Dans la Russie contre révolutionnaire, la chasse aux sorcières sur fond de prédation des milliardaires
Dans un petit appartement du quartier de Perovo, à l’est de la capitale russe, Daria Bagina, 28 ans, secrétaire du Komsomol de Moscou, montre les ecchymoses encore visibles sur ses bras. « Ils m’ont traînée au sol comme une criminelle. Mon crime ? Avoir exigé que les voix des communistes soient comptées. » Son arrestation, lors d’une marche contre les magouilles visant à empécher de reconnaitres les victoires ou percées électorales des communistes, n’est qu’un épisode de plus dans une vague de répression systématique qui vise, les militants, élus et organisations du Parti communiste de la Fédération de Russie (KPRF) et de sa branche jeunesse, le Komsomol. Une répression violente qui se perpétue depuis la chute de l’URSS, alors qu’une majorité de Russes regarde de façon extrêmement positive l’Union Soviétique et constate que la contre révolution capitaliste c’est la misère et le retour de la guerre.
Le KPRF, principale force d’opposition à Poutine
De fait, le KPRF reste – sans conteste – la première force d’opposition à Vladimir Poutine, et de très loin quoi qu’en dise les éditorialistes à gages de la presse des milliardaires en France. Ceux là qui sont toujours soucieux de présenter comme « opposants », des personnalités ultra minoritaires dont le seul talent est de servir les intérêts de l’Axe USA UE OTAN. Et c’est précisément cette force puissante des communistes en Russie qui dérange.
« Ils veulent nous faire taire avant qu’on ne devienne trop forts »
Le 1er mai 2026 devait être une journée de mobilisation pour le KPRF. À Moscou, des milliers de militants avaient prévu de défiler pour cette fête populaire qu’est le 1er mai. Mais dès l’aube, les perquisitions ont commencé. « La police est venue chez moi à 6h du matin. Ils ont tout fouillé, confisqué mes ordinateurs, mes carnets de notes. Ils cherchaient des ‘preuves d’extrémisme’ », raconte Elena Yanchuk, élue municipale communiste, arrêtée ce jour-là avec une dizaine d’autres militants
« Le pouvoir a peur de nous parce que nous sommes la seule alternative crédible. Ils savent que si les élections étaient libres, nous gagnerions. » — Daria Bagina, secrétaire du Komsomol de Moscou
Les arrestations ne sont pas isolées. Nikolaï Volkov, membre du Comité central du KPRF, a lui aussi été placé en garde à vue en mars 2026 pour avoir organisé un rassemblement non autorisé. « On nous accuse de ‘déstabiliser la société’. Mais la seule déstabilisation, c’est celle que crée le gouvernement en niant la volonté populaire », lance-t-il, les poings serrés. Les sites du KPRF et du Komsomol subissent des cyberattaques répétées, et les réseaux sociaux des militants sont surveillés de près. « Un jour, j’ai posté une critique de la mobilisation. Le lendemain, j’ai reçu un appel du FSB. Ils m’ont dit de ‘faire attention’ », confie un militant sous couvert d’anonymat.
Si Moscou est le cœur politique de la répression, l’Altaï en est le terrain d’expérimentation. Cette région de Sibérie, où le KPRF est traditionnellement fort (avec des scores dépassant parfois 30 % aux élections locales), est devenue l’épicentre de la chasse aux communistes.
Entre novembre 2025 et février 2026, au moins 11 cadres du parti ont été arrêtés sous des prétextes variés : « organisation d’activités extrémistes », « diffamation contre l’armée », ou encore « fraude électorale » – des accusations que le KPRF qualifie de « fabriquées de toutes pièces »
« Le pouvoir a peur de l’Altaï parce que ici, les gens votent communiste. Alors ils nous répriment. » — Igor Makarov, membre du Comité central du KPRF, arrêté en janvier 2026
Le bureau du KPRF à Barnaoul, capitale de l’Altaï, a été fermé administrativement en décembre 2025 sous prétexte de « non-respect des normes sanitaires ». « C’est une farce. Ils veulent nous empêcher de travailler, de rencontrer les gens », dénonce Alexeï Klychkov, gouverneur communiste de la région, dont les interventions dans les médias locaux sont systématiquement censurées
À la télévision, les élus communistes sont invisibilisés. Youri Afonine, vice-président du Comité central du KPRF, a vu ses interventions coupées au montage après avoir dénoncé, en direct sur Russia-1, les falsifications électorales en faveur de Russie Unie. « Ils ne veulent pas que le peuple entende notre voix. Alors ils nous censurent, ou ils nous arrêtent », explique-t-il
Le KPRF contre-attaque : « Nous ne plierons pas »
le KPRF reste le seul parti capable de rivaliser avec Russie Unie dans certaines régions. En 2025, des sondages internes (fuités dans la presse) montraient une progression des communistes, notamment chez les jeunes et les ouvriers – une base électorale que le Kremlin ne peut se permettre de perdre
Contrairement à d’autres partis d’opposition (comme le Parti libéral-démocrate de Jirinovski, allié de Poutine), le KPRF :
- Dénonce que la guerre en Ukraine est une conséquence de la contre-révolution capitaliste des années 1990.
