Véolia, EDF, Aréva, quelle alternative ?

Pôle position du 21 janvier 2010
Le PRCF commente l’actualité sur la toile

Se sentant décidément tout permis, Sarkozy a nommé Henri Proglio, PDG du trust privé Véolia, président du service public EDF. Comme à son habitude, le PS focalise l’attention sur un point scandaleux mais second, la question du revenu totalement indécent de Proglio, chef de file des cumulards de France, qui va additionner ses “salaires” et “retraite chapeau” de Véolia et d’EDF pour dépasser le milliard de centimes de francs annuel, tout en recommandant bien entendu l’austérité à ses salariés, comme ose le faire le richard Carlos Ghone aux ouvriers de Renault.

Mais il y a plus grave: tout le monde sait que Proglio arrive à EDF pour en faire une “entreprise comme les  autres”; rompant avec la mission de service public fixée qui fut originellement fixée à EDF lors de la nationalisation mise en place à la Libération par le ministre communiste Marcel Paul, EDF devrait donc désormais augmenter ses tarifs pour les usagers, attaquer de plus en plus les conditions de vie et les rémunérations de ses employés, concurrencer à fond son ancien partenaire GDF (aspiré par Suez), batailler sans fin avec l’autre entreprise nationale AREVA, et… passer de fait sous le contrôle de Véolia puisque Proglio a amené son état-major avec lui dans l’entreprise publique! Sous le masque du “libéralisme”, le capitalisme monopoliste d’Etat naguère dénoncé par le PCF, fait un nouveau bond de géant puisque le public
passe sous la domination du privé sans verser un sou et par la bénédiction de l’Etat capitaliste!

Dans le même temps, les factures d’eau des usagers français, dont les régies municipales ont été le plus souvent privatisées par les maires de droite et “socialistes”, ne cessent de monter, sans pour autant que dans
certaines villes, l’eau soit potable pour autant. Et les monopoles capitalistes règnent sur sur ce service vital pour les populations.Dans le même temps, la guerre entre entreprises publiques, appartenant majoritairement aux Français, comme EDF et Aréva, fait rage au détriment de la réussite commerciale de ces entreprises à l’étranger, mais aussi à terme, au détriment de la sécurité des Français et de leur approvisionnement électrique, qui a été maintes fois perturbé localement cet hiver.

Mais la “gauche” établie se tait, et le prétendu “NPA” ne sait que répéter “service public européen” parce que pour lui, le mot “nation” étant tabou (quelle stupidité politique que de l’abandonner à Sarkozy et à Le Pen!), il ne sait plus revendiquer la nationalisation pure et simple des trusts en situation de monopoles, comme le réclamait le programme du Conseil national de la Résistance.

Quant à la direction de la CGT EDF, à qui veut-elle faire croire que la privatisation rampante d’EDF impulsée par l’Europe est compatible avec le maintien du statut et des avantages acquis pour les personnels? Qui n’a vu ce qu’a donné ce type de “compromis” à France-Télécom où les personnels à statuts sont rapidement devenus minoritaires quand ils n’ont pas été persécutés pour les faire démissionner?

C’est pourquoi il est temps d’en revenir à des mots d’ordre clairs:
* renationalisation à 100% d’EDF et de GDF avec fusion des deux entreprises; association, puis fusion d’AREVA et d’EDF sur la base des acquis sociaux les plus élevés pour les personnels;
* nationalisation totale des trusts de la distribution d’eau et mise en place partout de régies publiques sous le contrôle des élus, des syndicats et des usagers.

Et si l’Europe met son veto, mettons notre veto à l’Europe et osons dire enfin, comme oserait le dire le PCF s’il n’usurpait pas le nom du parti de Marcel Paul et d’Ambroise Croizat, qu’il vaut mieux sortir de cette Europe de malheur que de laisser dépecer vivante la France républicaine reconstruite par les Résistants