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Entretien avec Salim Lamrani : « Cuba ne traverse pas une crise mais elle est victime d’un crime économique perpétré par les États-Unis, la communauté internationale doit aider Cuba »

12 mars 2026
Temps de lecture16 mins de lecture
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Entretien I Salim Lamrani, docteur en études ibériques et latino-américaines, enseignant-chercheur à l’Université de La Réunion et spécialiste reconnu de l’Amérique latine, est l’un des intellectuels les plus informé sur la situation à Cuba et dans la Caraibe suite aux différentes sanction, actions militaire et blocus menés par Washington et portant atteinte à la souveraineté de ces pays (Cuba, Venezuela, Nicaragua, Colombie….). Ses travaux, régulièrement publiés dans la presse nationale et internationale, déconstruisent les mécanismes de l’impérialisme américain et dénoncent l’illégalité du blocus imposé à Cuba depuis plus de soixante ans en violations d’une trentaine de résolutions de l’assemblée générale de l’ONU, la plupart votées par la France. Dans un entretien exclusif avec Initiative Communiste alors que l’île traverse une crise énergétique et humanitaire sans précédent, aggravée par les récentes mesures de l’administration Trump, Salim Lamrani fait le point sur la situation et l’inscrit dans les enjeux géopolitiques actuels de l’Axe hégémonique regroupant sous la direction des USA, l’Union Européenne et les autres pays du camps occidental.

APPEL : Défendre la souveraineté cubaine, c’est défendre la paix mondiale, la coopération internationale et la souveraineté de tous les peuples ! [signez, partagez !]

En décembre 2025, les États-Unis ont saisi des pétroliers transportant du pétrole vénézuélien vers Cuba, avant d’adopter, le 29 janvier 2026, un décret imposant des tarifs douaniers punitifs à tout pays fournissant du combustible à l’île. Une escalade qualifiée par Salim Lamrani d’« état de siège », menaçant directement la vie de millions de Cubains, privés d’électricité, d’eau potable et de soins. Face à cette urgence, un large appel à la solidarité a été lancé par des personnalités de tous horizons – intellectuels, artistes, élus, syndicats – pour que la France achemine du pétrole à Cuba et refuse de cautionner ce siège illégal, qui crée un dangereux précédent pour la liberté des territoires ultramarins et de la Caraïbe.

Partout en France, les initiatives se multiplient pour briser le blocus : meetings, pétitions, actions symboliques. Mais, comme le souligne Salim Lamrani, dont Initiative Communiste reproduit plusieurs tribunes récentes, l’urgence est à l’intensification de cette mobilisation. Car, au-delà de Cuba, c’est la capacité des peuples à résister à la domination impériale qui se joue – et la nécessité, pour l’Europe, de cesser sa complicité silencieuse avec Washington.

Le blocus de Cuba, stade ultime

Initiative Communiste – Depuis décembre 2025, les États-Unis ont saisi des pétroliers transportant du pétrole vénézuélien vers Cuba, et le 29 janvier 2026, le décret exécutif 14380 de Trump a imposé des tarifs douaniers à tout pays fournissant du pétrole à l’île, plongeant Cuba dans une crise énergétique sans précédent menaçant la vie de la population cubaine.Vous qualifiez depuis longtemps ce blocus d’« état de siège » : peut-on dire que nous atteignons aujourd’hui un seuil inédit dans la stratégie d’étranglement économique de Cuba, et quelles en sont les conséquences concrètes pour la population cubaine en ce début 2026 ? n’y a t il pas un enjeu de souveraineté à briser ce siège pour la France, notamment pour la liberté de nos territoires ultra marins qui de part ce précédent pourrait être ciblé par des attaques similaires des USA ?

Salim Lamrani : Depuis décembre 2025, Cuba est privée de pétrole par Washington. Les cargaisons en provenance du Venezuela ont été saisies par l’armée des États-Unis. Depuis la séquestration du président Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores le 3 janvier 2026, le Venezuela est devenu de facto un protectorat des États-Unis et plus une goutte de pétrole n’est parvenue à Cuba.

Le 29 janvier 2026, l’administration Trump a adopté un décret présidentiel qualifiant Cuba de « menace extraordinaire et inhabituelle pour la sécurité des États-Unis », sanctionnant tout pays qui livrerait du pétrole à Cuba par l’imposition de droits de douane punitifs. Dès lors, l’île – déjà durement frappée par l’état de siège économique et plusieurs catastrophes naturelles – se trouve dans une situation extrêmement difficile, étant privée du combustible vital pour son économie et ses services.

