DANSER ENCORE

Marseille : HK chante dans la manifestation pour l’hôpital public le 16 juin 2020 (revoir le reportage d’Initiative Communiste en cliquant ici)

Cette chanson Alexis HK a commencé à être chantée dans les rues par l’artiste lui-même dès le deuxième confinement. Et elle a rassemblé des gens de passage qui ont improvisé un bal partagé à distance. Alexis HK a réitéré ce genre de manifestations éphémères dans divers lieux publics (gare du Nord, Jardin des plantes, Place de la République à Paris).

Respiration (masquée) engagée

À première vue, ce genre de manifestation n’était rien d’autre qu’une respiration (masquée) en temps de confinement qui mettait un peu de baume au cœur de la population depuis longtemps privée de toute manifestation artistique. Mais l’idée a essaimé, et l’initiative est devenue mobilisation régulière dans différents départements. Appel à se retrouver sur les marchés pour danser et chanter sur une reprise de « Danser encore » par des artistes locaux ou par le moyen de la diffusion amplifiée de son chant. Au temps court de rencontre entre la musique et son public où chacun pouvait simplement écouter ou danser seul, mais avec les autres, se sont ajoutées des déambulations entre les stands derrière des masques de théâtre pour afficher sa résistance à la dérive du régime politique dans sa gestion de la crise, par divers slogans.  

Et à lire les paroles de la chanson, on y trouve effectivement un texte engagé contre une certaine démesure dans les interdits imposés au peuple par un pouvoir ou purement autocratique ou confisqué par l’exécutif.  Une chanson pour dire alors qu’il ne s’agit pas que le virus serve de prétexte à la mise en place d’un régime totalitaire qui prétend tout régenter de la vie d’un peuple en ne lui laissant plus aucune liberté (ne serait-ce que dans le silence de la loi).

Faire vivre le combat politique initié, refuser de le laisser tuer dans l’œuf

Mais au fil du temps, les danseurs qui se rassemblent le font de plus en plus souvent sans porter de masques voire revendiquent le non port du masque en extérieur. Et on peut s’interroger alors sur la question de savoir si ce mouvement ne se saborde pas ainsi lui-même. Car refuser toute interdiction, même de bon sens sanitaire, c’est finalement donner le bâton aux forces de l’ordre et empêcher la tenue de la manifestation. Et d’ailleurs la préfète du Tarn par exemple, n’a pas traîné pour interdire toute diffusion de musique amplifiée sur la voie publique, depuis lors.

Et du coup, le combat politique qui pouvait démarrer sur la base de ce type de rassemblements risque de mourir dans l’œuf plutôt que d’être mené. Combat qui a commencé par la demande de réouverture des lieux culturels puis a défendu le statut des acteurs de la culture, et de là s’est inquiété des chômeurs et précaires comme du recours au tout numérique qui renforce les Gafam, et avec eux la surveillance généralisée et la marchandisation des données.

Il se prolonge pour l’instant via des échanges virtuels entre participants qui y vont chacun de leurs doutes ou de leurs certitudes à l’égard des et des mesures sanitaires.

Cf Site réinfo covid : « Nous ne voulons pas vivre masqués, en nous méfiant les uns des autres, nous ne voulons pas vivre vaccinés de force, nous ne voulons pas être incarcérés dans nos domiciles. Nous avons soif de liberté et arpentons d’autres chemins de santé ».

 Cf Collectif national Écran Total : « Les restrictions prétendument sanitaires durent indéfiniment et appellent à agir politiquement ». 

Éveiller les consciences à la responsabilité du mode d’exploitation capitaliste

Entre autres propositions politiques, on trouve notamment la nécessité d’éveiller les consciences à la responsabilité du mode d’exploitation capitaliste de la nature dans les catastrophes dites naturelles et dans les catastrophes sanitaires. Est convoqué sur ce point le terme de  « capitalocène »  de Jérôme Baschet. Et un appel est lancé à sortir du capitalisme qui vise une augmentation exponentielle de la production et ce faisant détruit le vivant et la possibilité de la vie sur terre. On ne peut qu’être d’accord mais la question est de savoir comment !

Et entre autres réponses que l’on trouve dans les débats menés, référence est faite  à Pierre Zaoui qui dans Politis de Février en appelle à récupérer le contrôle sur les chaînes d’approvisionnement (relocaliser la production et les échanges). Il s’agirait d’agir à l’échelle communale d’abord pour aller ensuite vers une fédération des communes. Il évoque la Commune de Paris et  le Chiapas. comme autant d’ilots de résistance au capitalisme par un fonctionnement économique indépendant de lui et un fonctionnement politique de l’ordre de la démocratie participative.

Pour le PRCF  là est le point d’achoppement. La rupture avec le système capitaliste passe par le renversement du pouvoir d’État qui sert le capital pour instituer un État socialiste. La lutte pour la prise du pouvoir d’État par les travailleurs est la condition sine qua non des jours heureux pour la majorité d’entre nous. Les bulles éclatées de résistance sont un modèle de fonctionnement local certes, mais leurs valeurs n’auront de chances de se partager qu’en enlevant au capitalisme son pouvoir de régenter la vie des nations.

Alors oui, dansons encore mais faisons du 1er mai notamment une ‘flash mob’ générale en faveur  d’un qui nous engagerait vraiment vers des jours plus heureux.

MG pour www.initiative-communiste.fr


Les paroles de la chanson « Danser encore » de HK

Paroles de la chanson Danser encore par HK


Nous sommes des oiseaux de passage
Jamais dociles ni vraiment sages
Nous ne faisons pas allégeance
À l’aube en toutes circonstances
Nous venons briser le silence

Refrain ( répété deux fois)

Nous on veut continuer à danser encore
Voir nos pensées enlacer nos corps
Passer nos vies sur une grille d’accords


Et quand le soir à la télé
Monsieur le bon roi a parlé

Venu annoncer la sentence
Nous faisons preuve d’irrévérence

Mais toujours avec élégance

Refrain

Auto-métro-boulot-conso
Auto attestation qu’on signe
Absurdité sur ordonnance
Et malheur à celui qui pense
Et malheur à celui qui danse

Chaque mesure autoritaire
Chaque relent sécuritaire
Voit s’envoler notre confiance
Ils font preuve de tant d’insistance
Pour confiner notre conscience

Refrain
Ne soyons pas impressionnables
Par tous ces gens déraisonnables
Vendeurs de peur en abondance
Angoissants, jusqu’à l’indécence
Sachons les tenir à distance
Pour notre santé mentale
Sociale et environnementale
Nos sourires, notre intelligence
Ne soyons pas sans résistance
Les instruments de leur démence