L’Affaire KARACHI ou: jusqu’à quand l’indécence au pouvoir?

Pole position du 23 novembre 2010

L’ “affaire Karachi” qui n’en est qu’à ses débuts, porte la touche finale au tableau déjà poisseux, fangeux et glaireux du fascisant régime en place.

Le PRCF ne peut qu’appuyer sur la forme et sur le fond, la déclaration catégorique d’une épouse de victime de l’attentat de Karachi à l’intention du locataire de l’Elysée: “les pièces du dossier, lundi, point-barre!“.

C’est en effet ainsi qu’il faut parler à quelqu’un qui, depuis le lancement de cette affaire, a déjà plusieurs fois prétendu avoir livré toutes les pièces… avant de déclarer, de Lisbonne, qu’il allait bientôt tout livrer “en temps et en heure”.

Car désormais les “allégations” ne viennent plus seulement des victimes: elles sont confirmées et amplifiée par un ancien ministre de la défense, et dernièrement, par un ex-Premier Ministre! Quant aux démentis de l’autre clan, ils ne valent rien: vous avez les documents: sortez-les tous, déclassifiez ce qui relève de l’opportun “secret défense” (de qui?). Prouvez ou taisez-vous et démissionnez! Et que la justice, en pensant aux Français massacrés, départage les tripatouilleurs et les irresponsables!

Cette sanglante et sombre affaire ne révèle pas seulement les mœurs de quelques éminences encravatées qui, roulées dans le drapeau tricolore et donnant des leçons au monde entier, vendent des armes de destruction massive au régime fasciste-intégriste du Pakistan, corrompent les négociateurs (sinon que signifie le mot “commissions”?) et, selon la plupart des analystes, financent leurs campagnes électorales en empochant de sordides “rétro-commissions”…

Un petit bravo au passage aux “Sages” du Conseil dit constitutionnel; ces messieurs ont déjà il est vrai avalisé la fin de la souveraineté nationale en décrétant la suprématie des directives européennes sur la constitution française; dernièrement, ils ont validé à la volée la contre-réforme Woerth sur les retraite comme ils avaient avalisé la privatisation du statut de la poste. Que leur chaut dans ces conditions d’avoir donné leur bénédiction aux comptes de campagne de Balladur sans remarquer ce détail infime: un petit milliard y apparaissait sans explication claire…  (essayez donc, militants de base, de dépasser de 10 € lors d’une campagne municipale!).

L’affaire “Karachi” révèle en réalité tout un système, celui du capitalisme monopoliste d’Etat qui, sous la façade du “libéralisme”, orchestre sur fond de guerre des clans mafieux les relations incestueuses entre la politique bourgeoise, le monde des affaires, les services secrets et les sordides dessous des alliances diplomatiques.

Tant pis si à cette occasion, l’un des deux clans de la droite a tripatouillé honteusement et si l’autre s’est vengé sans souci de savoir comment les mafieux pakistanais se vengeraient en tuant nos compatriotes. Qu’on ne nous dise pas que nous anticipons sur des décisions de justice puisque ce sont les avocats de victimes qui accusent désormais frontalement l’Etat de retenir les preuves. Pour protéger qui?, sinon le clan chiraquien qui dirigeait alors le pays et la personne haut placée qui était alors le directeur de campagne du frère ennemi Balladur, l’ex-“ami de vingt ans” de Jacques Chirac…

Un Balladur qui a dynamité les retraites du privé en 94, comme son frère ennemi Fillon, d’abord au service de Chirac, maintenant dans l’écurie Sarko, a dynamité les pensions des fonctionnaires, les régimes spéciaux et les retraites du tout-venant en 2003, 2007 et 2010… Comme quoi même s’ils se battent entre eux, certains crabes “de qualité” sont d’une loyauté parfaite envers leur seul vrai maître: le Dieu Capital, son Union européenne de mort et son Alliance atlantique étroitement alliée au régime pakistanais chargé par l’Oncle Sam de surveiller le sous-continent indien et la frontière sud de la Russie.