Ainsi, à Cuba, le système électrique, qui alimente notamment le réseau d’assainissement de l’eau potable, les hôpitaux et les écoles, dépend largement de l’approvisionnement en pétrole. L’administration Trump a imposé un blocus maritime visant à empêcher tout pétrolier d’atteindre l’île. Il s’agit d’un acte de guerre.

Cuba ne traverse pas une crise : elle est victime d’un crime économique perpétré par les États-Unis depuis des décennies. La communauté internationale doit refuser cet étranglement économique et énergétique illégal qui asphyxie l’île et apporter un concours urgent à la population cubaine confrontée à une situation humanitaire d’une gravité extrême.

L’Union Européenne, complice silencieuse

Initiative Communiste – Pour la 33e année consécutive en octobre 2025, 165 pays à l’ONU ont exigé la levée du blocus, mais ni l’Union Européenne ni les gouvernements européens n’ont été au-delà des mots — chacun obéissant à Washington et appliquant de fait le blocus, sous peine de milliards d’euros d’amendes comme cela a été infligé à la Société Générale. L’UE prétend pourtant faire contre poids à Washington  : comment expliquer cette capitulation permanente face à la loi américaine, et l’union Européenne n’est elle pas à l’inverse dans les faits un des instruments de domination de l’axe impérialiste  ? Comment comprendre l’absence de solidarité européenne avec l’Espagne qui avec dignité, comme la France en 2003, refuse la logique de guerre impérialiste de Washington et Tel Aviv ?

Salim Lamrani :L’Union européenne n’a jamais été une force politique autonome, mais plutôt un vassal des États-Unis, qui subordonne souvent ses propres intérêts à ceux de Washington. Cependant, jamais un tel degré de soumission n’avait été atteint auparavant. En 2003, la France et l’Allemagne s’étaient opposées à la guerre illégale contre l’Irak. Aujourd’hui, la plupart des pays européens ont au contraire apporté leur soutien à l’agression militaire des États-Unis et d’Israël contre l’’Iran, procédant à une forme d’inversion accusatoire orwellienne, où la victime – l’Iran – est présentée comme le coupable. La France s’est même refusée à condamner explicitement les États-Unis pour le crime de guerre que constitue le bombardement de l’école élémentaire ayant coûté la vie à 160 écolières. Jamais un tel massacre de civils n’avait été perpétré par Washington depuis la guerre du Vietnam.

Un seul pays sauve l’honneur de l’Europe : l’Espagne de Pedro Sanchez, qui a explicitement condamné la guerre d’agression et a appelé au respect du droit international. L’Espagne a également reconnu l’État de Palestine en 2024 et a appelé « à mettre un terme au génocide à Gaza », a dénoncé la politique d’extermination de Netanyahu. Dans le reste de l’Europe, les dirigeants des principales puissances européennes apportent au contraire leur soutien à Tel Aviv, criminalisant et réprimant la solidarité de leurs peuples avec la cause de l’humanité.

L’’Espagne a formellement interdit à l’administration Trump d’utiliser les bases étasuniennes de Rota et Morón de la Frontera en Andalousie pour les opérations menées contre le peuple iranien. Elle est également le seul pays de l’Union européenne à avoir rejeté l’injonction de Trump, en juin 2025, de porter son budget militaire à 5% du PIB

Iran, Cuba, Venezuela : une même logique impériale ?

Initiative Communiste – Trump a simultanément intensifié les sanctions contre Cuba, maintenu et durci la pression sur l’Iran, et attaqué le gouvernement au Venezuela en enlevant de façon sanglante et illégale le président Maduro. Faut-il lire ces interventions comme des épisodes séparés, ou comme les composantes d’une seule et même stratégie impériale de reconquête de zones d’influence — et dans ce cadre, quel rôle jouent les gouvernements européens, la commission européenne et sa représente international ainsi que le président macron qui s’alignent sur ces politiques tout en prétendant s’y opposer ? 

Salim Lamrani :Trump est revenu à une logique primitive rappelant celle du Far West, à savoir la loi du plus fort. Il y a quelques années, la séquestration d’un président en exercice aurait été inimaginable et aurait suscité l’opprobre de la communauté internationale. Aujourd’hui, cet acte de guerre a été applaudi par le président Macron.

Il y a quelques années un blocus naval de Cuba provoquant une grave crise humanitaire aurait été unanimement dénoncé par la planète entière. Aujourd’hui, nous observons le silence complice d’une grande partie de cette même communauté internationale, le même silence qui a fermé les yeux, voire soutenu le génocide à Gaza.