- Exige un retour au socialisme et la nationalisation des ressources naturelles.
« La guerre en Ukraine est le résultat de la contre-révolution. En 1991, on nous a volé notre pays. Aujourd’hui, on nous vole notre avenir. » — Guennadi Ziouganov, discours au Congrès du KPRF, mars 2026
le KPRF reste le seul parti à offrir une alternative systémique à Poutine. Son discours, qui lie contre-révolution, capitalisme et guerre, résonne auprès d’une partie croissante de la population.
« Nous sommes les héritiers de Lénine, de Staline, de ceux qui ont construit ce pays. Ils ont essayé de nous écraser en 1991. Ils échoueront encore. » La direction du KPRF en est convaincue.

« L’arbitraire politique dans le territoire de l’Altaï doit cesser. »
Le Comité central de la Ligue des jeunes communistes de la Fédération de Russie exprime sa vive protestation et son indignation face à la nouvelle vague de persécution politique et aux détentions illégales de militants et de députés du Parti communiste de la Fédération de Russie dans le territoire de l’Altaï.
Ces agissements sont totalement inacceptables et visent à briser la volonté des élus qui s’acquittent honnêtement de leurs fonctions dans une région traditionnellement acquise aux forces patriotiques de gauche. Ils arrêtent délibérément ceux qui défendent sans relâche les intérêts des citoyens face à la hausse des prix des produits de première nécessité, des médicaments et des services publics.
L’arrestation de Youri Kropotine, vice-président de l’Assemblée législative du kraï de l’Altaï et homme gravement malade qui venait de terminer un traitement contre le cancer, est un acte d’une cruauté monstrueuse. Les pressions exercées sur Andreï Tchernobaï, jeune député et dirigeant de la Jeunesse communiste de Roubtsovsk, ne peuvent être qualifiées que d’arbitraires. Ces arrestations s’inscrivent dans une chaîne qui comprend également celles, antérieures, de la députée Lioudmila Kliouchnikova et de son assistante, Svetlana Kerber.
Ces méthodes sont étrangères au droit et à la justice. Elles visent à intimider et à réprimer l’opposition et les protestations populaires contre les politiques antisociales du gouvernement. Au lieu de s’attaquer aux problèmes des citoyens, les forces de sécurité, agissant sur ordre de leurs supérieurs, se livrent à du harcèlement politique.
La Ligue des jeunes communistes léninistes de la Fédération de Russie déclare sa pleine solidarité avec ses camarades persécutés et exige la fin immédiate de la répression politique et la poursuite de tous les communistes détenus illégalement sur la base d’accusations criminelles fabriquées de toutes pièces !
Nous appelons toute la jeunesse du pays, tous les citoyens sensés, à résister résolument à l’anarchie. Notre force réside dans l’unité et la solidarité ! La vérité triomphera !
В контрреволюционной России — охота на ведьм на фоне хищничества миллиардеров
В небольшой квартире в московском районе Перово Дарья Багина, 28 лет, секретарь Московского комсомола, показывает ещё заметные синяки на руках. «Они волокли меня по полу, как преступницу. В чём моя вина? В том, что я требовала подсчёта голосов, отданных за коммунистов». Её арест во время марша против махинаций, направленных на непризнание побед и прорывов коммунистов на выборах, — лишь один из эпизодов систематических репрессий, обрушившихся на активистов, депутатов и организации Коммунистической партии Российской Федерации (КПРФ) и её молодёжного крыла — Комсомола. Жестокие репрессии продолжаются с момента распада СССР, тогда как большинство россиян смотрит на Советский Союз крайне положительно и убеждается, что капиталистическая контрреволюция принесла нищету и возврат войны.
