Toulon : 800 travailleurs de la CGT PACA crient « Paix, humanité, solidarité ! » face à l’arsenal de la guerre, le PRCF présent

Le 24 avril, devant l’arsenal de Toulon, symbole frappant de la militarisation alors que le président Macron vient d’annoncer les travaux d’un second porte avion fait pour exporter la guerre, près de 800 travailleurs et travailleuses issus de tous les secteurs et de très nombreuses entreprises se sont rassemblés à l’appel de la CGT PACA. Ce n’était pas une simple manifestation : c’était une démonstration de force, un grand espoir pour la paix et une leçon de lutte unitaire. Contre la montée rapide et dangereuse vers la guerre mondiale dont de nombreux foyers d’incendie s’allument, du Donbass en Ukraine, à Gaza, en passant par le Venezuela et désormais l’Iran. La preuve que les syndicalistes doivent et peuvent être en action contre l’économie de guerre imposée par l’Union européenne et l’OTAN : ces camarades ont osé dire haut et fort que les milliards gaspillés dans les canons doivent aller au travail, à la santé, aux retraites et à l’intelligence collective des peuples.
Ce rassemblement, organisé par les six unions départementales de la CGT PACA, a vu converger des délégations des Alpes-Maritimes, des Bouches-du-Rhône, des Hautes-Alpes, du Vaucluse, des Alpes-de-Haute-Provence et bien sûr du Var. Dans une ambiance fraternelle et combative, on y a vu des cheminots, des dockers, des enseignants, des agents territoriaux, des salariés du privé de nombreuses entreprise : l’ensemble des secteurs était représenté. Une délégation de militants du PRCF venue des départements de la région PACA avait fait le déplacement, pour appuyer ce processus de mobilisation pour la paix, le combat majeur de notre temps. Les échanges avec les syndicalistes CGT ont été très fraternels, marqués par la conscience partagée de l’impératif syndical : stopper la marche à la guerre. Car la CGT, fidèle à son histoire, refuse de laisser le champ libre aux marchands de canons. Une mobilisation qui marque les esprits : si elle n’a pas fait les gros titre des médias nationaux maitrisés par les milliardaires et leur pouvoir, elle n’a pas pu être passée sous silence par la presse locale. Les militants du PRCF ont lors de ces échanges été très bien accueillis, ils ont vendu plusieurs numéros d’Initiative Communiste, dont la Une contre les guerres impérialistes s’est montrée en totale résonance avec les mots d’ordres des syndicalistes CGT.


Le discours prononcé ce jour-là, vibrant et offensif, a résonné comme un cri de ralliement. « Les faiseurs de guerre et de malheur trouveront toujours dressée face à eux la CGT », a lancé le dirigeant de la CGT PACA. Citant Victor Hugo en 1849 – « Ces milliards donnés, donnez-les à la paix, donnez-les au travail, à l’intelligence » –, il a fustigé ceux qui, à quelques centaines de mètres, vantaient les « métiers de la guerre » comme une opportunité pour la jeunesse. Honte à ces généraux irresponsables qui préparent nos enfants au sacrifice sur l’autel du capitalisme ! Honte à ceux qui, en même temps, gèlent le point d’indice des fonctionnaires, imposent la réforme des retraites et envoient les CRS contre les grévistes. Car derrière les discours patriotiques se cache une réalité brutale : l’économie de guerre est déjà en place. L’Union européenne et l’OTAN ont fixé des ordres clairs : augmenter très vite et très fort les dépenses militaires pour financer la guerre en Ukraine et préparer l’affrontement mondial contre la Chine. Selon les chiffres officiels, la France a déjà versé plus de 10 milliards d’armes à Kiev et engagé au total près de 53 milliards d’euros dans cette spirale guerrière (dons d’armement, prêts, contributions UE et coûts indirects). Ces dizaines de milliards ne tombent pas du ciel : ils sont ponctionnés directement dans les poches des travailleurs.
L’inflation galopante (+15-18 % cumulée depuis 2022) frappe les familles populaires de plein fouet : +4 500 à 5 500 euros par an pour un ménage moyen, conséquence directe de la guerre et des sanctions européennes contre la Russie. Pendant ce temps, les budgets de guerre explosent : 413 milliards supplémentaires prévus, avec un objectif à 5 % du PIB d’ici 2035 imposé par l’OTAN. Et qui paie ? Les mêmes qui subissent le gel du point d’indice, la réforme des retraites dont les économies réalisées correspondent exactement aux dépenses supplémentaires pour l’Ukraine, ou les coupes dans la santé et les services publics. Au sommet de l’OTAN à La Haye en juin 2025, les 32 pays ont acté cette saignée de 100 milliards d’euros supplémentaires rien que pour la France, prélevés sur les salaires, les retraites et la protection sociale. Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN, l’a dit sans détour au Parlement européen : « Nous dépensons jusqu’à un quart de notre revenu national pour les retraites, la santé et la sécurité sociale. Nous avons besoin d’une petite fraction de cet argent pour renforcer notre défense. » Les priorités sont claires : les canons d’abord, les peuples payeront par plus d’exploitation avant d’envoyer leurs enfants dans les tranchées.
La CGT souligne : « En France 53 personnes sont aussi riches que la moitié de la population du pays. Un pays qui compte désormais 11 millions de pauvres jamais vu. C’est là qu’on apprend que plus de 13000 millionnaires ne payent pas d’impôts sur le revenu et que dès qu’on leur fait remarquer, ils menacent de fuir tel des rats qui quittent la navire. Ce ne sont pas des exilés, ce sont des déserteurs, mes camarades. Cela au moment où le rapport parlementaire de Fabien Guayet fait la lumière sur les 211 milliards qui n’ont pas ruisselé mais inondent chaque année le patronat français. Quelle ironie quand on sait que ce sont les mêmes qui aujourd’hui font appel au sentiment patriotique de la population. Ceux-là même qui abandonnent les outils industriels garantissant la souveraineté du pays, tels Vancorex ou LMB Aérospace. Quelle indignité ! »