Les États-Unis ont déjà perdu la bataille économique et technologique contre la Chine, leur grand rival. Ils tentent désormais de limiter l’accès de Pékin aux ressources énergétiques nécessaires à son développement, en s’attaquant à ses principales sources d’approvisionnement, notamment le Venezuela, l’Iran et la Russie.

La résistance des peuples face à la domination

Initiative Communiste – Depuis 1960, le blocus a coûté à Cuba la somme totale de 170 milliards de dollars, et plus de 80 % de la population cubaine est née sous cet état de siège — sans que la Révolution cubaine n’ai jamais cédé, développant au contraire de très nombreuses avancé dans l’accès à l’éducation, à la santé et un développement réel pour tous les cubaines et cubains. Alors que Trump déclare ouvertement vouloir un changement de régime à La Havane avant fin 2026, que nous dit la résistance cubaine sur les capacités des peuples à tenir face à la domination impériale, et quelles leçons politiques les mouvements progressistes en Europe et dans le monde peuvent-ils en tirer aujourd’hui ?

Salim Lamrani : Le peuple cubain fait preuve d’un courage et d’une résilience extraordinaires. Il n’a jamais fait la moindre concession sur ses principes et a opposé une résistance farouche aux États-Unis. Il a su dire non à l’impérialisme.

Il est aujourd’hui malheureusement abandonné à son sort dans le moment le plus difficile de son histoire. Pourtant, Cuba a toujours été solidaire des nobles causes et des peuples en lutte pour leur dignité et leur émancipation. Il est donc temps que le monde rende à Cuba ce qu’elle lui a donné.

Entretien réalisé par la rédaction d’Initiative Communiste le 12 mars 2026.


Non à l’asphyxie économique de Cuba ! – Salim Lamrani [ Tribune L’Humanité ]

Depuis plus de six décennies, les États-Unis étouffent le peuple de Cuba en lui imposant des sanctions économiques anachroniques et inhumaines. Elles affectent les catégories les plus vulnérables de la population de l’île, en particulier les malades, les enfants, les personnes âgées et les femmes enceintes, et ont un impact dramatique sur tous les secteurs de la société cubaine. Rétroactives et extraterritoriales, elles contreviennent aux principes élémentaires du droit international. Depuis 1992, elles sont unanimement condamnées chaque année par l’Assemblée générale des Nations unies.

            Imposées en 1960 dans le but de renverser le gouvernement de Fidel Castro, elles ont été régulièrement renforcées par les différentes administrations étasuniennes, en particulier sous la présidence de Donald Trump. Lors de son premier mandat, ce dernier a imposé 243 nouvelles mesures coercitives unilatérales – dont 50 en pleine pandémie de Covid-19 – contre le peuple de Cuba, en ciblant les principales sources de revenus de l’île, à savoir la coopération médicale, les transferts d’argent de la diaspora et le tourisme. Ainsi, de 2017 à 2020, la Maison-Blanche a imposé en moyenne une nouvelle sanction chaque semaine pendant quatre ans !

            En 2025, les sanctions ont coûté 7,5 milliards de dollars à Cuba, soit en moyenne 20 millions de dollars par jour, c’est-à-dire 15 000 dollars par minute ! Cette somme équivaut à la consommation électrique des 10 millions de Cubains pendant six ans. Avec cette même somme, Cuba pourrait assurer l’approvisionnement en produits de première nécessité de toute la population pendant six ans. Depuis leur imposition en 1960, les sanctions ont coûté à Cuba un total de 170 milliards de dollars, et plus de 80% de la population cubaine est née sous cet état de siège.

            Le 29 janvier 2026, l’administration Trump a adopté un décret présidentiel qualifiant Cuba de « menace extraordinaire et inhabituelle pour la sécurité des États-Unis », sanctionnant tout pays qui livrerait du pétrole à Cuba par des droits de douane. Dès lors, l’île – déjà durement frappée par l’état de siège économique et les différentes catastrophes naturelles – se trouve dans une situation extrêmement difficile, étant privée du combustible vital pour son économie et ses services. Ainsi, à Cuba, le système électrique, qui alimente le réseau d’assainissement de l’eau potable, les hôpitaux et les écoles, dépend grandement de l’approvisionnement en pétrole.

            Cuba ne traverse pas une crise : elle est victime d’un crime économique perpétré par les États-Unis depuis des décennies. La communauté internationale doit refuser cet étranglement économique et énergétique illégal qui asphyxie l’île et apporter un concours urgent à la population cubaine confrontée à une situation humanitaire d’une gravité extrême.