Ce qui n’empêche pas ce petit monde parfumé et sordide de prendre actuellement la pâtée de l’Irak à l’Afghanistan (nul ne peut rien contre un peuple épris d’indépendance), d’être confronté à la montée des grèves en Chine, à la menace de récession et de faillite dans la zone euro, aux grèves dures en France et au Portugal… bref de comprendre que, même en cadenassant les médias, l’actuelle “dolce vita” aux frais du bon peuple de durera pas toujours…

Qu’il est honteux en tout cas, alors que le mot d’ordre “Sarko démission!” sortait spontanément des poitrines en octobre, que les prétendus “opposants” à Sarko, du PS aux Verts, sans parler des dirigeants socialo-dépendants du PCF-PGE, n’aient même pas le courage d’exiger la démission, voire la destitution d’un homme qui ne feint même pas, comme ses prédécesseurs les plus récents, d’être le “président de tous les Français”. Que faut-il de plus à nos faux opposant de gôôôôche? Le chef de l’exécutif (mais aussi du législatif, du judiciaire, du médiatique…), ne vient-il pas encore tout récemment de bafouer la séparation des pouvoirs en invitant les députés de la majorité pour leur dicter leurs votes? Surtout, pensent sans doute nos “socialistes”, que Sarko effectue un max de “sale boulot” avant que le PS ne revienne au pouvoir: ce sera toujours ça de fait! Et Aubry/DSK pourront toujours alors “consolider” lesdites réformes à quelques replatrages près, comme Jospin avait entériné à son arrivée le plan Juppé, la fermeture de Vilwoorde et le compte-à-rebours des privatisations ! Surtout, surtout, pense la gauche établie, attendons 2012 pour que l'”alternance” UMPS fonctionne à plein et sans créer de vacance dans l’exercice du pouvoir bourgeois! Et trois fois surtout, que le populo ne vienne pas troubler cet aimable jeu en imitant le peuple argentin qui a chassé du pouvoir le fascisant et ultra-libéral Ménem, mettant toute la classe dirigeante sur la défensive et plaçant le peuple à l’offensive!

Il faudrait bien plus que cela à toute cette fausse gôôôôôôche pour bousculer un homme, un régime qui, après tout, ne fait rien d’autre que détruire la République et les libertés, que s’assoir sur la laïcité, que massacrer les acquis du CNR, que contourner le droit de grève, que bénir les délocalisations, qu’ouvrir des prisons pour fermer des écoles, que substituer l’anglais patronal à la langue frondeuse de Gavroche (1). Un homme, un régime qui viennent encore samedi, au sommet de l’OTAN, d’accepter le “bouclier antimissile” US sans consulter les Français et le parlement: chacun sait pourtant que cette arme pseudo-défensive réduirait la “dissuasion” nucléaire française à une farce, soumise aux caprices bellicistes permanents des va-t-en-guerre qui dominent le Congrès américain!

Assez, donc, de ce régime et assez de ses faux opposants, tout aussi atlantico-béats et pariso-dépendants que leur “adversaire”. En réalité, pour débarquer de régime mortifère, “attendre 2012” en pantouflant est une absurdité suicidaire. D’abord parce que d’ici là, le régime en place peut encore porter des coups irréparables à notre pays et au monde du travail. Ensuite parce que faire confiance au PS et à Strauss-Kahn pour “changer de cap”, c’est s’imaginer que le FMI est de gauche et que l’UE, dont DSK et Aubry sont les petits soldats, peut se muer en “Europe sociale”., -comme le bélent les dirigeants des syndicats euro-formatés,

Autant attendre que Marc Dutrou incarne “Gros Nounours” dans “Bonne nuit les petits” et que Berlusconi s’attaque à la lecture des œuvres complètes de Gramsci !

“Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple et pour toute portion du peuple le plus sacré des droits et le plus imprescriptible des devoirs”, affirmait la première Constitution républicaine de notre histoire, inspirée de Robespierre. Certes, citer ce texte sulfureux pourrait bien relever, dans l’actuelle Irrépublique, de l’outrage à président (ou plutôt, les choses étant ce qu’elles sont, du lèse-majesté). Il s’agit pourtant, pour tout citoyen digne de ce nom, de rappeler que dans une vraie République, ce n’est pas le gouvernement qui refait le peuple, c’est au contraire le peuple qui “fait” le gouvernement et qui, quand le pouvoir trahit et déchoit, le DEFAIT à tous les sens du terme. (1) Il est vrai qu’on apprend de source sûre que le document récemment envoyé à tous les militaires français pour justifier la présence de l’armée nationale en Afghanistan, c’est-à-dire une grossière violation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes-, est écrit tout entier … en anglais! Pour la “Grande Muette”, c’est un coup à en avaler sa langue… et à renier toute fierté patriotique !

G. Gastaud