Sarko cherche le peuple, il va finir par le trouver!

Pôle position – 24 mars

24 mars 2010. Propos post-électoraux de Sarkozy:

QUI « CHERCHE » LE PEUPLE
FINIT TOUJOURS PAR LE TROUVER !

Bien entendu, le peuple est ravi de la politique de Sarkozy ; bien entendu, le peuple trouve excellent qu’on désindustrialise son pays, qu’on privatise ses services publics, qu’on démolisse l’hôpital et la Sécu, qu’on supprime 16 000 postes de prof par an et qu’on se prépare pour la troisième fois en 15 ans à démolir les retraites par répartition créées par le communiste A. Croizat en 45 ! Et quoi de plus normal qu’un président élu pour défendre la République, et qui démolit son pays et dont le gouvernement va jusqu’à favoriser le tout-anglais patronal aux dépens du français dans le seul but de plaire au MEDEF, à l’UE et au suzerain américain…

A entendre Sa Majesté Nico 1er,

le « message » adressé par les électeurs lors des Régionales est fort simple : « il faut accélérer les « réformes » », c’est-à-dire le « démontage du programme du CNR » qui, aux dires de Kessler, le penseur du MEDEF, constitue la feuille de route du pouvoir UMP. N’est-il pas clair que l’électeur a voté pour que son gentil gouvernement sabre plus vite et plus fort les acquis sociaux, les services publics et le « produire en France », quitte à déclasser des millions d’ouvriers et de paysans. Au nom de la « sécurité », le bon peuple exige aussi que l’aimable Hortefeux mette encore davantage la pression à la police : voyons, 900 000 gardes à vue par an avec fouille au corps, ce n’est pas suffisant pour rassurer le (rare) électeur sarko-lepéniste qui a manifestement plus peur du « jeune » que de la fascisation rampante de notre pays…

Quant aux puissantes manifs du 23 mars,

où des cris de « Sarko démission » se sont fait entendre malgré l’invraisemblable déploiement policier, elles n’ont pas existé. Ou plutôt, comme le dit Chérèque, les manifs ont fait entendre les « aspirations » des salariés et leurs timides « demandes » au gentil gouvernement… comme si les travailleurs tant soit peu éveillés de notre pays attendaient encore quoi que ce soit des ennemis du peuple qui sont mandatés par l’UE et par Parisot pour démolir la retraite à 60 ans !

Décidément, c’est peu dire que ce pouvoir UMP est sourd, aveugle et autiste. Déjà, il a flanqué à la poubelle, avec l’aide du PS de Martine et de Ségolène, le « Non » populaire à la constitution européenne en adoptant par la voie parlementaire la constitution bis, -pardon, le « Traité de Lisbonne ». Et maintenant, ça lui est bien égal au gentil gouvernement que 800 000 personnes défilent dans la rue, que le « bleu » ait pratiquement disparu de la carte électorale de la France, que plus de la moitié des électeurs ait fait la grève des urnes, que les quartiers populaires clament leur RAGE contre le gouvernement et que plus de la moitié des électeurs de gauche aient boudé la fausse « opposition » qui soutient la politique d’« intégration européenne » qu’on ferait mieux d’appeler désormais la politique de « désintégration européenne de la France »… Tant il est vrai que la politique des « socialistes » Papandréou (Grèce) et Zapatero (Espagne) ne vaut pas plus cher que celle de Sarko-Merkel !

Non, le désaveu populaire de Sarkozy n’existe pas, les 13% d’inscrits qu’a péniblement rassemblé le « parti majoritaire » (l’UMP), les 53% d’électeurs populaires qui ont boycotté l’élection, tout cela voyez-vous, signe un accord fondamental du bon peuple avec la politique suivie. D’ailleurs qu’importe ? La seule chose qui compte pour ce que le PS appelle la « droite républicaine », c’est la feuille de route de Bruxelles, du MEDEF et des « marchés »  qui veulent faire payer aux travailleurs la note des banquiers renfloués par l’argent public. Oui, ça va saigner pour le bon peuple et pour qui en douterait, l’énorme présence policière aux manifs du 23 mars était là pour rappeler que dans notre « démocratie » exemplaire, ce n’est quand même pas une élection ou une manif qui va influer sur la politique gouvernementale…

Quant au respect du vote du 7 mai 2007, date où Sarko 1er est monté sur le trône, il ne saurait en imposer aux vrais républicains. Rappelons d’abord qu’en République, comme l’a démontré Rousseau dans le Contrat social, l’élection lie et mandate l’élu, pas le peuple, qui peut à tout instant disposer du mandat de ses représentants. Rappelons en outre qu’aux dires de Rousseau, aucune élection ne donne le droit au chef élu de détruite le contrat social en vertu duquel il dit avoir été élu : et qui donc a mandaté Sarkozy pour dépecer la République issue de 1789 et de 1945 ? Rappelons enfin à la fausse gauche, aux dirigeants décaféinés du PCF, aux chefs syndicaux tenus en laisse par la C.E.S. ce que stipulait la 1ère Constitution française de 1793 : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple et pour toute portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».

Non notre peuple ne veut pas la violence, au contraire il aspire au travail tranquille et solidaire pour vivre mieux. Mais ceux qui ne cessent de violenter Marianne doivent se souvenir du tableau de Delacroix, La Liberté guidant le peuple. On ne bafoue pas éternellement le peuple de Jeanne d’Arc, de Louise Michel et de Danielle Casanova ! Que les petits marquis du pouvoir n’oublient jamais « qu’elle répond toujours du nom de Robespierre, ma France » (Jean Ferrat)…

Dans l’immédiat, tout en s’affirmant solidaire des luttes en cours pour l’emploi, les retraites, les salaires, la santé, l’agriculture, l’école, le produire en France, le PRCF réitère publiquement aux forces qui se réclament du mouvement ouvrier, de la gauche et de la République, la proposition qu’il leur a déjà adressée par lettre et à laquelle il faudra bien que chacun réponde : organiser ensemble une manif nationale unitaire contre l’illégitime pouvoir en place et contre l’ensemble de sa politique antisociale, fascisante et antinationale.

D’ores et déjà le PRCF donne son accord enthousiaste à la proposition de l’Arc Républicain de Progrès d’organiser à Paris un rassemblement le 29 mai 2010, 5ème anniversaire du « non » à l’euro-constitution.

Car tous les discours sarkozystes sur toutes les télés UMP ne parviendront plus désormais à étouffer la flamme de la résistance populaire. Le peuple ne croit plus « ceux d’en haut » et le front du refus ne peut que croître : il y va de la survie de la République et de la Nation !

Qui sème le vent récolte la tempête. Et qui cherche le peuple français finit toujours par le trouver !