L’Espagne de Pedro Sánchez, l’honneur de l’Europe – Salim Lamrani [ Tribune L’Humanité ]

6 mars 2026 –             Dans une Europe vassalisée et soumise aux États-Unis, au détriment de ses propres intérêts, un pays parvient néanmoins à sauver l’honneur du Vieux Continent : l’Espagne du Premier ministre Pedro Sánchez. Attaché aux valeurs ancestrales du peuple ibérique, le président du gouvernement socialiste refuse de courber l’échine et d’accepter la loi du plus fort, exigeant le respect des principes fondamentaux du droit international.

            Face à la tragédie vécue par le peuple palestinien, martyrisé par la politique colonialiste et suprémaciste d’Israël, Pedro Sánchez, qui a reconnu l’État de Palestine en 2024 et a appelé « à mettre un terme au génocide à Gaza », a dénoncé la politique d’extermination de Netanyahu. Dans le reste de l’Europe, les dirigeants des principales puissances européennes apportent au contraire leur soutien à Tel Aviv, criminalisant et réprimant la solidarité de leurs peuples avec la cause de l’humanité.

            De la même manière, contrairement aux autres pays de l’Union européenne, l’Espagne a fermement condamné la guerre d’agression menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, sans mandat des Nations unies et en violation flagrante de la légalité internationale. Pedro Sánchez a dénoncé une action unilatérale, aux conséquences dramatiques et imprévisibles pour la planète entière, et a lancé un appel à mettre fin aux hostilités et à retrouver le chemin de la diplomatie, rappelant que la violence ne pouvait jamais être la solution.

            Par la même occasion, l’Espagne a formellement interdit à l’administration Trump d’utiliser les bases étasuniennes de Rota et Morón de la Frontera en Andalousie pour les opérations menées contre le peuple iranien. Privé de ces deux plateformes logistiques stratégiques, Washington s’est résolu à déplacer ses avions vers d’autres bases européennes. De leur côté, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, refusant de condamner la guerre d’agression, sont allés, dans un geste irresponsable, jusqu’à proposer leur aide pour stopper la riposte iranienne.

            Trump n’a pas tardé à réagir en demandant au secrétaire au Trésor de « rompre toutes les transactions avec l’Espagne » et d’imposer de facto des sanctions économiques. Loin de se laisser intimider, Madrid a répondu avec la dignité qui caractérise les grandes nations : « Les États-Unis doivent se conformer au droit international et aux accords commerciaux. Nous disposons des ressources nécessaires pour contenir l’impact d’un potentiel embargo. »

            Attachée à sa souveraineté, l’Espagne est également le seul pays de l’Union européenne à avoir rejeté l’injonction de Trump, en juin 2025, de porter son budget militaire à 5% du PIB, privilégiant les intérêts de son peuple. Dans une Europe où la soumission est devenue la règle commune, Pedro Sánchez montre au continent le chemin de l’honneur et rappelle que le droit international n’est pas négociable.

Depuis les années 1960 Cuba est ciblé par des attaques terroristes américaines incessantes

Le 25 février 2026 une vedette rapide, embarquant des mercenaires américains sur armée et une cargaison d’armes et provenant de Floride fonce sur Cuba pour y débarquer et y semer des attaques terroriste. Les gardes frontières cubain attaqué par ce navire riposte, 4 mercenaires sont tués, les autres arrêtés les armes interceptés. Le commandant du navire cubain est blessé dans l’affrontement. Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire Marienne, alim Lamrani, professeur des universités en histoire de l’Amérique latine, spécialiste de Cuba est revenu sur ce très grave évènement qui intervient alors que Cuba est complètement assiègé par un blocus naval complet s’ajoutant à l’embargo économique violant frappant l’ile depuis plus de 60 ans. Ce siège empèche l’approvisionnement en pétrole de l’ile, bloquant le réseau électrique, les transports et dégradant très violemment la plupart des services publics vitaux (santé, éducation, assainissement, eaux potables…) et jusqu’à la capacité des foyers cubains à pouvoir cuisiner !

MARIANNE : Quatre personnes ont été abattues par les forces cubaines et six autres ont été blessées et arrêtées lors de cet affrontement. Que savons-nous sur leurs profils et leurs motivations ?

