ont choisi une voie différente de du soi-disant « monde libre », et sans jauger des résultats bien meilleurs que ceux obtenus chez nous pour limiter la contagion et la mortalité. La vaccination constitue un outil fondamental, quoique non exclusif, pour juguler cette épidémie, comme bien d’autres, qui s’avère finalement bien moins désastreux, y compris pour la publiques, que la multiplication de confinements longs et stricts. Évidemment il serait ridicule d’opposer la vaccination au développement des soins et traitements, tout particulièrement ceux permettant une prise en charge précoce. D’abord car c’est un point essentiel pour les malades, qu’ils soient vaccinés ou non vaccinés, et ensuite car c’est également un pilier important de l’éradication de l’épidémie. Prévenir, dépister, isoler et soigner.

Un certain nombre de vaccins sont obligatoires depuis longtemps en France, pourquoi serait-il scandaleux d’envisager que les vaccins contre le covid 19, pour lesquels on dispose maintenant de suffisamment de recul pour garantir que leur rapport /risque est très favorable, tant à titre individuel (sauf dans quelques cas extrêmement particuliers) que collectif ? Au vu de la contagiosité très forte des nouveaux variants comme le Delta, un taux de couverture vaccinale extrêmement élevé est nécessaire pour parvenir à l’immunité collective de façon progressiste (l’autre solution consistant à laisser tout le monde se contaminer « librement »). Certes, il existe de rares personnes (allergiques sévères…) pour lesquelles la vaccination est contre-indiquée : comme pour toutes les vaccinations obligatoires, des exemptions existent dans ces cas, avérés médicalement. Rendre le vaccin obligatoire et supprimer le passe sanitaire rendrait la vie beaucoup plus simple à ces personnes. Rappelons également que chez les personnes immuno-déprimées, les vaccins sont peu ou pas efficaces, tandis que le risque de contracter une forme grave de la maladie est décuplé : la protection de ces personnes fragiles repose presque entièrement sur la protection collective, c’est-à-dire la vaccination de toutes les personnes chez qui le vaccin est indiqué. Tout cela milite pour la vaccination obligatoire rapide  contre le covid19, avant que de nouveaux variants encore plus contagieux et/ou virulents, et contre lesquels on sera encore plus démuni, n’apparaissent, risque dont la probabilité est décuplée par toute politique de laisser-faire ou misant sur la seule responsabilité individuelle .