КПРФ остаётся, вне всяких сомнений, главной оппозиционной силой по отношению к Владимиру Путину — вопреки тому, что твердят продажные комментаторы из французских изданий миллиардеров, всегда готовых представить «оппозиционерами» маргинальные фигуры, чей единственный талант — служить интересам оси США — ЕС — НАТО. И именно эта мощная сила коммунистов в России вызывает раздражение.
«Они хотят заставить нас замолчать, пока мы не стали слишком сильными»
1 мая 2026 года должно было стать днём мобилизации для КПРФ. В Москве тысячи активистов планировали выйти на первомайский марш — исторически важный для партии. Но с рассвета начались обыски. «Полиция пришла ко мне в 6 утра. Всё перевернули, конфисковали компьютеры, записные книжки. Искали « доказательства экстремизма »», — рассказывает Елена Янчук, депутат муниципального совета от коммунистов, арестованная в тот день вместе с десятком других активистов.
«Власть боится нас, потому что мы — единственная реальная альтернатива. Они знают: если бы выборы были свободными, мы бы победили». — Дарья Багина, секретарь Московского комсомола
Аресты не единичны. Николай Волков, член Центрального комитета КПРФ, также был задержан в марте 2026 года за организацию несанкционированного митинга. «Нас обвиняют в « дестабилизации общества ». Но единственная дестабилизация — та, что создаёт само правительство, отрицая волю народа», — говорит он, сжимая кулаки. Сайты КПРФ и Комсомола подвергаются систематическим кибератакам, страницы активистов в социальных сетях находятся под пристальным наблюдением. «Однажды я опубликовал критику мобилизации. На следующий день мне позвонили из ФСБ. Сказали « быть осторожнее »», — признаётся один из активистов на условиях анонимности.
Если Москва — политический центр репрессий, то Алтай — их испытательный полигон. Этот сибирский регион, где КПРФ традиционно сильна (иногда набирая свыше 30% на местных выборах), стал эпицентром охоты на коммунистов. С ноября 2025 по февраль 2026 года были арестованы не менее 11 партийных функционеров под различными предлогами: «организация экстремистской деятельности», «дискредитация армии» или «фальсификация выборов» — обвинения, которые КПРФ называет «сфабрикованными».
«Власть боится Алтая, потому что здесь люди голосуют за коммунистов. И поэтому нас давят». — Игорь Макаров, член Центрального комитета КПРФ, арестованный в январе 2026 года
Офис КПРФ в Барнауле, столице Алтайского края, был административно закрыт в декабре 2025 года под предлогом «несоблюдения санитарных норм». «Это фарс. Они хотят помешать нам работать, встречаться с людьми», — заявляет Алексей Клычков, губернатор-коммунист региона, чьи выступления в местных СМИ систематически подвергаются цензуре.
Цензура — ещё одно оружие репрессий
На телевидении депутаты-коммунисты невидимы. Юрий Афонин, заместитель председателя Центрального комитета КПРФ, увидел свои выступления вырезанными при монтаже после того, как в прямом эфире на «России-1» разоблачил электоральные фальсификации в пользу «Единой России». «Они не хотят, чтобы народ слышал наш голос. Поэтому нас цензурируют или арестовывают», — объясняет он.
КПРФ наносит ответный удар: «Мы не согнёмся»
КПРФ остаётся единственной партией, способной соперничать с «Единой Россией» в ряде регионов. В 2025 году внутренние опросы (утёкшие в прессу) фиксировали рост поддержки коммунистов — особенно среди молодёжи и рабочих, той электоральной базы, которую Кремль не может позволить себе потерять.
В отличие от других оппозиционных партий (таких как Либерально-демократическая партия Жириновского, союзника Путина), КПРФ:
- Осуждает войну на Украине как следствие капиталистической контрреволюции 1990-х годов.
- Требует возврата к социализму и национализации природных ресурсов.
Война на Украине есть результат предательского разрушения СССР. В 1991 году у нас украли страну. Сегодня отнимают право на наше будущее — таков смысл выступления Геннадия Зюганова на съезде КПРФ, март 2026 года.
КПРФ остаётся единственной партией, предлагающей системную альтернативу Путину. Её дискурс, связывающий контрреволюцию, капитализм и войну, находит отклик у всё большей части населения.
Мы — наследники Ленина, Сталина, тех, кто построил эту страну. В 1991 году они пытались нас раздавить. И снова потерпят поражение — убеждены в руководстве КПРФ

![Partage et repartage du monde – par Annie Lacroix-Riz [vidéo]](https://www.initiative-communiste.fr/wp-content/uploads/2026/05/20260525-lescapitalistessepartentlemonde-350x250.jpg)