Salim Lamrani : Il s’agit d’exilés cubains anticastristes, membres de diverses organisations prônant l’action armée contre Cuba. Selon les faits rapportés, un groupe de dix hommes, originaires de Floride, lourdement armés, a réalisé une incursion dans les eaux territoriales cubaines. Deux d’entre eux sont citoyens des États-Unis. L’objectif était sans doute de réaliser un attentat spectaculaire qui attirerait l’attention internationale, créerait une instabilité interne et dissuaderait les touristes de se rendre dans l’île. Deux des assaillants étaient d’ailleurs recherchés par les autorités cubaines pour des actions violentes antérieures. 

Cependant, leur bateau a été intercepté à un mille nautique des côtes cubaines pour un contrôle. En s’approchant de l’embarcation, les gardecôtes cubains ont essuyé des tirs et ont riposté. Le feu nourri a fait quatre morts du côté des assaillants et six blessés. Du côté cubain, le commandant du navire a été blessé. Les blessés se trouvent actuellement entre les mains des autorités cubaines. En droit international, une incursion armée dans les eaux territoriales d’un pays est considérée comme une violation de la souveraineté et un acte d’agression.

MARIANNE : Les tensions entre les deux pays sont anciennes et fortes mais existe-t-il des précédents de cette nature ?

Salim Lamrani : Il faut savoir que la partie la plus radicale de l’exil cubain a de lourds antécédents dans les incursions violentes à Cuba. Dans les années 1960, juste après l’arrivée au pouvoir de Fidel Castro, les attaques étaient quotidiennes, et même soutenues par la CIA. Le cas le plus emblématique reste l’attentat contre l’avion civil de Cubana de Aviacion le 6 octobre 1976, qui avait fait 73 morts, dont toute l’équipe olympique cubaine d’escrime revenant des Jeux panaméricains. Il s’agit du premier acte de terrorisme aérien dans l’histoire du continent américain.

Après 1991 et la chute de l’Union soviétique, la frange extrémiste de l’exil cubain a repris ses actions paramilitaires contre Cuba. En 1997, Cuba a été frappée par une vague d’attentats à la bombe dans les hôtels, qui ont fait des dizaines de victimes et ont coûté la vie à un jeune touriste italien, Fabio di Celmo. Luis Posada Carriles, exilé cubain et organisateur de ces attentats, a reconnu son implication dans un entretien qui est apparu en première page du New York Times le 12 juillet 1998. Il a justifié son action par la nécessité de faire tomber le régime cubain. Il n’a jamais été inquiété par la justice des États-Unis, et historiquement les groupuscules violents du sud de la Floride ont bénéficié d’une certaine impunité.

MARIANNE: Il y a une recrudescence des tensions entre Washington et La Havane depuis la capture de Maduro. Est-ce que cet épisode peut être un point de bascule ?

Salim Lamrani : Le gouvernement des États-Unis a rapidement déclaré qu’il n’était nullement impliqué dans cette attaque et qu’il était disposé à coopérer avec les autorités cubaines pour faire la lumière sur les faits. C’est un signal positif. En revanche, les États-Unis doivent prendre les mesures nécessaires pour empêcher toute nouvelle incursion dans les eaux territoriales de Cuba.

MARIANNE : Les États-Unis, qui ne cachent pas leur souhait de voir un changement de régime sur l’île, asphyxient l’économie cubaine. Quelle est la situation économique et humanitaire de l’île ?

Salim Lamrani : Durant son premier mandat entre 2017 et 2020, Trump est revenu sur toutes les avancées réalisées par Obama. Il a imposé 243 sanctions supplémentaires en l’espace de quatre ans, soit en moyenne une nouvelle sanction chaque semaine. Il a ciblé les principales sources de revenus de l’île : la coopération médicale, les transferts d’argent de la diaspora cubaine et le tourisme. Cela a eu un impact dramatique pour le pays et l’ensemble de la population, avec des coupures d’électricité récurrentes et une pénurie de produits de première nécessité. Une statistique est illustrative des conséquences dramatiques de cette recrudescence des sanctions : en 2017, Cuba disposait du taux de mortalité infantile le plus bas du continent américain avec un chiffre de 4,7 pour mille. En 2025, ce taux est remonté à 9,9 pour mille.

En 2025, les sanctions ont coûté 7,5 milliards de dollars à Cuba, soit en moyenne 20 millions de dollars par jour. Cette somme équivaut à la consommation électrique des 10 millions de Cubains pendant six ans. Depuis leur imposition en 1960, les sanctions ont coûté à Cuba un total de 170 milliards de dollars, et plus de 80 % de la population cubaine est née sous cet état de siège.

Tags: blocusblocus de cubaCUBAembargoentretienguerreIranNicolas MADUROpétrolesalim lamraniUSA
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