Par Georges Gastaud, Secrétaire National du PRCF

Feignant d’avoir gagné les européennes (avec 61% d’abstentions et de nuls), certain que le mouvement populaire (trahi par Chérèque, Thibault, Mailly et Aschieri) est paralysé et que «la sortie de crise est proche», ce gouvernement au service des gros possédants estime le moment venu de passer à la seconde phase de sa «rupture» euro-thatchérienne :

«kârcheriser» l’héritage national, social, laïc, démocratique et républicain, les acquis sociaux de 45 et les conquêtes républicaines de 89, pour faire de la France l’E1 Dorado du grand patronat affairiste et européiste qui pilote l’U.M.P.

Après le discours du trône du Sire Sarkozy de Nagy-Bocsa au congrès de Versailles, cautionné par des députés P.S. au garde-à-vous, la France se métamorphose ouvertement en régime de pouvoir personnel doublé d’un État policier, dirigé pour le compte du M.E.D.E.F. par un individu qui accapare les pouvoirs législatif, judiciaire et médiatique. La démocratie bourgeoise se meurt : ayons donc tous le courage de dénoncer la fascisation du pays, d’autant qu’avec l’implantation du F.N. en terre ouvrière (Hénin-Beaumont), chacun peut voir que la politique xénophobe de Sarkozy, conjuguée au discours euro-béat et antinational de la fausse gauche, alimente la remontée de l’extrême droite.

Sarkozy prétend sauver le modèle social français, mais il a annoncé :

La casse des retraites par répartition (la retraite à 67 ans va paupériser les pensionnés et abaisser la durée de vie : les vieux devront choisir entre mourir au boulot ou vivre dans la misère pendant que les jeunes chômeurs et précaires «tiendront les murs») ;

La multiplication des délocalisations (le grand patronat utilisera l’argent public avancé sans contrôle pour désosser l’appareil industriel) ;

la liquidation de la fonction publique, notamment de l’Éducation nationale, de l’hôpital public et du statut de la Territoriale (des dizaines de milliers de suppressions de postes !) ;

le travail du dimanche et l’explosion de ce qui reste du code du travail ;

l’austérité salariale (plafonnement de fait du S.M.I.C. et du salaire des fonctionnaires alors que les indécentes rémunérations des grands patrons ne sont en fait pas encadrées) ;

le coup de grâce contre la Sécu dont l’essentiel serait reporté sur des mutuelles alignées par l’Europe sur les assurances privées «à l’américaine», des millions de gens ne pourront plus se soigner, d’autant que la loi Bachelot soumet l’hôpital aux critères de rentabilité.

La très improbable «sortie de crise» annoncée par Sarkozy risque d’être pire que la crise :

Il faudra des dizaines d’années aux jeunes travailleurs et aux contribuables pour éponger les cadeaux aux grands patrons, qui s’en serviront à nouveau pour délocaliser, casser l’économie productive, y compris pêche et agriculture (lait, viticulture…) ;

Recycler la France en plate-forme de la haute finance, du tourisme friqué, de l’affairisme immobilier et du transport de marchandises fabriquées ailleurs : c’est de là, et non des «dépenses sociales», que vient le déficit public – on importe de plus en plus parce qu’on produit de moins en moins et que la hausse du chômage vide les fonds sociaux !

L’emprunt ne servira officiellement ni à la relance ni aux services publics. De nouveaux milliards d’argent public ont été donnés au grand patronat. Les intérêts seront payés pendant des décennies par ces 82% de Français modestes qui ne souscriront pas. Mais la bourgeoisie, pour rentrer dans son argent, sera matériellement intéressée à la casse des «dépenses publiques», retraites, sécu, services publics… Prêter de l’argent à ce gouvernement de dévastation nationale, ce n’est pas agir pour l’intérêt national, mais investir dans le démontage de la France !

Sous prétexte d’autonomie des D.O.M. et de «compression du mille-feuilles institutionnel», la liquidation des communes (au profit des communautés d’agglo) et des départements (à l’avantage des régions, elles-mêmes fusionnées), l’euro-régionalisation du territoire national, la liquidation de la nation, de sa souveraineté (traité de Lisbonne) et de son unité territoriale sont en vue ! Tout cela sur fond de réalignement sur l’O.T.A.N., de casse de la laïcité (Sarko reconnaît les «diplômes» catholiques), de viol permanent de la constitution par le pouvoir le plus réactionnaire depuis 40. Dépouillé de son legs républicain, de ses libertés, de son industrie, de ses services publics et de sa langue sacrifiée au «tout-Anglais» par le M.E.D.E.F. notre pays serait bientôt un «couteau sans lame dont on a jeté le manche» !

Enfin, le fascisant régime U.M.P. remet en cause le droit de grève en prétendant interdire les grèves nationales contre une décision gouvernementale ! Cette déclaration de guerre appelle un sursaut de la classe ouvrière et de la jeunesse. Notre peuple n’est pas vaincu, il est trahi par le P.S., ses satellites, Chérèque, Thibault et autres agents de l’euro-cratique Confédération Européenne des Syndicats.

Il est dangereux d’attendre quoi que ce soit de la fausse gauche politico-syndicale discréditée : la balle est dans le camp des vrais communistes, des vrais syndicalistes et des vrais républicains.

Communistes – du P.C.F. ou non – unissons-nous indépendamment de la direction faillie du P.C.F. socialo-dépendant. Plusieurs appels communs récents d’organisations communistes montrent que l’unité d’action communiste est possible. Cela changerait la donne dans le pays. Appelons ensemble à refuser l’euro-criminalisation du communisme, à résister à Sarko-M.E.D.E.F. et à sortir la France de l’U.E. du grand capital !

Syndicalistes de classe, coordonnons-nous pour organiser les luttes «en bas», construire le «tous ensemble en même temps» sans crainte de bloquer les profits de ceux qui cassent notre pays !

Républicains, exigeons ensemble que la France sorte du broyeur européen pour que vive une nouvelle République sociale et souveraine, unie sur les principes de progrès et d’indépendance nationale du C.N.R. : il faut offrir une alternative politique de masse à la domination sur la gauche du P.S. moribond, empêcher maintenant la pérennisation du fascisant pouvoir U.M.P. et la remise en selle du F.N. !

Renaissance communiste, nouvel élan du syndicalisme de classe et rassemblement républicain anti-U.E. se conditionnent mutuellement !

Rencontrons-nous, prenons des initiatives d’action unitaire tous azimuts !