« Elections » de Copé à la tête de l’UMP

Un pas de plus vers la mise en place d’une UM’Pen !

Pôle position du 20 novembre 2012.

Par Georges Gastaud

Sur le fond politique, c’est évident, Fillon ou Copé, c’était bonnet blanc ou blanc bonnet : même atlantisme aveugle, même allégeance béate à l’Europe fédérale pilotée par Berlin, même acharnement à casser les acquis sociaux du CNR, mêmes obsessions anti-Fonction publique, même écoute des moindres pleurnicheries du MEDEF et du CAC 40, même culte de l’Etat-policier, même absence de patriotisme vrai malgré les références purement publicitaires et incantatoires à Jeanne d’Arc et au Général De Gaulle…

Pourtant,

la victoire à l’arraché de Copé dans une élection où il partait battu, est un signe politique qu’il ne faut pas minimiser: celui de l’ultra-droitisation de la droite, de la fascisation croissante d’une bonne partie de la bourgeoisie française, de la lepénisation des esprits, de la et du racisme d’Etat « décomplexés » – et cela au moment même où l’oligarchie capitaliste hexagonale fait montre d’une véritable autophobie nationale (=haine que les milieux dirigeants vouent à leur propre pays, toujours trop « franco-français »). Une haine de la nation populaire qu’une certaine gauche bobo croit hélas intelligent d’accompagner de manière suicidaire, en vertu d’un « internationalisme » mal compris.

Car Copé n’est pas un politicien de droite parmi tant d’autres: pur produit de dix années de sarko-fascisation du pays, cet avocat d’affaires aventurier et sans scrupules a gagné la bataille de l’ en chassant effrontément sur les terres du , en cultivant la xénophobie la plus rance (déclarations grossièrement mensongères sur les « petits pains »), en appelant la bourgeoisie à opérer en France une purge anti-sociale à la Thatcher et en sommant par avance la droite ex-parlementaire à affronter dans la rue le pourtant très maastrichtien !

C’est d’ailleurs un classique de l’histoire européenne: plus la social-démocratie cède au grand patronat, et plus elle encourage « l’extrémisation » de la droite classique, comme on l’a notamment vu en France dans les années trente et dans les années cinquante (guerres coloniales). Ajoutons que Copé est, comme son ami Chatel, un élément farouchement antinational et anti-francophone du gouvernement sortant : n’est-ce pas lui qui a fait la proposition scandaleuse d’anglophoniser massivement le service public de télévision (passage systématique de films américains non doublés aux heures de « prime time » – sic) ; ce qui n’a pas empêché le même Copé de prétendre imposer l’usage exclusif (et punitif !) du français… à l’intérieur des mosquées au mépris de la langue du Coran* !

Tout sera donc fait ces prochaines années, soyons-en sûrs, pour resserrer autour du peuple français les deux tenailles d’un même étau mortifère : celui que forment déjà autour de Marianne, le Parti Maastrichtien Unique (formé du PS, du « Centre » et de l’UMP) aux ordres de Merkel-Barroso, et l’UM’Pen en formation autour de l’UMP copéifiée et du « rassemblement bleu marine ». Marine Le Pen a d’ailleurs déjà averti que ses troupes se tenaient prêtes à manifester aux côtés de l’UM(co)P contre le gouvernement Hollande – en réalité, contre la gauche populaire et le mouvement ouvrier. Et l’on a vu dimanche dernier qu’avec les intégristes de Civitas et les fachos du GUD, l’extrême droite dispose si nécessaire d’une force de frappe sanglante dans ce pays faussement pacifié…

Paradoxalement, l’origine de cette droitisation du spectre politique français ne doit pas être seulement cherchée à droite. La gauche établie, qui n’a cessé de se droitiser depuis trente ans, porte une responsabilité écrasante dans ce phénomène qui pourrait finir par la broyer elle-même. Qui ne voit l’impressionnante dérive à droite du PS mitterrandien, qui prétendait vouloir « rompre avec le capitalisme » en 81 et qui n’a cessé de se coucher devant Maastricht, l’OTAN et le CAC 40 ? Qui ne voit que le gouvernement Hollande – insensible aux actions des ouvriers de Doux, de Florange, d’Aulnay, etc. – capitule en rase campagne dès que deux-cents patrons feignent d’organiser contre lui une pétition « anti-fiscaliste » ?

La direction du - n’est pas en reste:
si le PS a pu tranquillement dériver vers le centre-droit, si la droite parlementaire a pu connaître cet impressionnant glissement sarko-lepéniste, si le FN a pu s’ancrer durablement dans la population française – y compris en milieu ouvrier – c’est aussi parce que depuis le milieu des années 70, le PCF devenu « mutant » et « eurocommuniste », a successivement effeuillé tous ses fondamentaux idéologiques (dictature du prolétariat : 1976, marxisme-léninisme, internationalisme prolétarien : 1979 ; centralisme démocratique, référence au socialisme et à la classe ouvrière : 1994), parce qu’il a cautionné plusieurs gouvernement de gestion social-démocrate du capitalisme (Mitterrand 81, Jospin 97), parce qu’il a rallié les mots d’ordre mensongers de l’ « Europe sociale » et de la « réorientation progressiste de l’euro », cette arme de destruction massive des acquis et des souverainetés populaires. Quand les dirigeants de ce qui fut autrefois le « Parti des Fusillés » renient à la fois le drapeau tricolore du « produire en France » et le drapeau rouge frappé de la faucille et du marteau, comment s’étonner que les dirigeants du PS puisse aussi grossièrement tourner le dos à Jaurès et que le parti « gaulliste » puisse aussi cyniquement piétiner l’héritage du 18 juin ? C’est dans le glissement à droite de la gauche établie, auto-enchaînée à la « construction européenne » que la fascisation rapide de la droite trouve une bonne partie de ses racines profondes.

Si bien que la route est toute tracée pour les véritables communistes, progressistes et antifascistes de France: pour éliminer la tenaille idéologique et politique mise en place par les « beaufs » et par les « bobos », il ne suffit pas en effet, même si c’est nécessaire et primordial, de combattre frontalement l’UM’Copen en gestation. Il faut aussi déployer sans complexe la lutte contre le programme d’austérité de Hollandréou et de Zapat-Ayrault. Il faut dénoncer DE GAUCHE l’euro et la « construction » européenne en appelant la CLASSE OUVRIERE à prendre la tête des luttes pour l’indépendance nationale et la coopération internationale. Il faut stigmatiser la collaboration de classes éhontée pratiquée, au détriment des salariés, par les directions de la CFDT, de la CGT, de la FSU et de FO inféodées au gouvernement Hollande et à la Confédération européenne des syndicats (pro-Maastricht).

Enfin, il est urgent que les vrais communistes – qu’ils soient restés au PCF ou qu’ils se soient organisés indépendamment de la direction socialo-dépendante du PC-PGE – engagent ensemble une campagne de masse commune à la porte des usines contre l’euro-austérité, contre l’UE et l’euro, contre l’OTAN et les guerres impérialistes, pour l’indépendance nationale et la coopération équilibrée entre tous les peuples souverains. Une campagne anti-UE, clairement tournée AUSSI contre le capitalisme et pour une société socialiste débarrassée de l’exploitation de l’homme par l’homme.

* L’auteur de cet article est un laïque convaincu. Mais la loi de 1905 n’interdit pas seulement aux Eglises de s’ingérer dans la vie politique, elle interdit réciproquement à l’Etat de s’ingérer dans la conduite du culte (« l’Etat chez lui et l’Eglise chez elle » !).