Ce rassemblement démontre surtout qu’il est possible de construire le « tous ensemble » sur des sujets communs, en osant mettre en cause les responsabilités profondes des mauvais coups qui frappent les travailleurs. Face aux diktats de l’Union européenne du Capital et de l’OTAN, superstructures de lutte des classes du Capital, il est possible de construire une forte dynamique de résistance et d’offensive de classe en osant mettre en cause ces donneurs d’ordre capitaliste et le totalitarisme de leurs institutions. À l’opposé des stratégies d’action en ordre dispersé, par secteurs isolés, par dates cloisonnées et sans calendrier donnant des perspectives de convergences, sous des mots d’ordre qui refusent de nommer les donneurs d’ordres – UE, OTAN, grand capital. Il est vrai que certains dans l’état-major confédéral de la CGT ont parfois suivi le cadrage politique de la Confédération européenne des syndicats, liée à l’Union européenne, qui appelle hypocritement à une « paix juste » en soutenant l’a l’escalade de la guerre de l’OTAN en ukrainienne et la mainmise impérialiste de l’UE sur ce pays, déclencheur même de la guerre, et prenant à la remorque de la CFDT une position campiste en soutien à l’impérialisme de l’Axe UE OTAN qui est le principal fauteur de guerre et d’exploitation des peuples.
La CGT dénonce : « Ce qui se joue en ce moment, c’est sans doute une recomposition de la mondialisation menée par les États-Unis. Le capitalisme en crise fait une nouvelle fois le choix de la guerre et de l’extrême droite pour préserver ses intérêts. La guerre est un moyen pour accaparer les des terres rares, les ressources d’hydrocarbure, prendre la maîtrise des voies de communication et d’échange et remodeler par la force les relations internationales sur fond d’une guerre commerciale déclarée par les États-Unis qui ont perdu leur hégémonie face à la Chine. La guerre illégale lancée par Israël et les États-Unis contre l’Iran plonge le monde dans l’angoisse d’un embrasement généralisé. Mais pas plus qu’à Bagdad ou Tripoli, on n’implante la démocratie par la guerre. Ces guerres ne servent que des intérêts qui ne sont pas les nôtres. Dans les traces de l’Union européenne, le président français a donc fait le choix d’adopter une posture de vassal vis-à-vis du pouvoir américain, foulant ainsi au pied des décennies d’une parole française singulière et souveraine dans le concert des nations. »
À Toulon, les syndicalistes CGT choisissent bien sûr une autre voie : celle de la rupture. Une voie dont l’histoire démontre qu’elle est la seule à avoir permis d’arracher des conquêtes sociales et démocratiques, d’impulser la paix. C’est avec cette voix que la CGT a imposé les congés payés en 1936 en faisant reculer le fascisme, avec cette voix qu’elle a été un pilier du CNR et de la libération de la France, bâtissant la Sécurité sociale et rétablissant contre les monopoles capitalistes l’indépendance nationale et ses outils stratégiques (SNCF, EDF GDF, régie Renault…) Elle propose un pôle public national de défense, souverain, sous contrôle citoyen, arraché aux marchands de canons et indépendant de l’OTAN dont il faut sortir immédiatement. Elle dénonce la militarisation des esprits (enseignement de la « défense globale » dans les écoles pendant que 4 000 postes d’enseignants sont supprimés), les profits records des pétroliers (+30 % en trois mois) et la complicité avec le génocide en Palestine. Ce 24 avril n’était pas seulement une journée de paix. C’était une démonstration pour toutes les luttes. La classe ouvrière ne peut compter que sur elle-même. Comme il y a 80 ans face au fascisme, comme aujourd’hui face à l’extrême droite qui monte poussée et promue par les milliardaires et leurs médias. Les inscriptions menaçantes contre l’Union locale CGT de Toulon en témoignent : le capital et ses milices ont peur.
La bataille de l’opinion publique est féroce, mais elle n’est pas perdue d’avance, dès lors que les travailleurs répondent présent comme ils l’ont toujours fait. Comme il l’ont fait par millions pour stopper la contre réforme des retraites, se trouvant trahie par la coalition Macron Bardella avec le PS pour maintenir les gouvernements Barnier, Bayrou et Lecornu. Comme il l’ont fait en battant Macron dans les urnes tout en barrant la route au RN.
L’exemple de cette mobilisation à Toulon démontre que les syndicalistes et la CGT s’engage : que Toulon, la région la plus militarisée de France, devienne aussi la plus pacifiste. Pain, paix et liberté : ce slogan de la révolution soviétique sortant la Russie du massacre capitaliste de la première guerre mondiale doit retentir partout.
Le 1er mai prochain, dans les rues, les travailleurs seront le nombre et la force. Maudite soit le capitalisme et ses guerres, ses crimes contre l’Humanité. Vive la paix. Vive la solidarité internationale des travailleurs. Et vive cette CGT de classe et de lutte.
JBC pour www.initiative-communiste.fr




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