Il y a 120 ans survenait la catastrophe de Courrières, qui fit 1 099 morts : la plus meurtrière d’Europe ! Le Café marxiste était présent à Lille pour revenir sur ce crime causé par les négligences des Houillères en matière de sécurité, ses répercussions nationales avec les grandes grèves qui suivirent, ainsi que sa dimension internationale.
Cette conférence passionnante, enregistrée au bar « Le Kremlin » à Lille pour le lancement du Café marxiste, exhume une page tragique et fondatrice de l’histoire ouvrière : la catastrophe de Courrières. Animée par le journaliste Jacques Kmieciak expert du sujet et conférencier dynamique et l’historien Fadi Kassem, elle décortique ce qui est qualifié ici de « crime patronal » et analyse ses ondes de choc sur le syndicalisme français.
Pourquoi regarder cette conférence ?
C’est un récit haletant qui démonte le mythe de la « fatalité ». Vous y découvrirez comment la direction des mines a sciemment ignoré les alertes sur la présence de gaz pour ne pas interrompre la production. Le moment le plus révoltant reste le sort des rescapés (mot qui est apparu à cette occasion) : alors que la compagnie avait stoppé les recherches après trois jours, 13 mineurs ressortent vivants après 20 jours d’enfer, suivis d’un 14ème après 24 jours. Cette conférence montre comment ce drame a servi d’étincelle à une grève massive de 60 000 mineurs et a marqué la naissance de la Charte d’Amiens.


Les Temps Forts de la Conférence (indicatifs)
- [07:00] La mécanique du drame : Le délégué Pierre Simon alerte sur la surabondance de poussières de charbon inflammables ; la direction refuse d’inonder une galerie en feu pour ne pas perdre deux jours de profit.
- [10:00] L’apocalypse : L’explosion dévaste 110 km de galeries en deux minutes. Bilan officiel : 1099 morts.
- [17:00] Le scandale des rescapés : Le retour des survivants prouve que l’arrêt des secours était une décision criminelle motivée par la reprise de l’activité économique.
- [22:00] L’embrasement social : La colère explose dans les corons. Le bassin minier est en état de siège.
- [31:00] Analyse politique : Fadi Kassem explique comment Courrières a cristallisé les débats entre réformistes et révolutionnaires au sein du mouvement ouvrier.
Clemenceau : Le « Premier Flic de France » face aux mineurs
La conférence met en lumière le rôle trouble de Georges Clemenceau, alors ministre de l’Intérieur. S’il se rend à Lens le 17 mars 1906 pour rencontrer les syndicats et promet de ne pas envoyer la troupe tant que l’outil de travail est respecté, la réalité est tout autre.
La répression s’abat rapidement :
- Arrestations ciblées : Les leaders du « jeune syndicat » anarcho-syndicaliste, comme Benoît Brouchou, sont emprisonnés pour briser le mouvement.
- Occupation militaire : Clemenceau finit par transformer le bassin minier en camp retranché avec 22 000 soldats, soit un militaire pour deux grévistes.
- Démantèlement syndical : En arrêtant les dirigeants venus de Paris (comme Monatte), le gouvernement réussit à forcer la reprise du travail le 6 mai 1906, après six semaines de lutte acharnée.
De 1906 à 1948 : Une continuité dans la répression

L’histoire de Courrières n’est qu’un prélude aux luttes futures. Les sources d’Initiative Communiste permettent de dresser un parallèle saisissant avec la grève des mineurs de 1948. Si Clemenceau a utilisé l’armée en 1906, le ministre socialiste Jules Moch réitérera ces méthodes en 1948 pour imposer l’austérité liée au Plan Marshall et à la naissance de la construction européenne.
En 1948, la répression sera encore plus sanglante :
- Six mineurs sont tués lors de fusillades ordonnées par le gouvernement.
- 3 000 mineurs sont licenciés et 1 342 sont emprisonnés, totalisant plus de 1 000 ans de prison ferme.
- Le gouvernement ira jusqu’à supprimer les allocations familiales aux familles des grévistes pour les affamer.
Ces deux événements, 1906 et 1948, illustrent une constante de l’histoire industrielle : le sacrifice des travailleurs sur l’autel de la rentabilité et de la géopolitique.
Pour approfondir cette histoire censurée des crimes anticommunistes et de la mémoire ouvrière, vous pouvez consulter ces articles d’Initiative Communiste :
- Novembre, la terrible mémoire des crimes anticommunistes de la répression de la grève des mineurs de 1948
- Plan Marshall : le mythe de l’aide américaine – Conférence d’Annie Lacroix-Riz
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